Littérature hispanophone

  • Au bord de l'Amazone, un vieil homme ami des Shuars, qui lui ont appris à connaître la forêt, découvre la lecture et chasse un jaguar.
    "Il ne lui faut pas vingt lignes pour qu'on tombe sous le charme de cette feinte candeur, de cette fausse légèreté, de cette innocence rusée. Ensuite, on file sans pouvoir s'arrêter jusqu'à une fin que notre plaisir juge trop rapide." - Pierre Lepape, Le Monde
    "Un livre sauvage et beau, bâti comme un thriller américain." - Frédéric Taddei, Actuel

    Prix du roman d'évasion des Relais H 1992


    Prix du meilleur roman étranger France Culture 1992

  • Un grand livre sur Cuba, l'exil, et la force et la fragilité de l'amitié.
    Les personnages, représentants magnifiques des contradictions de l'île, sont là : Tania, la médecin ophtalmo payée en poulets et fruits par des patients fauchés ; Aldo, l'ingénieur qui n'a jamais pu exercer et qui répare clandestinement des batteries de voiture ; Eddy, le fonctionnaire bon vivant qui peut voyager à l'extérieur et parfois faire du trafic ; Rafa, le peintre en manque d'inspiration et Amadeo, dont on découvre pourquoi il a fui l'île il y a 16 ans et aussi pourquoi, à la grande surprise de ses amis, il voudrait y revenir...
    Dans cette histoire, version romancée du scénario du film Retour à Ithaque (2014) co-écrit par Padura avec le réalisateur français Laurent Cantet, les dialogues sont une analyse concise et brillante de la façon dont la génération de Padura, éduquée dans et pour la révolution, a été frustrée de toutes ses aspirations par l'évolution du pays après la chute de l'Union soviétique.
    En complément, les deux auteurs nous racontent le tournage du film à Cuba et l'écriture du scénario (inspiré par le roman de Padura Le Palmier et l'Étoile) : ce livre est aussi une oeuvre sur l'amour du cinéma et l'émerveillement de la création artistique.
    Leonardo Padura est né à La Havane en 1955. Romancier, essayiste, journaliste et auteur de scénarios pour le cinéma, il a obtenu de nombreux et prestigieux prix pour son oeuvre. Il est l'auteur, entre autres, d'une tétralogie intitulée Les Quatre Saisons publiée dans quinze pays. Ses deux romans, L'Homme qui aimait les chiens (2011) et Hérétiques (2014) ont démontré qu'il fait partie des grands noms de la littérature mondiale.
    Laurent Cantet est né en 1961 dans les Deux-Sèvres. Réalisateur et scénariste français, il a remporté la Palme d'or du Festival de Cannes en 2008 avec le film Entre les murs.

  • De Santiago du Chili à Martos en Andalousie, Luis Sepúlveda nous entraîne d'aventure en aventure, de rencontre en rencontre à la recherche de ses origines.

    Un voyage pour rire et se laisser émouvoir.

  • Disparu dans le port de La Havane en 1939, un Rembrandt est repéré dans une vente aux enchères à Londres. Propriété de sa famille dès le XVIIIe siècle, le tableau a une valeur inestimable pour Elias Kaminsky. Il lui rappelle le destin tragique de ses aïeux, déportés alors qu'ils tentaient de rejoindre Cuba. Qui mieux que le désabusé Mario Conde pourrait partir sur les traces du chef-d'oeuvre ?
    Leonardo Padura écrit un livre magnifique et profond et se sert de son habileté d'auteur de roman noir pour nous amener, sous la houlette de son héros Mario Conde, à réfléchir sur ce que signifie notre libre arbitre.

