Langue française

  • Le périple bouleversant d'un adolescent migrant à la conquête de sa liberté.

    " Tu veux savoir ce qui m'a conduit à prendre la route de l'exil à quinze ans ? D'accord, je vais tout te confier et tu vas être renversé. Tu es prévenu ! Mes mots seront durs, car la réalité est brutale. Mais je vais aussi te faire rire, je suis beau gosse et j'ai la tchatche. Je te demande une seule chose : ne me juge pas, ça n'a pas de sens d'appliquer ta morale à ma vie. "

    Né dans un bidonville de la banlieue de Douala au Cameroun, Petit Wat est un adolescent haut en couleurs qui fait les quatre cents coups avec ses copains. Mais, sans avenir chez lui, il prend la douloureuse décision de partir pour accomplir son rêve : faire un boza, passer en Europe.

    Avec un sac à dos troué et une immense foi en lui-même, Petit Wat découvre de nombreux dangers. Abandonné par un passeur aux portes du Niger, il doit affronter ghettos et déserts. Arrivé au Maroc, il rejoint des centaines de jeunes déshérités qui s'organisent pour affronter le " Monstre-à-Trois-Têtes " : des barrières massives séparant l'Afrique de l'Europe. Pourront-ils vraiment passer de l'autre côté ?

    Dans
    Boza !, Ulrich Cabrel et Étienne Longueville proposent un regard inédit sur les réalités migratoires. La verve des personnages et l'humour du narrateur contrastent avec les enfers qu'ils traversent, offrant à ce roman d'aventures une tonalité et un rythme captivants.

  • Le chant d'amour à la poésie par un grand écrivain contemporain

    Je suis entré dans la poésie Tang presque à l'improviste, mais non par hasard, en lisant un poème de Li Bai, qui met face à face un homme et une montagne. Le poète décrit un lieu d'immobilité et de majesté devant lequel l'être humain, dans sa faiblesse et son impermanence, ne peut que s'asseoir et regarder.

    Li Bai m'apportait autre chose, à quoi je n'étais pas préparé par mon éducation et par mon langage : une plénitude, une paix intérieure. Cette paix n'était pas difficile à atteindre. Il suffisait de s'asseoir et de regarder.

    La poésie Tang est sans doute le moyen de garder ce contact avec le monde réel, elle nous invite au voyage hors de nous-mêmes, nous fait partager les règnes, les durées, les rêves.

    J.M.G. Le Clézio

  • Un premier roman détonnant et incisif

    Esther est une enfant de droite née par hasard dans une famille de gauche, au mitan des années 70. Chez elle, tout le monde vit nu. Et tout le monde – sauf elle – est excentrique.

    Sa mère est une secrétaire anticapitaliste qui ne jure que par Mai 68. Son père, juif pied-noir, conjure son angoisse d'un prochain holocauste en rédigeant des listes de tâches à accomplir. Dans la famille d'Esther, il y a également un frère hyperactif et des grands-parents qui soignent leur nostalgie de l'Algérie en jouant à la roulette avec les pois chiches du couscous. Mais aussi une violence diffuse, instaurée par le père, dont les inquiétantes manies empoisonnent la vie de famille.

    L'existence de la petite fille va basculer lorsque ses géniteurs, pétris de contradictions, décident de la scolariser chez l'ennemi : une école catholique, située dans le quartier le plus bourgeois de Marseille.

    La petite conformiste est un roman haletant, où la langue fait office de mitraillette. Il interroge notre rapport à la normalité et règle définitivement son sort aux amours qui font mal. C'est à la fois drôle et grave. Absurde et bouleversant.

