Les éditions de L'instant même

  • Les métamorphoses du corps engendrent plus que des transformations physiques : elles sont le plus souvent productrices de nouveaux discours, libérant un dire jusque-là tenu captif, ou une créativité qui trouve dans le corps son fond et sa forme. Sans viser l'exhaustivité Philippe St-Germain « à l'écoute de ce qui est produit par la métamorphose corporelle », a recherché dans la littérature québécoise des oeuvres se prêtant bien à des lectures parallèles ou complémentaires afin de proposer un panorama varié des imaginaires du corps. En démontant les jeux sémantiques mis en scène grâce au corps et en mettant en relation des livres autrement séparés par les conventions de genre ou d'époque Kaléidoscorps enrichit d'une strate supplémentaire la littérature québécoise de ce corpus.

  • Passionnée par l'oeuvre de Jean Leloup, Nadia Murray s'y est plongée pour observer comment se déploie le personnage Leloup, cette entité mouvante qui ne cesse de se transformer. C'est en se laissant porter par les textes, surtout, et par la mise en scène (vestimentaire, picturale, vidéo, etc.) de l'artiste qu'elle parvient à démontrer sans le moindre doute que Leloup mérite largement qu'une première étude sérieuse lui soit consacrée. Si l'apparente légèreté de l'homme et sa nonchalance publique peuvent faire écran de fumée, il est évident à la lecture de cet essai remarquable que ce ne sont que des illusions, véhiculées par un star-system qui n'a que faire des grands enjeux. La personnalité de l'artiste, ses éclats, ses fulgurances et ses errances ne sont plus ici des défauts, mais plutôt des facteurs déterminants dans une lecture précise et enthousiaste de sa contribution au monde culturel québécois.
    Les fans de Jean Leloup feront assurément le voyage en compagnie de Nadia Murray en se sentant compris, en savourant enfin le plaisir de voir l'artiste reconnu à sa juste valeur. Les lecteurs moins familiers avec l'oeuvre découvriront sans aucun doute un parolier inspiré, un homme cultivé, ouvert sur le monde, qui incarne un Québec en pleine mutation.

  • L'écriture de ce livre découle d'une double insatisfaction de son auteur. À la fois comme lecteur et comme écrivain, David Dorais est souvent déçu des critiques littéraires auxquelles il est exposé et s'étonne toujours de l'unanimité des propos tenus sur les oeuvres. Non pas qu'elles soient unanimement encensées : les critiques négatives existent. Mais il constate que, quel que soit le journal ou le magazine lu et quel que soit le jugement porté, il est exposé aux mêmes critères d'appréciation, et donc au même point de vue sur la littérature.
    Il propose de faire l'analyse de ce type de critique, qu'il nomme « critique de proximité » et qui repose essentiellement sur les critères du réalisme, de l'émotion, de la thématique et de l'optimisme. Il suggère ensuite deux voies différentes pour aborder les oeuvres littéraires, deux voies qui lui semblent injustement négligées, mais qui explorent des critères qui guident les auteurs dans l'écriture et la conception de leurs oeuvres, soit la stylistique et l'imaginaire.

  • Née dans l'effervescence de la grève étudiante du printemps 2012, la revue Fermaille s'est donné le mandat de publier un numéro par semaine jusqu'à la fin du conflit. Par ses quatorze numéros hebdo­madaires officiels et ses trois numéros spéciaux, Fermaille propose une littérature engagée dont les préoccupations à la fois esthétiques et poétiques questionnent et dépassent le lieu de la page. C'est précisément en réfléchissant aux rapports qu'entretiennent les oeuvres publiées dans Fermaille avec les notions de mouvement, d'engagement politique et de mémoire que Mélissa Labonté approche la poésie fermaillienne. Par le biais des textes, elle nous invite à réfléchir à ce qui nous fonde et nous hante, à nous interroger finalement sur ce qui nous maille encore ensemble.

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