Mercure de France

  • L'homme en rouge

    Julian Barnes

    • Mercure de france
    • 10 Septembre 2020

    On pourrait commencer, prosaïquement, par ce qui peut être décrit comme une robe de chambre. Rouge - ou plus exactement écarlate - et allant du cou jusqu'à la cheville, laissant voir des ruchés blancs aux poignets et à la gorge... Est-ce injuste de commencer par ce vêtement, plutôt que par l'homme qui le porte? Mais c'est ainsi représenté et ainsi vêtu que nous nous souvenons de lui aujourd'hui. Qu'en eût-il pensé? En aurait-il été rassuré, amusé, un peu offusqué?

    'L'homme en rouge', peint par John Sargent en 1881, s'appelait Samuel Pozzi. Né à Bergerac en 1847, il allait vite devenir à Paris LE médecin à la mode, particulièrement apprécié des dames de la bonne société en tant que chirurgien et gynécologue. Beaucoup d'entre elles, dont Sarah Bernhardt, étaient aussi ses maîtresses et le surnommaient 'L'Amour médecin'.
    À travers sa vie privée, pas toujours heureuse, et sa vie professionnelle, exceptionnellement brillante, c'est une vision en coupe de la Belle Époque qu'on va découvrir sous le regard acéré de Julian Barnes. Il y a d'une part l'image classique de paix et de plaisirs et, de l'autre, les aspects sombres d'une période minée par l'instabilité politique, les crimes et les scandales.
    Un grand récit.

  • La gitane aux yeux bleus

    Mamen Sanchez

    • Mercure de france
    • 4 Juin 2020

    L'inspecteur Manchego approcha le smartphone dernière génération de son oreille, en retenant sa respiration. Il entendit une voix nasale, sur un bruit de fond rythmique, une sorte de lamentation ou de prière, et les accords d'une guitare. Il ne comprit pas un traître mot de ce que disait l'interlocuteur - c'était en anglais -, mais il devina qu'il ne s'agissait pas d'un appel au secours, on n'y sentait aucune peur.
    - Qu'est-ce qu'il dit? demanda-t-il.
    - Textuellement : 'Papa, laisse-moi faire. Je maîtrise la situation.'

    En bon Espagnol, l'inspecteur Manchego a tout de suite identifié d'où provenait le message : d'une boîte de flamenco. Pas de quoi s'alarmer, donc, quand un riche éditeur londonien, flanqué d'un interprète, vient, très inquiet, lui annoncer que son fils, la trentaine, bien sous tous rapports, a disparu à Madrid depuis plusieurs semaines, après ce dernier fameux appel.
    Enlevé? Séquestré? Blessé? Tué? Mais non, il y a forcément une femme là-dessous.
    En fait, surtout une exquise gitane aux yeux bleus - ça c'est curieux - et face à une tribu de Grenade au grand complet, le jeune Atticus a-t-il la moindre chance? Non, bien sûr... comme on va le voir au fil de ses irrésistibles aventures.

  • Les dames de Kimoto

    Sawako Ariyoshi

    • Mercure de france
    • 14 Novembre 2016

    Le mont Kudo était encore voilé par les brumes matinales de ce début de printemps. La main serrée dans celle de sa grand-mère, Hana franchissait les dernières marches de pierre menant au temple Jison. Elle était coiffée avec recherche - une coiffure de mariée aux coques luisantes - et l'éclat rosé de son teint de jeune fille transparaissait sous l'austère maquillage blanc. Elle portait un kimono de cérémonie de crêpe de soie violet à très longues manches. Elle savait que sur le point d'être admise comme bru dans une nouvelle famille, elle cesserait dès lors d'appartenir à la sienne...

    Hana a vingt ans et c'est le jour de son mariage, arrangé comme le veut la coutume, alors qu'elle n'a vu son fiancé qu'une seule fois. Sa grand-mère, Toyono, qui l'a élevée, incarne la tradition, immuable, ancestrale et veut que sa petite-fille la respecte. Mais on est à l'aube du XXe siècle et déjà le monde change. Hana va vite se retrouver déchirée entre le carcan des obligations familiales et sociales et ses aspirations personnelles.