  • Au large de la Patagonie une baleine blanche est chargée de protéger les morts mapuches puis, lorsque la fin des temps sera venue, de guider toutes les âmes au-delà de l'horizon. Tout est prévu et écrit dans le temps des mythologies.
    Cependant l'homme vit dans un monde où tout bouge et, au XIXe siècle, la chasse à la baleine se développe. La baleine blanche va devoir défendre son monde immobile contre ces prédateurs, en particulier le baleinier Essex du capitaine Achab.
    Elle va livrer une guerre sans merci aux baleiniers et devenir un grand mythe de la littérature.
    Luis Sepúlveda nous raconte cette histoire du point de vue de la baleine blanche qui nous explique comment elle vit et s'intègre dans l'ordre du monde, ce qu'elle découvre des hommes, sa mission secrète, puis sa guerre et les mystères qu'elle protège. Enfin, c'est la mer qui nous parle.
    Un texte beau et fort, avec un souffle épique. Du grand Sepúlveda.
    Les images superbes de Joëlle Jolivet magnifient cette histoire.
    Luis Sepúlveda est en 1949 à Ovalle, dans le nord du Chili. Étudiant, il est emprisonné sous le régime de Pinochet pendant deux ans et demi. Libéré puis exilé, il voyage à travers l'Amérique latine et fonde des groupes de théâtre en Équateur, au Pérou et en Colombie. En 1978 il participe à une recherche de l'unesco sur "l'impact de la colonisation sur les populations amazoniennes" et passe un an chez les Indiens Shuars qu'il mettra en scène dans Le vieux qui lisait des romans d'amour.
    Après avoir vécu à Hambourg et à Paris, il s'installe en 1996 à Gijón, dans le nord de l'Espagne, où il fonde le Salon du livre ibéro-américain. Il écrit des chroniques pour plusieurs journaux italiens.
    Auteur de nombreux romans, chroniques, récits, nouvelles et fables pour enfants, il a reçu plusieurs prix pour son oeuvre. Il est publié dans 52 pays. Le vieux qui lisait des romans d'amour (1992), son premier roman traduit en français, connaît un succès planétaire, de même que L'Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler (1996) - cinq millions d'exemplaires !

  • Le chien, prisonnier, affamé, guide la bande d'hommes lancée à la poursuite d'un Indien blessé dans la forêt d'Araucanie. Il sait sentir la peur et la colère dans l'odeur de ces hommes décidés à tuer.
    Mais il a aussi retrouvé dans la piste du fugitif l'odeur d'Aukamañ, son frère-homme, le compagnon auprès duquel il a grandi dans le village mapuche où l'a déposé le jaguar qui lui a sauvé la vie.
    Dans la forêt, il retrouve les odeurs de tout ce qu'il a perdu, le bois sec, le miel, le lait qu'il a partagé avec le petit garçon, la laine que cardait le vieux chef qui racontait si bien les histoires et lui a donné son nom : Afmau, Loyal. Le chien a vieilli mais il n'a pas oublié ce que lui ont appris les Indiens Mapuches : le respect de la nature et de toutes ses créatures. Il va tenter de sauver son frère-homme, de lui prouver sa fidélité, sa loyauté aux liens d'amitié que le temps ne peut défaire.

    Avec son incomparable talent de conteur, Luis Sepúlveda célèbre la fidélité à l'amitié et le monde des Mapuches et leurs liens avec la nature.

    Luis Sepulveda est né au Chili en 1949 et vit actuellement en Espagne. Il est l'auteur, entre autres, du Vieux qui lisait des romans d'amour, de Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler, des Roses d'Atacama, de La Folie de Pinochet, de L'ombre de ce que nous avons été, Dernières nouvelles du sud (avec Daniel Mordzinski), Ingrédients pour une vie de passions formidables, Histoire du chat et de la souris qui devinrent amis (dessins Joëlle Jolivet), Histoire d'un escargot qui découvrit l'importance de la lenteur (dessins Joëlle Jolivet), et Deux idées de bonheur (co-écrit avec Carlo Petrini).
    Ses livres sont traduits dans 52 pays.
    Joëlle Jolivet est née en 1965. Après des études de graphisme aux Arts appliqués de Paris, elle s'intéresse à la lithographie et suit des cours aux Beaux-Arts. Cela la conduit à la gravure sur linoléum, son principal moyen d'expression aujourd'hui. Elle a publié de nombreux albums, édités dans le monde entier, illustré des couvertures de romans et travaille régulièrement pour la presse.


  • Un garçon de seize ans lit Moby Dick et part chasser la baleine.

