Les Presses de l'Université de Montréal

  • Comment caractériser les relations intimes, les discours sur l'amour et la sexualité, les institutions qui les encadrent ou les produits culturels qui les représentent dans les sociétés occidentales contemporaines ? Quels sont les éléments de continuité ou de distanciation quant aux idées et aux pratiques du passé ? Des spécialistes de la sociologie de l'intimité et de la sexualité explorent ici ces questions, notamment par l'analyse des imaginaires amoureux dominants et leurs expressions culturelles, mais aussi en décortiquant les pratiques courantes pour en révéler les transformations récentes.

    Synthèse de l'expertise théorique et empirique internationale, cet ouvrage collectif livre un aperçu des recherches sur les thèmes les plus actuels de l'intimité, tels la non-monogamie, le polyamour, l'adultère, la gestion de l'argent dans les couples, les rencontres en ligne, la diversité sexuelle et bien d'autres. Les auteurs y abordent l'intimité contemporaine amoureuse et sexuelle de manière théorique, sans se limiter aux contenus des représentations dans les médias (miniséries, films, sites de rencontre, publicité) ou aux pratiques concrètes de la sexualité.

  • L'histoire de la pharmacie en Nouvelle-France s'ouvre sur la rencontre avec le Nouveau Monde, ses ressources médicinales et les savoirs qu'en ont ses premiers habitants. Marqué par une double tradition, à la fois française et britannique, le développement de la pharmacie au Québec s'accélère aux XIXe et XXe siècles alors que le domaine du médicament subit d'importantes transformations. Révolution thérapeutique, essor de l'industrie pharmaceutique, transformations économiques et réformes gouvernementales finissent par plonger la pharmacie dans une crise identitaire dont elle ressortira passablement transformée à l'aube du XXIe siècle.

    Malgré son riche passé, qui puise ses sources dans l'Antiquité, la pharmacie est souvent laissée pour compte dans l'histoire de la médecine et de la santé. Cette lacune est brillamment corrigée dans cet ouvrage qui rend compte de l'évolution des conceptions scientifiques et populaires de la santé, allant de pair avec l'évolution des médicaments et de la profession de pharmacien. Celle-ci, qui a vu son rôle et son identité s'altérer puis se recomposer, est racontée ici avec un grand souci du détail qui montre tout l'intérêt qu'il y a à porter un regard historique, et souvent sociologique, sur des phénomènes contemporains.

  • Après-guerre, des miliciens compromis en France sous l'Occupation se sont réfugiés au Québec pour fuir l'épuration. Moins que leur nombre, c'est l'écho de leur présence dans la société québécoise qui surprend. En effet, l'ampleur de la mobilisation politique et sociale à leur sujet fut telle que l'on a pu parler, à juste titre, d'une «affaire Bernonville», du nom du plus connu d'entre eux. Dès lors, centré sur cette « affaire des réfugiés politiques français » qui fit grand bruit au Canada entre 1948 et 1951, le livre propose tout à la fois un retour sur l'événement, sa mémoire et l'écriture de son histoire. Il offre ainsi une histoire connectée entre la France et le Canada français. À travers les itinéraires singuliers d'une poignée d'exilés, l'ouvrage contribue à revisiter l'histoire de Vichy et de sa postérité. On y découvre également la façon dont s'organisait le soutien «hors les murs» de ces ex-miliciens, via au Québec la présence d'une minorité d'activistes de droite appartenant à la mouvance clérico-nationaliste, qui constituait le noyau dur de «l'accueil collabo». À une autre échelle, ce livre s'inscrit dans l'histoire des politiques suivies par le Canada à l'égard des collaborateurs européens ou présumés criminels de guerre de 1945 à nos jours.

  • Les dix opéras de Wagner inscrits au répertoire mettent en musique des légendes médiévales et des mythes germaniques ou scandi­naves : de la trahison de Lohengrin à l'hymne à l'amour que chante Tristan à Isolde, en passant par l'engloutissement des dieux dans la Tétralogie et la rédemption de Parsifal. Mais le défenseur de « l'oeuvre d'art de l'avenir » est également très préoccupé des prin­cipes poétiques qui gouvernent leur création. Explicitement, dans Tannhäuser et Les Maîtres Chanteurs de Nuremberg. Implicitement, par le biais de personnages traités comme des allégories de la poésie et de la musique, dans Lohengrin, la Tétralogie et Tristan.

