Leméac Éditeur

  • Les quatre personnages de cette cantate du désespoir sont les instruments d'une partition musicale parlée. Seuls leurs mots entremêlés, tricotés les uns aux autres, nous parviennent du fond de leur abîme, écorchés comme leurs vies et lyriques comme leurs âmes. Quand monte cette musique de chambre douloureuse, traversée par un maesltrm de passions destructrices, on prend la mesure de la misère de Marie-Lou: entre la prison du travail qui abrutit son mari Léopold et l'enfer qu'est devenu leur couple, que lui reste-t-il?

  • Quinze femmes ordinaires de l'Est de Montréal se réunissent pour un marathon de collage d'un million de timbres-primes. C'est dans la cuisine de la gagnante que se rencontrent et se confrontent sa famille et ses voisines, et bien vite la fête tourne au drame. Dans des tableaux exubérants et tragicomiques, elles font entendre leurs misères, leurs espérances, leurs aliénation, leurs frustrations et leurs calomnies dans un délire amer.

  • Mai 1922, les cartons d'invitation sont déjà envoyés pour le mariage de Nana et Gabriel, le 3 juin. Pourtant, la robe de mariée n'est pas encore achetée, et Maria se demande avec quel argent elle va pouvoir payer cette noce qui est bien au-dessus de ses moyens. Mais on ne marie sa fille aînée qu'une fois, et la fête doit être à la hauteur du souvenir qu'on voudrait déjà en avoir. Derrière l'allégresse de cette noce, alors que s'ouvre le ciel de leur destinée, Nana et Gabriel voient aussi passer toutes ces ombres, qui se mêlent au bonheur du jour comme des feux follets : Josaphat-le-Violon, Ti-Lou, Bebette, Simon, Ernest et Alice, Béa, Théo, sans oublier les fidèles muses, Florence, Rose, Violette et Mauve...

  • Toujours comédien, mais également célébré pour son travail de metteur en scène, René Richard Cyr a orchestré un faisceau de spectacles de variétés, du théâtre musical, des opéras et plus de 75 pièces de théâtre, dont 40 créations. Malgré les satellites, le théâtre reste son axe principal, son art suprême.

  • Bâtie dans un rang peu fréquenté à Henryville, la maison de campagne de Cécile avait grand besoin de soins et d'affection pour retrouver son atmosphère accueillante et sa fière allure. Et c'est tant mieux : sa nouvelle propriétaire, énergique et enthousiaste, est ravie de se lancer dans l'aventure avec ses enfants, découvrant par la même occasion les joies et les défis de la vie champêtre.
    Lorsque, des années plus tard, une famille s'arrête pour admirer la maison remise à neuf, Cécile se fait un plaisir de raconter son expérience. Mais les questions de la jeune fille de cette famille se font de plus en plus pressantes : y avait-il, et y a-t-il encore, des fantômes dans le grenier de cette fabuleuse demeure ?

  • Poussé par l'ultimatum de ses parents exaspérés, Jonathan choisit de quitter la maison. Mais où trouver un emploi à seize ans et quelques mois ? Heureusement, Mylène Coutu a eu une idée de génie pour les aînés en perte d'autonomie ! Un long été, auprès d'Alicia, Jo ira de balades en vélobus en escapade improvisée, découvrira des petits bonheurs inusités... et tout ce qui som¬meillait en lui.
    Sous la même apparente légèreté de ton que Mine et moi (Leméac, 2002), Christine Bertrand aborde avec La balade de Jo et Alicia des thèmes d'une grande profondeur : l'empathie, les relations familiales et intergénérationnelles, l'acceptation de soi et des autres.

  • Depuis la rencontre de Marguerite, après des années d'errance entre Françoise et Clara, la vie d'Alexandre est devenue un long fleuve presque tranquille. Maintenant dans la soixantaine, il vient d'acheter dans le Bas-Saint-Laurent un petit chalet juché sur les rochers, où il réfléchit à ce qu'il devrait faire du reste de sa vie. Inquiet des êtres chers dont il s'est éloigné, Alexandre n'est plus sûr que sa dernière tâche soit de se retirer ainsi du monde. La réponse lui sera donnée - peut-être trop tard - alors qu'il s'apprête à fermer le chalet à la fin de l'automne.

