Philippe Rey

  • Port-au-Prince. Une famille négocie sa survie au jour le jour : il est maître pelle sur un chantier ; elle est repasseuse chez les messieurs célibataires du quartier, n'hésitant pas à se donner à eux car sinon " la chaudière ne monterait pas le feu ". Cinq enfants. Leur fille aînée, Babette, adolescente, est leur seul espoir : elle a son brevet, et sa beauté leur offrira un gendre riche. Sa mère la rêve en Shakira. Un certain M. Erickson se présente un jour, bien plus âgé qu'elle, généreux pour la famille qu'il installe dans une confortable maison. Mais qui est-il réellement, cet homme mystérieux aux trois maîtresses, vivant dans le luxe, entouré de gardes du corps ? Pourquoi métamorphose-t-il Babette en blonde au point que le quartier la nomme dorénavant la Barbie d'Erickson ? Sa mère constate, désolée : " Ma fille n'est plus ma fille ". En " putanisant " Babette, ses parents semblent s'être engagés sur une voie aux multiples périls, dont ils pressentent avec effroi qu'elle est sans retour. Dans Les brasseurs de la ville, épopée à travers les quartiers pauvres de Port-au-Prince, chaque personnage invente ses propres pas pour danser avec sa croix. Evains Wêche signe un talentueux premier roman qui met en lumière la lutte du peuple haïtien contre la déchéance et la mort, un peuple qui brasse la ville entre les bruits et les fureurs où s'entremêlent des histoires de courage, d'amour et de folie. " Servi par une écriture jazzée, ce roman est un trésor d'astuces. C'est passionnant. Un livre essentiel. " Luis Clavis, Radio-Canada

  • 1940-1944 : " saison des prunes " qui vit les Camerounais prendre le parti de la France libre, accueillir De Gaulle et son lieutenant Leclerc, tous deux alors condamnés à mort. Bâti sur l'amitié entre deux hommes - Ruben Um Nyobé, le futur chef indépendantiste, et le poète Louis-Marie Pouka -, ce roman foisonnant commence par la défaite française d'août 1940. Pouka et Um Nyobé rentrent dans leur village, Edéa. Le poète veut y réaliser un de ses vieux rêves : créer un cénacle pour former les futurs poètes camerounais, groupe qui se réunira dans le bar du village, devenu aussi maison de passe... Mais ces retrouvailles sont perturbées par l'arrivée de Leclerc, et le cénacle devient vite le vivier de recrutement de " tirailleurs ", les premiers soldats de la France libre. De nombreux jeunes s'engagent ainsi pour se venger, fuir ou découvrir l'ailleurs. On suit alors l'épopée de ces soldats, sous-équipés par une France libre sans moyens, allant eux aussi à la guerre " en chantant ", mais surtout au massacre ; les balbutiements pittoresques du commandement français (De Gaulle, Leclerc, Massu... bien différents de la légende officielle) ; la vie du village qui continue grâce au courage des femmes qui souffrent et se battent malgré les violences et les viols. Roman symphonique, enlevé, tragique mais aussi plein d'humour, La saison des prunes raconte les luttes, les amours, les rêves, la bravoure de personnages pris dans une guerre qui n'est pas la leur, mais devant laquelle ils ne reculeront pas.

  • " Je n'ai jamais été très douée avec les mots. Ceux qu'il faut prononcer, échanger. Les miens restent bloqués à l'intérieur, encombrés au moment de sortir, disparus. Ils me reviennent quand il n'y a plus personne pour les recevoir. " C'est dans une grande maison isolée au bord d'un fleuve que Clara vient se réfugier après une rupture amoureuse. Là, elle passe ses journées dans l'atelier à sculpter d'aériennes silhouettes, des mobiles qui touchent terre. Au contact de la nature et des gens du village, la jeune artiste va s'ouvrir peu à peu, reprendre pied. Jusqu'à ce qu'une nouvelle perte menace cet équilibre fragile... Dans ce roman délicat, Ariane Schréder dépeint une femme discrète sur le chemin qui la mènera des mots du silence à ceux de la vie.

