PUG

  • La montagne a bien des façons de nous aider. L'une est de nous rappeler la force de l'entraide.
    "En ce début de printemps 2020, que la montagne est belle ! Comment peut-on s'imaginer, en voyant un vol d'oiseaux ivres de solitude nouvelle, que ses hautes pentes ont été désertées par les hommes ? Depuis le début de l'épidémie virale et du confinement sanitaire, le 16 mars dernier, ..."

  • La montagne a bien des façons de nous aider. L'une est de nous rappeler la force de l'entraide.
    "En ce début de printemps 2020, que la montagne est belle ! Comment peut-on s'imaginer, en voyant un vol d'oiseaux ivres de solitude nouvelle, que ses hautes pentes ont été désertées par les hommes ? Depuis le début de l'épidémie virale et du confinement sanitaire, le 16 mars dernier, ..."

  • Comment l'effroi face à la mort et les angoisses face à l'impuissance publique deviennent-ils politique ? Quelle place les gouvernements accordent-ils aux personnes fragiles et aux reclus ?
    Aussitôt que l'on ouvre un écran, tend l'oreille, lit un carnet de confinement ou que l'on échange quelques mots à l'improviste (et à distance) sur le palier avec un voisin, on est saisi par cette évidence : le traitement médiatique de la crise du Covid-19 et son expression dans les réseaux sociaux donnent lieu à des manifestations émotionnelles d'une densité, d'une intensité et d'une portée qui sortent du commun. Je propose ici de m'inspirer de travaux en cours sur les émotions politiques, et notamment la place des larmes dans l'engagement politique, pour éclairer deux épreuves émotionnelles propres à la crise du Covid-19 : l'effroi face à la maladie et à la mort d'une part, les angoisses de la population face à l'impuissance des autorités publiques d'autre part. "

  • Comment l'effroi face à la mort et les angoisses face à l'impuissance publique deviennent-ils politique ? Quelle place les gouvernements accordent-ils aux personnes fragiles et aux reclus ?
    Aussitôt que l'on ouvre un écran, tend l'oreille, lit un carnet de confinement ou que l'on échange quelques mots à l'improviste (et à distance) sur le palier avec un voisin, on est saisi par cette évidence : le traitement médiatique de la crise du Covid-19 et son expression dans les réseaux sociaux donnent lieu à des manifestations émotionnelles d'une densité, d'une intensité et d'une portée qui sortent du commun. Je propose ici de m'inspirer de travaux en cours sur les émotions politiques, et notamment la place des larmes dans l'engagement politique, pour éclairer deux épreuves émotionnelles propres à la crise du Covid-19 : l'effroi face à la maladie et à la mort d'une part, les angoisses de la population face à l'impuissance des autorités publiques d'autre part. "

  • Les questions de santé publique sont complexes et multiparamétrées : elles contiennent de la science budgétaire, de l'infectiologie, des statistiques bayésiennes, de la protection sociale, de la lecture de protocoles expérimentaux, de la politique, de la philosophie morale...

    " Pour chacun de nous, la crise Covid-19 aura modifié le quotidien à l'échelle individuelle. Une question se pose sur les transformations qu'elle aura à l'échelle collective. Pour certains, elle est associée à une baisse ou un arrêt de leurs activités professionnelles. Pour les gens comme nous qui enseignons la méthodologie, l'esprit critique et l'autodéfense intellectuelle, cela aura été un véritable festival, exigeant d'être sur le pont 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Nous avons été sollicités tous azimuts, aussi bien sur la pénurie de masques que sur le rôle des gousses d'ail contre le virus, sur l'homéopathie en prévention autant que sur la qualité des travaux de Didier Raoult. "

  • Les questions de santé publique sont complexes et multiparamétrées : elles contiennent de la science budgétaire, de l'infectiologie, des statistiques bayésiennes, de la protection sociale, de la lecture de protocoles expérimentaux, de la politique, de la philosophie morale...