  • En 1982, Julie a douze ans. Fan de Starmania et de Diane Dufresne, elle mène une vie paisible dans une banlieue rurale de la Rive-Sud, enclavée entre montagne et raffinerie. Son univers bascule quand elle éprouve un premier grand chagrin à la suite de la mort tragique d'un ami, et un premier grand amour avec un garçon trop vieux pour elle. Ces deux événements marquants lui feront perdre ses repères et l'innocence de l'enfance, au moment où elle s'apprête à entrer au secondaire.

  • Un jour de juin 1999, peu avant la fin des classes, Maureen, 10 ans, bat un garçon jusqu'à le rendre sourd. Tara sait alors que l'événement marque le début officiel de son amitié avec la jeune fille, et que cette scène exaltante est annonciatrice d'un été palpitant.
    Vingt ans plus tard, les deux amies ont perdu contact. Maureen est quelque part à San Francisco ; Tara, désormais enseignante au secondaire, revient vivre chez ses parents à Salaberry, petite ville de banlieue - seulement pour la durée d'un contrat de remplacement, se promet-elle.
    Bien vite, il devient indispensable pour Tara de retrouver Maureen. À peine est-elle revenue que l'immuabilité du quartier de son enfance l'étouffe déjà. Seuls les souvenirs de moments passés avec Maureen, au magnétisme envoûtant, lui apportent du réconfort. Mais où est-elle tandis que la banlieue use sans pitié de son emprise et reconduit les histoires de violence avec une force sûre et implacable ?

  • L'usage de mes jours Nouv.

    À travers le parcours de son enfance, quelques photographies, puis celui de sa vie adulte comme femme, amoureuse, professeure, mère, Francine Noël réveille ces parts d'ombre maintenant traversées par les révélations et l'intelligence de l'âge. Fine oreille, fine observatrice, fine critique de la société québécoise, de ses aspirations et de ses frilosités, l'auteure - qui aurait aimé être fleuriste ! - donne à lire une chronique féminine, joyeuse et grave, d'une exemplaire lucidité.

  • Huguette Vachon a été la compagne de Jean-Paul Riopelle pendant les seize années qui ont précédé la mort du peintre. Par touches de souvenirs, de bribes, et parfois d'éclats, se dessine le portrait d'un homme plus grand que nature à qui le talent et la notoriété autorisaient une vie des plus fantasques et un comportement parfois volontiers débridé. Loin d'une confession, c'est le récit d'un chemin parcouru intensément avec Riopelle jusqu'en 2002 que l'auteure livre avec pudeur dans ces pages. Texte intime, en sourdine parfois, où les éléments, source essentielle d'inspiration pour le peintre, sont omniprésents; parcours des lieux, des rencontres, mais surtout hommage à un amour immarcescible, ce livre agrémenté de photographies inédites n'est pas un ouvrage d'art ni une biographie de Riopelle dans ses dernières années. Il s'agit plutôt d'un témoignage poétique plein du respect d'une passion sans borne.

  • Que serions-nous sans le secours de ce qui n'existe pas ? Ce titre, emprunté à Paul Valéry, est le sésame qui nous ouvre les portes de ce roman cousu de fils d'or. Avec une écriture tressée de brins d'histoires, évoluant en spirales autour de l'axe du temps, Simone Chaput fait apparaître des personnages inoubliables, tous distincts, mais aux blessures semblables.
    Un père abandonné par la mère de ses fils, aujourd'hui blindé dans sa solitude ; un homme qui, malgré ses échecs amoureux, persiste à croire en l'amour véritable ; une femme découvrant sans surprise la trahison de son mari... Ils sont parents, cousins, amis, amants, collègues. Tous portent en eux un manque, un vide qu'ils s'acharnent à remplir. Et c'est cela même qui les fait vivre.
    Traversé par la passion de la langue et des mots, et celle de la musique, véritable hymne à la création, ce roman choral a le goût incomparable de la vraie vie.