    Projetant les principes théoriques de Wagner sur ses oeuvres, Jean-Jacques Nattiez fait apparaître les récits cachés derrière la lettre de leur propos, en montrant le rôle que jouent les emprunts à des formes classiques de l'opéra, le recours à des métaphores sexuelles et la fonction de la musique dans ce qu'il appelait « l'oeuvre d'art totale ». Dans ce but, il examine la figure de l'androgyne et l'utilisation du rêve pour mieux cerner la nature des relations entre la poésie, le drame et la musique dans chaque opéra.

    Le présent livre se veut une synthèse des idées maîtresses de l'auteur à propos de Wagner. Exempt de digressions techniques, il s'adresse au mélomane, à l'amateur de musique et à l'admirateur du maître de Bayreuth soucieux de découvrir des aspects insoupçonnés de son oeuvre.

  • Depuis plusieurs années, le port de signes religieux au sein des institutions publiques est un enjeu social important dans la société québécoise. Au milieu des années 2000, lors des travaux de la commission Bouchard-Taylor, de nombreux Québécois sont stupéfaits de constater que plusieurs de leurs concitoyennes de confession musulmane affichent publiquement leur religiosité au moyen d'un foulard couvrant leurs cheveux, le hijab. Certains projets de loi ont proposé d'interdire le port de signes religieux pour l'ensemble du personnel des organismes publics ou parapublics. Cette interdiction reste possible en droit québécois, mais elle doit se fonder sur la recherche d'un équilibre entre la neutralité religieuse de l'État et le droit à la liberté de religion.

    Quels sont les liens existants entre la laïcité et la liberté de religion au Québec ? Que signifie la laïcité pour une fonctionnaire portant le hijab ? En documentant de manière descriptive et nuancée la question des signes religieux, l'auteur propose un examen des normes étatiques et une analyse des pratiques quotidiennes des fonctionnaires québécoises qui ainsi tentent de concilier le respect de leur foi et le respect de l'État.

  • Au Québec comme dans l'ensemble des pays industrialisés, les municipalités ont dû relever, depuis le milieu du xix e siècle, des défis sans cesse renouvelés. De nos jours, l'adaptation aux changements climatiques, l'indispensable transition énergétique, les impératifs d'une mobilité moins dépendante de l'automobile, la lutte à la dévitalisation de petites communautés et le développement des outils de gouvernance numérique en constituent quelques-uns. Si elles disposent, pour y faire face, d'outils éprouvés, elles doivent souvent sortir des sentiers battus. En d'autres termes, elles doivent innover.

    Or, l'innovation est généralement associée à l'entreprise privée et aux grands organismes publics, comme si les municipalités ne pouvaient qu'emprunter les voies tracées par d'autres. C'est à cette idée reçue qu'entend s'attaquer le présent ouvrage.

    Prenant prétexte de la célébration du 15 e anniversaire du prix mérite Ovation municipale de l'Union des municipalités du Québec, il propose une mise en perspective des finalités, des motivations, des modalités, de la portée et des retombées de l'innovation dans le monde municipal québécois. Ce faisant, il révèle une dimension méconnue de l'exercice des compétences des municipalités.

  • Dans un style élégant doublé d'un grand souci de vulgarisation, ce livre consigne les réflexions d'un historien de la vie intellectuelle sur sa pratique et sur les façons d'écrire l'histoire. Il montre que la distanciation nécessaire à son métier n'est pas seulement affaire d'éloignement dans le temps, mais que la médiation qui s'opère avec l'objet de sa recherche fait intervenir chaque fois des considérations formelles, sentimentales et idéologiques. Tout en rendant compte de façons nouvelles de pratiquer l'histoire à trois époques différentes - autour de 1500, de la chronique médiévale à Machiavel et Guichardin; autour de 1800m des Lumières à l'historicisme du XIXe siècle; et autour de 1968, avec l'intégration des affects et des sentiments - , et sans prétendre constituer une histoire de l'historiographie, mais en en livrant les principales balises, l'auteur se penche notamment sur les usages de l'histoire en littérature, en peinture, et en muséologie.

