Payot & Rivages (réédition numérique FeniXX)

  • Le « Parti de Maurice Thorez », c'était là où on était communiste parce que Français, ou Français parce que communiste, riche en tout cas d'une identité double, en un temps où chacun perdait la sienne. On y avait une force tranquille et on y aspirait anachroniquement au bonheur. L'approche ethnographique permet d'éclairer le sens du phénomène charismatique qui instaure un rapport symbolique privilégié entre Thorez/le PCF, le PCF/la France, la France/l'humanité, d'où découle un « graphe charismatique » distinct du « graphe politique » qui relie le PCF aux instances du communisme international et à l'Union soviétique. Étude, au travers du langage et du discours thorézien, d'une pensée communiste-française qui est, plus que celle d'un parti, celle d'un peuple. Ce peuple, identifié d'après sa généalogie, se révèle l'héritier des bâtisseurs de cathédrales, prêt à répondre pour la France au défi de la modernité.

  • Sait-on de quoi l'on parle lorsqu'on évoque le pouvoir comme la raison illimitée de nos malheurs ou bien comme l'élément infiniment petit de notre assujettissement ? On ne trouvera ici ni le pouvoir-comédie, c'est-à-dire vu du côté de ceux qui le gagnent ou le perdent au gré du Prince, du Peuple ou des Sondages ; ni le pouvoir-tragédie, c'est-à-dire vu du côté de ceux qui croient en souffrir : grand Pouvoir pour philosophes dépités, conseillers congédiés du tyran marxiste ou conseillers en place du tyran freudien. Ce livre introduit au « Matérialisme politique » - discipline post-marxiste mais non anti-marxiste du pouvoir et des corps politiques. Il reformule dans cette problématique les concepts de la lutte politique (Dissidence, Résistance, Lutte des classes, Masses, Parti, Révolution). Et comme il commence par la question du sens du pouvoir, il termine par celle du pouvoir du sens, soit des techniques qui furent toujours comprises sous le nom d' « interprétation ». Il ébauche les grandes lignes d'une « herméneutique » mineure ou minoritaire, matérialiste à sa manière, et portant sur les modes d'être politiques du sujet.

  • Encore et toujours à découvrir et à redécouvrir, Henri Michaux au texte acéré, nu, grinçant, rieur, plus nécessaire que jamais en notre "époque du flot" où les discours se dévergondent, où la pléthore creuse des objets donne la nausée. Cinq trajets divers parcourent l'oeuvre de Michaux : poésie "énergétique" qui révèle aux faibles leur incroyable puissance, stratégie à l'appui (DADOUN), jeux mystificateurs des idéologies de la lecture et de l'écriture (KUENTZ), lecture légère et dansante d'un Plume aux mésaventures chaplinesques crépitantes d'humour (MATHIEU),"pensée "expérimentale" sollicitant la drogue (MOUCHARD), mouvements subtils d'une écriture qui entrelace sagesse et magie (MOURIER). Toutes ces ruptures obstinées et avides sur les textes de Michaux révèlent au moins sa présence tenace, rigoureuse, éclatante - rocs de mots aux étincelles aptes à crever maints obscurantismes.

  • Un médium supplante l'autre. Ainsi, l'imprimé relaie le manuscrit, la photographie la peinture, la télévision le cinéma. Apparue avec l'écriture, l'Histoire court à sa perte dans un télescopage général des moyens de communication de masse. Toute se passe comme si, de la monnaie d'argent au Centre national d'art et de culture Georges Pompidou, en passant par le billet de banque, le cliché offset, l'automobile, l'avion et le disque, notre époque parait au plus pressé, pressée de se donner toutes les possibilités de couvrir l'événement partout, et partout à la fois. Triomphant avec la télématique, qui triomphe de toutes les « machines à communiquer » par le mariage de l'informatique et de l'audio-visuel, la technologie de l'information représenterait-elle la fatalité de notre temps ? la production des signes, notre destin ? la consommation des simulacres, notre fin ? Hanté par le désir de voir, obsédé par le besoin de tout faire voir, tout de suite, « immédiatement », ce nouveau « siècle des Lumières » ne préluderait-il qu'à une nouvelle période d'obscurantisme ? Entre le hasard et la nécessité, la cécité ferait-elle décidément loi ?

  • Le « Parti de Maurice Thorez », c'était là où on était communiste parce que Français, ou Français parce que communiste, riche en tout cas d'une identité double, en un temps où chacun perdait la sienne. On y avait une force tranquille et on y aspirait anachroniquement au bonheur. L'approche ethnographique permet d'éclairer le sens du phénomène charismatique qui instaure un rapport symbolique privilégié entre Thorez/le PCF, le PCF/la France, la France/l'humanité, d'où découle un « graphe charismatique » distinct du « graphe politique » qui relie le PCF aux instances du communisme international et à l'Union soviétique. Étude, au travers du langage et du discours thorézien, d'une pensée communiste-française qui est, plus que celle d'un parti, celle d'un peuple. Ce peuple, identifié d'après sa généalogie, se révèle l'héritier des bâtisseurs de cathédrales, prêt à répondre pour la France au défi de la modernité.