  • Histoire d'une improbable rencontre entre un millionnaire et une migrante

    Dans les brumes de la mer du Nord, Renaud, quadragénaire dépressif, coule des jours malheureux dans son immense maison de maître, malgré l'attention d'amis tout aussi perdus que lui : François, vieux chômeur lunaire, et Brigitte, investie auprès des migrants. Renaud a placé loin de là ses deux vieux parents détestés. Ni les rencontres régulières et souvent dangereuses avec Tarik, son dealer, ni les voyages sporadiques chez son excentrique tante Clarisse en Angleterre, ne viennent guérir son dégoût de l'existence. À la mort de sa vieille gouvernante, il recrute Teodora, jeune Salvadorienne taciturne, sans connaître son passé trouble au sein d'un des gangs les plus violents d'Amérique latine... Dans la grande demeure remplie d'œuvres d'art et de courants d'air, entre ces deux écorchés s'installe un étrange climat de méfiance et d'attraction.

    À travers les figures de Renaud, de sa famille et de ses amis, Emmanuelle Pirotte brosse un portrait vitriolé de notre Occident épuisé. Et esquisse la possibilité d'une rédemption grâce aux êtres venus d'ailleurs, comme Teodora, forts de leur rage de survivre. Avec un humour mêlé de tendresse, ce roman à l'écriture précise et imagée raconte le destin de Renaud et Teodora, entre Ostende, Bruxelles ou Douvres. Ces personnages intenses mais fragiles savent que leur accès à la beauté du monde doit passer par une profonde nuit. Sauront-ils rompre leurs digues intérieures pour atteindre l'aube d'une nouvelle vie ?

  • L'os de Lebowski Nouv.

    Je m'appelle Jim Carlos, je suis jardinier.

    J'ai disparu le 12 janvier 2021. Un de mes derniers chantiers s'est déroulé aux Prés Poleux, dans la propriété des Loubet : Arnaud et Laure. Lui est rédacteur en chef à la télévision, elle est professeure d'économie dans l'enseignement supérieur. Chez eux tout est aussi harmonieux, aussi faux qu'une photographie de magazine de décoration. Tout, même leurs cordiales invitations à partager des cafés ou des déjeuners au bord de leur piscine, vers laquelle je me dirigeais avec autant d'entrain que pour descendre au bloc opératoire...

    Vous trouverez dans ce livre les deux cahiers que j'ai écrits lors de mon aventure chez ces gens. Mais aussi l'enquête menée par la juge Carole Tomasi après ma disparition.

    Lebowski est le nom de mon chien. Tout est sa faute. Ou bien tout le mérite lui en revient. C'est selon.

    Maintenant il est mort.

    Et moi, suis-je encore vivant ?

  • Après plusieurs ouvrages consacrés à la Russie (Dictionnaire amoureux de la Russie, Saint-Pétersbourg, L'Âme russe, Avec Tolstoï...), Dominique Fernandez reprend ici ses riches questionnements sur ce peuple et ce pays qui le fascinent. Il médite sur les espaces infinis où les Russes se perdent, s'identifiant aux plaines et aux fleuves qu'ils regardent, ne plaçant aucune frontière entre eux et la nature. Il interroge les arts : la littérature d'abord, avec Pouchkine, Gogol, Tchékhov, Tolstoï, en démontrant combien ces auteurs ne proposent pas seulement de grands textes mais surtout des livres de vie ; le cinéma, avec Tarkovski, qui donnait comme personne au spectateur l'impression d'être lui-même l'auteur de ce qu'il voyait à l'écran ; la musique, à travers les grandes figures de Tchaïkovski, Prokofiev ou Chostakovitch ; la danse, avec Nijinski ou Diaghilev opérant, en compagnie de Stravinski, un bouleversement de toutes les habitudes mentales.

    Au hasard des Russies de Fernandez, on croise aussi le peintre Steinberg et sa solitude brillant comme une lumière au milieu de la nuit, le prince Dimitri Koutouchef, héros de Flèche d'Orient, roman de Paul Morand, qui ne résiste pas à l'attraction d'un « bon poêle chaud », des odeurs, des visages, des musiques de son pays où il va rentrer au péril de sa vie et de sa liberté. On rencontre aussi le jeune frère Boris du monastère de Valaam, confiant à l'auteur un cierge en lui demandant de l'allumer sur la tombe de l'écrivain Ivan Bounine en France, geste de fraternité d'un compatriote voulant transmettre à celui qui était mort en exil, un peu de russitude perdue.