  • De 1948 à sa mort, en 1981, Malcom de Chazal a donné à la presse de l'île Maurice dinnombrables chroniques dont voici, pour la première fois, une large sélection. Le plus souvent écrites dans la fièvre de l'improvisation, elles portent sur tous les sujets possibles, au gré de l'actualité ou de la réception des journaux d'Europe, qui pendant longtemps arrivaient par bateau. Chazal est souvent sévère avec son île et ses compatriotes. Il fustige leur manque de culture, et surtout le racisme - le " préjugé de couleur " - qui imprègne la société. Il choisit délibérément de militer pour l'indépendance. Candidat aux élections de 1959, il ne sera pas élu, mais garde un souvenir très fort des réunions électorales, de ses prestations d'orateur, de son contact avec le " vrai peuple ". Les connaissances de Chazal sont celles d'un lecteur insatiable : il propose des prospectives originales et souvent pertinentes sur l'évolution de son île et du monde en général. Toutefois le principal à ses yeux, c'est son oeuvre, qu'il commente alors qu'elle est en train de s'écrire, qu'il explicite, qu'il vante auprès des écrivains français de passage dans l'océan Indien. Bon prince, il donne aux lecteurs les préceptes à suivre pour devenir un génie... Chazal se laisse emporter parfois mais on le suit volontiers car il trouve souvent des images fulgurantes, des formules irrésistibles de drôlerie. Dans leur spontanéité tout orale, les articles de Chazal apportent un complément essentiel à son oeuvre, cette extraordinaire construction poétique qui fait d'une île du bout du monde le centre de l'univers et le lieu d'origine de la civilisation.

  • " Maintenant que j'accompagne leur dernière nuit, je me sens travaillé de remords pour mes reproches, mes irritations, mes duretés. Si j'avais su, je me serais efforcé d'adoucir simplement leur fin de vie, je me serais appliqué à en faire ce qu'aurait dû en faire l'imagination d'une affection bien sentie. Si j'avais su... Mais justement, je savais ! Là se concentre la cruauté infligée à celui qui, contre nature, connaît le jour et l'heure. " La veille de l'euthanasie programmée par sa mère et son père, un homme s'installe dans sa chambre d'enfant. Durant la nuit, il écrit pour tenter de comprendre les raisons de ce geste : délivrance pour ceux qui vont partir, mais violence inouïe pour ceux qui demeurent. Que dire à ses parents, comment leur exprimer une affection alors que le temps est compté, que la douloureuse histoire familiale refait surface? Faut-il revenir sur les rapports difficiles des uns et des autres, sur le manque de communication? Dans ce roman sincère et juste, Pierre Béguin raconte une situation limite. Le fil des événements va profondément changer le regard qu'il a porté jusque-là sur sa famille, et sur un passé qui n'a pas dit son dernier mot...

  • En 1697, Fénelon, archevêque de Cambrai et académicien, est au faîte d'une carrière exemplaire à Versailles. Pourtant, un grave différend l'oppose depuis trois ans à Bossuet, devenu son plus redoutable adversaire... et la Cour se passionne pour cette querelle. À l'instant où le roi s'apprête à trancher, Fénelon choisit de gagner son Périgord natal pour y attendre la sentence. Ainsi débute ce roman qui explore les subtilités d'une Cour impitoyable, où s'élevent et se ruinent les destins... Mais c'est surtout un Fénélon attachant, complexe, déchiré, que l'on découvre ici, à mille lieues de la figure convenue qu'en livre la postérité. Comment pourra-t-il subir sa disgrâce ? Quel rapport lie le pouvoir à la morale ? Que sont l'obéissance et la liberté ? Au milieu des troubles magnificiences de Versailles comme dans les solitudes du Périgord, Anne-Sophie Jacouty fait vivre des personnages d'exception alors que s'assombrit déjà le long règne de Louis XIV...

