PUG

  • La pandémie pourrait aussi, qui sait, redonner une chance à une approche plus libérale des relations internationales misant, cette fois, sur la coopération.

    Depuis la fin de la seconde guerre mondiale et, plus encore, de la guerre froide, les États se sont lancés dans une institutionnalisation croissante de la scène internationale. Cela a donné lieu à une multiplication des institutions collectives et des forums de discussion et de coopération internationaux pour échanger sur toutes sortes de problématiques transnationales.
    Or la pandémie actuelle due au virus Covid-19 est venue bouleverser à plus d'un titre cet édifice multilatéral, alors même que le multilatéralisme connaît une crise bien antérieure à la pandémie. Le Covid-19 aura-t-il raison de l'ordre mondial issu du XXe siècle et de ses guerres traumatiques ?

  • La pandémie est révélatrice des fragilités, des retards, des absences, des manques ou des excès souvent décriés dans les manières de gouverner en Afrique centrale.

    La pandémie offre une possibilité, en temps exceptionnel, de prendre le pouls d'une région surpolitisée. Pour y arriver, il faut sans doute distordre les grilles habituelles appliquées à cette région pour s'ouvrir aux possibilités que peut receler une analyse souple, saisissant l'information par petites saignées. Ainsi, se dévoile à nous une région que la pandémie semble mettre face à ses vérités autant qu'à ses démons et où, pourtant, un entre-deux autre se dessine.

  • On connaissait la catégorie du chercheur confirmé, nous voilà invités à faire avec celle de chercheur confiné.

    Bien curieuse situation que la nôtre en effet, privés que nous sommes de l'accès au terrain, et condamnés à un face-à-face avec des écrans qui, malgré leur capacité à se démultiplier à l'infini, s'apparentent chaque jour un peu plus aux murs ou aux barreaux d'une cellule pénitentiaire.
    Et voilà le confinement qui tourne à l'épreuve de vérité. Nous rêvions à voix haute d'une semaine de tranquillité pour enfin écrire ce papier fondamental que nous portons en nous depuis si longtemps ? Le virus nous offre un mois, deux peut-être... Les laboratoires tournent au ralenti. Les universités de même. Les agendas s'allègent au point de provoquer le vertige. Tous les jours vont-ils se ressembler, comme les grandes vacances des enfants ? Écrire, donc. Mais écrire quoi ? Pas si simple... Pour ceux qui ont la chance de travailler en autonomie, la question qui se pose immédiatement est la suivante : faut-il écrire comme si de rien n'était ? Comme si la société, une fois la parenthèse sanitaire refermée, allait se remettre à fonctionner comme avant ?

  • La notion de résilience pour qualifier la capacité d'une ville à affronter un choc, y compris économique, n'est pas nouvelle, mais elle revêt, en pleine crise du coronavirus, une dimension toute particulière.

    Les villes, en tant que systèmes urbains, ont toujours été au coeur des bouleversements que les sociétés ont connus. Pour autant, les fondements du paradigme économique qui gouverne les villes sont restés les mêmes. L'essor des capacités productives exportatrices et l'accroissement des valeurs ajoutées guident encore l'action locale en matière d'économie.
    Corollaire d'un monde globalisé qui atteint ses limites, la crise sanitaire ébranle ces fondamentaux et en demande une révision profonde. Ainsi, au coeur de la crise, les ambitions de relocalisation industrielle, de souveraineté économique, d'autonomie alimentaire semblent avoir remplacé (au moins temporairement) celles liées à la croissance et à la compétitivité.

  • Inédite, évidemment, anxiogène, sans aucun doute, partagée, assurément (par son aspect planétaire et la permanence de son suivi), la pandémie qui nous confine affecte nos comportements, au point parfois de nous faire perdre ce que la littérature scientifique nomme le « sentiment de contrôle » - cette capacité à contrôler l'exécution de nos actions liée au sentiment que nous avons de posséder un minimum d'emprise sur nos environnements physiques et sociaux - et celui de disposer d'une certaine liberté de se comporter face à des exigences attachées à des situations imprévues.