    Un baleinier industriel japonais fait un étrange naufrage à l'extrême sud de la Patagonie.
    Un journaliste chilien exilé à Hambourg mène l'enquête et ce retour sur les lieux de son adolescence lui fait rencontrer des personnages simples et hors du commun, tous amoureux de l'Antarctique et de ses paysages sauvages.
    Il nous entraîne derrière l'inoubliable capitaine Nilssen, fils d'un marin danois et d'une Indienne Ona, parmi les récifs du Cap Horn, sur une mer hantée par les légendes des pirates et des Indiens disparus, vers des baleines redevenues mythiques.
    "Le Monde du bout du monde a les vertus des coquillages de nacre que l'on colle à son oreille : la musique de ses phrases nous révèle le bruit sans âge de la mer." - Michèle Gazier, Télérama

  • En quelques mots, on y est. Cuba, La Havane, comme un regret sans fond, comme la musique d'un vieux boléro. Un doigt de rhum Carta Blanca (quand il en reste), soleil de plomb, solitude.
    Magie des décors qui n'ont pas besoin de description, ou si peu. Les héros de Padura sont des tendres ; ils se heurtent à la société, au destin, au temps qui passe ; à ce désir qu'ont les choses, souvent, d'arriver contre notre gré, sans nous consulter. Ainsi, les toits qui s'effondrent, les pénuries de rhum, le départ intempestif d'êtres aimés.
    On trouve de tout dans ce recueil de nouvelles, amours bêtement gâchées, soldat en fin de mission à Luanda, archange noir, nuits torrides, jeunes gens désoeuvrés, fonctionnaires désabusés, souvenirs cuisants...
    On trouve surtout le sel des romans de Leonardo Padura, sa marque de fabrique : l'humanité qui irradie à chaque ligne, la nostalgie des vies qu'on ne vit pas, et l'art suprême de nous plonger dans une île qu'on emporte toujours avec soi.

  • Luis Sepúlveda et son ami le photographe Daniel Mordzinski sont partis en 1996 pour un long voyage qui devait les mener, au sud du monde, à travers la Patagonie, de San Carlos de Bariloche, puis à partir du 42e parallèle sud jusqu'au Cap Horn et retour par la grande île de Chiloé.
    Ils en ont rapporté un livre d'aventures, de rencontres, de témoignages sur la transformation d'un territoire mythique, l'un des derniers endroits où sont encore possibles les légendes.
    Mais le temps, les changements violents de l'économie, le règne de la cupidité ont fait que sur chacune de leurs histoires passe le souffle des choses inexorablement perdues et qu'ils nous donnent ici "un inventaire des pertes" qui est aussi le coût impitoyable de notre époque.
    Ce voyage sans but, sans boussole, sans souci du temps est aussi le récit d'une amitié, le refuge que deviennent les voyages heureux dans les souvenirs, le formidable roman d'un monde à jamais disparu.


  • Dans un vieil entrepôt d'un quartier populaire de Santiago, trois sexagénaires attendent avec impatience l'arrivée d'un homme, le Spécialiste.

    Tous trois anciens militants de gauche, condamnés à l'exil par le coup d'État de Pinochet, se retrouvent trente-cinq ans après pour participer à une action révolutionnaire organisée par le Spécialiste.
    Mais alors que celui-ci se dirige vers ce rendez-vous, il est tué de façon grotesque, frappé par le destin sous la forme d'un tourne-disque jeté par une fenêtre au cours d'une dispute conjugale.
    Tout le plan tombe à l'eau jusqu'au moment où ressurgit dans la mémoire des complices l'expression favorite du Spécialiste : On tente le coup ?
    L'auteur nous propose les portraits cocasses et attachants de trois héros cassés par l'Histoire récente et l'exil, mais qui n'ont perdu ni leur humour ni leur capacité de croire en un rêve. Ce roman est un exercice de virtuosité littéraire au service d'une histoire émouvante et sombre jouée par des perdants. Un roman écrit avec le cour et l'estomac pour toucher et faire rire et penser.

    Ce roman a reçu en Espagne le Prix Primavera 2009.

