Mémoire d'encrier

  • Fragments d'un monde en ruine

    Thomas King

    • Mémoire d'encrier
    • 21 Mai 2021

    Premier recueil de poésie du grand écrivain autochtone Thomas King
    Traduit par Jonathan Lamy

    Résumé
    Thomas King signe un premier recueil de poésie. Soixante-dix-sept fragments où alternent mythes réactualisés, commentaires politiques, tranches de vie et traits d'humour. Le tout porté par la puissance tellurique et le style iconoclaste de ce grand écrivain autochtone.

    Extrait
    Quand je me sens frustré,
    je vais à la rivière
    lancer des pierres
    dans l'eau.
    Je suis comme ça.
    D'autres bombardent des villes.

    Point de vue de l'auteur
    77 fragments. Avril 2020, j'ai eu 77 ans. Le chiffre 77 représente à mes yeux une sorte de jumeau car il réunit deux nombres premiers. L'histoire iroquoienne de la création évoque les jumeaux. J'ai joué avec le concept de jumeaux dans mes écrits.

    Un monde en ruine. La ruine interroge la vie que nous vivons, ce monde dans lequel nous sommes. Je n'essaie pas d'amener des réponses à cette question. Je laisse au lecteur la liberté de les trouver lui-même.

    L'action par l'écriture. Militant, je n'aimais pas être au front, dans la mire des armes. Je l'avoue, honnêtement, je n'étais pas très doué pour ça. Ça me fait peur. L'écriture me permet d'être plus direct. Je peux prendre mon temps avec ce que je veux dire et m'assurer de le dire de la manière qui aurait le plus d'impact. Donc, je milite par l'écriture. J'arrive à mieux saisir le monde avec la fiction, la non-fiction et la poésie. Je peux en faire ce que je veux et je suis beaucoup plus heureux.

    L'auteur
    Thomas King, né en 1943, est l'un des plus grands intellectuels et écrivains des Premières Nations. Romancier, nouvelliste et scénariste de grande renommée, il a reçu de nombreux prix et distinctions dont le Prix du Gouverneur général en 2014 pour The Back of the Turtle(La femme tombée du ciel). Son premier recueil de poésie 77 Fragments of a Familiar Ruin (Fragments d'un monde en ruine) paraît chez Mémoire d'encrier en mai 2021.

  • La femme cent couleurs

    Jean-Louis Lorrie

    • Mémoire d'encrier
    • 1 Avril 2020

    Résumé
    La femme cent couleurs, premier recueil de poésie de Lorrie Jean-Louis, nomme la race et la femme. Speak White or Black! La question ici est de porter la parole racisée. L'auteure interroge la posture de Michèle Lalonde et l'énonciation liée à une certaine poétique avant-gardiste. Elle refait la parole, parole des origines recommencée dans la rencontre et la beauté. Profondément féministe, La femme cent couleurs renaît ici ailleurs, sans injonction ni assignation.

    Point de vue de l'auteure
    « Je n'aime pas l'expression « les gens de couleur ». Moi qui aime tant les couleurs, je pense que cette expression est faussement bucolique, car il ne s'agit en fait que du Noir. Pour moi, cette expression devrait signifier que chaque jour je puisse décider de ma couleur ; vert, rouge, opale... C'est une façon détournée de nommer la race. La femme cent couleurs est venue m'habiter et il était clair qu'il fallait que je comprenne que c'était tout, CENT ou rien, SANS. Si on ne me les donne pas toutes, je n'en veux aucune. »

    Extrait
    Je viens de mes origines
    mes origines viennent de la mer
    la mer boit tout

    je n'arrête pas d'arriver
    moi l'étrangère
    noctambule des marées

    j'arrive
    je ne finis pas
    je commence

    je suis fatiguée
    la mer me recrache toujours

    L'auteure
    Née à Montréal de parents haïtiens, Lorrie Jean-Louis détient une maîtrise en littérature et également une maîtrise en bibliothéconomie. Elle a travaillé en enseignement, animation, lecture et édition. Elle collabore avec la revue Liberté . À présent, elle se consacre à l'écriture.

  • La danse du figuier

    Emné Nasereddine

    • Mémoire d'encrier
    • 31 Mai 2021

    Résumé
    Trois générations de femmes : Téta, la grand-mère, Fadwa, la mère, et Emné, la fille qui dit la tendresse de celles qui l'ont précédée. Les poèmes recousent les liens brisés par la guerre, la mort et l'exil.