    " Pour chacun de nous, la crise Covid-19 aura modifié le quotidien à l'échelle individuelle. Une question se pose sur les transformations qu'elle aura à l'échelle collective. Pour certains, elle est associée à une baisse ou un arrêt de leurs activités professionnelles. Pour les gens comme nous qui enseignons la méthodologie, l'esprit critique et l'autodéfense intellectuelle, cela aura été un véritable festival, exigeant d'être sur le pont 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Nous avons été sollicités tous azimuts, aussi bien sur la pénurie de masques que sur le rôle des gousses d'ail contre le virus, sur l'homéopathie en prévention autant que sur la qualité des travaux de Didier Raoult. "

  • Cette crise n'est pas venue d'un pays lointain, ni du jour au lendemain. La mauvaise graine a été semée en France dans les années 2005, à l'hôpital.

    "Au début c'était une petite pousse de rien du tout, une herbe, sans danger apparent. Ceux qui l'avaient mise en terre, promettaient une belle plante, fleurie, portant du fruit, à l'odeur enivrante. Mais qui l'avait plantée ? Arrosée, fertilisée ? À l'époque, les soignants ne se sont pas méfiés, ils ont fait confiance."

  • Cette crise n'est pas venue d'un pays lointain, ni du jour au lendemain. La mauvaise graine a été semée en France dans les années 2005, à l'hôpital.

    "Au début c'était une petite pousse de rien du tout, une herbe, sans danger apparent. Ceux qui l'avaient mise en terre, promettaient une belle plante, fleurie, portant du fruit, à l'odeur enivrante. Mais qui l'avait plantée ? Arrosée, fertilisée ? À l'époque, les soignants ne se sont pas méfiés, ils ont fait confiance."

  • Le confinement imposé par le gouvernement pour freiner la propagation du virus fait-il de nos maisons et appartements une institution totale ?

    " Le confinement imposé par le gouvernement pour freiner la propagation du coronavirus fait-il de nos maisons et appartements une institution totale ? C'est à partir de cette question que nous mènerons une courte réflexion sociologique. L'idée est de comprendre comment les institutions adaptent leur travail de socialisation et de contrôle des corps et des esprits au coeur même de nos foyers. "

  • Le confinement imposé par le gouvernement pour freiner la propagation du virus fait-il de nos maisons et appartements une institution totale ?

    " Le confinement imposé par le gouvernement pour freiner la propagation du coronavirus fait-il de nos maisons et appartements une institution totale ? C'est à partir de cette question que nous mènerons une courte réflexion sociologique. L'idée est de comprendre comment les institutions adaptent leur travail de socialisation et de contrôle des corps et des esprits au coeur même de nos foyers. "

  • Imaginer une compensation de l'effondrement de l'économie du livre physique par les ventes numériques est, pour longtemps encore, une vue de l'esprit.

    "On reste d'abord un peu songeur au vu de la ruée suscitée par La Peste de Camus, quasiment au même titre que les produits alimentaires de base, le sucre, les pâtes ou la farine. Voilà un titre qui, ne vivant pour ainsi dire plus que sous prescription scolaire, retrouve sa prime jeunesse en automédication, censé sinon protéger du mal, du moins aider à le comprendre. L'essentiel est d'y croire et l'on pourra alors prédire de belles ventes à La Bête humaine quand viendra la prochaine grève SNCF. Mais plus fondamentalement, fermeture des librairies et des bibliothèques oblige, c'est à un renversement des forces que l'on assiste."

  • Imaginer une compensation de l'effondrement de l'économie du livre physique par les ventes numériques est, pour longtemps encore, une vue de l'esprit.