    Mère à son tour, elle devra affronter la génération montante en la personne de Fumio, sa fille qui, après de violents conflits, saura prendre des temps anciens et des temps nouveaux ce qu'ils ont de meilleur.

  • La femme à la jupe violette

    Natsuko Imamura

    • Mercure de france
    • 14 Avril 2022

    Dans mon quartier habite une personne surnommée "la femme à la jupe violette". On l'appelle ainsi car elle porte toujours une jupe de couleur violette... Régulièrement, à quinze heures, elle se rend à la boulangerie pour y acheter une brioche à la crème, puis traverse la galerie marchande pour rejoindre le parc tout proche. Là, elle va s'asseoir sur le banc le plus au fond, toujours le même, et déguste sa brioche en utilisant sa main comme soucoupe... Elle ne change absolument rien à sa routine.

    Qui est donc cette mystérieuse femme qui ne s'adresse jamais à personne et obéit à un rituel immuable ? C'est ce qui semble obséder celle qui l'observe constamment à la dérobée, la suit partout dans ses allées et venues, toujours de loin, sans chercher à lui parler, une femme au "cardigan jaune" cette fois ? Qui sont-elles ? Comme la première paraît ne pas avoir de travail, la seconde dépose sur son banc attitré des petites annonces intéressantes, puis va jusqu'à la porte de son appartement laisser des échantillons de produits de beauté pour qu'elle soigne mieux son apparence. Pourquoi tant d'attentions portées à une inconnue ?
    Mais est-ce vraiment une inconnue ? Et va-t-il falloir que se produise un drame pour que - peut-être - le voile se déchire enfin ?

  • La clandestine de Jersey

    Jenny Lecoat

    • Mercure de france
    • 10 Février 2022

    À l'heure du déjeuner, en voyant la queue devant le mess des officiers, le lieutenant Kurt Neumann décida d'aller fumer une cigarette et d'attendre un peu. Il était sur le point d'en allumer une quand il vit quelque chose et s'immobilisa, la flamme de son briquet agitée par la brise. Une jeune fille pâle et très mince, aux cheveux blonds doré relevés en chignon, venait d'apparaître entre deux bâtiments administratifs, l'air un peu perdue. Ce qui le frappa le plus, ce furent ses yeux. Ils étaient immenses, couleur de la mer à Rozel Bay, avec le regard effrayé d'un petit animal et aussi une lueur de défi.

    Pour lui, c'est aussitôt le coup de foudre. Pour elle, ce sera un peu plus long. Mais il s'agit d'un amour impossible, interdit. Kurt est officier de la Wehrmacht et appartient aux troupes qui occupent les îles anglo-normandes depuis juin 1940. Et Hedy Bercu, réfugiée venue d'Autriche en 1938 pour fuir l'Anschluss, est juive.
    D'abord discrète, leur liaison va devenir ultra-secrète quand Hedy, pour échapper à la déportation, doit littéralement disparaître. Elle vivra cachée jusqu'à la fin de la guerre chez Dorothéa Le Brocq, une habitante de Jersey - qui risquait sa vie en l'hébergeant - et sans jamais sortir, avec pour seules et rares visites celles de son amoureux, sur qui la police secrète a de plus en plus de soupçons...
    Cette histoire est authentique. Et Dorothea Le Brocq a été honorée bien plus tard au titre de Juste parmi les Nations.

  • La seule histoire

    Julian Barnes

    • Mercure de france
    • 3 Septembre 2018

    Un premier amour détermine une vie pour toujours : c'est ce que j'ai découvert au fil des ans. Il n'occupe pas forcément un rang supérieur à celui des amours ultérieures, mais elles seront toujours affectées par son existence. Il peut servir de modèle, ou de contre-exemple. Il peut éclipser les amours ultérieures ; d'un autre côté, il peut les rendre plus faciles, meilleures. Mais parfois aussi, un premier amour cautérise le coeur, et tout ce qu'on pourra trouver ensuite, c'est une large cicatrice.
    Paul a dix-neuf ans et s'ennuie un peu cet été-là, le dernier avant son départ à l'université. Au club de tennis local, il rencontre Susan - quarante-huit ans, mariée, deux grandes filles - avec qui il va disputer des parties en double. Susan est belle, charmante, chaleureuse. Il n'en faut pas davantage pour les rapprocher... La passion ? Non, l'amour, le vrai, total et absolu, que les amants vivront d'abord en cachette. Puis ils partent habiter à Londres : Susan a un peu d'argent, Paul doit continuer ses études de droit. Le bonheur? Oui. Enfin presque car, peu à peu, Paul va découvrir que Susan a un problème, qu'elle a soigneusement dissimulé jusque-là : elle est alcoolique. Il l'aime, il ne veut pas la laisser seule avec ses démons. Il va tout tenter pour la sauver et combattre avec elle ce fléau. En vain...
    Mais lui, alors ? Sa jeunesse, les années qui passent et qui auraient dû être joyeuses, insouciantes? Il a trente ans, puis trente et un, puis trente-deux. Vaut-il mieux avoir aimé et perdre ou ne jamais avoir aimé ?