    Extrait
    Je suis fille de la fille
    c'est à moi de consoler
    à moi de porter
    les fleurs
    les horizons
    mon doigt indique les premiers nuages
    rentrons à la maison Téta
    nous reviendrons demain
    enceintes d'un jour nouveau

    Point de vue de l'auteure
    Le figuier sous lequel nous dansions enfants a été coupé. Je ne savais plus où aller. Dans une tristesse que je connaissais par corps, j'ai fini par fuir sans montrer mon ombre. Dans la poésie, j'ai vu la possibilité d'habiter un lieu et d'y retrouver la tendresse des femmes qui m'ont élevée.

    L'auteure
    Née en France en 1990, Emné Nasereddine a grandi au Liban et elle a étudié la littérature à Montréal, où elle vit. Sa poésie s'inspire de son expérience de migration, des frontières et du deuil, de la vie des femmes libanaises. La danse du figuier est son premier livre.

  • Ciel de nuit blessé par balles

    Ocean Vuong

    • Mémoire d'encrier
    • 17 Octobre 2017

    Recueil de poésie traduit en dix langues. Mémoire d'encrier détient les droits en langue française. Ciel de nuit blessé par balles est résolument un chef-d'oeuvre qui peint la vie humaine dans toutes ses facettes : l'exil, l'amour, l'enfance, le sexe, la violence. La poésie américaine retrouve ses grandes obsessions avec ce poète vietnamien de 28 ans.

  • L'après-pays

    Mai Der Vang

    • Mémoire d'encrier
    • 31 Mai 2021

    Recueil de Mai Der Vang, traduit par Marc Charron

    Résumé
    L'après-pays revient sur les traces des Hmong du Laos à travers l'histoire d'une famille de réfugiés. Mai Der Vang lève le voile sur la guerre et ses atrocités. Sa poésie résonne avec les chants chamaniques des ancêtres.

    Extrait
    Lorsque les funérailles évoqueront
    Les repas agrestes de mes ancêtres paternels,
    Les broderies en point de croix du côté de ma mère
    Alors je me présenterai devant vous
    Vêtue de mon armure de terre,
    Prête à vous écouter chanter mon histoire

    Point de vue de l'auteure
    L'après-pays. J'écrivais toutes ces images, toutes ces descriptions de paysages, et tous ces endroits oubliés, ces lieux de désolation, cette terre tombée en ruine. J'explorais l'idée de l'après-pays dans ses multiples visages. L'après-pays du réfugié qui a dû quitter sa terre natale, et ce qui reste de cette terre. L'après-pays de ces terres qui ont vécu la guerre. Et il y a bien sûr l'après-pays de l'esprit.

    Le corps du réfugié. Mes parents se sont réfugiés aux États-Unis au début des années quatre-vingt. Je suis née à Fresno, en Californie. Si mes parents étaient restés un an de plus, je serais née dans les camps de réfugiés. J'ai échappé aux atrocités de la guerre. Je sens vivement cet écart entre leur expérience et la mienne. C'est sans doute pourquoi je pense tellement au corps, parce que mon corps n'a jamais été là.

    Le chamanisme. Arrivés aux États-Unis, mes parents ne se sont pas convertis au christianisme. Ils ont continué à pratiquer le chamanisme, une manière très ancienne de voir le monde, de penser le corps et l'esprit, et la relation entre les deux. Les Hmong croient que votre esprit voyagera longtemps après la disparition de votre corps, que votre esprit cherchera toujours à retrouver la terre des ancêtres. C'est ce que j'ai tenté de faire. Comprendre ce voyage que l'esprit entreprend pour retrouver les ancêtres et renaître à nouveau.

    L'auteure
    Née et élevée à Fresno, en Californie, Mai Der Vang est poète et professeure en création littéraire. Afterland (L'après-pays), son premier livre, lui a valu le prix Walt Whitman en 2016.

    Débuts des plus prometteurs d'une poète américaine, selon The New Yorker

  • Nous ne trahirons pas le poème

    Rodney Saint-Eloi

    • Mémoire d'encrier
    • 7 Août 2019

    Résumé

    L'ancêtre parle, invoque terre, ciel, océan. De multiples voix résonnent; le poème se joue, tambour, espérance et acte de foi. Rien n'est trahison dans cette traversée. Tout porte vers l'incandescence, lumière de nos humanités.