  • Mathieu, l'écrivain public, rides again, cette fois à la cuisine collective où, parmi des groupes de tous les horizons, veille l'ombre spectaculaire de l'acteur André Montmorency. Alors que le prix de notre panier d'épicerie monte en flèche, éclopés et fiers rebelles retrouvent l'appétit de vivre au fil des pages de ce récit truculent. C'est le vrai monde que l'auteur illustre ici, avec son sens aigu du dialogue et une drôlerie qui n'exclut jamais la tendresse. Un regard à la fois acerbe et très affectueux sur notre société.

  • Dans ces « récits d'enfance et de cuisine » où l'on connaîtra les secrets des gourganes à l'ail, au citron et au cumin, de la kémia et du gâteau à deux oeufs, Pascale Navarro rend hommage à sa grande famille dispersée, l'invitant symboliquement autour d'une grande table, lui offrant l'un de ces moments qui « transmettent une mémoire ». « C'est ma façon à moi de recoller les morceaux et d'écrire, en quelque sorte, ma famille. Quand je rassemble, je me rassemble. »

  • À travers seize courts textes écrits sur le ton parfois léger, parfois caustique de la fable, Léo Rosshandler convie le lecteur à emprunter le chemin de plusieurs vies. Comme un Kafka qui aurait gardé sa légèreté, c'est le coeur de l'Homme que nous révèle cet écrivain dont l'humour grinçant, un brin acidulé, force doucement le sourire de la conscience.

  • Entre 2014 et 2016, Nathalie Leclerc s'exile avec ses trois enfants à Suresne, en banlieue de Paris, non loin de son lieu de naissance. À travers ses péripéties européennes et des échos de son histoire personnelle, elle entreprend de se défaire des noeuds de son enfance, entravée par sa difficile relation avec sa mère, Gaëtane Morin, qui commence par une déception impardonnable : celle-ci espérait un garçon et voilà qu'est arrivée une fille !

  • 1858-1860. Alors que la vapeur rend les bateaux à voile et les chevaux folkloriques, au moment où le télégraphe relie l'Europe à l'Amérique, la Chine est paralysée par la dictature, la superstition et l'opium importé illégalement des colonies britanniques. Un jésuite défroqué, Jacques Trévier, doit ramener d'une île de la mer d'Oman un maître artisan de noir qui pourra soi-disant éliminer tous les maux qui gangrènent la Chine. Il y rencontrera l'amour de sa vie sous les traits d'une femme albinos belle comme une apparition. Croyant pouvoir écouler une vie tranquille après avoir répondu au désir du teinturier impérial de percer le mystère des somptueux noirs de l'île de Baël, Jacques Trévier perdra la femme qu'il aime des mains de l'empereur qui en fait sa « Concubine d'ivoire ».

    À travers beaucoup d'invention et quelques fait historiques réels - le sac du Palais d'été le 18 octobre 1860, la guerre de l'opium, etc. -, ce roman nous met en présence de réalités très contemporaines : l'appropriation intempestive des ressources naturelles, les trafics illégaux, l'espionnage industriel, qui minent l'équilibre social et environnemental des nations en jeu : en somme, un siècle et demi plus tôt, les contrecoups vicieux de la globalisation des échanges à travers l'incompréhension et le non-respect des valeurs de l'autre. Voilà qui rappelle singulièrement notre époque, marquée par les replis identitaires, la valse à deux temps entre le libre marché et le protectionnisme à travers l'exploitation des peuples plus fragiles.


    Impressionniste et imagée, finement ciselée, l'écriture de Gilles Jobidon amène cette histoire d'un autre temps dans le nôtre avec une habileté assurée, celle d'un romancier de très belle maturité.

  • Les journalistes forment-ils une espèce en voie de disparition ? Si c'est le cas, que risque-t-on en les perdant ? C'est la question qui sous-tend cet état des lieux du journalisme à l'ère d'Internet et des réseaux sociaux, des fake news et de la précarité.