  • Le confinement a au moins une vertu, celle de nous amener à nouveau à nous interroger sur les crises économiques.

    Les économistes sont à nouveau au pied du mur. Déjà en 2008, la crise financière globale les avait amenés à s'interroger sur la répétition des crises économiques dans l'histoire : « Pourquoi les crises reviennent-elles à intervalles réguliers, ruinant tous les succès des années de prospérité, un peu comme la grippe saisonnière ou plutôt comme la peste ou le choléra ? » s'interrogeait Paul Krugman, professeur d'économie au MIT et lauréat d'un prix Nobel.
    Si cette question résonne intimement avec l'actualité, elle paraît quelque peu dépassée. D'abord parce qu'avec la crise liée au Covid-19, c'est la double peine : on a à la fois crise économique et pandémie majeure, la peste et le choléra ! Ensuite parce que les leçons de la crise économique de 2008 n'ont malheureusement pas été tirées.

  • La contagion implique des comportements humains propres aux périodes liminales (de limen, seuil), tels que la peur, le repli, ou au contraire le courage et le dévouement, qui traversent les siècles.

    Qui aurait pu croire que notre monde arrêterait sa course effrénée aussi brutalement et de manière aussi universelle que ce que ce « Grand Confinement » nous impose aujourd'hui ? Nous renouons curieusement avec les expériences littéraires de Camus et de Giono...

  • Enfermés, nous avons tous tendance à tourner en rond. Mais à peine cette phrase posée, un rappel étymologique me saute au visage : le mot même de recherche dérive de l'italien ricercare, qui veut précisément dire « tourner en rond ».

    La première évidence est que, enfermés, nous avons tous tendance à tourner en rond. Mais à peine cette phrase posée, un rappel étymologique me saute au visage : le mot même de recherche dérive de l'italien ricercare, qui veut précisément dire « tourner en rond ». Le langage de la composition musicale s'en souvient, où le ricercare, ou ricercar, désigne une pièce du genre fugue, fondée sur le retour du thème, ou du refrain. Par exemple L'Offrande musicale de Jean-Sébastien Bach, qui fit même de ce mot un acrostiche en rédigeant sa dédicace.

  • J' entre par effraction dans ce recueil de témoignages de chercheurs durant le confinement puisque je suis plongé quotidiennement dans une autre forme de recherche moins bordée socialement, celle de l'artiste, qui nécessite de cultiver l'incertitude et la solitude. Par temps calme, il est assez difficile de transmettre combien ces expériences sont des ressources précieuses mais comme nous sommes entrés en zone de turbulence, il devient peut-être plus commode aujourd'hui d'en partager l'inépuisable.

  • Un virus microscopique nous a mis à l'arrêt et à l'épreuve. À nous, urbanistes du Maroc et d'ailleurs, d'en faire notre miel.

    Le champ sémantique de la résilience s'est désormais étendu à l'urbanisme et pourrait toucher aujourd'hui la ville arabo-musulmane. Peut-on parler d'une médina résiliente ? Longtemps négligé, ce patrimoine urbain pourrait devenir un symbole de résilience face aux crises qui secouent un monde en mutation rapide. Le terrible épisode du coronavirus nous a offert un terrain d'observation toujours en cours et l'occasion d'un temps d'arrêt et de réflexion sur la fabrique de la ville.
    Vu de loin, on pourrait s'inquiéter pour la population de la médina en contact avec des milliers de touristes et de pèlerins venus du monde entier, dans un lacis de ruelles très étroites et d'échoppes serrées les unes des autres, où l'on imagine la distanciation physique bien difficile à respecter. Lors du confinement, nous nous sommes pourtant rendu compte que la médina de Fès, au nord-ouest du Maroc, ville à échelle humaine, paraissait s'être mieux adaptée que la ville nouvelle ou les quartiers périphériques.