    Parce qu'il soulève plusieurs questions d'intérêt général, cet essai intéressera non seulement les historiens, professeurs et étudiants, mais également le grand public féru de culture.

  • L'intime, qui est généralement tu, caché, privé, est de plus en plus exposé à l'écran et se trouve transformé du fait de cette exposition : il devient partagé, dans une sorte d'intimité à distance de soi et à destination d'autres personnes secrètes et multiples. Ce faisant, il nourrit la sensibilité du spectateur en même temps que celle du cinéaste et des artisans du film.

    Dans une série d'essais riches et contrastés, les auteurs de ce livre réfléchissent à la question paradoxale de l'intime au cinéma, par les archives, les affects, les formes narratives ou les dispositifs. Ils explorent l'univers de cinéastes aussi différents que Jean Eustache, Richard Linklater, Carolee Schneemann, Jean-Luc Godard, Leighton Pierce, Chris Petit, Xavier Dolan, Paolo et Vittorio Taviani, Jean Renoir, Lars von Trier, Laure Vermeersch, Sarah Polley, Yasujiro Ozu et quelques autres. Au fil de leurs analyses, ils font apparaître le film comme un acte, un événement, avec ses ramifications et ses conséquences sociales, politiques, esthétiques et éthiques.

  • Année après année, Giuseppe Verdi reste le compositeur d'opéras le plus joué dans le monde. Pourtant, peu d'études musicologiques sur son style ont été publiées à ce jour, et encore moins en français. En fait, ce livre, véritable guide d'analyse opératique, est le premier dans toutes les langues qui traite de façon systématique du langage musical du compositeur. En s'appuyant sur les 23 opéras en italien et en mettant en lumière leurs conventions et leurs principes sous-jacents, l'auteur examine méthodiquement les personnages et leurs intrigues au regard de l'écriture musicale et brosse ainsi le portrait d'une oeuvre grandiose. À l'aide de plusieurs exemples, il décrit avec brio la forme musico-dramatique d'un compositeur dont le style unique est, ultimement, au service de la théâtralité. Steven Huebner est musicologue à l'école de musique Schulich de l'Université McGill et titulaire de la chaire James McGill.

  • Cet ouvrage explore les discriminations liées à l'origine des gens dans le système de santé. À partir d'un terrain spécifique - la Guyane française, terre d'outre-mer au passé de colonie esclavagiste -, l'auteure, dont l'expertise dans ce domaine n'est plus à démontrer, étudie le décalage entre les cadres institutionnels et la réalité d'un contexte précis. Elle vient combler une brèche dans les savoirs lacunaires sur les pratiques discriminatoires dans les systèmes de santé et analyse les processus sociaux et politiques qui y conduisent. Immigration, culturalisme, racisme, inégalités sociales, droit aux soins : autant d'enjeux universels qui sont ici décryptés de façon limpide. Estelle Carde, professeure au Département de sociologie de l'Université de Montréal, a suivi une formation en médecine et en sciences sociales. Elle travaille sur les inégalités sociales de santé en Guyane française, en France métropolitaine et au Québec.

  • La musique entretient des liens indissociables avec le corps. Toutefois, les recherches portant sur ce couple fondateur sont rarissimes. Point de départ et d'arrivée de la médiation musicale, le corps est un lieu d'expression et de communication, de techniques, de production de sons et de mouvements et mérite toute l'attention que les auteurs de ce livre - musicologues, interprètes et philosophes - lui prêtent.

    Du timbre vocal à la chorégraphie cultuelle, en passant par la position des doigts sur un clavier ou sur des cordes, cet ouvrage aborde plusieurs thèmes qui intéresseront grandement les musiciens, les danseurs et tous ceux que la question du corps dans l'art interpelle.

