Langue française

  • Alors qu'il approche de son 60e anniversaire, Mario Conde broie du noir. Mais le coup de fil d'un ancien camarade de lycée réveille ses vieux instincts.
    Au nom de l'amitié (mais aussi contre une somme plus qu'honorable), Bobby le charge de retrouver une mystérieuse statue de la Vierge noire que lui a volée un ex-amant un peu voyou.
    Conde s'intéresse alors au milieu des marchands d'art de La Havane, découvre les mensonges et hypocrisies de tous les "gagnants" de l'ouverture cubaine, ainsi que la terrible misère de certains bidonvilles en banlieue, où survit péniblement toute une population de migrants venus de Santiago.
    Les cadavres s'accumulent et la Vierge noire s'avère plus puissante que prévu, elle a traversé les siècles et l'Histoire, protégé croisés et corsaires dans les couloirs du temps.
    Conde, aidé par ses amis, qui lui préparent un festin d'anniversaire somptueux, se retrouve embarqué lui aussi dans un tourbillon historique qui semble répondre à l'autre définition de la révolution : celle qui ramène toujours au même point.

    Un voyage éblouissant dans le temps et dans l'histoire porté par un grand roman plein d'humour noir et de mélancolie.

  • Envahi par la nostalgie, Mario Conde, notre Marlowe tropical, mène des enquêtes presque métaphysiques tout en soldant une à une les illusions perdues de la révolution cubaine. Il promène son spleen dans La Havane, belle, moite, décadente : plus qu'un décor, c'est la pulsation, l'âme. Il revient toujours à ses anciennes amours, le bon rhum et la littérature, au milieu de ses fidèles amis, qui comme lui appartiennent à la « génération cachée », celle qui n'a connu de l'utopie que le goût amer de la désillusion.

  • Ce désert est celui de la solitude du colon de Misiones qui meurt de fièvre au fond de la jungle en laissant seuls ses deux petits enfants, celui de cette forêt dans laquelle disparaît le péon brésilien dont on ne retrouve que les bottes. Celui des animaux qui parlent et voient la mort, celui du monde étrange et angoissant de Horacio Quiroga.

  • Un boa géant prend la tête de la révolte des animaux, un homme au fond d'un puits contemple, fasciné, les étincelles d'une mèche de dynamite qui grésille à ses pieds, un général brésilien en haillons surgit un beau jour de la jungle, les deux derniers clients du bar savourent en silence l'alcool à brûler de la lampe, un paysan heureux se repose au soleil, une machette plantée dans le ventre...
    Ce sont eux les exilés, les proscrits de Misiones, des animaux fabuleux et des hommes déchus.

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