  • Si vous poussez la porte de la librairie de Monsieur H., vous le trouverez, derrière son comptoir, cachant sa frustration sous un sourire affable. Car Monsieur H., grand amateur de littérature, se désespère de ne pouvoir lui-même écrire une oeuvre. Après quarante années de vains efforts, il semble cependant prêt à déposer les armes - son stylo-plume en l'occurrence - et à se consacrer à ses clients. Un jour, une jeune fille, Isis, entre dans la boutique pour demander son chemin, griffonne un plan, et, cédant à la tentation, dérobe le stylo du libraire. L'objet passera alors de main en main, pour nous entraîner dans une étonnante ronde de personnages : Isis elle-même, fragile adolescente aux journaux intimes peu communs ; Paul, jeune homme faussement ordinaire, s'égarant de soirées arrosées en nuits décousues ; Sybille, " bibliovore " obèse, qui s'est volontairement ensevelie sous la graisse au fil des ans ; Emma, trentenaire rangée dont la soudaine déraison ravive une ancienne fêlure ; Roman Hipser, écrivain reconnu... Ainsi se déroule avec brio un récit dévoilant les failles de chacun, jusqu'à un surprenant final. C'est seulement alors que se révèle le sens du roman, de ce Tour de plume à la saveur douce-amère qui sait si bien tisser des liens entre l'amour des livres et les blessures des hommes.

  • Un écrivain africain vivant à Mexico est atteint d'un incroyable mal : une allergie au papier... Son étiopathe lui conseille de voyager, de retrouver la nature. Il part donc dans le Yucatan animer des ateliers d'écriture dans un village de refugies de la guerre du Guatemala des années quatre-vingts. Une de ses stagiaires, Teresa, lui présente son journal des années de guerre. Fasciné par ce texte, l'écrivain décide de l'aider à le rédiger jusqu'au bout. Il va amener Teresa à accoucher des démons qui sommeillaient dans sa mémoire. Mais il va aussi réveiller les siens... Généreux et ambitieux, ce roman tisse des liens solides entre l'imaginaire latino-amérindien et celui d'une Afrique confrontée aux affres des guerres, des trahisons multiples, des errements de politiques suicidaires. Avec Les racines du yucca, Koulsy Lamko propose un regard croisé riche de ses multiples errances, et jette un pont entre deux continents qui feignent de s'ignorer alors que tout les rapproche. Il construit ainsi une parole poétique engagée et sereine : celle des espérances têtues. Comme celles du Yucca, cette plante tenace, rebelle a la destruction, dont toute tige ou racine arrachée revit au contact de la terre...

  • Étonnant destin que celui de Fatéma Hal, entre sa naissance à Oujda et son installation à Paris, où elle a créé son célèbre restaurant Le Mansouria. Entre-temps, après un mariage à dix-huit ans, trois enfants, des études à l'université de Vincennes, un divorce et de multiples engagements dans le monde associatif, elle aura entrepris un travail de plusieurs décennies auprès des cuisinières de son pays pour recueillir leur fabuleux héritage. Fatéma Hal revient sur son enfance, marquée par labsence de père, dans un univers de femmes : Mansouria, sa mère, sa tante Yamina, chanteuse pour femmes, les Dadas, anciennes esclaves à qui elle rend hommage. Un récit mêlant humour, personnages fantasques, sublimes vengeances, saveurs de la cuisine, youyous, chants d'Oum Kalsoum... mais aussi guerre d'indépendance algérienne, misère, répudiations, immigration... Née entre le Maroc et l'Algérie, établie en France, ambassadrice de la cuisine marocaine, Fatéma Hal est fille des frontières. Si son histoire nous touche autant, c'est parce qu'elle a su refuser un ordre établi et tracer sa propre route, en veillant toutefois à maintenir un lien entre les pans de sa vie. Un livre de fidélité aux origines, mais surtout une admirable conquête de liberté.