  • Sait-on de quoi l'on parle lorsqu'on évoque le pouvoir comme la raison illimitée de nos malheurs ou bien comme l'élément infiniment petit de notre assujettissement ? On ne trouvera ici ni le pouvoir-comédie, c'est-à-dire vu du côté de ceux qui le gagnent ou le perdent au gré du Prince, du Peuple ou des Sondages ; ni le pouvoir-tragédie, c'est-à-dire vu du côté de ceux qui croient en souffrir : grand Pouvoir pour philosophes dépités, conseillers congédiés du tyran marxiste ou conseillers en place du tyran freudien. Ce livre introduit au « Matérialisme politique » - discipline post-marxiste mais non anti-marxiste du pouvoir et des corps politiques. Il reformule dans cette problématique les concepts de la lutte politique (Dissidence, Résistance, Lutte des classes, Masses, Parti, Révolution). Et comme il commence par la question du sens du pouvoir, il termine par celle du pouvoir du sens, soit des techniques qui furent toujours comprises sous le nom d' « interprétation ». Il ébauche les grandes lignes d'une « herméneutique » mineure ou minoritaire, matérialiste à sa manière, et portant sur les modes d'être politiques du sujet.

  • Encore et toujours à découvrir et à redécouvrir, Henri Michaux au texte acéré, nu, grinçant, rieur, plus nécessaire que jamais en notre "époque du flot" où les discours se dévergondent, où la pléthore creuse des objets donne la nausée. Cinq trajets divers parcourent l'oeuvre de Michaux : poésie "énergétique" qui révèle aux faibles leur incroyable puissance, stratégie à l'appui (DADOUN), jeux mystificateurs des idéologies de la lecture et de l'écriture (KUENTZ), lecture légère et dansante d'un Plume aux mésaventures chaplinesques crépitantes d'humour (MATHIEU),"pensée "expérimentale" sollicitant la drogue (MOUCHARD), mouvements subtils d'une écriture qui entrelace sagesse et magie (MOURIER). Toutes ces ruptures obstinées et avides sur les textes de Michaux révèlent au moins sa présence tenace, rigoureuse, éclatante - rocs de mots aux étincelles aptes à crever maints obscurantismes.

  • Un médium supplante l'autre. Ainsi, l'imprimé relaie le manuscrit, la photographie la peinture, la télévision le cinéma. Apparue avec l'écriture, l'Histoire court à sa perte dans un télescopage général des moyens de communication de masse. Toute se passe comme si, de la monnaie d'argent au Centre national d'art et de culture Georges Pompidou, en passant par le billet de banque, le cliché offset, l'automobile, l'avion et le disque, notre époque parait au plus pressé, pressée de se donner toutes les possibilités de couvrir l'événement partout, et partout à la fois. Triomphant avec la télématique, qui triomphe de toutes les « machines à communiquer » par le mariage de l'informatique et de l'audio-visuel, la technologie de l'information représenterait-elle la fatalité de notre temps ? la production des signes, notre destin ? la consommation des simulacres, notre fin ? Hanté par le désir de voir, obsédé par le besoin de tout faire voir, tout de suite, « immédiatement », ce nouveau « siècle des Lumières » ne préluderait-il qu'à une nouvelle période d'obscurantisme ? Entre le hasard et la nécessité, la cécité ferait-elle décidément loi ?

  • La pensée-Nietzsche introduit une coupure radicale dans notre savoir et notre pratique de la politique. Nietzsche découvre un continent spécifiquement politique, irréductible à celui de l'histoire. Il substitue à la corrélation de l'histoire et de l'économie, la corrélation des rapports de pouvoir et de la libido, comme force productive principale. Ce nouvel objet définit un nouveau savoir, tout aussi irréductible au matérialisme historique : la duplicité d'une politique fascisante manifeste, et d'une politique révolutionnaire latente, ayant pour objet le continent politique. Nietzsche est ainsi le seul adversaire sérieux de l'impérialisme et du fascisme, parce qu'il se donne les moyens de les combattre sans les falsifier. C'est cette politique révolutionnaire, en tant que limite de destruction de la domination des forces productives comme techniques, à la fois de la métaphysique et du capitalisme, que Heidegger manque dans sa réduction de la politique nietzschéenne à sa surface impérialiste : Nietzsche, penseur de la technique absolue. Par un quiproquo continu, où il tombe dans le piège de la duplicité nietzschéenne, Heidegger confond les possibilités révolutionnaires latentes de la volonté de puissance avec le techno-logos fascisant que Nietzsche dut tenir aussi pour l'abattre. La politique nietzschéenne est le remède à l'impuissance politique marxiste.

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