  • Le crépuscule de Shigezo

    Sawako Ariyoshi

    • Mercure de france
    • 9 Octobre 2018

    Étant donné son âge et son état mental, il n'allait plus être possible de laisser Shigezo seul la nuit. Nobutoshi et Akiko le regardaient avec inquiétude. Assis à côté d'eux, il semblait ne rien entendre. Il était tourné vers le jardin, l'air hébété, les yeux éteints, comme perdu dans un rêve lointain.
    "Qu'allons-nous faire ? demanda Akiko...
    - C'est la première fois que je vois un être humain complètement gâteux! explosa Nobutoshi. Et il faut que ce soit mon père! Je ne peux pas le supporter !"

    Devenu veuf, Shigezo est recueilli par son fils et sa belle-fille. Et c'est sur celle-ci, Akiko, que va reposer cette lourde charge, avec les problèmes concrets que cela implique. Mais alors que le vieil homme glisse vers une seconde enfance, elle découvrira qu'il symbolise peut-être l'amour le plus authentique, le plus désintéressé qu'elle ait jamais connu.

  • Après la pluie Nouv.

    Après la pluie

    Chiara Mezzalama

    • Mercure de france
    • 12 Mai 2022

    Cela faisait des mois qu'Elena savait. Ettore s'était laissé pousser la barbe, portait des chemises aux couleurs criardes, avait changé d'eau de toilette, ne la touchait plus... Le doute avait fait place à la certitude et elle s'était retrouvée au fond du puits où sombrent les femmes... Elle n'avait jamais pensé que son tour viendrait.

    Alors Elena s'en va. Laissant derrière elle, à Rome où elle vit, mari et enfants adolescents, elle part se réfugier dans la maison de campagne de son enfance, en Ombrie, pour réfléchir, faire le point sur sa vie.
    Mais si son coeur se brise, voilà qu'en même temps les éléments se déchaînent. Sur villes et campagnes brûlées par le soleil vont s'abattre des trombes de pluie. Les fleuves débordent, les routes sont coupées, des maisons emportées. Aux lourdes conséquences du réchauffement climatique semble faire lointainement écho le délitement d'un couple. Comment, quand le temps sera venu, affronter et sans doute réinventer un avenir ?

  • Un fils en or

    Shilpi Somaya Gowda

    • Mercure de france
    • 7 Janvier 2016

    Anil prenait de plus en plus conscience de la place que Leena occupait dans son esprit... Il n'avait pas réussi à l'oublier au bout de tant d'années. Il voulait la revoir, voilà ce dont il était sûr, et pour cela, il était prêt à affronter sa mère. Il l'avait laissée contrôler sa vie une fois à ce sujet, mais il ne la laisserait pas recommencer.
    Il suivrait ce que son coeur lui disait.

    Anil est un jeune Indien qui commence des études de médecine dans le Gujarat puis part les compléter aux États-Unis. Sa redoutable mère rêve pour lui d'une union prestigieuse. Or, depuis qu'il est petit, elle le sait très proche de Leena, la fille d'un métayer pauvre. Quand celle-ci devient une très belle jeune fille, il faut l'éloigner, en la mariant à la va-vite.

    Les destins croisés d'Anil et de Leena forment la trame de ce roman - lui en Amérique, qui est loin d'être l'eldorado qu'il croyait ; et elle en Inde, où sa vie sera celle de millions de femmes victimes de mariages arrangés. Ils se reverront un jour, chacun prêt à prendre sa vie en main, après beaucoup de souffrances. Mais auront-ils droit au bonheur ?

