Les Belles Lettres éditions

  • Le travail permet-il le bonheur ?
    Convoité ou subi, orientant l'éducation, rythmant le quotidien et laissant envisager une retraite paisible, le travail est au coeur de nos existences. Partant de ce constat, Yun Sun Limet livre ici un petit essai sous la forme de courtes lettres, écrites à quelques destinataires privilégiés (deux amies dont une d'enfance et un ami universitaire). Malade et donc provisoirement éloignée du travail, elle propose une méditation à la fois intime, très personnelle et informée sur cette « valeur » centrale de nos sociétés. Se rencontrent les grands noms de l'histoire et de la sociologie du travail, Marx, Weber, Blanqui, mais aussi Sénèque, inattendu et pourtant essentiel pour accompagner la fragilité de l'existence et le sens que le travail lui donne.
    À la croisée de la réflexion et de la fiction, ce traité contemporain, porté par la voix juste et profonde de son auteur, ne perd pas une ligne pour être également un formidable appel à la vie, à la vie heureuse.

  • « Tu me demandes comment c'était... » Hanté par les lettres de Pline sur l'éruption du Vésuve qui détruisit Pompéi, Manhattan Volcano est un récit du 11-Septembre tel que l'a vécu un jeune Français parti à la conquête de la ville de ses rêves et soudain confronté, en même temps qu'au prodige des espaces américains, au brouillard des cendres et de la terreur.
    Errant dans les rues et les ruines de New York, depuis le vif de l'évènement jusqu'à aujourd'hui même, Pierre Demarty tente de raconter l'irracontable et, ce faisant, interroge la valeur de la mémoire, sa véracité, ses méandres, ses impasses.
    Album de choses vues, chronique d'une mythologie intime et de son deuil impossible, ce témoignage, loin de tout requiem, est une ode à la plus volcanique des cités de notre temps.

  • Qu'est-ce que la compétition sportive ? Pour quelles raisons, objectives ou secrètes, se battre envers et contre tout pour assouvir une passion, courir plus vite, sauter plus haut, gagner ? Quels enseignements retirer de tels exploits ? La narratrice est âgée d'une dizaine d'années lorsque son équipe remporte le premier trophée : la pratique collective de la voltige équestre étant proscrite après dix-huit ans, elle dispose donc de peu de temps pour s'y consacrer. Inspiré par les odes aux vainqueurs des Jeux Olympiques du poète grec Pindare, ce récit autobiographique raconte l'apprentissage d'une très jeune fille à cheval, des prémices aux victoires, des défaites aux chutes, jusqu'au passage à la retraite.

  • Quel meilleur moyen d'affirmer son individualité que de se mettre en marge de notre société moutonnière, fondée sur le règne de l'opinion et de la consommation de masse ? Quel meilleur moyen d'affirmer sa liberté que de se révolter contre les formatages en tous genres que nous subissons de toutes parts ? Mais ce qui jadis était le luxe d'une petite aristocratie de l'esprit s'est tant généralisé que marginalisation et révolte sont devenues la règle commune. Comment, dès lors, devenir marginal ? La véritable révolte ne consiste-t-elle pas, désormais, dans un consentement amoureux envers l'être ? S'inspirant de la verve cocasse de l'Éloge de la calvitie de Synésios de Cyrène, Exclus approfondit cet apparent paradoxe pour restituer aux marges du monde leurs sens et leur inaliénable valeur : c'est par elles, en effet, que ce monde respire et devient habitable - qu'il devient, en un mot, tout simplement, humain. Vincent Morch, diplômé de philosophie, a enseigné en Afrique avant de travailler dans l'édition. Il est l'auteur d'Exit. Exclus et marginaux en Grèce et à Rome (Les Belles Lettres, « Signets », 2012) et de Petit éloge de la vérité (Salvator, 2015).

  • Faut-il se raser le matin ?
    Excédé des railleries sur sa barbe, l'empereur Julien répond à cette question épineuse par une satire, le Misopogon, autrement dit « l'ennemi de la barbe ».
    Au IVe siècle, la barbe d'un empereur est polémique. Au XIXe, en France, il faut « porter l'impériale » pour être à la semblance du premier président de la République. Au XXIe un candidat confie qu'il pense à la magistrature suprême tout en se barbifiant. La barbe est une arme politique à double tranchant : bien taillée et à la mode, elle est redoutable, anachronique, elle est un fardeau.
    De la Rome des Césars au palais de l'Élysée, ce petit précis de poilitique, riche d'anecdotes piquantes et de jeux de mots finement aiguisés, fait débattre des intervenants de tout poil - Montaigne, Ibsen, Yourcenar, mais aussi Mahomet, Gillette et Pierre Dac -, et entraîne son lecteur dans les recoins les plus désopilants de l'histoire.