  • Au cours des débats sur la Charte des valeurs de la laïcité, qui ont animé le Québec d'août 2013 à avril 2014, la neutralité de l'État en matière religieuse et les conditions de sa mise en oeuvre ont été âprement discutées. Quels sont les enjeux autour desquels se cristallisent les tensions générées par l'application du principe de neutralité ? Que font les États laïques en matière de régulation de la diversité religieuse pour établir des régimes de « reconnaissance » implicite ? Et comment l'interaction entre acteurs religieux et État produit- elle des situations pratiques où ce principe est directement mis à l'épreuve ? Ces questions ne se posent pas uniquement au Québec ; des discussions similaires ont lieu dans d'autres contextes et appellent une mise en perspective de l'idée du Québec comme « société distincte ».
    Cet ouvrage donne un aperçu de la variété et de la complexité des trajectoires de la neutralité étatique pluraliste avec des études de cas ancrées dans différents espaces nationaux et des analyses issues des sciences sociales, humaines et juridiques.

  • De 1850 à 1950, le Québec transite d'une société rurale vers une société en voie d'industrialisation qui s'installe peu à peu dans la modernité urbaine. Dans cet important ouvrage, l'auteur observe ce passage et propose aux lecteurs de mieux comprendre l'histoire du Québec à partir du traitement que l'on a fait aux enfants. Il éclaire de manière tout à fait originale les questions difficiles à affronter, comme celle des orphelins de Duplessis, de l'adoption des filles, de notre rapport très ambigu avec l'éducation. Cet ouvrage s'inscrit dans une perspective précise, réintroduisant le passé dans le présent ; il porte au jour ces idées de jadis qui aiguillent encore nos façons d'agir. Cela place l'enfance québécoise dans une position en apparence contradictoire : un pied dans la modernité, l'autre dans certaines pesanteurs de la société agraire qui subsistent malgré tout. Au moment où l'homme a tendance à être de plus en plus présenté, ou rêvé, comme un être isolé, autonome, responsable, guidé par sa raison, opposé à la collectivité contre laquelle il défendrait son « authenticité » ou sa « singularité », les sciences sociales ont plus que jamais le devoir de mettre au jour la fabrication des individus. L'auteur de ce livre s'attelle à cette tâche avec brio.

    André Turmel est professeur associé au Département de sociologie de l'Université Laval. Il poursuit depuis des années des recherches en sociologie de l'enfance.

  • L'auteur s'inscrit dans une longue tradition sociologique au Québec - de Léon Gérin en passant par Jean-Charles Falardeau, Fernand Dumont, Gilles Houle, Nicole Laurin et Nicole Gagnon - et permet sa redécouverte. Il nous montre le cheminement de Léon Gérin, « le premier sociologue cana­dien », en même temps que celui d'une certaine société, comme une trame évolutive de l'individu et de la collectivité dans laquelle il s'active.

    Le recours à la correspondance nourrie de Gérin, ainsi qu'à de riches fonds d'archives, nous fait entrer dans le privé, aborder des aspects difficiles à déceler dans d'autres types de sources et reconstituer les réseaux de relations du sociologue. Les connaissances qui en découlent apportent un éclairage qui nous fait mieux comprendre la société québécoise de cette époque, mais aussi d'aujourd'hui.

  • Autobiographique autant qu'historique, cet ouvrage pousse la réflexion bien au-delà de la simple anecdote sur le parcours somme toute unique de son auteur. Celui-ci fut recteur d'une des plus grandes universités de recherche du Canada pendant sept années et professeur de sciences économiques pendant 35 ans. Il témoigne de plusieurs questions primordiales sur la place de l'université dans notre société, outre celles de l'éducation, de la recherche ou du leadership. Ce faisant, il passe au crible le fonctionnement de cette organisation complexe en analysant ses liens nécessaires avec les partenaires externes et les fonctions souvent méconnues de chacun de ses acteurs. Il explore au détour les notions de philanthropie dans un contexte francophone, de syndicalisme ou d'engagement envers l'excellence.