    "On reste d'abord un peu songeur au vu de la ruée suscitée par La Peste de Camus, quasiment au même titre que les produits alimentaires de base, le sucre, les pâtes ou la farine. Voilà un titre qui, ne vivant pour ainsi dire plus que sous prescription scolaire, retrouve sa prime jeunesse en automédication, censé sinon protéger du mal, du moins aider à le comprendre. L'essentiel est d'y croire et l'on pourra alors prédire de belles ventes à La Bête humaine quand viendra la prochaine grève SNCF. Mais plus fondamentalement, fermeture des librairies et des bibliothèques oblige, c'est à un renversement des forces que l'on assiste."

  • La vie culturelle que promeuvent les politiques du même nom est à mille lieux de la retraite (spirituelle) forcée à laquelle nous sommes confinés.

    " Ce que nous appelons la crise sanitaire, qui aura frappé d'effroi la plupart des sociétés mondiales, ne peut manquer d'interroger les spécialistes de politiques culturelles que nous sommes. En tant que secteur dépendant par excellence des interactions sociales, le « culturel » est évidemment touché au premier chef par les mesures dites de « distanciation sociale ».

  • La vie culturelle que promeuvent les politiques du même nom est à mille lieux de la retraite (spirituelle) forcée à laquelle nous sommes confinés.

    " Ce que nous appelons la crise sanitaire, qui aura frappé d'effroi la plupart des sociétés mondiales, ne peut manquer d'interroger les spécialistes de politiques culturelles que nous sommes. En tant que secteur dépendant par excellence des interactions sociales, le « culturel » est évidemment touché au premier chef par les mesures dites de « distanciation sociale ».

  • La crise est aussi une remise en cause existentielle, une interrogation sur le futur, notamment dans nos rapports à l'environnement, à l'anthropocène.

    Il y a longtemps déjà que le géographe n'est plus le savant du Petit Prince de Saint-Exupéry, celui qui écrit « des choses éternelles ». Les temps ont changé et nous avons dû évoluer, pour tenter, avec d'autres, d'observer et d'analyser des mondes en mutation. La crise du Coronavirus et le confinement imposé ne font qu'accélérer ce processus, bousculant nos rapports à l'espace, au temps, à la mobilité et transformant nos modes de recherche. Sans oublier l'espace, c'est une autre clé de lecture de la crise que je propose ici : celle des temps et des rythmes.

  • La crise est aussi une remise en cause existentielle, une interrogation sur le futur, notamment dans nos rapports à l'environnement, à l'anthropocène.

    Il y a longtemps déjà que le géographe n'est plus le savant du Petit Prince de Saint-Exupéry, celui qui écrit « des choses éternelles ». Les temps ont changé et nous avons dû évoluer, pour tenter, avec d'autres, d'observer et d'analyser des mondes en mutation. La crise du Coronavirus et le confinement imposé ne font qu'accélérer ce processus, bousculant nos rapports à l'espace, au temps, à la mobilité et transformant nos modes de recherche. Sans oublier l'espace, c'est une autre clé de lecture de la crise que je propose ici : celle des temps et des rythmes.

  • La pandémie met à l'épreuve nos territoires et active de nouveaux ressorts de résilience.

    Cet article ne dit pas le futur et ne vise pas à dessiner le monde d'après. Il ne se lit pas non plus au passé, à vouloir dresser la liste de ce qui ne devrait plus jamais être comme avant. Il est écrit au présent et s'essaie à discerner ce que le Covid-19 nous dit de nos territoires, de nos actions collectives, de la résilience et de quelques perspectives de l'urbanisme.

  • La pandémie met à l'épreuve nos territoires et active de nouveaux ressorts de résilience.

    Cet article ne dit pas le futur et ne vise pas à dessiner le monde d'après. Il ne se lit pas non plus au passé, à vouloir dresser la liste de ce qui ne devrait plus jamais être comme avant. Il est écrit au présent et s'essaie à discerner ce que le Covid-19 nous dit de nos territoires, de nos actions collectives, de la résilience et de quelques perspectives de l'urbanisme.