  • Une fille, qui danse

    Julian Barnes

    • Mercure de france
    • 11 Janvier 2013

    Ceux qui veulent nier le passage du temps disent : quarante ans, ce n'est rien, à cinquante ans on est dans la fleur de l'âge, la soixantaine est la nouvelle quarantaine et ainsi de suite. Je sais pour ma part qu'il y a un temps objectif, mais aussi un temps subjectif... le vrai, qui se mesure dans notre relation à la mémoire. Alors, quand cette chose étrange est arrivée, quand ces nouveaux souvenirs me sont soudain revenus, ç'a été comme si, pendant ce moment-là, le temps avait été inversé... Comme si le fleuve avait coulé vers l'amont. Tony, la soixantaine, a pris sa retraite. Il a connu une existence assez terne, un mariage qui l'a été aussi. Autrefois il a beaucoup fréquenté Veronica, mais ils se sont éloignés l'un de l'autre. Apprenant un peu plus tard qu'elle sortait avec Adrian, le plus brillant de ses anciens condisciples de lycée et de fac, la colère et la déception lui ont fait écrire une lettre épouvantable aux deux amoureux. Peu après, il apprendra le suicide d'Adrian. Pourquoi Adrian s'est-il tué? Quarante ans plus tard, le passé va ressurgir, des souvenirs soigneusement occultés remonter à la surface - Veronica dansant un soir pour Tony, un week-end dérangeant chez ses parents à elle... Et puis, soudain, la lettre d'un notaire, un testament difficile à comprendre et finalement, la terrible vérité, qui bouleversera Tony comme chacun des lecteurs d'Une fille, qui danse.

  • Le fracas du temps

    Julian Barnes

    • Mercure de france
    • 6 Avril 2016

    Ils venaient toujours vous chercher au milieu de la nuit... Alors il avait dit à Nita qu'il passerait ces heures inévitablement sans sommeil sur le palier, près de l'ascenseur. Il attendrait que la porte s'ouvre, qu'un homme en uniforme hoche la tête en le reconnaissant, que des mains se tendent et se referment sur ses poignets. Il s'empresserait de les accompagner, pour les éloigner de l'appartement, de sa femme et de son enfant.

    On a beaucoup critiqué les artistes qui ont choisi de cautionner le régime soviétique, qui ont été des 'collabos'. Mais on ne doit pas oublier que Staline les surveillait de près. Vous deviez obéir, sinon... Un trait de plume du tyran suffisait à vous condamner à mort, ainsi, parfois, que toute votre famille, et à faire disparaître votre oeuvre. Alors quel choix aviez-vous ?

    Dans Le fracas du temps, Julian Barnes explore la vie et l'âme d'un très grand créateur qui s'est débattu dans le chaos de son époque, tout en essayant de ne pas renoncer à son art. Que pouvait-il faire ? Et, en corollaire, qu'est-ce que moi, j'aurais fait ? À ces questions cruciales, il y a peut-être des réponses dans ce roman qui raconte une histoire vraie.

  • Nulle part où poser sa tête

    J.J. Bola

    • Mercure de france
    • 13 Janvier 2022

    Le sourire de Jean s'ouvrait grand comme les bras d'un ami chaleureux, c'était une belle maison à la porte ouverte qui vous invitait à entrer et vous enjoignait de rester longtemps. C'était le printemps après un long hiver...
    À la naissance, en voyant ses grandes mains, Papa avait dit :
    ' Peut-être qu'il sera gardien de but, plus tard. ' À quoi Mami avait répliqué : ' Ou peut-être simplement qu'il saura s'accrocher. Il en aura besoin. '

    Et effectivement, le petit Jean va en avoir besoin.
    Réfugié du Congo avec ses parents, il va devoir affronter très tôt une vie difficile à Londres. Alors qu'à Kinshasa son père allait devenir médecin et sa mère institutrice, ils sont désormais l'un vigile le jour et homme de ménage le soir, assistante de cantine scolaire pour l'autre.
    Dans le très petit appartement, on héberge aussi à l'occasion d'autres réfugiés congolais - solidarité oblige - même si l'argent manque toujours.
    Et Jean s'accroche : il faut à tout prix réussir à l'école. Heureusement, il y a aussi les copains et les parties de foot... Mais au-dessus de cette turbulente et si attachante tribu, où personne n'a de papiers en règle, plane la menace de l'expulsion - décrétée comme le dit amèrement ' Papa ', ' par des gens que nous ne connaissons pas et qui ne nous connaissent pas... 