    /> Écrits sur un ton personnel, mais gardant une saine distance envers son sujet, ses souvenirs et ses réflexions viennent enrichir le patrimoine historique québécois en offrant un regard inédit sur l'une de ses institutions les plus fondamentales.

  • Comment se prennent les décisions à l'échelle des régions métropolitaines et par qui sont-elles prises ? Quels sont les moyens utilisés par les parties pour arriver à établir et mettre en oeuvre des politiques et des projets communs pour leur ville et leur agglomération ? Et quelle est la place de la participation publique dans ces décisions ? Bref, comment se déroulent les processus de planification à l'ère de la gouvernance et de la collaboration ? En mettant en parallèle cinq métropoles canadiennes - Québec, Montréal, Ottawa-Gatineau, Toronto et Vancouver -, cet ouvrage jette un regard neuf sur la construction de l'action publique territoriale et les régimes urbains. Issu des travaux conjoints de chercheurs canadiens en aménagement et en urbanisme, il illustre clairement les similitudes, les contrastes et les particularités des dynamiques de gouvernance et de planification de ces cinq régions. Il révèle finalement la nature des relations politiques qui lient les échelles d'action en matière d'aménagement et de développement, et analyse les rapports de force, les jeux de pouvoir et la nature des conflits qui en découlent.

  • Que signifie connaître ou savoir? Cette redoutable question née avec la philosophie elle-même reste toujours cruciale aujourd'hui. Et, comme le montre la longue histoire de la théorie de la connaissance, de Platon et Aristote aux théoriciens cognitivistes contemporains, on y a répondu diversement. À chaque époque, des penseurs ont contribué magistralement à développer cette discipline, que ce soit par des analyses poussées et souvent techniques ou par les débats suscités par leurs arguments. Chacun des dix-neuf chapitres de cet ouvrage expose en détail une pensée qui a fait date et la situe dans le contexte qui l'a vue naître. Robert Nadeau a fait carrière au Département de philosophie de l'Université du Québec à Montréal, où il a fondé et dirigé pendant vingt-cinq ans le Groupe de recherche en épistémologie comparée. Avec les textes de Richard Bodéüs, Yves Bouchard, Josiane Boulad-Ayoub, Sébastien Charles, François Duchesneau, Yves Gingras, Sandra Lapointe, Georges Leroux, Iain Macdonald, Mathieu Marion, Martin Montminy, Robert Nadeau, Claude Panaccio, Dario Perinetti, Claude Piché, David Piché, Pierre Poirier, Serge Robert et Alain Voizard.

  • La question de l'emploi est cruciale pour tous les pays en développement, en particulier, pour les pays africains. Poussée par une démographie galopante, la population en âge de travailler augmente à un rythme exponentiel; celui des économies à générer des emplois décents est beaucoup plus lent. De manière générale, l'Afrique est un endroit où il est difficile de trouver un poste de qualité et la situation peine à s'améliorer. Les jeunes et les femmes font face à des problèmes d'employabilité, à de longs délais et à la précarité du travail disponible.

    L'entrepreneuriat peut jouer un rôle important non seulement dans l'insertion professionnelle des jeunes et des femmes, mais aussi dans l'essor économique de l'Afrique francophone. D'où l'intérêt grandissant porté à cette question tant par le monde universitaire que politique.

    Si les États savaient comment mettre à profit la volonté entrepreneuriale des jeunes et des femmes, ils pourraient s'engager dans une véritable transformation économique qui mènerait à un développement durable. Pour y arriver, ils doivent s'attaquer aux obstacles à l'initiative privée. Cet ouvrage présente des études à la fois descriptives et analytiques pour aider à comprendre ce que les gouvernements peuvent faire pour améliorer la situation de l'entrepreneuriat des jeunes et des femmes en Afrique francophone.