  • " Si les hommes la désirent, c'est par curiosité. Car que peut donner sous les baisers une telle femme, si jeune, saine et vive, une femme qui récite de tête des poèmes entiers de Walt Whitman et refuse de porter le corset, qui débarque d'Amérique et ne tarit pas sur la Grèce Antique, qui danse en tunique transparente, pieds nus et couronnée de fleurs, parcourue d'ondulations frissonnantes comme une vague prête à mourir à leurs pieds ? " Comment imaginer une telle gloire dans el destin de la petite Isadora Duncan, née en 1877 à San Francisco dans une famille de quatre enfants, abandonnée par le père, banquier ruiné. Années de vaches maigres, de faim, d'errances à travers les États-Unis ? Puis, à l'âge de 22 ans, Isadora les persuade de la suivre en Europe, à Londres puis à Paris où, en deux ans, elle va connaître un succès fulgurant, en révolutionnant la danse par sa liberté d'expression, redonnant toute sa place à l'harmonie, la beauté du corps, quasi-nue sous des tuniques et voiles légers. D'une écriture fiévreuse, le roman de Caroline Deyns raconte le destin horsnorme d'Isadora : sa force de caractère, ses amours - nombreuses et mouvementées -, ses enfants qu'elle perdit tous tragiquement, ses triomphes, les écoles qu'elle fonda, son engagement aux côtés de la révolution russe, sa mort tragique à Nice en 1927, étranglée par son foulard de soie pris dans les roues de sa voiture... L'histoire d'une énergie, d'une femme fascinante pour qui la vie n'était qu'une danse. Qu'elle exécuta magistralement, libre et entière.

  • Chloé raconte sa « vie d'avant » avec Jean, brocanteur raffiné et sensuel, dont la passion et l'énergie lui offrirent un bonheur tissé de complicités et d'évidence. Mais pas pour longtemps. Malgré elle, Chloé a changé le regard quelle portait sur l'homme aimé, le soupçon a enclenché loeuvre de destruction...

    De l'hôpital psychiatrique où elle séjourne à présent, Chloé détaille l'univers feutré qui l'entoure, où se meuvent des êtres tragiques et attachants, brandissant les failles gigantesques qui les ont isolés du monde : Roger, le vieillard aux goûts de luxe et à la colonne vertébrale brisée ; la dame à plume blanche et aux bottes de cheval ; M. Nuque, toujours penché comme la tour de Pise... Un univers paradoxal de douleur et de calme, où « on flotte dans une rêverie comme dans un vêtement trop grand. »

    La force de ce premier roman de Macha Séry tient au tressage subtil de deux récits : l'« avant » offre le spectacle de la décomposition de l'amour pour Jean ; le « pendant » celui des naufragés que côtoie dorénavant Chloé à l'hôpital psychiatrique. Et la fin du livre, qui fera le lien entre ces deux récits, laissera au lecteur un goût de cendres, goût heureusement tempéré par l'humanité et l'humour qui colorent cette descente vers les excès de la déraison.

  • Quelque part au milieu de l'océan, une terre, une île, des rues, des décharges, des plaines immenses et oubliées où se déroulent des tragédies. Quelque part toujours sur une terre où dominent les puissants, Dollaromane à leur tête, des tirailleurs ou encore des femmes aux cheveux de paille et des ancêtres sur la piste de leur libido perdue. Entre le présent et le passé, la mémoire et l'actualité, un temps brouillé où rien ne distingue les faits passés des faits présents. Face à eux : Za, personnage démesuré à la recherche du corps de son fils emporté dans un ruisseau encombré de détritus, le " fleuve de cellophane ". Sa femme est folle, lui-même a connu la prison, la torture. Il invective, demande pardon, s'humilie, s'esclaffe, chante, récite des poèmes : Za, gorgé de barbarie, est réduit à la seule liberté qui lui reste, une liberté immense qu'il brandit dans son désespoir, celle du langage, celle du rire. Un roman d'une inventivité verbale inouïe, qu'on se surprend à lire avec une bien cruelle jubilation...