    Extrait
    pour ma défense
    je dirai que je suis poète
    les mots m'ont précédé
    je n'ai pas tété ma mère
    je n'ai pas connu mon père
    j'habite loin de mon île
    mon ventre n'est pas mon ventre
    je n'étais pas convié à ma naissance

    L'auteur
    Poète, écrivain, essayiste, éditeur, né à Cavaillon (Haïti), Rodney Saint-Éloi est l'auteur d'une quinzaine de livres de poésie, dont Je suis la fille du baobab brûlé (2015, finaliste au prix des Libraires, finaliste au Prix du Gouverneur général), Jacques Roche, je t'écris cette lettre (2013, finaliste au Prix du Gouverneur général). Il est l'auteur de l'essai Passion Haïti (Septentrion, 2016). Le prestigieux prix Charles-Biddle lui a été décerné en 2012. Il a été reçu en 2015 à l'Académie des lettres du Québec et en 2019 à l'Ordre des arts et des lettres du Québec. Il dirige la maison d'édition Mémoire d'encrier qu'il a fondée en 2003 à Montréal.

  • Un thé dans la toundra

    Joséphine Bacon

    • Mémoire d'encrier
    • 11 Octobre 2013

    Joséphine Bacon, nomade de la toundra, nous fait parcourir, à la lumière du poème, des territoires inconnus. Gaston Miron, Saint-Denys Garneau et Paul
    Chamberland ont nommé Terre Québec ; Joséphine Bacon élargit le pays en nous initiant à la toundra et aux douces chansons de l'infini. L'horizon est offert
    avec tant de grâce et de naturel que nous lui sommes à jamais redevables de nous rappeler à l'essentiel : beauté, simplicité et volupté.

  • Uiesh ; quelque part

    Joséphine Bacon

    • Mémoire d'encrier
    • 5 Septembre 2018

    Avec Joséphine Bacon commence une nouvelle histoire de la poésie québécoise.

    Prix des libraires 2019
    Finaliste au Indigenous Voices Award 2019

    Uiesh - Quelque part est un recueil bilingue français-innu aimum.

    Quelque part, une aînée avance. Elle porte en elle Nutshimit, Terre des ancêtres. Une mémoire vive nomadise, épiant la ville, ce lieu indéfini. La parole agrandit le cercle de l'humanité. Joséphine Bacon fixe l'horizon, conte les silences et l'immensité du territoire.

    Extrait de la préface:
    Pour l'auteure
    J'appartiens à la race des aînés. Je veux être poète de tradition orale, parler comme les Anciens, les vrais nomades. Je n'ai pas marché Nutshimit, la terre.
    Ils me l'ont racontée. J'ai écouté mes origines. Ils m'ont baptisée d'eau, de lac pur. [...] Je me sens héritière de leurs paroles, de leurs récits, de leur nomadisme. Comme eux, j'ai marché la toundra, j'ai honoré le caribou.

    Extrait:
    Je n'ai pas la démarche féline
    J'ai le dos des femmes ancêtres
    Les jambes arquées
    De celles qui ont portagé
    De celles qui accouchent
    En marchant

    Apu tapue utshimashkueupaniuian pemuteiani
    Anikashkau nishpishkun miam tshiashishkueu
    Nuatshikaten
    Miam ishkueu ka pakatat
    Miam ishkueu ka peshuat auassa pemuteti

    Notice bio:
    Née en 1947, Joséphine Bacon est amérindienne, innue de Betsiamites. Poète et réalisatrice, elle vit à Montréal. Elle est l'auteure d'une oeuvre poétique d'une grande puissance saluée dans le monde entier.

    Joséphine Bacon a publié chez Mémoire d'encrier son premier recueil Bâtons à message/Tshissinuatshitakana (2009) et a reçu le Prix des lecteurs du Marché de la poésie de Montréal en 2010 pour son poème « Dessine-moi l'arbre ». Toujours chez Mémoire d'encrier, elle a publié en collaboration avec José Acquelin Nous sommes tous des sauvages (2011) et Un thé dans la toundra/Nipishapui nete mushuat (2003), qui a été finaliste au Prix du Gouverneur général et au Grand Prix du livre de Montréal.

