Sciences humaines & sociales

  • La nature humaine à la lumière de la psychopathologie Nouv.

    La Nature humaine à la lumière de la psychopathologie (Human Nature in the Light of Psychopathology) réunit un ensemble de conferences (« The William James Lectures ») prononcees par Kurt Goldstein à l'Universite Harvard, en 1938-1939 et publiees pour la première fois en 1940 par Harvard University Press. Premier ouvrage de Goldstein paru aux États-Unis où il commence une nouvelle vie, tant personnelle que professionnelle, après avoir été chassé d'Allemagne par le gouvernement nazi. Formé à la médecine, spécialiste de psychiatrie, mais également féru de philosophie, il est confronté dans ses premières années de pratique aux cérébrolésions des soldats de la Première Guerre mondiale, sources de séquelles irréversibles. C'est le point de départ d'une réflexion qui transcende les découpages disciplinaires entre biologie et philosophie, anthropologie et neurologie, théorie médicale et pratique clinique. Goldstein propose en effet une conception de la clinique qui engage le rapport de l'être humain à lui-même, aux autres et au monde, et fait de la biologie une science qui doit être autant capable d'appréhender de façon « atomistique » les phénomènes qu'elle analyse que de développer une compréhension de l'organisme tout entier, malade ou en bonne santé.

  • La thèse de cet ouvrage est qu'il faut prendre soin du monde et qu'une « anthropologie relationnelle » permet de penser ce soin. Une pensée spécifique de la relation devient particulièrement nécessaire en médecine, dans le monde du travail et vis-à-vis de l'environnement. Elle entend s'opposer à une attitude peu soigneuse qui se répand à l'égard des personnes et des différents contextes de vie. L'exigence du soin, se faisant catégorie critique, permet ainsi de relier des domaines souvent envisagés comme distincts où, à rebours de l'exploitation générale du monde, elle invite à porter attention aux relations humaines et aux différentes formes de vulnérabilité. Si la philosophie du care occupe désormais une place importante au sein de la philosophie contemporaine, cet ouvrage fait apparaitre la diversité des philosophies du soin, montre la pluralité des champs qu'elles investissent, et l'unité d'une démarche d'attention au monde.

  • La démarche dite « principiste » exposée dans le livre de Tom Beauchamp et James Childress, Les Principes de l'éthique biomédicale (Principles of Biomedical Ethics), paru aux États-Unis en 1979, et dont la dernière édition à ce jour date de 2013, s'est imposée comme une référence centrale dans la littérature d'éthique médicale et les pratiques d'éthique clinique. Très discutés dans le monde anglo-saxon, les Principes n'ont fait l'objet d'aucun commentaire d'ensemble en français. Le présent essai vient combler cette lacune. Dans l'esprit même du principisme, il situe les questions théoriques à partir des enjeux du soin. Le fil conducteur de cette lecture n'est donc pas tant un texte qu'un problème : justifier les choix relatifs à l'éthique médicale dans un contexte démocratique de respect du pluralisme des convictions morales. Ce dialogue avec les propositions des Principes conduit à préciser une « éthique du préférable partageable », c'est-à-dire une approche concrète pour penser une justification des normes qui n'emprunte ni aux rapports de domination ni à l'arbitraire, question majeure de notre temps.

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