Policier

  • Juan Belmonte a déposé les armes depuis des années, il vit en Patagonie près de la mer avec sa compagne, Verónica, qui ne s'est pas encore complètement relevée des tortures qu'elle a subies sous la dictature de Pinochet. Mais les services secrets russes qui connaissent ses talents de guérillero et de sniper vont le forcer à leur prêter main forte. À l'autre bout du monde, un groupe de cosaques nostalgiques a décidé de libérer le descendant du dernier ataman, Miguel Krassnoff. Fils des cosaques russes qui ont participé à la Deuxième Guerre mondiale dans les régiments SS, Krassnoff est devenu général de l'armée de Pinochet, avant d'être emprisonné à Santiago pour sa participation à la répression et à la torture pendant la dictature militaire. Et Belmonte a de bons motifs de haïr "le cosaque', des motifs très personnels. De la Russie de Trotski au Chili de Pinochet, de l'Allemagne d'Hitler à la Patagonie d'aujourd'hui, La Fin de l'histoire traverse le XXe siècle tout entier.

  • Les 63 pièces d´or de la collection du Croissant de Lune Errant ont été volées par les nazis. Après quarante ans de sommeil, à la chute du mur de Berlin, elles réapparaissent en Patagonie et la course-poursuite commence entre la Lloyd Hanséatique et les anciens agents de la Stasi. La Lloyd a un atout majeur: Juan Belmonte. Il porte un nom de torero et un lourd passé de guérillero de toutes les révolutions perdues de l´Amérique latine. La Lloyd ne lui a pas laissé le choix : partir à la recherche des pièces d´or ou perdre Véronica, son unique raison de vivre, brisée par la torture. Dans cette course au trésor vers la Patagonie, Belmonte retrouve un Chili où le poids du silence n´a pas enterré la profonde humanité des habitants du bout du monde. Luis Sepúlveda montre une fois encore qu´il est un extraordinaire raconteur d´histoires.

  • La dernière fois que Joaquín était venu le voir, Chacaltana l'avait trouvé un peu pâle. "Prends soin de toi. Tout ira bien", lui avait-il dit. Apparemment il avait tort. Félix Chacaltana Saldívar est assistant-archiviste au Palais de Justice de Lima. Il vit avec sa mère, une veuve austère, bigote et mal embouchée. Il aime l'ordre, le code pénal, le bouillon de poulet et sa fiancée Cecilia, qu'il aimerait bien embrasser (mais comment ?). Jusqu'au jour où il tombe sur un bout de papier griffonné qu'il ne sait pas où classer. Dans la foulée, Joaquín disparaît. C'est la Coupe du monde 1978, les matchs paralysent la ville, et notre parfait Candide se lance sans s'en rendre compte dans une enquête sordide sur fond d'opération Condor. Jamais à court de naïveté, il promène sa bonne foi inébranlable parmi les espions, les activistes, une blonde mystérieuse et un vétéran de la guerre d'Espagne, tous plus rompus que lui aux secrets du monde. Roncagliolo raconte les années de formation de l'anti-héros d'Avril rouge avec un incroyable talent. On passe sans crier gare de la parodie au pur roman noir, sans jamais perdre l'humour ni le plaisir. Finalement, la naïveté est peut-être aussi une forme de courage...

  • Comme beaucoup de jeunes Péruviens, Alberto Coiro est venu chercher du travail à Santiago du Chili, et lorsqu'il disparaît brutalement Heredia, le détective privé mélancolique et désabusé, se laisse persuader de partir à sa recherche. Il explore, guidé par un vieil homme, l'univers des vagabonds et des chiffonniers qui, la nuit, envahissent la ville. Il découvre les réseaux de jeux clandestins, les salles de billard, le trafic de cocaïne et tout un monde de personnages glauques. Mais il croise aussi le sourire de la jolie Violeta et se laisse émouvoir.
    Flanqué de ses complices habituels, son chat Simenon qui lui donne des conseils philosophiques, Serón le flic à la retraite, Anselmo le kiosquier turfiste et Campbell le journaliste, il nous plonge dans le Santiago de l'émigration et du racisme.
    Avec une intrigue bien menée dans une ville à la fois banale et fantastique, un style ironique et une impressionnante galerie de personnages secondaires pleins de vérité, Díaz-Eterovic prouve qu'il est un auteur de romans noirs avec lequel il faut compter.

