ONLIT ÉDITIONS

  • Veuf inconsolable et fétichiste, Hugues Viane a choisi d'habiter Bruges pour la ressemblance qu'il y trouvait avec la mélancolie de son deuil.
    Bruges-la-Morte est principalement l'évocation d'une ville (ses canaux et ses quais, ses rues désertes ou bondées lors du Saint-Sang, ses vieilles demeures, son béguinage, ses églises et ses gisants, son beffroi, etc).
    Une ville, associée aux états d'âme et aux passions des personnages.« Elle les façonne selon ses sites et ses cloches. »

  • C'était au temps où la révolution industrielle était en marche, où les campagnes perdaient leurs travailleurs au profit des villes, où les métropoles grossissaient... Et dans ce temps-là, quelle est «L'Âme de la ville», se demande le poète ? Qeuls sont ses nouveaux temples : «Les Usines», «La Bourse», «Le Bazar» ? À quel rythme vit-elle : celui du «Spectacle», de «La Révolte», des «Idées» ? Les réponses sont en vers, en strophes, en poèmes : attendez-vous à être surpris.

    Après avoir rappelé le contexte historique et littéraire des Villes tentaculaires, l'accompagnement critique rend compte de la structure du recueil. Les échos avec Les Fleurs du Mal de Baudelaire font l'objet de lectures comparées. La réactualisation des formes poétiques par Verhaeren est mise en lumière : la fresque historique et l'allégorie, par exemple. Deux poèmes, «La Plaine» et «Les Usines», font l'objet d'une analyse précise.
    Recueil de poésie (XIXe siècle) recommandé pour les classes de lycée. Texte intégral.

  • Un mâle

    Camille Lemonnier

    "Publiée en 1881, Un mâle est un des meilleurs romans naturalistes. Ce beau récit conte les amours clandestines du braconnier Cachaprès et de la fermière Germaine et qui font le désespoir de la sauvageonne P'tite, qui se vengera...Le sang, la passion, les pulsions s'opposent donc au milieu, à la culture, à l'éducation, thème cher aux auteurs ""décadents""."

  • Lydie, jeune Parisienne, se marie à un industriel belge, Alphonse Van Zee. Après une lune de miel idyllique dans les Ardennes belges, le jeune couple emménage provisoirement rue du Palais à Bruxelles, chez Mme Van Zee et ses trois filles. Dans la maison règne une atmosphère hostile, la mère et les filles sont à la chasse au mari et Lydie, belle et cultivée, trop éduquée, fait se détourner des soeurs Van Zee, moins bien loties physiquement et intellectuellement, tout mari potentiel. Jusqu'au jour où une lettre annonce la venue d'un lointain cousin, jeune papa, veuf et riche. Lydie, dans une longue lettre à sa mère restée à Paris, croque avec férocité l'esprit de province qui règne dans la capitale, les promenades hebdomadaires au Parc de Bruxelles, les gens qui y déambulent, l'architecture et les moeurs de l'époque.



    À travers ce roman réaliste (1875), elle porte surtout des revendications féministes, comme le droit à l'éducation, issues du courant laïque et progressiste de la fin du XIXe siècle. Elle dénonce aussi les préjugés sociaux et l'esprit obtus de la petite bourgeoisie. La présence de ce point de vue radical n'entrave en rien le récit, qui demeure un roman léger et un beau divertissement.

  •  Quand il fait paraître "Zonzon Pépette, fille de Londres" en 1923, le belge André Baillon, entre deux tentatives de suicide, entre à l'hôpital psychiatrique de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. Il a déjà plusieurs vies derrière lui, flambeur de casino, paysan en sabots, secrétaire de rédaction d'un journal médical.... Est-ce tout cela qui donne à la légèreté de Zonzon Pépette cet arrière-goût d'une danse sur un abîme ?
    Notre littérature populaire est un continent fait de ces vies qui se brûlent tout entières à l'écriture, mais ne viennent pas rejoindre les livres qu'on dit nobles. Méfions-nous : souvent, c'est seulement parce que ceux qui parlent des livres, et décrètent qu'ils sont littérature, ne connaissent pas grand-chose au monde qui soudain ici jaillit.  Ce qui compte, c'est ce sel d'aventure, cette dérive aux visages, c'est l'ombre de la ville.  Le contraste ici de la grande verve de Zonzon Pépette, voleuse dès la première ligne ("Salaud, je t'emmerde.") et du sombre et grand Londres. Les copains de Zonzon Pépette sont Ernez-Les-Beaux-Yeux, Fernand-le-Lutteur, Valère-le-Juste ("Depuis quinze jours, ils s'étaient flanqué pas mal de gifles et de caresses: ils s'aimaient beaucoup.") Quand on s'engouffre dans ce roman de langue, où c'est la verve qui fait l'histoire, appelle les visages et les couleurs, dans cette obscénité joyeuse d'un personnage qui casse les règles bourgeoises, on le sait bien, qu'il n'y a pas d'un côté la littérature populaire et de l'autre côté le monde noble des lettres : on respire trop, à chaque ligne, ce que les autres lui ont pris, de Simenon à Céline.  "Et puis, il lui parut bien que ce salaud lui faisait de l'oeil avec la cuisse" : franchement, vous l'auriez écrite, cette phrase ?
    Vous pouvez faire confiance. Et nous, le travail : discrètement construire l'epub (création graphique Roxane Lecomte, Digital Hat) pour que l'expérience de lecture soit à la fois la qualité due à nos exigences d'aujourd'hui, et ce petit air 1923, dans la façon d'attraper le livre... et de vous le passer pour ce soir !
    FB

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