    Luis Sepulveda est né en 1949 et vit actuellement dans les Asturies, en Espagne, après avoir habité Hambourg et Paris. Il est l'auteur du Vieux qui lisait des romans d'amour, d'Un nom de torero, du Neveu d'Amérique, de Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler, de Rendez-vous d'amour dans un pays en guerre, du Journal d'un tueur sentimental, de Yacaré, Hot Line, des Roses d'Atacama, de La Folie de Pinochet, d'Une sale histoire, des Pires contes des Frères Grimm et de La lampe d'Aladino.

  • Il y a des vies qui sont des romans qu'aucun romancier n'oserait écrire par crainte d'être taxé d'invraisemblance.
    Mika, Micaela Feldman de Etchebéhère, a réellement vécu en Patagonie, à Paris, à Berlin, en Espagne, elle a tenu toute sa vie des carnets. À partir de ces notes, des rencontres avec ceux qui l'ont connue, des recoupements de l'Histoire, Elsa Osorio transforme ce qui pourrait n'être qu'une biographie en littérature, participé, avec son mari, au mouvement intellectuel dans les années 30.
    Puis ils sont allés vivre à Berlin dont les ont chassés le nazisme et les manipulations du mouvement ouvrier par le stalinisme.
    Enfin ils sont allés rejoindre les milices du poum dans la guerre civile en Espagne.
    Dans des circonstances dramatiques, elle, qui ne sait rien des armes et des stratégies militaires, se retrouve à la tête d'une milice. Son charisme, son intelligence des autres, sa capacité à prendre les décisions la rendent indispensable et ce sont les miliciens eux-mêmes qui la nomment capitaine.
    Poursuivie par les fascistes, persécutée par les staliniens, emprisonnée, elle sera sauvée par les hommes qu'elle a commandés. Elle a fini sa vie d'inlassable militante à Paris en 1992.
    Elsa Osorio, portée par ce personnage hors du commun, écrit un roman d'amour passionné et une quête intellectuelle exigeante en mettant en oeuvre tout son savoir-faire et son talent littéraire pour combler les trous de l'Histoire.


  • Il était une fois, dans les années 60 du siècle dernier, des pays où la politique occupait une place primordiale dans la vie des jeunes gens.

    Au Chili comme ailleurs, le langage était codé et les slogans définitifs. Mais on est très sérieux quand on a dix-sept ans à Santiago du Chili et qu'on s'attaque au capitalisme avec un succès mitigé.
    On peut monter une opération contre une banque pour financer une école et utiliser toute la logistique clandestine pour trouver du lait en poudre pour empêcher un bébé de pleurer ; chanter Blue Velvet en plein hold-up pour que les clients présents dans la banque n'aient pas peur ; se tromper d'explosif et rentrer à pied ; préférer la musique américaine à la dialectique marxiste pour séduire les filles ; apprendre le taekwondo qui rend les Coréens du Nord invincibles et trouver contre leur champion des solutions créatives...
    En état de grâce littéraire, Luis Sepúlveda nous raconte ces histoires irrésistiblement drôles et tendres en hommage à un temps où on pouvait rêver "d'être jeune sans en demander la permission".

  • Qu'est-ce qui rapproche un pirate de la mer du Nord, mort il y a 600 ans, un militant qui attend le 31 mars l'éclosion des roses d'Atacama, un instituteur exilé qui rêve de son école et s'éveille avec de la craie sur les doigts, un Italien arrivé au Chili par erreur, marié par erreur, heureux à cause d'une autre énorme erreur et qui revendique le droit de se tromper, un Bengali qui aime les bateaux et les amène au chantier où ils seront détruits en leur racontant les beautés des mers qu'ils ont sillonnées?
    Peut-être cette frontière fragile qui sépare les héros de l'Histoire des inconnus dont les noms resteront dans l'ombre. Leurs pas se croisent dans les pages de ce livre.

    Voici, riche d'une humanité palpable, dans un style direct et incisif, toutes ces vies recueillies par un voyageur exceptionnel, capable de transformer la tendresse des hommes en littérature.