  • Peut-on concevoir un milieu aussi propice aux malentendus et au déchaînement des passions que celui de la critique musicale ? Sa nature, son fondement et ses limites demeurent des sources inépuisables de débats. C'est encore plus vrai en ce qui concerne les virtuoses et, plus près de nous, dans le cas de Glenn Gould. Que de tensions et de malentendus suscités par le caractère inédit de l'interprétation de Gould ! Que de frustrations et de satisfactions provoquées par son expérience musicale ! Le cas Glenn Gould fournit assurément un matériau pertinent pour comprendre les différentes stratégies déployées par la critique musicale en présence de l'art inouï d'un virtuose. La critique musicale, maintes fois décriée pour ses erreurs d'appréciation et de jugement, est pourtant nécessaire. Mais comment la lire et comment reconnaître celle qui vaut la peine d'être lue ? Ghyslaine Guertin a enseigné la philosophie avant de se consacrer à la recherche à la Faculté de musique de l'Université de Montréal. Ses champs de recherche concernent l'esthétique et la philosophie de la musique, et plus particulièrement celle de Michel-Paul-Guy de Chabanon au siècle des Lumières.

  • Rares sont les sociétés contemporaines qui ne sont pas pluriculturelles et plurilingues, en raison notamment de l'émergence de l'anglais comme nouvelle lingua franca et de l'augmentation des flux migratoires des quarante dernières années. Dans un contexte de mutations sociales et économiques mondiales sans précédent, les défis posés par les politiques linguistiques et culturelles font désormais partie intégrante de notre quotidien. Mais quels sont leurs véritables enjeux - juridiques, politiques, culturels et symboliques - ainsi que leurs incidences sur l'éducation, la traduction ou les langues autochtones? Dans une perspective résolument interdisciplinaire, ce livre fait état de la recherche collective sur la question du plurilinguisme officiel dans plusieurs pays et de solutions concrètes à des problèmes communs. Sa pertinence et son originalité résident autant dans l'actualité que dans la ferme volonté de réfléchir aux réformes à envisager afin que chaque citoyen ait la possibilité, selon l'idéal de la diversité universelle prôné par l'UNESCO, de s'exprimer, d'apprendre et d'exercer ses droits civiques dans la langue de son choix.

  • Une énigme : pourquoi les pensionnats indiens du Québec étaient-ils si peu nombreux - six en tout - comparativement à ceux de l'Ontario et de l'Ouest canadien ? Pourquoi ont-ils ouvert si tardivement - au début des années 1950 - a lors qu'ailleurs i ls sont implantés dès la fin du 19e siècle ? Autre énigme : comme la majorité des pensionnats catholiques canadiens étaient administrés par des pères oblats - 39 sur 45 - et que ceux-ci missionnaient dans la plupart des communautés autochtones au Québec depuis le milieu du 19e siècle, pourquoi ont-ils attendu si longtemps avant d'ouvrir des pensionnats au Québec ? Fondé sur les archives des pères oblats, très peu exploitées à ce jour, ce premier livre sur les pensionnats autochtones au Québec relate l'histoire de chaque établissement. L'auteur y fait ressortir les pressions politiques exercées par la communauté religieuse sur les autorités fédérales au moment même où le gouvernement libéral de Louis St-Laurent projetait de fermer ces institutions au Canada anglais. Il met aussi en lumière l'idéologie des oblats en matière d'éducation des enfants autochtones : contrairement à ce que prônait la politique d'intégration dans les écoles publiques du département des Affaires indiennes dans les années 1950, ils cherchaient plutôt à maintenir vivante la culture de leurs pensionnaires. Écrit dans le contexte tendu de la Commission de vérité et réconciliation, ce livre ouvre la voie à une interprétation différente de la responsabilité première de ces institutions au Québec. Henri Goulet a été chargé de cours en histoire et en études québécoises à l'Université de Montréal. Il a publié, entre autres ouvrages, avec Jacques Rouillard Solidarité et détermination. Histoire de la Fraternité des policiers et policières de la Communauté urbaine de Montréal (Boréal, 1999), ainsi que L'enseignement médical : une profession. Histoire de l'AMCEM, 1968-2008 (PUM, 2008).