  • Placés contre leur gré en situation d'isolement pendant de longues semaines, des milliers d'hommes et de femmes ont pris la plume sur Internet, dans la presse et dans différents cercles sociaux pour exprimer leurs états d'âme. Ces pensées confinées offrent aux politistes un matériau précieux sur le processus mal connu d'intimisation de la politique.

    Les informations sur le Covid-19 sont entrées dans les foyers chargées de la peur de la mort. Ce saisissement initial s'est propagé beaucoup plus vite que le virus lui-même, marquant fortement les opinions. On en trouve des traductions politiques directes dans les médias et sur les réseaux sociaux, avec les nombreuses controverses relatives au péril climatique, au capitalisme mortifère, à l'irresponsabilité des élites ou encore à l'impuissance publique.

    Mais avec le confinement généralisé, la vague émotionnelle a aussi pris une tournure politique inattendue.

  • Autrefois, il arrivait que des marins soient embarqués de force pour compléter les équipages. On disait qu'ils étaient « shanghaïés ». À sa manière, le satané coronavirus qui s'est répandu à travers le monde d'une façon soudaine et irrémédiable à la fin de l'année 2019 nous a tous shanghaïés.

    Nous nous sommes brusquement réveillés à bord de notre propre bateau, esseulés dans une vaste flottille à la dérive, ignorants de notre destination et de la durée du voyage. Nous pouvions nous apercevoir de loin, nous entendre, mais sans nous approcher, ni quitter notre bord.
    Et pour chacun, la vie durant ces mois de mars, avril et mai 2020 s'est mise à ressembler à la lente traversée à la voile d'un grand océan. Tout y était : l'incertitude, la découverte d'un nouveau mode de vie, la vie au jour le jour, l'adaptation à un rythme différent, et même l'inquiétude quant à la gestion des vivres dans la cambuse ! Les manoeuvres sur le pont étant réduites ou régulées par nos armateurs restés à terre, il a fallu apprendre à s'occuper. Occuper son corps, occuper son esprit, occuper son temps.

  • Est devenu, en mars, le symbole de nos efforts pour protéger ceux en première ligne - puis le compagnon de nos sorties : le masque s'est imposé comme un dispositif essentiel du déconfinement.

    Cette place n'allait pourtant pas de soi. En 2008, j'avais étudié la préparation des entreprises françaises face au risque d'une pandémie grippale. Beaucoup questionnaient les achats massifs de masques. Loin de l'image d'arme absolue qui s'est construite dans nos esprits, cette solution n'avait alors rien d'évident. Comment a-t-elle pu s'imposer ?

  • Il ne fait pas de doute qu'au sortir de la crise, les choix politiques des gouvernements, tant au niveau de la coopération internationale que de l'importance accordée aux impératifs de transition écologique, structureront l'état du monde de demain.

    Il est impossible de dire aujourd'hui quel sera le futur de l'économie mondiale. D'abord parce que la crise sanitaire n'est pas terminée et que, si la situation s'améliore, on ne peut éliminer l'hypothèse selon laquelle il faudrait vivre, en l'attente d'un vaccin, une série de répliques et de vagues de diffusion de la maladie (chacune entraînant de nouveaux épisodes de confinement et de ralentissement de l'activité). Ensuite, parce que le futur sera d'abord ce qu'en feront les gouvernements et les citoyens, dans un contexte d'incertitudes radicales et de grandes difficultés économiques et sociales

  • La crise sanitaire provoquée par le Covid-19 a fait sortir bon nombre de « premières lignes » dans l'espace public : éboueurs, caissières, agent·es d'entretiens, routiers, personnels soignants, surveillant·es pénitentiaires... mais aussi professionnels du secteur funéraire.
    En effet, l'entrée en scène du virus a entravé et transformé les conditions de traitement des défunts et la prise en charge des familles. Partout les opérateurs funéraires se sont préparés à la survenue d'un pic de mortalité et ont inventé en situation des protocoles techniques pour gérer le risque lié à la menace de contamination.

    Mais le coronavirus n'a pas seulement révélé les contraintes quotidiennes d'un métier opérant en coulisse. En contrepoint, certaines évolutions initialement inscrites dans la lente temporalité de la sociologie du funéraire s'accélèrent, comme la dématérialisation de la relation de service, la personnalisation de l'hommage, ou encore la hausse de la crémation.