  • La vie semble faite d'une accumulation de failles imperceptibles qui transforment souvent les désirs, les amours, les amitiés, les rêves, les projets politiques, tout ce qui compte dans une vie, en détours inexorables du destin.
    Ces histoires racontent des situations marquées par des brisures, des glissements, des rendez-vous manqués que les protagonistes n'ont pas su ou pas voulu éviter.
    Ces histoires font rire ou réfléchir, lorsqu'elles nous tendent un miroir, elles nous conduisent dans des pays lointains, dans des intrigues mystérieuses, dans des endroits peuplés de gens extraordinaires ou banals.

    Émouvantes ou cocasses, elles portent toutes la marque de l'incomparable puissance de transformation de la réalité en littérature de Luis Sepúlveda.

  • Chaque nouvelle de Anaconda est un labyrinthe hallucinant dans lequel l'homme se débat contre la mort et où le lecteur est aux prises avec l'effroi, la surprise et l'humour.
    Dans la lignée de ceux de Poe ou de Maupassant, ces contes nous entraînent dans un univers obsédant où le danger de la forêt tropicale, peuplée de reptiles et d'animaux étranges, domaine des fièvres et de la chaleur asphyxiante, s'unit aux menaces de la folie des ombres et des cauchemars.


  • Un garage au milieu de nulle part, dans le nord de l'Argentine.

    La chaleur est étouffante, les carcasses de voiture rôtissent au soleil, les chiens tournent en rond. Le révérend Pearson et sa fille Leni, seize ans, sont tombés en panne ; ils sont bloqués là, le temps que la voiture soit réparée. El Gringo Brauer s'échine sur le moteur tandis que son jeune protégé Tapioca le ravitaille en bières fraîches et maté.
    Dans ce huis clos en plein air, le temps est suspendu, entre deux, l'instant est crucial : les personnages se rencontrent, se toisent, s'affrontent. C'est peut-être toute leur vie qui se joue là, sur cette route poussiéreuse, dans ce paysage hostile et désolé, alors que l'orage approche.
    Selva Almada signe ici un premier roman époustouflant de maîtrise, dans une prose sobre, cinématographique, éminemment poétique.


  • 1944. Lorsque Pericles, un journaliste critique du dictateur salvadorien, le "sorcier nazi", est arrêté et emprisonné, son épouse Haydée, une jeune femme de la bonne bourgeoisie, décide d'écrire le journal des événements.

    Pendant qu'elle note ce qu'elle considère comme des conversations avec son mari - qui avant de devenir opposant a été collaborateur du régime -, elle raconte les progrès des arrestations, les interdictions de visite au pénitencier ainsi que ce qui se passe pour le reste de la famille, composée d'un côté de militaires, soutien du régime, et de l'autre des libéraux, opposés au tyran. Sur ce, un coup d'État contre le dictateur éclate, son fils Clemente, le fêtard, le coureur, l'ivrogne, est impliqué et raconte ce qui se passe chez les conspirateurs.
    Ses aventures parfois désopilantes alternent avec l'éveil de la conscience politique de Haydée, qui organise la rébellion avec d'autres femmes : épouses, filles, petites-filles, voisines, domestiques.
    Un grand roman de Castellanos Moya, une riche combinaison de voix et de registres littéraires, du journal intime à l'action cinématographique, en même temps qu'une prodigieuse incarnation de l'histoire d'un pays dans les destins d'une famille, un épisode fondateur : le début de La Comédie inhumaine de l'auteur.


  • "J'écris parce que j'ai une mémoire et je la cultive en écrivant..."

    C'est cette mémoire qui nous rappelle l'existence d'un autre 11 septembre en 1973, il y a tout juste 30 ans.
    Ce jour-là, le général Pinochet prit le pouvoir au Chili, avec l'aide de la CIA, en assassinant la démocratie et des milliers de citoyens de ce pays. Le président de la République, Salvador Allende, mourut dans le palais de la Moneda bombardé et une répression sanglante s'abattit sur le pays.
    Luis Sepúlveda en fut victime, comme tant d'autres Chiliens. Le 16 octobre 1998, Pinochet fut arrêté en Angleterre à la demande du juge espagnol Baltazar Garzôn, puis remis au Chili parce que souffrant de folie.
    Luis Sepúlveda a écrit entre l'automne 1998 et 2000 dans différents journaux comme La Repubblica en Italie, El País en Espagne, TAZ en Allemagne, Le Monde en France, des textes entre articles politiques, chroniques et littérature, pour évoquer ces événements et leurs conséquences.

