Les Presses de l'Université de Montréal

  • Faut-il décriminaliser, voire légaliser l'usage du cannabis ? Si oui, dans quel cadre législatif et pour qui ? Ces questions qui agitent les pouvoirs publics occidentaux depuis des décennies n'avaient pas encore fait l'objet d'études approfondies et complètes. Un comité spécial du Sénat canadien s'y est attaqué. Le rapport qu'il a rendu public a étonné tous les observateurs par la rigueur de ses recherches et l'audace de ses propositions.

    D'importantes ressources scientifiques ont été mobilisées pour faire le point : 23 rapports de recherches réalisés par des scientifiques de réputation internationale, plus de 200 témoins, chercheurs et spécialistes au Canada et à l'étranger, de nombreux groupes de discussion... Le débat sur le cannabis sort enfin sur la place publique.
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    L'essentiel du rapport et toutes les recommandations se retrouvent dans ce livre. Le Comité propose des perspectives nouvelles face aux drogues illicites, rappelant la nécessité de trouver une politique différente et efficace « qui ne banalise ni ne marginalise les usages ». Novateur dans ses bases scientifiques et courageux dans ses recommandations, ce rapport, précédé d'une préface du sénateur Nolin, devient désormais indispensable à toute discussion sur le cannabis au niveau national et international.

  • La rencontre entre le cinéma et l'histoire a toujours fasciné : du Cuirassé Potemkine à Hannah Arendt, en passant par Autant en emporte le vent, Barry Lyndon, Le retour de Martin Guerre et Little Big Man, la plupart des gens découvrent le passé en regardant des films. De fait, la fréquentation des salles de cinéma façonne davantage la culture historique du citoyen moyen que celle des salles de cours. En partant de ce constat, Bruno Ramirez explore en parallèle les représentations savantes de l'histoire et celles, « profanes », que nous offrent les artisans du septième art.

    Comment le cinéma enrichit-il notre compréhension du passé et de quelle façon scénaristes et réalisateurs le transforment-ils en langage filmique ? Quels sont leurs modèles, leurs sources, leurs motivations ? Les plus grands cinéastes actuels - Denys Arcand, Constantin Costa-Gavras, Deepa Mehta, Renzo Rossellini, les frères Taviani et Margarethe von Trotta - s'entretiennent avec l'auteur sur ces questions, en seconde partie d'un ouvrage indispensable à tous les passionnés d'histoire et de cinéma.

  • Homme de la Renaissance, Pascasius décrit, en médecin et en philosophe, la passion qui anime le joueur pathologique, la perte de liberté dont il souffre et les raisons pour lesquelles il s'enferre dans la dépendance, tout en accompagnant son analyse de remèdes libératoires. Sa conception de la trajectoire addictive est proche de notre sensibilité contemporaine, tant dans son raisonnement que dans ses applications cliniques. La découverte de son texte permet ainsi de confirmer que les jeux d'argent et de hasard sont une des sources les plus anciennes de ce que nous appelons aujourd'hui « dépendance ».Traduire et publier un texte médical datant de 1561 et rédigé en latin semblera peut-être étrange à certains, mais l'attrait de ce texte paraîtra toutefois évident à tous les lecteurs intéressés, à quelque chef que ce soit, par le phénomène des conduites de dépendance. On peut même aller jusqu'à affirmer que le traité Du jeu de Pascasius marque le nouvel acte de naissance desmaladies addictives.

  • Par son passé agraire, son rapport complexe avec le territoire et la colonisation, ses lunes de miel, mais aussi ses tiraillements avec le nationalisme, le féminisme ou la mondialisation, la cinémato­graphie québécoise est un cas d'étude idéal pour les questions entourant l'imaginaire national et les discours de genre. L'autrice revisite le cinéma québécois depuis les années 1940, des classiques canadiens-français (Un homme et son péché) en passant par les films « de fesses » (Valérie), ou les satires de ces derniers (Q-bec my love), jusqu'au cinéma contemporain (Mariages, À l'origine d'un cri). Selon elle, les figures féminines du cinéma expriment une dimension importante et alternative des fictions nationales. On voit dès lors se tisser des liens entre les idées d'une nation et les représentations du corps féminin : Terre-mère, Femme-terroir, Femme-nation, Femme-nature... représentations qui évolueraient au gré des changements sociaux, politiques et culturels de la province.