  • Nanimissuat île-tonnerre

    Natasha Kanapé Fontaine

    • Mémoire d'encrier
    • 3 Avril 2018

    Finaliste Prix des libraires 2019

    Voix de femmes coulées debout dans les fleuves. La grand-mère, la mère et la fille reconquièrent leur corps, leur pouvoir et leur destin. Elles se racontent, se confient aux ancêtres. Elles naissent et renaissent, convoquent le soleil de la justice pour que commence une ère nouvelle. Le poème, souverain, refait l'Histoire, remplit les vides, frappe aux portes de la vérité.

  • Je suis la fille du baobab brûlé

    Rodney Saint-Eloi

    • Mémoire d'encrier
    • 29 Septembre 2015

    Je suis la fille du baobab brûlé. Ceci n'est pas un poème. C'est l'arbre qui cherche son visage. Je suis à la fois l'arbre, la fille et la route. J'accompagne celle qui offre à la nuit sa fable et sa voix. Je voudrais aller jusqu'au bout sans connaître le chemin. Je trébuche, dérive et délire. Qu'importe. Un oiseau bat le tambour dans ma tête, une sorcière parle par ma bouche, ou un amour chagrin me tourmente. Tempête je m'appelle tourbillon. J'ai rendez-vous avec les ombres. J'ai rendez-vous avec la première étoile qui tombe. Poussent dans mon ventre des histoires qui recommencent à l'infini. Il y a toujours une vie à faire ou à refaire. On ne sait rien de ce qui ronge ou exalte. Je scelle mon alliance avec l'exil et la folie. Je suis la fille du baobab brûlé. Pour recouvrer mon visage, je dois confier mes secrets aux vents, abandonner à l'arbre mes promesses. Je ne connais ni l'appétit ni la prison de ce qu'on appelle vivre. Je ne songe qu'à marcher dans mes songes. Si je pleure c'est pour me rappeler que j'existe et que j'aime. Je ris trop fort, parle jusqu'à épuisement afin d'aller plus loin, avec la patience de la bergère et l'angoisse des marins. Je suis belle, flamboyante et insolente. J'ai dans une main le soleil et dans l'autre la terre. C'est ma manière de guetter l'éternité. J'ai des seins qui hument poésie et mort. Je suis la fille du baobab brûlé. Je quête terre d'accueil à parole d'aube. Je hurle. Je divague. Je swingue. N'écoutez pas ma voix. C'est mon âme qui craque. Le poème, ou ce qui reste de mon identité, demeure une vérité empêchée. Consumée. Je suis la fille du baobab brûlée.

  • à l'aube des traversées et autres poèmes

    Makenzy Orcel

    • Mémoire d'encrier
    • 31 Mai 2017

    De la poésie pour réinventer le monde et les vivants...
    Il vit à Port-au-Prince. Son métier : poète. Sa foi : l'avenir. Son désir : quelques rêves d'amour et de soleil. Il a une jeunesse insolente et des yeux qui refusent de se fermer, ni de mourir solitaire / sans livrer les méandres de la faille. Il écrit pour ne pas flancher.
    Pour être debout entre les phrases. Ses mots se font fleurs, barbelés en crue / dans la spirale du rêve, dit testamentaire d'une île où seule l'étreinte / conduit la
    lumière.
    Rodney Saint-Éloi

  • Manifeste assi

    Fontaine Natasha Kan

    • Mémoire d'encrier
    • 24 Mars 2014

    Assi en innu veut dire Terre.
    Poésie d'utilité publique que ce Manifeste qui crie d'une même voix révolution et amour. Si la parole était donnée aux peuples des Premières Nations, elle
    ressemblerait à Assi, terre rêvée de ces femmes et de ces hommes qui guettent dans leur chant les mots dignité, espoir et liberté.

  • N'entre pas dans mon âme avec tes chaussures

    Natasha Kanape Fontaine

    • Mémoire d'encrier
    • 7 Octobre 2013

    Voir sans regarder
    regarder sans voir
    tu as les mains pleines d'histoires.

    Après Naomi Fontaine, voilà qu'on goûte aux mots de Natasha Kanapé Fontaine. Il faut prêter l'oreille à ce chant de paix, à cette voix qui s'élève pour faire entendre
    celle des siens, pour unir, avec une assurance qui force l'admiration.
    Marie Hélène Poitras
    Zone d'écriture Radio-Canada

  • Les décalages contraires

    Mylène Bouchard

    • Mémoire d'encrier
    • 18 Septembre 2019

    Résumé
    Au bout du voyage, il y a l'Autre, quelques décalages à rattraper, des contraires à dénouer. Enivrée par une urgence tranquille, Mylène Bouchard fait l'éloge de la légèreté, de la solitude et de l'amour. La poésie mesure l'écart entre les êtres qui s'éloignent ou se rapprochent, se manquent ou se rencontrent.