    Tous ces textes explorent la mémoire des vaincus qui ne veulent ni oublier ni pardonner.

  • Aladino Garib dit le Turc, petit commerçant palestinien, débarque à Puerto Eden, au plus profond du détroit de Magellan, et c'est de sa lampe que surgissent comme par magie des contes magistraux, de merveilleux romans miniatures et des histoires comme Luis Sepúlveda en a le secret.
    On y rencontre des personnages inoubliables dans leur dignité et leur humanité.
    On y retrouve, entre autres, un dentiste et son ami, vieux chasseur de jaguars et amateur de romans d'amour, une dame grecque d'Alexandrie, un marin de Hambourg amoureux, un fabriquant de miroirs dans un hôtel lentement dévoré par la forêt amazonienne, aux confins de l'Équateur et de la Colombie, avant de partir pour une Patagonie que les fantômes de Butch Cassidy et Sundance Kid hantent encore grâce à un chien bien dressé et un astucieux découvreur de trésor.

  • José Zeledón, ex-guérillero aux réflexes encore bien rodés, débarque à Merlow City, ennuyeuse ville-campus du Wisconsin. Guerrier désoeuvré devenu chauffeur de bus scolaire, il tente de réprimer ses instincts d'homme d'action.
    Erasmo Aragón, professeur d'espagnol paranoïaque et aigri, obsédé par les shorts trop courts de ses jeunes étudiantes, part à Washington pour consulter les archives de la CIA et tenter de résoudre l'énigme de l'assassinat du grand poète salvadorien Roque Dalton.
    Ces deux survivants hantés par la guerre, inadaptés, solitaires, se désintègrent à petit feu dans un pays puritain obsédé par la surveillance perpétuelle et les armes, auquel ils ne comprennent rien.
    Avec son style rageur, son humour à froid, et une mauvaise foi à toute épreuve, Horacio Castellanos Moya passe les États-Unis au vitriol et poursuit son grand oeuvre autour de la violence, qui ronge ses personnages jusque dans l'exil.

    Un très grand roman qui ne rassure pas sur la nature de l'âme humaine.


  • Si une des grandes questions de la littérature est comment "tuer" le père, que faire quand son propre père a été le bras droit de l'un des plus grands assassins du pays ?

    Larry arrive à Medellín douze ans après la disparition de son père, un mafieux proche de Pablo Escobar. À son arrivée, ce n'est pas sa mère, l'ex-Miss Medellín, qui l'attend, mais Pedro, son ami d'enfance, qui vient le chercher pour le plonger dans l'Alborada, une fête populaire de pétards, de feux d'artifice et d'alcool où tous perdent la tête. Larry retrouve son passé familial et une ville encore marquée par l'époque la plus sombre de l'histoire du pays. Il ne pense qu'à fuir son enfance étrange liée au monde de la drogue.
    Mais il cherche aussi une jeune fille en pleurs rencontrée dans l'avion et dont il est tombé amoureux.
    Entrecroisant des plans différents, Jorge Franco, étonnant de maîtrise narrative, fait le portrait de la génération des enfants du narcotrafic, qui sont de fait les victimes de leurs pères, et nous interroge sur l'importance de la mémoire pour que l'histoire ne se répète pas.

    Une construction impeccable et des personnages ambigus et captivants : un roman qui ne vous laisse aucune trêve et qu'on dévore, fasciné.


  • Deux ados sont étendus au milieu de la fête foraine, au pied de la grande roue. C'est l'aube. La bagarre a mal tourné, ils ont sorti les couteaux...