  • Le jour où mon grand-père a été un héros

    Paulus Hochgatterer

    • Mercure de france
    • 7 Octobre 2021

    Les hirondelles sont là. Elles sont de retour. Tu observes les nuages et au bout d'un moment, tu te rends compte que quelque chose est différent. Elles sont revenues...
    Eux aussi, ils volent depuis le petit matin, minuscules croix aux scintillements argentés. Les escadrilles sont de tailles différentes, en voici une immense. Le fermier, qui regarde le ciel à la jumelle compte à mi-voix. ' Des Américains, dit-il, je crois que c'est des Américains. '

    Printemps 1945, les dernières semaines de la guerre. Dans cette ferme autrichienne isolée, le temps est comme suspendu. La vie quotidienne est scandée par le passage des avions alliés venus de l'ouest qui vont pilonner les routes, les usines et les villes. On sait aussi que de l'est arrivent les Russes. On ne peut qu'attendre, pris en tenaille...
    Surgissent un soir six soldats allemands qui exigent de bien manger, de la viande surtout. ' Non, dit le fermier terrorisé. On est vendredi Saint, je ne peux tuer une bête, ni cuisiner... '
    Mais sous la menace - il a sa famille, dont cinq filles, à protéger - il va devoir s'exécuter. Et voilà ce qui aurait pu se passer ensuite, nous dit l'auteur, mais ce n'est pas ce qui est vraiment arrivé...

  • Les inséparables

    Julie Cohen

    • Mercure de france
    • 1 Mai 2018

    Dix années s'étaient écoulées et elle n'avait pas changé... Elle émergea tout entière de sa mémoire dans ce hall des arrivées de l'aéroport de Miami, la fille à laquelle il essayait de ne pas penser, la fille à laquelle il pensait tout le temps. Emily...
    Elle se tourna dans sa direction, croisa son regard, s'immobilisa. Il vit qu'elle se figeait comme il s'était figé, ses yeux s'agrandirent, ses lèvres s'entrouvrirent...

    S'étant retrouvés ce jour-là, après une cruelle séparation, ils ne se quitteront plus. Et quarante-trois ans après, Robbie fête ses quatre-vingts ans, entouré de sa si jolie famille, un fils, des petits-enfants, un amour sans faille pour son Emily, son inséparable...
    Mais pas un amour sans ombres. On va découvrir qu'en fait, ils ne se sont jamais mariés. Pourquoi ? Que leur fils - qui l'ignore - a été adopté dans des conditions plus que troubles. Pourquoi ? Qu'ils avaient chacun eu une autre vie, autrefois, et ont dû rompre avec leur passé et leurs familles. Pourquoi ?
    En remontant dans le temps, on découvrira alors le lourd, l'incroyable secret de Robbie et Emily.

  • Le garçon magnifique

    Aimee Liu

    • Mercure de france
    • 9 Septembre 2021

    Naila prend la main de Ty et il se serre contre elle en silence, comme toujours, puisqu'à quatre ans, il ne parle toujours pas... Pour une raison qui échappe à Claire, ils échangent un grand sourire. Des garnements ces deux-là, songe-t-elle. Comme frère et soeur.
    Comment s'attendre à ce qu'ils comprennent la menace de la guerre ? Qu'ils vivent leurs derniers moments ensemble ?
    ' Dix minutes, dit-elle à Naila. Emmène-le jouer juste dix minutes de plus. '
    Et se prenant par la main, Naila et Ty s'éclipsent en sautillant dans le soleil.