    Extrait
    Comme des enfants
    Ils ont joué dans les rideaux
    Il n'y avait plus qu'eux
    Et leur théâtre muet

    Point de vue de l'auteure
    Pour l'auteure Mylène Bouchard
    Je suis une femme aujourd'hui, je me bats ; je suis écrivaine, éditrice et féministe. Il faut aimer les femmes, les aimer plus fort, toujours davantage. Le monde est violent pour les femmes. Encore.
    Je suis une intellectuelle. Écrire me demande énormément de réflexion. Je suis une créatrice d'aujourd'hui et de demain, je cherche les questions d'aujourd'hui et de demain. Je veux créer une profondeur de champ. Seules les questions importent.
    J'écris pour pacifier le monde, pour abolir la violence.
    J'écris parce que je ne peux tolérer la violence.


    L'auteure
    Née en 1978 au Lac-Saint-Jean, Mylène Bouchard est écrivaine et éditrice. Ses écrits se consacrent à une réflexion sur les amours bonnes, remettent en question les modèles de pensée dominante, proposent de voir plus loin, invitent à affronter le monde, réinventent le risque et l'aventure de la vie. Elle a publié à la Peuplade les romans Ma guerre sera avec toi (2006) et La garçonnière (2009 ; 2013), le recueil de fictions Ciel mon mari (2013), ainsi que l'essai Faire l'amour : Shakespeare, Tolstoï et Kundera (Nota Bene, 2014). Son plus récent roman L'imparfaite amitié (La Peuplade, 2017), présente une vision plurielle des relations humaines, sise entre le désir et la consommation, l'intimité et la résistance. Elle a été finaliste au Prix littéraire du Gouverneur général et a reçu le prix Joseph-S.-Stauffer.

  • Bleuets et abricots

    Natasha Kanapé Fontaine

    • Mémoire d'encrier
    • 23 Février 2016

    Un cri s'élève en moi qui me transfigure. Le monde attend que la femme revienne au monde comme elle est née telle qu'elle est: femme naissance, femme droite, femme debout, femme puissante. Femme résurgence. Renaissance. Un appel s'élève en moi et j'ai décidé de lui dire oui. Dire oui à ma naissance. Assumer en mon esprit les mémoires qui émergent en même temps que la voix des femmes autochtones se dressent au-dessus de la noirceur ambiante. Les mémoires des blessures, les mémoires de la terre, les mémoires du peuple et de ses générations précédentes. Le choc de la dépossession. Prendre la parole chacune notre tour et soulager peu à peu le fardeau de l'oppression. Le poids de la douleur. Le poids du colonialisme. J'écris pour dire oui à mon être. Dire oui à moi femme. Forcer les portes du silence. Se nommer résilience. Pour la postérité. Pour assurer notre trace. Déraciner une fois pour toutes la Colonisation.
    - Natasha Kanapé Fontaine

  • La ballade de Leïla Khane

    Alfred Alexandre

    • Mémoire d'encrier
    • 27 Février 2019

    Résumé
    La ballade de Leïla Khane est un grand poème ou peut-être un étrange bateau. Leïla nomme l'absence. Cette légende fait de l'amour une île qui évite aux amants la mort et la folie. C'est encore Leïla qui dit l'exil, les ports, les déserts, les océans et les villes.

    Extrait
    Leïla dit que certains jours nos îles meurent
    l'après-midi au bord de l'océan
    Leïla dit que depuis qu'elle m'a aimé
    sa soif est une soif d'îles qui nagent vers les continents
    Leïla dit que longtemps elle a cru ne jamais mériter
    même la caresse d'un grain de sable
    cherchant du bout des doigts l'amour sur son visage

    Point de vue de l'auteur
    La ballade de Leïla Khane est une variation autour du mythe de Laylâ et Majnoun. Le personnage de Laylâ, comme figure de l'amour impossible, a inspiré des artistes aussi divers que les poètes Nizami, Djami, Aragon ou encore le musicien Eric Clapton. Ici, le mythe est réinterprété dans le cadre de l'imaginaire littéraire des îles d'Amérique, à travers l'écho qui relie Carthagène des Indes en Colombie à l'ancienne Carthage, l'antique ville où saint Augustin entrevit que la grâce est l'autre nom de l'amour.