  • La crise du Covid-19 touche un tel enchevêtrement d'enjeux scientifiques, économiques et sociaux que les seuls savoirs scientifiques et techniques ne sauraient en venir à bout. Les gouvernants doivent faire face à une intense complexité, à une grande incertitude, à l'instabilité des phénomènes.
    Face au risque sanitaire généré en cette fin d'hiver 2020 par l'irruption du virus Covid-19, l'action publique s'exerce au sein de configurations marquées par la complexité et l'incertitude. Dans ce contexte, la mobilisation des savoirs et leur articulation à la décision politique sont cruciales. Au cours des dernières décennies, cette question des savoirs a suscité des recherches en sciences sociales, principalement autour de l'expertise et du possible avènement d'une « démocratie technique ». À partir de ces travaux, des préconisations et bonnes pratiques ont été élaborées. De nombreux secteurs de l'action publique, aux différentes échelles territoriales, s'en sont progressivement emparés (environnement, nouvelles technologies, etc.).

  • Au-delà de la simple innovation technologique, les plateformes de dons et autres cagnottes contribuent à une transformation plus profonde de la société et interrogent les principes du don, de la solidarité et de la redistribution.
    La crise sanitaire actuelle révèle et accélère des transformations en cours dans notre société. Dans ce contexte, les cagnottes et autres initiatives financières alternatives se multiplient et mobilisent une foule d'individus pour tenter de répondre aux problématiques économiques et sociales qui commencent à se poser.
    Elles proviennent de particuliers ou d'entreprises, pour soutenir une association ou une activité marchande. Elles se déclinent par territoire (Gard, Quimper, Amiens, etc.), elles s'articulent autour d'activités spécifiques (sport, aide alimentaire, personnels soignants CHU Montpellier, etc.) et elles sont initiées par des communautés variées (sportifs, habitants, métiers, réseaux sociaux, etc.).

  • La question du tri des patients au sein des services de réanimation s'est imposée assez vite dans l'actualité du coronavirus en France.

    À partir de mi-mars, plusieurs médias nationaux se sont fait l'écho de cette pratique qui se retrouve dans une multiplicité de contextes médicaux, des plus extrêmes (médecine humanitaire, catastrophes, pandémies) aux plus classiques (greffe d'organes, essais cliniques en cancérologie). Dans l'espace social, le tri est appréhendé comme une impossibilité d'accéder à des soins que, bien souvent, les citoyens envisagent comme relevant d'un droit.

  • L'ampleur que va prendre cette crise en 2020 tient beaucoup à la façon très imparfaite dont nous sommes sortis de la crise financière globale de 2008.
    Partir de l'idée que la crise du coronavirus est un choc exogène nous fait courir le risque de mal en préparer la sortie. Cela est d'autant plus inquiétant que ce choc « insidieux » va entraîner des interventions de l'État à des niveaux dépassant ceux de la crise financière globale de 2008, voire de la crise de 1929 qui auront des conséquences durables.
    Selon l'hypothèse la plus communément admise, l'origine de la crise sanitaire du Covid-19 est liée aux dégâts provoqués par une déforestation et une urbanisation croissante, multipliant les contacts entre souches de virus et milieux humains. La mobilité accrue des personnes et des biens dans le contexte actuel de mondialisation facilite la diffusion de la contamination avec une rapidité qui rend illusoire toute tentative d'isolement

  • 2020. Le temps s'est accéléré, mon environnement a changé. Sans savoir ce qui va se passer demain, il faut continuer à lâcher prise pour pouvoir anticiper.
    Vendredi 13 mars 2020 : « Jusqu'à nouvel ordre, l'école est fermée. Prenez vos ordinateurs et rentrez chez vous, le télétravail, lorsqu'il est possible, est généralisé ! » Le mot d'ordre étant donné, s'ensuit une incertitude profonde. Que va-t-il se passer ? Suis-je contaminée, l'ai-je été ? Qui, dans mon environnement direct a été, est ou sera touché ? Pourrais-je l'accompagner dignement si un membre de ma famille, un collègue succombe ? Est-ce que je vais perdre mon emploi ? Est-ce que je dois tout de même y aller ? Va-t-il falloir que je me reconvertisse ? Ai-je les moyens de le faire ? Tout ce que j'avais planifié tombe à l'eau. Je ne peux plus sortir, les lieux de rencontres sont fermés, l'espace public n'est plus autorisé et je reste entre quatre murs.