    Mais Claire ne reverra pas son fils, son garçon magnifique, dans dix minutes. Ni dans plusieurs heures, ou semaines, ou mois. Naila, treize ans à peine, qui est chargée de veiller sur lui, le kidnappe, incapable d'envisager d'en être séparée.
    Nous sommes en 1942, dans les îles Adaman, au coeur du golfe du Bengale et les Japonais arrivent. Il faut évacuer en hâte les Anglais - dont Ty et sa mère - et laisser sur place Naila, qui est une ' native '. C'est dans la jungle, à l'intérieure de la plus grande île, au sein d'une tribu très primitive, que celle-ci va se réfugier avec l'enfant, qui va connaître là une vie extraordinaire. Mais jusqu'où peut aller une mère qui veut retrouver son fils ?

  • Le cricket club des talibans

    Timeri N. Murari

    • Mercure de france
    • 8 Avril 2014

    En 2000, à Kaboul. Le gouvernement islamique impose sa férule à la population, pratiquement tout est interdit, journaux, distractions, jeux, etc. Mais voilà qu'il annonce vouloir promouvoir le cricket, pour prouver à ses opposants que l'Afghanistan peut aussi être une nation sportive. La meilleure équipe ira se perfectionner au Pakistan - ce que certains voient tout de suite comme une possibilité de s'enfuir.

    Mais il faut d'abord connaître les règles du cricket et s'entraîner. Bien sûr, c'est strictement interdit aux femmes. Or la jolie Rukhsana a joué autrefois en Inde... Au prix d'incroyables ruses, subterfuges et déguisements, elle va mettre sur pied une équipe composée de son frère et de leurs cousins, tous bien décidés à se libérer du joug des talibans. Y parviendront-ils et que risque-t-il d'arriver à Rukhsana l'intrépide, la rebelle ?

  • La famille

    Shilpi Somaya Gowda

    • Mercure de france
    • 14 Janvier 2021

    Elle se dirige d'un pas lent mais résolu vers l'océan Pacifique. Elle n'a ni canne à pêche, ni planche de surf et elle ne porte pas de combinaison.
    Dans l'une des maisons qui bordent la plage, un homme âgé se lève et regarde par la fenêtre, comme chaque matin, très tôt. Il remarque alors cette jeune femme seule, en vêtements de ville, qui avance avec détermination vers les rouleaux. Il y a quelque chose qui cloche... Alors il décroche le téléphone et appelle la police.

    Après le drame qui, quelques années plus tôt, avait fait éclater sa famille, Karina a désespérément cherché un ancrage. Indienne par sa mère, américaine par son père, elle ne se sentait plus à sa place nulle part. Jusqu'au jour de sa rencontre avec Micah, si solide, si rassurant, à la tête du ' Sanctuaire ', une petite communauté hippie si chaleureuse.
    Et Karina n'a pas compris les techniques aussitôt utilisées sur elle et bien connues dans le monde des sectes : les gestes d'amour, puis peu à peu d'isolation sociale, le fait de la démolir pour ensuite la remettre sur pied...
    Une fois que le piège s'est refermé sur elle, peut-elle espérer en sortir ?

  • La France en automobile

    Edith Wharton

    • Mercure de france
    • 5 Novembre 2015

    Edith Wharton adorait la France et aimait aussi beaucoup les voyages en voiture. Avec son mari Teddy, entre 1906 et 1907, c'est dans une Panhard et Levassor 15hp achetée d'occasion à Londres qu'ils effectuent ce "tour de France", parfois accompagnés de Henry James.

    Évidemment, les Wharton ne conduisent pas eux-mêmes, ils ont un chauffeur, et leurs bagages arrivent par chemin de fer, avec quelques domestiques, aux étapes les plus importantes. On voyage avec style !

    Les Wharton sont des francophiles extrêmement cultivés et des touristes avertis. Partis de Boulogne, ils filent vers Amiens, Beauvais, puis Rouen. Ils continuent vers la Loire et l'Indre, puis font étape à Nohant sur les terres de George Sand. Paris, Poitiers, les Pyrénées, la Provence, l'Est... rien ne les arrête ! En route, ils admirent tout, les cathédrales, bien sûr, les paysages, les villages, mais aussi les Français, leur civisme, leur élégance, leur bonne humeur et leur façon intelligente de profiter de la vie...

    Avec ce récit en forme de carte postale, Edith Wharton nous fait revisiter et redécouvrir lieux et monuments avec une chaleur et un enthousiasme communicatifs.