    Sous le ciel blanc et vide, les vies défilent, singulières et pareilles, et les mystérieux enchaînements qui ont mené au drame.
    Pajarito Tamai et Marciano Miranda étaient pourtant amis. Tous deux fils de fabricants de briques, ils sont voisins, nés à quelques heures d'intervalle dans la même clinique de l'intérieur argentin, ils grandissent ensemble et font les quatre cents coups. Jusqu'à ce qu'un malentendu les sépare et en fasse des ennemis jurés à l'école primaire. Comme leurs pères avant eux.
    Puis arrive Ángel, le beau gosse, le frère de Marciano, qui ne ressemble à aucun autre, qui n'aime pas les gringas, ni peut-être les filles en général. Et c'est encore pire...
    Sous un soleil de plomb qui fait enrager, Marciano rêve de vert et d'eau, Pajarito ne comprend pas ce qui lui arrive, le destin compte les points entre la discothèque et la fête foraine et attise les haines en attendant son heure.
    Tragédie rurale au cordeau dans la grande tradition américaine, histoire d'amour et d'une violence que rien ne peut conjurer : ce deuxième roman de Selva Almada prouve s'il en était besoin qu'elle a un talent fou. Et qu'elle sait faire du cinéma.
    "Une des voix les plus fortes et les plus intéressantes de la jeune littérature hispano-américaine [...]. Selva Almada réussit un texte solide, brillant, extrêmement riche et de grande ampleur." - El Cultural
    Selva Almada est née en 1973 à Villa Elisa (Entre Ríos) et a suivi des études de littérature à Paraná, avant de s'installer à Buenos Aires, où elle anime des ateliers d'écriture. Son premier roman, Après l'orage (Métailié), a reçu un excellent accueil critique.


  • Une femme, médecin sans histoire, est retrouvée noyée près de Saint-Nazaire.

    La jeune journaliste locale ne croit pas à la thèse du suicide et remonte le fil : elle découvre l'horreur de la dictature argentine, et un étrange échange de mails entre un jeune homme en colère et une femme qui a bien connu cette période.
    Parallèlement, une mère raconte à son fils pourquoi il a dû grandir sans elle. Perdue dans les marécages de la dictature militaire, cette militante révolutionnaire a échangé sa liberté contre la vie de son enfant et accepté de collaborer avec la dictature, en particulier au Centre pilote de Paris. Traître aux yeux de tous, avec la survie pour seul objectif, elle va disparaître.
    Elsa Osorio construit un kaléidoscope vertigineux et bouleversant.
    Les péripéties s'enchaînent, haletantes : tortionnaires mafieux, violence, passion amoureuse, habileté à jouer avec les identités clandestines, dans un intense suspense psychologique.

    L'auteur de Luz ou le temps sauvage atteint ici le sommet de son art de romancière profonde et habile.

  • - 50%

    Convaincu qu'il va mourir dans l'heure, Tobías n'a même pas pris le temps de s'habiller pour se rendre en urgence chez son homéopathe, le docteur Svarsky. C'est donc en robe de chambre et pantoufles qu'il croise par hasard la belle-mère du docteur devant l'immeuble Mignón.
    Grand et costaud, presque la cinquantaine, Tobías vit chez sa mère, veuve spirite, et passe sa vie à lutter contre une série sans fin de maux imaginaires tout en cherchant avec elle, par des moyens plus ou moins farfelus, à communiquer avec ce père colonel qu'il n'a pas connu.
    Avec la participation d'un petit chien errant, d'une jeune maîtresse presque nue, d'une femme ouverte aux inconnus et d'une fuite d'eau aux proportions délirantes, une journée suffira à bouleverser de fond en comble la vie recluse et angoissée de ce flamboyant hypocondriaque, et toutes ses certitudes.
    Et peut-être qu'il y trouvera, enfin, le moyen de vivre vraiment. Ou pas.

    Un roman d'apprentissage tardif inédit, cocasse et poétique, où l'auteur nous prouve encore sa virtuosité linguistique et son sens de l'humour.

    "Pablo Casacuberta parvient à renouveler, avec talent et une jubilation communicative, la vieille rengaine oedipienne de la relation père-fils en s'appuyant sur un sens très aigu des situations drolatiques." - Pierre Lemaitre (à propos de Scipion)

    PRIX NATIONAL DE LITTÉRATURE 2019

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