  • En 1931, Sara, neuf ans, est arrachée à sa mère et offerte au sultan Njoya, dont elle doit rejoindre les 681 femmes au Mont Plaisant, à Yaoundé, où Njoya a été exilé par l'occupant français. Mais à la suite de circonstances imprévues, la matrone qui prépare Sara décide de la travestir en garçon¿: désormais, elle va vivre à la cour sous le nom de Nebu, tandis qu'au dehors, les nations se préparent à la Seconde Guerre mondiale. Soixante-dix ans plus tard, c'est à Bertha, une jeune Camerounaise étudiant aux États-Unis et revenue au pays, que Sara va raconter son histoire peuplée d'incroyables personnages. Au premier rang desquels le sultan Njoya lui-même, homme curieux des sciences, inventeur d'un alphabet, entouré d'une colonie d'artistes, et qui s'évertue à faire prospérer la culture raffinée de son peuple. On croise aussi Joseph Ngono, ancien professeur à l'université de Berlin, qui a décidé de rentrer au Cameroun, où sa déception est cruelle. Joseph qui est aussi le père de Sara... Mont Plaisant est un roman ambitieux, magistralement construit, sur l'amour, le pouvoir, les ravages du colonialisme et des guerres, la beauté de la civilisation bamoum, la vitalité de son art et la tragédie de son déclin. " De façon enjouée, impeccable et grave, [...] une émouvante fresque du Cameroun d'avant la présence française. " Eugène Ebodé, Le Mag " [...] Mont Plaisant fournit un éclairage brillant sur une période charnière de l'histoire du Cameroun. " Fabien Mollon, Jeune Afrique Prix des cinq continents de la Francophonie 2011, Mention spéciale du jury

  • " J'essaie de regarder loin, la neige et la nuit inventent un jeu inconnu de moi. Le froid se plaque sur ma poitrine, je l'arrête, le détourne. À l'arrière, le petit ange est protégé. Je me retourne, je regarde ma trace parfaitement lisible. Je me dis que je suis le gibier idéal, alors je tourne en rond, je crie ma rage dans la nuit. J'efface le fleuve de ma fuite, je marche à reculons, fais des pas de côté, m'arrête, repars, sautille, tente de réduire cette évidence, cet aveu à un simple murmure, une sueur sous les étoiles. " On ne sait qui il est ni d'où il vient. En ce soir d'hiver, dans une étable, il abat brutalement deux vaches, puis le fermier accouru, et enfin sa femme hurlante qui s'affale dans la neige. À l'intérieur de leur maison, il découvre un nouveau-né, qu'il emmaillote et emmène, sans la moindre hésitation. Commence alors une longue errance pour l'homme et le " petit ange " attaché sur son dos : dans les villes désertes, les trains pris au hasard, les forêts, jusqu'à la rencontre avec les Renommieux, " montreurs d'animaux ", qui les intègrent dans leurs tournées. Là, au sein de cette famille fruste, dans le soin quotidien des lions, des tigres et des panthères, dans le perpétuel renouvellement de la vie nomade, l'homme et l'enfant vont nouer une singulière relation. Jusqu'à l'effroyable tragédie qui clôt cette échappée sous haute tension. Tout au long du récit, le lecteur s'attache malgré lui à ce fugitif, meurtrier et voleur d'enfant, capable aussi de sentiments lumineux, ainsi qu'aux autres personnages qui se débattent dans les méandres de la marginalité. Car ce roman nous conduit dans un univers fait à la fois d'humanité et d'animalité, de sauvagerie et de raffinement, de violence et de douceur. La vie, en somme...

  • " La femme de ta vie - autant que de ton vide. Elle était tout. Elle était tout ce que tu n'osais pas - elle te rendait fou. Le pire se devait d'arriver. Elle avait tout pour plaire, peut-être plus encore, et tu n'y arrivais pas. Toujours la débandade. " À trente ans, Alexis n'a jamais réussi à faire l'amour. Le désir est bien là, les petites amies aussi, mais rien n'y fait, ça ne marche pas. Lassé et frustré par ces trop nombreuses déconvenues, il décide de se donner les moyens de soigner son mal et entreprend de réveiller ce qui dort. D'échanges tarifés en assemblées chastes, divan du psy et backroom, Alexis se lance dans une odyssée atypique, multipliant les expériences et les questionnements, à la découverte d'un paysage sexuel contemporain qui le désole autant qu'il l'attire. Entre humour et gravité, Clémence Dumper signe un premier roman plein de verve et de justesse et entraîne le lecteur dans le sillage d'Alexis vers une résolution inattendue de son insolente débandade.

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