    Publié aux États-Unis en 1908 avec succès, La France en automobile n'avait jamais été traduit en français jusqu'à aujourd'hui.

  • Quand tout est déjà arrivé

    Julian Barnes

    • Mercure de france
    • 9 Janvier 2014

    Nous vivons à ras de terre, à hauteur d'homme et pourtant - et par conséquent - nous aspirons à nous élever. Créatures terrestres, nous pouvons parfois nous hisser jusqu'aux dieux. Certains s'élèvent au moyen de l'art ; d'autres, de la religion ; la plupart, de l'amour. Mais lorsqu'on s'envole, on peut aussi s'écraser. Il y a peu d'atterrissages en douceur. On peut rebondir sur le sol assez violemment pour se casser une jambe, entraîné vers quelque voie ferrée étrangère. Chaque histoire d'amour est une histoire de chagrin potentielle. Sinon sur le moment, alors plus tard. Sinon pour l'un, alors pour l'autre. Parfois pour les deux. C'est à différentes altitudes que se situent les trois récits qui composent ce livre. Le premier nous conte, avec souvent beaucoup d'humour, les différentes tentatives de l'homme pour voir le monde d'en haut. Et il s'attache plus particulièrement à celles de Nadar, qui, à bord d'un ballon, réalisa les premiers clichés aérostatiques en 1858. Le deuxième se penche sur les amours de Sarah Bernhardt - souvent photographiée par Nadar et qui fit un tour en montgolfière - avec un bel officier anglais. Là, on est 'à hauteur d'homme'. Le troisième nous parle - droit au coeur - de ce qui se passe quand 'tout est déjà arrivé', en l'occcurence, la mort de l'être qui vous était le plus proche et 'qu'on est tombé de la plus grande hauteur'. Disons simplement que Julian Barnes est sans doute là au sommet de son art.

  • Un oiseau de feu

    Susan Sellers

    • Mercure de france
    • 13 Mai 2021

    Sous un tonnerre d'applaudissement, Lydia quitte la scène, chargée de bouquets, dont l'un uniquement d'orchidées, fleur de prédilection de Diaghilev. Il n'a inscrit qu'un mot sur la carte épinglée à la gerbe : Bravissima ! Elle lève les yeux vers sa loge et le salue, avec Serge Lifar, son partenaire dans cette entreprise triomphale de L'Oiseau de feu. Et elle aperçoit Maynard qui applaudit avec tant de frénésie que ses mains en paraissent floues...

    ...Maynard Keynes, son mari, le célèbre économiste, dont les gouvernements britannique, américain et même soviétique s'arrache les conseils, et qui, à quarante ans passé, est tombé amoureux fou de la danseuse étoile des Ballets Russes, lui qui n'avait connu jusque-là que des liaisons homosexuelles. Et elle, la belle Lydia Lopkova, qui a dix ans dansait Casse-Noisette devant le tsar Nicolas II, devenue une star au fil d'une carrière professionnelle et amoureuse mouvementée.
    Leur liaison improbable, puis leur mariage, inattendu, à Londres en 1925, stupéfia et émut l'Angleterre, en particulier leurs amis du fameux Groupe de Bloomsbury, dont Virginia Woolf, qui commença par s'y opposer... Voici leur histoire.

  • Trente filles

    Susan Minot

    • Mercure de france
    • 8 Avril 2015

    "Où allons-nous ? a chuchoté Agnès.
    - Dans la brousse", ai-je dit. Mais qu'est-ce que j'en savais?

    Près de la chapelle, on a traversé un épais nuage de fumée et j'ai entendu un bruit de verre brisé. Les rebelles cassaient les fenêtres à coups de gourdin. De la fumée sortait par la porte. À côté, la Jeep était en feu et on avait peur qu'elle explose.

    On a franchi le portail de l'école et avancé dans l'allée, puis sur la route. On a marché et marché dans la nuit, bientôt hors de tout sentier. Je distinguais la longue file de filles. Plus tard, j'ai appris que nous étions environ cent quarante.

    L'enlèvement des cent trente-neuf élèves du collège St Mary's d'Aboke, en Ouganda, a eu lieu dans la nuit du 10 octobre 1996. C'est à partir de ce fait réel que Susan Minot a écrit Trente filles. Terrifiées, brutalisées, pour la plupart violées, ces fillettes vont vivre un enfer. Si une des religieuses de leur école, lancée à leur poursuite, réussit à en sauver cent neuf, quel va être le sort des trente autres ?