  • Marie a trente-trois ans et enseigne la littérature dans un collège. Contrainte de prendre un congé de maladie pour la deuxième fois, elle ne peut plus se réfugier dans la seule explication de l'épuisement professionnel. Est-il possible qu'elle pleure et tremble pour rien, pour quelque chose qui vient de plus loin qu'elle ? Est-il possible qu'elle se soit trompée de destin ? À l'âge de quinze ans, inspirée par sa grand-mère institutrice, n'avait-elle pas créé une petite école d'été dans laquelle les enfants passaient sans le savoir du jeu à l'étude ? N'avait-elle pas toute sa vie cru à la littérature, au pouvoir d'être autre ? Force lui est de constater qu'elle n'est pas devenue l'enseignante qu'elle rêvait d'être, que le plus souvent elle croit ennuyer ses élèves en lisant ses notes par crainte de trahir les oeuvres qui la nourrissent mais dont plus personne ne parle. Elle se demande si la littérature n'est pas ce qui l'a détournée du monde, éloignée de ses contemporains, empêchée d'avoir un enfant.

  • Depuis le milieu des années 1990, l'Amérique semble condamnée à aller de crise en crise et d'un effondrement à l'autre, chaque réponse trouvée ne faisant qu'engendrer de nouveaux déséquilibres, à la faveur d'une spectaculaire fuite en avant. Et pourtant, ceux qui misent sur la fin prochaine de l'empire américain se trompent. Ce n'est pas à une chute que nous assistons, ni même à un déclin, mais à une métamorphose. L'empire américain change de nature sous nos yeux, comme un corps secoué de convulsions grotesques qui le font passer d'un état à un autre. C'est une autre dimension de son « être » qui voit le jour ou renaît sous une forme inédite. Grâce au pouvoir des innombrables réseaux qu'il déploie sur le monde comme autant de filets (ou de webs), qui l'enserrent et le retiennent, le nourrissent et le traversent, l'empire est en train d'oeuvrer à sa propre invisibilisation. Il a créé les moyens inédits de s'établir au coeur de notre existence, au plus près de notre pensée et de notre imagination, jusqu'à ne plus devoir être vu. Si bien que le monde est aujourd'hui en train d'« absorber » l'Amérique, de la métaboliser, comme on le dit d'un corps qui assimile un autre corps et en retient les qualités.

  • Trash anxieuse Nouv.

    L'empreinte carbone de la planète explose. Les médias sociaux dérapent. Perdue dans sa fuckaille intérieure, l'adolescente de ce roman atypique se heurte à l'écoanxiété et aux contradictions morales de notre époque. Entêtée, elle avance, elle se dépêtre dans la période de turbulence qu'elle traverse. L'écriture lui sera salutaire.

  • Tara voulait jouer Nouv.

    Tara emménage à Montréal, enthousiasmée par sa nouvelle vie entre un emploi à temps partiel et ses séances de coaching avec Simon Lafleur pour préparer ses auditions pour l'École nationale de théâtre. D'une rencontre à l'autre, Tara est cependant déconcertée par Simon. À la fois drôle et charmant, exigeant et dur, il ne cesse de la bousculer et de la dérouter. Anxieuse, elle refuse toutefois d'en parler. Même à son collègue Olivier, le si gentil Olivier... Mais les pratiques de Cyrano de Bergerac deviennent toujours plus angoissantes. Tara pourra-t-elle faire face à la situation ?

  • Les cowboys sont fatigues Nouv.

    Au bout d'un chemin de débardage laissé à l'abandon, quelque part entre les rivières Mistassini et Ouasiemsca - aussi bien dire au creux du monde -, Rozie vit seul avec ses chiens. Le lieu lui convient très bien. La solitude aussi. Son travail, beaucoup moins : il fabrique, dans son laboratoire clandestin, des amphétamines pour le compte d'une bande de trafiquants. Il voudrait bien passer à autre chose. Mais son passé le rattrape. Et il risque de tout perdre.

  • L'enfant mascara est une histoire d'amour à sens unique, comme on en voit partout, dans toutes les écoles secondaires. À cette différence qu'elle se conclut de manière particulièrement tragique. Inspiré par des faits réels qui se sont déroulés dans la ville d'Oxnard, en Californie, Simon Boulerice transpose dans la fiction l'un des meurtres homophobes, voire transphobes, les plus violents à s'être produits aux États-Unis, tout en rendant hommage à Larry/Leticia, un être rempli de désir, d'éclat et d'arrogance, dont la vie n'aura été que fulgurance.

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