    Une fine analyse politique et féministe, qui éclaire le cinéma sous un angle inédit et rafraîchissant, avec à l'appui les théories des Gender Studies anglo-saxonnes et de l'écoféminisme.

  • Pourquoi un si grand nombre de Canadiens ne se sentent pas chez eux dans leur propre pays ? Certains de nos principaux problèmes et controverses politiques ne pourraient-ils pas trouver leur résolution dans une nouvelle forme de dialogue ? Ce sont les questions que développe ici le philosophe politique Charles Blattberg, qui affirme que la voie que nous devrions privilégier aujourd´hui en politique canadienne est la conversation.

    Selon lui, toutes les formes de dialogue auxquelles nous avons eu recours jusqu'à présent sont inadéquates et seule la conversation permettra des rapprochements réels en cas de conflit et pourra mener à une pleine réalisation du bien commun.

    Dans cet essai étonnant, Blattberg défend une nouvelle conception de ce qu'est ou devrait être un pays : une communauté de citoyens.

    Charles Blattberg est professeur adjoint de philosophie politique au Département de science politique de l´Université de Montréal. Il est aussi l´auteur de From Pluralist to Patriotic Politics (Oxford University Press, 2000).

  • L'improvisation retrouvée Nouv.

    Cet ouvrage retrace la passion d'un acteur porté par l'art de l'improvisation. Sa structure en trois parties se fait l'écho d'un cheminement jamais démenti.

    Sources - la découverte bouleversante de l'improvisation et les rencontres qui constituent le creuset dans lequel se fondent la pratique et la réflexion;

    Manifeste - le moment de l'analyse et du regard critique sur les dérives de la Ligue nationale d'improvisation, qui a progressivement écarté du paysage culturel l'art de l'improvisation libre;

    Manuel - ou la démarche de transmission, legs d'un artisan et d'un professeur passionné aux apprentis comédiens.

    Acteur influent et observateur attentif de la culture depuis cinq décennies, Raymond Cloutier raconte un large pan de l'histoire de la création en collectif au Québec. C'est tout à la fois une autobiographie, un ouvrage critique et un ouvrage pédagogique qu'il offre au lecteur.

  • Segment essentiel de la documentation universitaire, les revues sont entrées depuis quelques années déjà dans le nouveau monde numérique. Dans le secteur des sciences humaines et sociales, les conditions de ce passage se posent en termes conceptuels, économiques, techniques et organisationnels.

    Les revues qui participent à des infrastructures nationales de diffusion de la recherche devraient pouvoir effectuer la transition vers le numérique selon un modèle qui réponde aux besoins du milieu. Il est ainsi possible de définir un espace où les revues qui ne sont pas dans le giron des oligopoles peuvent s'imposer comme formes stables et professionnelles de communication scientifique. Dans une toile encore dominée par l'anglais, le défi de la diffusion du document universitaire francophone se révèle particulièrement stimulant. Cet ouvrage en présente les grands enjeux et propose de les relever en faisant appel à une stratégie réseau.

    Avec des formations et des parcours distincts (professeur et directeur scientifique d'une maison d'édition universitaire, d'une part, bibliothécaire et spécialiste des sciences de l'information, d'autre part), Gérard Boismenu et Guylaine Beaudry ont été amenés à développer les premières structures de publications numériques à l'Université de Montréal. Leur réflexion s'inspire principalement du projet Érudit et de la réalisation d'un portail de revues francophones.

  • Prendre l´Histoire à rebrousse-poil pour faire entendre les voix de ses victimes ; exposer la barbarie que cachent la culture et le progrès technique ; montrer que la mémoire n´est pas l´affaire du passé, mais du présent et que l´écriture peut et doit faire justice. Telle est l´entreprise d´Esther Cohen, qui s´inscrit entre autres dans le sillage de Walter Benjamin et Jacques Derrida. Son livre se veut, comme les oeuvres qui le nourrissent, un acte de résistance contre le silence et l´indifférence qui ont été les complices de la Shoah comme des nombreux massacres qui ont continué de dévaster le monde contemporain.
    Primo Levi, Jean Améry, Jorge Semprun, Imre Kertész, mais encore Hannah Arendt, Albert Camus ou même Franz Kafka : les auteurs rassemblés dans cet ouvrage ont vécu les camps, en ont été les témoins historiques, ou en ont eu le sombre pressentiment. En les réunissant, Esther Cohen fait entrer en résonance quelques-unes des oeuvres capitales du XXe siècle. Préface de Silvestra Mariniello