    En contrepoint de leur histoire, il y a celle de Jane, une journaliste américaine venue en Afrique enquêter sur ce drame. Au fil des jours, elle devra abandonner ses certitudes et ses a priori, ainsi qu'une certaine forme d'insouciance, pour regarder en face la réalité africaine. Jusqu'à sa bouleversante rencontre avec Esther, une des petites rescapées.

  • La laitière de Bangalore

    Shoba Narayan

    • Mercure de france
    • 27 Février 2020

    Après plus de vingt ans passés aux États-Unis, Shoba rentre en Inde avec sa famille. Dans les rues de Bangalore, hommes d'affaires côtoient vendeurs à la sauvette, mendiants, travestis et... vaches! Shoba se lie bientôt d'amitié avec Sarala, sa voisine laitière dont les vaches vagabondent dans les champs.
    Mais lorsque Sarala propose à Shoba de participer à l'achat d'une nouvelle bête commence une drôle d'épopée! Acheter une vache en Inde n'est pas une mince affaire... Il y a des règles strictes et d'innombrables traditions à respecter. Et comment choisir parmi les quarante races indigènes de bovins - sans compter les hybrides! De foires aux bestiaux en marchandages sans fin, Shoba redécouvre l'omniprésence de l'animal dans la vie indienne : on boit son lait, mais on utilise aussi sa bouse pour purifier les maisons, son urine pour fabriquer des médicaments...
    Dans une succession de scènes cocasses et émouvantes où les vaches ont le premier rôle, Shoba Narayan évoque aussi les mantras, Bollywood, la médecine ayurvédique, le système de castes, et dresse ainsi un portrait contrasté de l'Inde d'aujourd'hui.

  • Patienter, clignoter, survivre

    Gunnhild Oyehaug

    • Mercure de france
    • 8 Avril 2021

    Cette première nuit dans le lit de Kåre, Sigrid s'est sentie plus étrangère que jamais... Puis elle a repensé à cette fille perdue dans la forêt et retrouvée uniquement parce qu'elle avait utilisé la lumière de son téléphone portable pour signaler sa présence. Il ne lui restait qu'un peu de batterie, juste assez pour éclairer l'écran et quand un hélicoptère a atteint enfin l'endroit où elle se trouvait en patientant tranquillement, elle l'a fait clignoter... Voilà, se dit alors Sigrid, c'est exactement ce que je vais faire : patienter, clignoter, survivre...

    Parce qu'elle vient d'être quittée par Magnus qu'elle aime mais qui est tombé amoureux d'Elida, qui, elle, n'a jamais oublié Viggo, Sigrid entame une relation chaotique avec Kåre, tout récemment séparé de Wanda, qu'il n'arrive pas à oublier. Trine quant à elle a été plaquée par Knut.
    Quant à Robert, il aime Linnea, qui, elle, pense à Gran sachant qu'il ne quittera jamais sa femme pour elle...Ainsi va la ronde des rencontres, et des amours et des désamours, entre Norvège, Danemark et Suède avec un crochet par Prague où chacune, chacun tente plus ou moins patiemment de trouver sa vraie place et de survivre. Seulement voilà, les choses dérapent souvent...

  • La ville aux acacias

    Mihail Sebastian

    • Mercure de france
    • 8 Octobre 2020

    Quand arriva le printemps, Adriana retrouva une ancienne mélancolie, de vagues désirs, des plaisirs incertains. Ses yeux s'embuaient sans motif apparent, ses paupières s'alourdissaient d'une mystérieuse torpeur, ses seins frissonnaient sous le tissu de ses robes. Elle attendait, sans savoir quoi.

    À quinze ans, Adriana attend l'amour, bien sûr.
    Ravissante adolescente, élevée au coeur de la bourgeoisie roumaine des années 1920, elle découvre ses premiers émois, d'abord pour un beau cousin, puis pour un jeune étudiant.
    Mais à part un flirt de plus en plus poussé, rien n'est permis. Jusqu'au jour où la passion risque de tout emporter...

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