  • Dès sa naissance, le bernard-l'ermite, moins connu sous le nom de pagure, est obligé de protéger son abdomen dépourvu de carapace. Il ne survivrait pas sans recourir à une coquille, qu'il emprunte le plus souvent à un gastéropode défunt. Si ce n'est qu'il doit constamment en changer à mesure qu'il se développe. Cette curieuse anomalie est le ressort de la capacité lyrique de notre crustacé condamné à la quête d'un chez-soi idéal. Il inspire d'autant plus la sympathie que nous lui prêtons l'angoisse que nous éprouvons chaque fois qu'il nous faut déménager ou nous laisser enfermer dans la carlingue d'un avion. Articulé autour de l'Ode à un bernard-l'ermite proprement dite, cet opuscule s'enveloppe de tout un assortiment de textes disparates - poèmes, essais, fables, notices, aphorismes, haïku - qui forment autant de coquilles littéraires à la condition du bernard-l'ermite, métaphore crabesque de la condition humaine.

  • Tourner la page : des lettres d'amour écrites par douze femmes. Diverses dans leurs tons, elles racontent toutes une rupture, porteuse de souffrance mais aussi, souvent, d'une volonté farouche d'aller de l'avant. Comment et pourquoi on en vient à s'aimer, à fusionner avec l'autre, puis, presque irrémédiablement, à s'éloigner, voire à se haïr ? Inspirées par les Héroïdes d'Ovide, les voix touchantes de Nina, Ingrid ou Alice permettent de se figurer la rencontre avec l'autre dans toute sa complexité. Sondant les nuances ambiguës des sentiments, ces douze lettres de fiction s'adressent à tous ceux qui, un jour, ont été amoureux.

    Après un doctorat à l'Université Paris Ouest-Nanterre, Marella Nappi a poursuivi ses recherches à l'EHESS et à l'ENS. Elle a également enseigné dans plusieurs universités en France. Ses travaux portent principalement sur les voix féminines dans l'épopée homérique et sur les statuts des femmes dans l'Antiquité gréco-romaine. Traductrice de romans et d'essais, elle a publié plusieurs ouvrages (Ulysse, 2009 ; Professionnelles de l'amour, 2009) et collaboré à différentes revues et encyclopédies. Elle a reçu de nombreux prix littéraires et publié des recueils de poésies.

  • Portrait du couple moderne, cette satire romanesque déshabille la façon dont deux amants contemporains passent leur samedi soir. Pour peindre ce qu'est devenue la relation entre homme et femme, il faut un style d'une tonalité et d'une insolence inexplorées. Aussi le début des Satires de Juvénal, témoignage exemplaire de la liberté littéraire, résonne-t-il ici en un écho spontané.

    Dans un récit drôle et terrible où se mêlent cynisme et pornographie, Maxence Caron raconte douze heures de la vie d'un couple, une nuit entre Clitandre et Phallusine, autrement dit l'existence de celui ou de celle qui tient ce livre entre ses mains ou qui, déjà, se trouve avoir lu ces lignes. « Satire de l'alcôve générale, satire de l'alcôve terminale, satire de l'enfoutrade et de la foutimasserie, la Satire Foutre est le roman comique de tous les Clitandre en proie volontaire à toutes les Phallusine. »

  • « Je croyais savoir ce que le bonheur voulait dire, et surtout, j'avais l'impression d'avoir fait une véritable rencontre. » Le narrateur, un homme que 40 ans d'existence ont abimé, part, seul, se ressourcer dans la forêt du Jura. Il y croise une femme, sans âge, qui vit retirée de la société. Seuls et ensemble, ils entament une discussion sur la rencontre, évoquant non seulement les artistes et les intellectuels qui ont abordé le thème, mais surtout leurs expériences personnelles. Nourri de la Consolation de Philosophie, ce court dialogue tente de cerner comment l'on ne parvient à soi, à la connaissance de soi ainsi qu'à la sérénité intérieure, qu'en nous réfléchissant dans le miroir que l'autre nous tend. Accessible et intime, cette conversation philosophique propose une réflexion ouverte, documentée et partageable.

  • Élysée Qu'importe la façon, quand le dessein est grand ? Qu'est-ce que la morale aux yeux d'un conquérant ? Olympe Elle est garante de l'humanité des rois, De la vertu d'un peuple et d'un État de droit ! [...] Conquérant sans vertu, vous n'êtes que despote. Il manque à vos talents l'éducation d'un sage Lequel par vos pensées renverrait son image. Les actes d'Alexandre ont le sceau d'Aristote ! S'inspirant des oeuvres d'Aristophane, Frédéric Lavère nous livre une parodie contemporaine qui dresse l'inventaire des vices et des vertus en politique. Une tragédie comique qui n'épargne aucun des débats sociétaux actuels. Né en 1976, Frédéric Lavère est un observateur assidu de la vie politique. Les nombreux débats passionnés auxquels il a pris part alliés à son goût immodéré pour la philosophie et les lettres classiques lui ont donné l'envie de signer, avec Olympe et Élysée, son premier ouvrage.

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