  • Si pour bien des intellectuels le monde contemporain va trop vite - la vitesse hystérique de ce dernier n´ayant de cesse de leur couper la parole - Catherine Mavrikakis, elle, choisit de se laisser porter par cette vitesse et d´habiter le temps mondialisé, quand bien même il menacerait le rayonnement de l´écrit.
    Son essai, Condamner à mort, s´applique à penser, à partir de ces vitrines du vivre-ensemble que sont Internet et la télévision, les solutions qu´offre la loi pour gérer l´assassin : suppression des personnes, camisole chimique, enfermement. Car dans ces solutions et dans leurs réceptions diverses à l´écran, se donnent à lire les implicites à partir desquels le social est tissé. De Timothy McVeigh, le terroriste américain qui a fait exploser un édifice fédéral, à Aileen Wuornos, la prostituée meurtrière de l´Interstate 75 qui, comme lui, a succombé à la peine capitale, en passant par Andrea Yates, cette mère cinq fois infanticide, aujourd´hui emprisonnée et contrôlée médicalement, et Armin Meiwes, désormais sous les verroux, qui a mangé un homme rencontré par le biais d´Internet, Catherine Mavrikakis analyse des cas spectaculaires et dramatiques qui ont nourri la chronique durant les dernières années. Elle s´attache à fourbir des armes contre la peine de mort et plonge ici « dans ce temps de la simultanéité où, comme toute bonne nageuse synchronisée, elle s´efforce de garder le sourire et surtout de ne pas respirer ».
    Catherine Mavrikakis est professeure au Département d´études françaises de l´Université de Montréal. Elle est également romancière.
    Prix de l'essai Spirale Eva-Le-Grand 2006 Finaliste, prix littéraires du Gouverneur général, catégorie Études et essais, 2006 Prix Victor-Barbeau de l'essai de l'Académie des lettres du Québec, 2006

  • Seize journalistes canadiennes, à l'été 1904, font le voyage en train pour visiter la Foire universelle de Saint-Louis. Au cours de ces dix jours riches en péripéties, elles fondent le Canadian Women's Press Club (CWPC), premier du genre au pays.
    S'appuyant sur des lettres et des entrevues, mais surtout sur les articles de journaux produits dans le sillage de l'événement, Linda Kay dresse un portrait saisissant de ces femmes qui avaient en commun de n'avoir que peu de droits civiques, et met en lumière les divergences culturelles entre les membres francophones et anglophones du groupe. À la faveur d'une analyse minutieuse des prises de position individuelles et des dynamiques collectives, elle évoque avec brio les luttes menées par ces femmes, et nous permet de mesurer l'ampleur du chemin parcouru.

    Linda Kay est professeure au Département de journalisme de l'Université Concordia.

  • Guy Taillefer est journaliste et éditorialiste à la section internationale du Devoir depuis la fin des années 1990. Il a passé cinq années en Inde où il a pu constater le dynamisme politique et l'énergie délirante de cette démocratie plus grande que nature. Dans ces chroniques au ton personnel et parfois incisif, il rend compte, entre autres choses, de l'avancée de la condition des femmes, de la grande liberté d'expression des Indiens et de la question du développement durable. Il raconte aussi l'état de délabrement du système de santé, l'obésité - cadeau des sauces au ghee autant que des pizzas de Domino et des poulets de Kentucky -, la pollution de l'eau, ou sa rareté, ou encore les centaines de milliers de waste pickers et de junk dealers, humains bas de gamme dans le système de castes toujours en vigueur dans une Inde qui évolue entre tradition et modernité.

  • Intellectuelle engagée et militante, Anne Legaré rassemble ici des textes sur la souveraineté du Québec qu'elle a publiés au cours de sa longue carrière et interpelle le mouvement souverainiste sur des enjeux non résolus de sa démarche actuelle.