  • La science de la catastrophe ne fait pas la politique de la catastrophe, pas plus que la prévision ne fait le futur.
    Le XXe siècle a inventé la prospective, le XXIe l'enterrera-t-il ? Deux constats expliquent cette interrogation : le poids croissant de la science dans l'acte politique (autrement dit le primat de la prévision sur la prospective) et la fonction majeure prise par la catastrophe (crise globale, collapsus, effondrement) dans l'imaginaire du futur. Deux constats qui ont triomphé avec le Covid-19, événement prévu par les experts, qui aura pourtant surpris et bouleversé l'immense majorité des pays et des sociétés.

  • La crise du Covid-19 rappelle que l'européanisation des relations sociales dépasse de loin les échanges marchands.

    Pour les spécialistes de la comparaison des systèmes d'action publique dans le domaine sanitaire et social en Europe que nous sommes, la dimension transnationale et européenne des phénomènes est devenue une évidence. Les informations ancrées dans le cadre national qui nous parviennent à l'occasion de la crise du Covid-19 ont modifié nos points de repère. Pourtant, dans un monde si densément interconnecté et tout spécialement dans l'Union européenne (UE), la gestion des conséquences de la pandémie requiert des coordinations entre États qui sont précisément appuyées sur des connaissances produites à l'échelon international et européen.

  • Pour la première fois de l'histoire contemporaine, des centaines de milliers de personnes souffrantes, assurées sociales, se sont vues refuser une rencontre avec un médecin, l'écoute et les soins auxquels ils avaient droit.

    En termes de mortalité, l'épidémie du Covid-19 ne constitue pas un record (elle est le 9e épisode important de surmortalité en France depuis 1945). Le bilan est néanmoins lourd comparé à d'autres pays. Selon le mode de calcul, la France se classe au 4e ou au 6e rang des principaux pays occidentaux en termes de mortalité. Seuls la Belgique et le Royaume-Uni font moins bien. Manifestement, le système de santé a été mis en difficulté. Des dysfonctionnements sont intervenus.

    Comment expliquer un tel niveau de mortalité ? Pour répondre à cette question, il est d'abord nécessaire de comprendre comment il est fait face habituellement à ce type d'épidémies depuis plus d'un siècle. Cette lutte suit quelques principes simples : protéger les plus faibles, dépister les malades, les mettre à l'écart et les soigner.

  • Le cruel Covid sape nos valeurs et nos principes. Il déclenche la collision violente de nos valeurs humanistes avec les principes économiques et la réalité de la société industrialisée.

    Pour analyser et comprendre les cultures du monde et les relations qu'elles suscitent entre les personnes et leurs manières de travailler, il faut pouvoir aller au-delà de ce qu'on voit, déchirer les voiles qui déforment la perception ou racler une couche opaque et occultante. Dans cette perspective, le perfide Covid est un puissant révélateur, une sorte de test acide sur les événements, l'environnement et nous-mêmes. Par test acide, entendons une abrasion brutale et douloureuse qui décape le vernis de la convenance, dissout les nuances complaisantes et éclaire crûment tout ce que l'on ne peut pas ou ce que l'on ne veut pas voir. Nous n'écoutions que distraitement les cassandres du réchauffement climatique, de l'épuisement de la planète, dénonçant le tsunami des déchets plastiques et poisons. Est-ce une coïncidence si le Covid vient d'une des zones les plus polluées au monde ? Effet boomerang du massacre de la nature et de la surpopulation ?

empty