  • Cet ouvrage souhaite montrer la richesse d'une ouverture géographique et thématique des recherches urbaines actuelles en présentant celles qui prennent en considération les villes situées en dehors de l'aire occidentale. Il donne la voix à de jeunes chercheurs et praticiens originaires de six pays et de trois continents qui, par leurs réflexions engagées, proposent de corriger les perceptions souvent négatives, voire catastrophiques, de l'urbanisation non occidentale. En partant du principe que tout espace urbain est aussi banal que singulier, ils aident à décentrer le regard et à envisager sérieusement l'importance de l'altérité dans la construction des représentations collectives. Ouvert sur le monde, donc, cet ouvrage montre tout l'intérêt de diversifier les approches théoriques et empiriques en urbanisme, dont le fort ancrage nord-américain ou européen empêche souvent de rendre compte des multiples réalités des villes de la planète. Docteur en géographie, Gabriel Fauveaud est chercheur invité au Centre d'études et de recherches international de l'Université de Montréal ( CÉRIUM ) et chercheur associé à l'UMR 8586 Prodig.

  • Les années 1920 ont été le théâtre de la montée en puissance de l'Union soviétique et de l'alignement des pays occidentaux contre le « péril rouge ». Cette histoire, qui pourrait s'intituler « La première véritable guerre froide », a le plus souvent été racontée du point de vue des puissances de l'Ouest. Mais avec l'effondrement de l'URSS, dans les années 1990, l'accès aux archives soviétiques a permis de jeter un tout nouvel éclairage sur cette période. Replacées dans leur juste contexte par le travail méticuleux et acharné de Michael J. Carley, et accompagn.es de documents de sources britannique, française, allemande et américaine, dont plusieurs inédits, ces archives nous livrent le récit - décrit de l'intérieur - des premières années de l'État soviétique. En faisant une large place à l'humain, l'auteur illustre, non sans humour, le rôle essentiel d'individus comme Joseph Staline ou Léon Trotski, et leur influence sur la politique étrangère, qui se déploya dans des arènes assez éloignées de Moscou, notamment en Turquie, en Perse, en Afghanistan et, particulièrement, en Chine. Il retrace avec précision les positions et les interventions publiques - et surtout privées - des personnages de ce récit historique, et brosse un portrait vivant de la diplomatie des ann.es 1920 et des relations de l'URSS avec l'Allemagne, la Grande-Bretagne, les États-Unis et la France. L'actualité insufflant un véritable regain d'intérêt pour la Russie, ce livre saura captiver les érudits comme les amateurs. Michael J. Carley est professeur-titulaire au Département d'histoire de l'Université de Montréal. Il poursuit depuis plusieurs décennies sa recherche sur les relations entre l'URSS et les pays occidentaux, notamment de 1917 à 1945.

  • Depuis 2006, le Québec débat âprement des règles gouvernant la laïcité de ses institutions et se trouve confronté à deux modèles apparemment irréconciliables : le républicanisme « jacobin » et le libéralisme individualiste, issus respectivement de la France et du Canada.

    En s'inspirant de la pensée du philosophe politique John Rawls, les auteurs proposent ici d'explorer une voie médiane mieux adap­tée à l'expérience québécoise. Dans ses travaux tardifs, Rawls met en avant une forme de libéralisme républicain affranchi de l'indi­vidualisme normatif de Kant et de Mill et récuse le paternalisme qui vise à imposer aux citoyens une certaine éthique de vie. Tout en étant neutre à l'égard des conceptions individualiste et com­munautarienne de la personne, il cherche à équilibrer les droits collectifs des peuples avec les droits individuels des personnes.

    C'est donc une conception strictement institutionnelle de la laïcité que présentent les auteurs, qui redéfinissent au passage l'interculturalisme, la liberté rationnelle et le consentement, ainsi que l'expérience religieuse, qui devient hybride, à la fois subjective et objective. En se servant de Rawls, ils expliquent clairement pourquoi l'expression de la religion fait partie de la liberté reli­gieuse, mais aussi pourquoi il faut faire la distinction entre les objets qui relèvent des libertés fondamentales et ceux qui sont sujets à des accommodements. Ils tracent ainsi une authentique troisième voie, qui pourrait bien faire sortir de l'impasse le débat québécois sur la laïcité.

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