    L'auteur
    Romancier, essayiste et dramaturge, Alfred Alexandre vit à Fort-de-France. La ballade de Leïla Khane est son premier recueil de poésie. Il a publié chez Mémoire d'encrier Aimé Césaire, La part intime (2014) et Le bar des Amériques (2016).

  • Le chant des collines

    Makenzy Orcel

    • Mémoire d'encrier
    • 30 Mai 2017

    Faudrait-il hélas rappeler que la poésie désarme les certitudes, invite à douter, donne à la langue ce qu'elle ne trouvera nulle part ailleurs, brise les miroirs nous renvoyant des images arrêtées de nous-mêmes, saute les verrous du sacré, rêve ?

  • Bâtons à message ; tshissinuashtakana

    Joséphine Bacon

    • Mémoire d'encrier
    • 31 Mai 2013

    Cet ouvrage bilingue (français et innu-aimun) est une invitation au dialogue. Bâtons à message fait référence à un ensemble de repères qui permettent aux nomades de s'orienter à l'intérieur des terres et de retrouver leur voie/voix. Également poétique de la relation, l'ouvrage est fondé sur l'entraide, la solidarité et le partage, nécessaires à la survie du peuple innu. En écho revient la langue de Nutshimit, la langue de la terre, scandée par le tambour. Résonne ainsi l'histoire des Peuples premiers dans leur juste colère et leur lutte pour la dignité, pour le territoire et pour un vivre-ensemble. La poésie de Joséphine Bacon, simple et belle, est hommage au territoire, aux ancêtres et à la langue innu-aimun. Cette poésie-témoignage recoupe l'histoire dans ses zones les plus inédites. Une vision cosmogonique qui nous plonge dans l'intensité de la parole des aînés : l'itinéraire des porteurs de rêves et de visions, les horizons des femmes guides, le courage des hommes chasseurs, les enfants garants de la continuité du voyage et les arbres, infatigables témoins de la route.

  • Des marges à remplir et autres poèmes

    Emmelie Prophete

    • Mémoire d'encrier
    • 5 Septembre 2018

    Emmelie Prophète fait partie des générations de femmes auteures haïtiennes contemporaines comme Yanick Lahens, Kettly Mars, Evelyne Trouillot, Edwidge Danticat.

    Extrait de la préface:
    « J'ai rencontré les poèmes dans la voix et, dans les yeux de gens qui grignotent chaque jour le malheur, la solitude. Ils sont à eux. C'est grâce à ces souffles que la poésie demeure, transforme le quotidien et donne raison à ces effleurements, ces interprétations qui invitent à regarder la vie par les marges à remplir.
    Il faut faire place au dérisoire, couper, laisser s'envoler les choses et leur encombrante utilité. Essayer de dire
    l'autre parce que l'on entend ses silences malgré l'étendue de la mer, le vacarme des administrations qui forcent à remplir des formulaires dans lesquels il n'y a aucune case pour confirmer son besoin d'amour. »

    Extrait du recueil:
    La rue marche après nous
    Nous sommes des vestiges de chemins de fer
    C'est l'histoire de toute une ville
    Qui nous coule dans les veines
    On a besoin d'un prétexte pour être deux.

    L'auteure
    Née à Port-au-Prince, Emmelie Prophète est poète et romancière. Elle a étudié en littérature, en communication et en droit. Son oeuvre est publiée aux éditions Mémoire d'encrier: Le testament des solitudes, qui lui a valu le Grand Prix littéraire de l'Association des écrivains de langue française (ADELF) 2009, Le reste du temps (2010), Impasse Dignité (2012), Le bout du monde est une fenêtre (2015), Un ailleurs à soi (2018) et Des marges à remplir et autres poèmes(2018).
    Elle vit à Port-au-Prince.

  • Métissée

    Ouanessa Younsi

    • Mémoire d'encrier
    • 19 Septembre 2018

    Née d'un père algérien et d'une mère québécoise, l'auteure cherche sa propre voie/voix, dans le labyrinthe du concept de l'identité.