  • Heredia, le détective privé des quartiers populaires de Santiago, vient de se décider à mettre fin à sa solitude de célibataire : il va enfin se marier - à reculons. C'est alors qu'Alfredo, son ami avocat, est retrouvé mort. Depuis peu, il avait été engagé par les habitants d'un village du nord du Chili, aux prises avec une exploitation minière polluante bien décidée à exproprier tout le monde. Entouré de ses complices de toujours, Simenon, son chat et confident, Anselmo, le kiosquier turfiste, et la commissaire Doris qui aimerait tant trouver une place auprès de lui, Heredia découvre l'ampleur des problèmes environnementaux au Chili, et leurs dénouements souvent tragiques : soif de lucre des entreprises, contamination des sols, indulgence coupable des autorités, spoliation des paysans. Heredia, c'est l'âme nostalgique d'un Santiago qui n'existe plus, les rêves brisés d'une génération sacrifiée, mais c'est aussi l'histoire chilienne revue et corrigée par un justicier mélancolique et intègre. Et toujours aussi allergique aux ordinateurs...


  • La vie est un match de boxe, tendance lucha libre.
    À Caracas aujourd'hui il faut aussi survivre aux balles perdues et aux pénuries chroniques.

    Donizetti, fonctionnaire ordinaire, bonhomme et maladroit, chargé de convoyer de mystérieuses valises à travers le monde, veut juste gagner de quoi faire vivre ses deux familles, dont un fils taiseux et une ex-femme qui fait des fleurs en porcelaine.
    Mais à force de prendre des coups sans trop savoir d'où ils viennent, on finit par s'énerver.
    Avec Manuel, ami d'enfance, fan de boxe, qui survit en travaillant dans le magasin de chaussures de ses parents, ils vont tenter de prendre une revanche éclatante et définitive sur tous les profiteurs corrompus, les espions cubains et les mafias russes, la seule façon, peut-être, de survivre au marasme.
    Oscillant sans cesse entre le roman noir et l'épopée kafkaïenne, Méndez Guédez nous plonge avec ses deux losers magnifiques dans un monde où la réalité est toujours plus délirante que n'importe quelle fiction. C'est drôle, tragique, et terriblement littéraire.

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    Journaliste sportif au Sol de Hoy, Hilario Godínez a des relations ambiguës avec le monde de sa petite ville de la province mexicaine. Une inconnue lui écrit des lettres d'amour depuis dix ans, il n'a aucune idée de son identité. Lui qui rêvait d'être écrivain et dont la carrière littéraire semble définitivement compromise conquiert des admirations encombrantes chez les tueurs du cartel local grâce à ses chroniques de foot. Le jour où on retrouve dans un dépotoir le corps du brillant footballeur Torito Medina - enfin, une partie du corps -, tout dérape. Il se retrouve en première ligne et se lance dans la résolution de l'énigme. Au passage il drague la jolie chroniqueuse mondaine de bonne famille qui lui révèle tout un univers de plasticiens et de galeristes. Son admirateur musclé le met en garde mais il s'obstine dans sa recherche du salaud qui s'amuse à semer les cadavres incomplets dans la ville effrayée. Dans ce petit polar cruel, Antonio Sarabia offre un portrait saisissant du Mexique d'aujourd'hui, où l'étonnement n'est plus de mise, mais qui laisse quand même une place à l'amour et à l'espoir.

  • Envahi par la nostalgie, Mario Conde, notre Marlowe tropical, mène des enquêtes presque métaphysiques tout en soldant une à une les illusions perdues de la révolution cubaine. Il promène son spleen dans La Havane, belle, moite, décadente : plus qu'un décor, c'est la pulsation, l'âme. Il revient toujours à ses anciennes amours, le bon rhum et la littérature, au milieu de ses fidèles amis, qui comme lui appartiennent à la « génération cachée », celle qui n'a connu de l'utopie que le goût amer de la désillusion.

  • « J'ai passé une grande partie de ma vie à chercher des réponses aux questions que d'autres se posaient et je désire maintenant résoudre le seul mystère qui me concerne totalement. » Chargé de retrouver un vieillard dont plus personne n'a de nouvelles, Heredia, l'orphelin, reçoit une lettre qui lui rappelle le voeu de sa mère, qui depuis le passé le pousse sur les traces de l'homme qui pourrait être son père et qu'il n'a jamais connu.
    Menant en parallèle ces deux enquêtes, deux mystères, il est confronté à la réalité de l'abandon, ainsi qu'aux pièges de la mémoire.
    Heredia, archétype du privé, avec son costume fripé et sa vieille voiture, se comporte en moderne don Quichotte « redressant les torts et faisant régner pour les êtres du commun une justice qu'autrement ils n'atteindraient jamais ».
    Un des meilleurs romans de la série policière la plus populaire d'Amérique latine.

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