  • « Bien que le mal contagieux soit encore assez esloigné de cette ville, s'il arrivoit néantmoins, qu'à Dieu ne plaise, qu'elle en fut affligée, il serait de toute nécessité d'avoir pris certaines précautions qu'il ne seroit plus temps de prendre alors. »

    Ainsi s'interrogent en septembre 1720 les magistrats municipaux de la ville de Crest, alors que depuis déjà quatre mois la peste ravage Marseille et la Provence . Depuis le 25 mai 1720 que le Grand Saint-Antoine est arrivé à Marseille, la peste qu'il a ramenée avec lui de Tripoli en Syrie s'est déjà considérablement étendue dans la ville et en Provence. La quarantaine imposée un temps au bateau, à une lieue du port, est restée vaine.

  • « Bien que le mal contagieux soit encore assez esloigné de cette ville, s'il arrivoit néantmoins, qu'à Dieu ne plaise, qu'elle en fut affligée, il serait de toute nécessité d'avoir pris certaines précautions qu'il ne seroit plus temps de prendre alors. »

    Ainsi s'interrogent en septembre 1720 les magistrats municipaux de la ville de Crest, alors que depuis déjà quatre mois la peste ravage Marseille et la Provence . Depuis le 25 mai 1720 que le Grand Saint-Antoine est arrivé à Marseille, la peste qu'il a ramenée avec lui de Tripoli en Syrie s'est déjà considérablement étendue dans la ville et en Provence. La quarantaine imposée un temps au bateau, à une lieue du port, est restée vaine.

  • L'évènement Covid-19 est planétaire, mais le sens qu'on lui donne est-il pour autant partagé ?

    « Les grands chocs sociaux comme les guerres et les épidémies ont aussi pour effet de renforcer la cohésion sociale, le sentiment d'appartenance collective, ce que le sociologue français Émile Durkheim appelait l'intégration sociale » nous rappellent Gilbert Cette et Olivier Galland. Et pour Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, « la crise nous aura à la fois éloignés physiquement et rapprochés socialement ». On aimerait pouvoir abonder en leur sens. Mais il y a un sérieux doute, ou du moins quelques préalables.

  • L'évènement Covid-19 est planétaire, mais le sens qu'on lui donne est-il pour autant partagé ?

    « Les grands chocs sociaux comme les guerres et les épidémies ont aussi pour effet de renforcer la cohésion sociale, le sentiment d'appartenance collective, ce que le sociologue français Émile Durkheim appelait l'intégration sociale » nous rappellent Gilbert Cette et Olivier Galland. Et pour Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, « la crise nous aura à la fois éloignés physiquement et rapprochés socialement ». On aimerait pouvoir abonder en leur sens. Mais il y a un sérieux doute, ou du moins quelques préalables.

  • Les conséquences possibles de cette crise sont considérables et aucune frontière ne permet de s'en protéger.

    Un rapport de l'ONG OXFAM (9 avril 2020) évalue à 500 millions le nombre de personnes que la crise pourrait « précipiter dans la pauvreté » avec les mouvements de population et les montées de violence qui peuvent en résulter. Or, au même moment, je relisais des épreuves d'un ouvrage collectif sur la production au Maroc réalisé par une équipe d'économistes marocains et français. Ceci m'incitait évidemment à poser la question : « Qu'en est-il de la pandémie au Maroc ? ».

  • Les conséquences possibles de cette crise sont considérables et aucune frontière ne permet de s'en protéger.

    Un rapport de l'ONG OXFAM (9 avril 2020) évalue à 500 millions le nombre de personnes que la crise pourrait « précipiter dans la pauvreté » avec les mouvements de population et les montées de violence qui peuvent en résulter. Or, au même moment, je relisais des épreuves d'un ouvrage collectif sur la production au Maroc réalisé par une équipe d'économistes marocains et français. Ceci m'incitait évidemment à poser la question : « Qu'en est-il de la pandémie au Maroc ? ».

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