    Résumé
    Une petite fille construit sa famille de papier dans le labyrinthe des origines. Énigmes et vérités. Absences et masques. Le poème est un lieu de force et d'ancrage. Métissée assume le risque des frontières invisibles : fragmenter le monde, identités réelles, plurielles ou fantasmées.

    Extrait
    À la maternelle on me surnomma chocolat parce que j'étais la plus brune de la classe.
    Un fennec courait sur mes cuisses.
    Mon père avait les cheveux crépus. Les curieux payaient pour les tâter.
    A-t-il revêtu l'habit de la honte ?
    Moi je ne porte plus de costume. Je suis nostalgique d'un mensonge.

    Point de vue de l'auteure
    Il s'agit de ressusciter les fantômes, les Autres en soi, de rendre visible l'invisible, de palper les trous et les ombres. C'est une oeuvre d'intégration des parts présentes et absentes d'une histoire et d'un désir, d'où le
    titre Métissée.

    L'auteure
    Poète et médecin psychiatre, Ouanessa Younsi est née d'un père algérien et d'une mère québécoise. Elle a publié chez Mémoire d'encrier les recueils Prendre langue (2011) et Emprunter aux oiseaux (2014) ainsi que
    le récit-essai Soigner, aimer (2016). Elle a aussi co-dirigé l'anthologie Femmes rapaillées (2016). Métissée est son troisième livre de poésie.

  • De terre, de mer, d'amour et de feu

    Marc Alexandre Oho Bambe

    • Mémoire d'encrier
    • 27 Mars 2017

    La poésie ne se vend pas, elle ne s'achète pas non plus.
    Mais elle n'est pas gratuite vous savez, le poète la paye au prix fort, de sa vie, sa
    voix, sa solitude et son encre de sang.
    J'ai toujours entendu l'appel d'air/ère libre des poèmes qui m'ancrent en moi-même,
    me fondent et font de moi ce que je suis, un marcheur et un chercheur d'art.
    La poésie est une fièvre salutaire, ma chance, mon bonheur et mon risque.
    Ma poésie est née là-bas à Douala, pas si loin.
    Là-bas, au Sud.
    Au Sud, de mon coeur.

  • Moi, figuier sous la neige

    Elkahna Talbi

    • Mémoire d'encrier
    • 1 Février 2018

    À demi
    dans deux vies
    j'ai fini par croire
    que j'étais complète
    rapiécer tous les bouts de moi
    pour me faire un trophée.

    Il y a toujours chez l'enfant qui n'a pas le même pays de naissance que ses parents, l'instant où l'autre patrie dévoile sa fragilité et ses imperfections.
    C'est une sorte de désenchantement.
    Où l'on comprend que là-bas n'est pas mieux qu'ici. Il n'existe pas de pays refuge et nous serons toujours un peu l'autre où que l'on aille.

    Elkahna Talbi a étudié à l'Université Concordia. On la connaît surtout sous le nom de Queen Ka, artiste de littérature orale. Moi, figuier sous la neige est son premier ouvrage. Elle vit à Montréal.

  • Rose pirogue

    Julien Delmaire

    • Mémoire d'encrier
    • 23 Février 2016

    Il ne faut pas ruser avec le rose. C'est une couleur douloureuse.
    La poésie m'a appris que j'étais une lesbienne transversale, un punk métaphysique, un bluesman aveugle, un partouzeur timide et un ascète à hélices. Et que sans doute, nous nous ressemblions...
    Poète, romancier et slameur, Julien Delmaire fait peau et paroles neuves. Rose-Pirogue est un cocktail poétique détonnant, qui navigue entre érotisme, mélancolie et révolte.

  • Emprunter aux oiseaux

    Ouanessa Younsi

    • Mémoire d'encrier
    • 24 Mars 2014

    je ne suis pas folle
    l'asile enfonce
    ses poings d'insecte
    dans ton sexe
    qui dit
    défense de nourrir
    les étoiles
    qui a cédé
    l'amour
    aux cannibales

    Une petite-fille accompagne sa grand-mère Denise, atteinte de la maladie d'Alzheimer. Deux mondes. Deux histoires. Deux voix se rencontrent et se racontent. Le regard et la tendresse tiennent lieu de viatique. Le lien se noue à l'envers des phrases hachurées par l'aphasie. Au fil de la perte, se déploie le poème pour que les mots ne manquent jamais aux êtres et aux choses.

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