    Revisités et commentés par l'auteure, ces écrits offrent à la fois des analyses fines et des réflexions sur le mode de l'essai, dans une perspective ouverte sur l'avenir. Ils portent notamment sur le rôle du fédéralisme dans la formation de l'identité, les conceptions de la nation caractéristiques d'un mouvement de libération moderne ainsi que sur l'influence des relations internationales du Québec sur les représentations identitaires de ses citoyens.

    Avec ses interrogations brûlantes d'actualité, ce livre est le fruit d'un engagement passionné, appuyé sur une vision de l'histoire, celle de citoyens éclairés, volontaires, mus par le désir d'émancipation d'un peuple francophone dans un monde où le sujet démocratique est en perdition.

    Anne Legaré est professeure retraitée du Département de science politique de l'Université du Québec à Montréal. De 1995 à 1999, elle a exercé à Paris les fonctions de secrétaire générale du Centre de coopération interuniversitaire franco-québécois. Elle a été déléguée du Québec en Nouvelle-Angleterre et a représenté le Québec à New York et à Washington de 1994 à 1996. Son dernier ouvrage, Le Québec, otage de ses alliés. Les relations du Québec avec la France et les États-Unis, a été couronné du prix Richard-Arès.

  • On assiste depuis deux ou trois décennies à un engouement pour la mémoire qui touche les savoirs les plus variés autant que les institutions de l´État ou les publicitaires en mal d´idées. Les sociétés modernes avaient pourtant toujours semblé miser plus sur l´originalité du présent ou l´investissement dans l´avenir que sur le retour ou les reprises du passé. Comment comprendre alors cette résurgence?
    Il existe, en fait, diverses façons de se débarrasser du passé. Les sociétés traditionnelles, en le sacralisant, en agissant en son nom, impliquaient activement l´ancien dans l´actuel : le passé n´est pas un problème s´il définit le présent. Or, depuis le passage à la modernité, c´est la culture qui donne identité et valeurs aux communautés, à charge pour les historiens de comprendre un passé mis à distance, et d´autant plus énigmatique. La culture s´affranchit alors du passé en l´archivant, en le marquant du sceau du patrimoine, en l´expliquant.
    En étudiant certains cas littéraires et intellectuels exemplaires, Éric Méchoulan retrace les moyens qui ont permis de « mettre en culture » la mémoire. Ainsi, on peut mieux comprendre comment celle-ci a quitté le coeur de la vie sociale, et pourquoi elle reprend aujourd´hui le devant de la scène. Une réflexion troublante et nécessaire sur les bons usages de la mémoire... et de l´oubli.
    Éric Méchoulan est professeur au Département des littératures de langue française de l´Université de Montréal et directeur de programme au Collège international de philosophie de Paris. Il a entre autres publié, dans la collection «Espace littéraire» des PUM, Le livre avalé. De la littérature entre mémoire et culture (Prix Raymond-Klibansky 2005-2006).

  • Ce livre s´inscrit d´emblée en opposition à la réforme de l´éducation qui est appliquée au Québec depuis plus d´une décennie. Mais le point de vue n´est en rien passéiste ni réactionnaire. L´auteur s´est exprimé depuis le début contre les principales idées sur lesquelles s´appuie cette réforme. Ses prises de position critiques lui ont valu de sérieux adversaires et même un certain ostracisme. « Dans le milieu de l´éducation, écrit-il, il était interdit, sous peine de sanctions symboliques assez fortes, d´exprimer des réserves ou de formuler des critiques à l´endroit du système qui se mettait en place. » L´auteur rassemble dans ce livre trois essais importants et une dizaine de chroniques qui ne manqueront pas d´alimenter la discussion et la polémique sur les grands enjeux actuels de l´éducation.

    Normand Baillargeon est professeur en sciences de l´éducation à l´UQAM. Il se définit lui-même comme un essayiste et un militant libertaire. Il collabore à des publications alternatives comme le mensuel Le Couac, À bâbord ! et à la revue de philosophie Médiane, dont il est l´un des fondateurs. Il a publié plusieurs ouvrages à succès, dont son Petit cours d´autodéfense intellectuelle (Lux, 2005).

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