    Un voyage au coeur des Russies de Dominique Fernandez, à la suite d'un des meilleurs (et plus enthousiastes) connaisseur dont on puisse rêver.

  • Un livre personnel et percutant sur un thème original par un joueur de football légendaire, très aimé des Français

    Qu'est-ce qu'être blanc ? Plus qu'une couleur de peau, n'est-ce pas plutôt une pensée ? Qui sont ceux qui l'ont inventée, et pourquoi ?

    Ce livre raconte l'histoire de la pensée blanche, son origine et son fonctionnement, la manière dont elle divise, comment elle s'est répandue à travers le monde au point d'être aujourd'hui universelle, jusqu'à infuser l'air que l'on respire. Depuis des siècles, la pensée blanche est une norme, la fossilisation de hiérarchies, de schémas de domination, d'habitudes qui nous sont imposées. Elle signifie aux Blancs et aux non-Blancs ce qu'ils doivent être, quelle est leur place. Comme la longue emprise des hommes sur les femmes, elle est profondément ancrée dans nos mentalités et agit au quotidien. Seule sa remise en question permettra d'avancer pour passer à autre chose.

    Il ne s'agit pas de culpabiliser ni d'accuser, mais de comprendre les mécanismes à l'œuvre, d'en prendre conscience pour construire de nouvelles solidarités. Le temps n'est-il pas venu d'élargir nos points de vue pour nous considérer tous enfin comme des êtres humains ?

    Lilian Thuram

  • Septembre 2018. Paul, assistant-qualité, vide l'usine bretonne. Cinquante ans d'histoire partent à la benne. À Plaintel, on a fabriqué des masques à perte de vue : des masques de protection, des masques respiratoires, des sexys et des becs de canard. Alors que la fermeture semble inéluctable, c'est la vie entière de Paul qui tangue : ses enfants ayant quitté le nid, son épouse s'absente le soir pour rejoindre de nouveaux amis.

    Quand Paul découvre sur Facebook un appel à se rassembler sur les ronds-points, il se lance dans l'aventure, prêt à faire corps avec ces gens qui souffrent, comme lui, depuis trop longtemps. Sur la départementale, il y a un monde fou, ça klaxonne, ambiance bon enfant. Paul retrouve son copain syndicaliste Dédé et croise Zozo le zingueur, une Fée et une Duchesse, des hommes et des femmes hauts en couleur, décidés à reprendre leur destin en main. Au point de donner à Paul la force de se battre pour la réouverture de son usine.

    Dans ce premier roman, Étienne Longueville raconte de manière épique l'histoire de l'usine de Plaintel, de ses ouvriers confrontés à une fermeture. Paul et ses amis tentent de survivre, côtoient les Gilets jaunes, traversent le confinement du printemps 2020, moment propice aux initiatives surprenantes... Car ces figures attachantes, pleines d'humour, révélatrices d'une France qui galère mais ne rend pas les armes, sont surtout des " braves ", enfin prêts à exercer leur pouvoir.

  • " Nous devons reprendre l'ouvrage. Nous, la Gauche. En renouant avec notre identité : refaire de la justice sociale la colonne vertébrale des politiques publiques ; reprendre en charge la question démocratique ; penser la culture ; retisser les liens de solidarité internationale avec les travailleurs, les déshérités, les femmes opprimées, les enfants exploités, les croyants et les incroyants persécutés, les victimes des traites, des guerres, des misères, des catastrophes. Et assumer tout cela tête haute. " Ch. T. Dans une langue éblouissante, Christiane Taubira s'indigne des inégalités et des violences sur notre planète, s'attaque aux idées dangereuses des extrêmes, critique l'invocation permanente du concept de crise qui assoit la domination des puissants, identifie les règles de vie commune dans une société laïque, redonne leur sens aux mots si souvent dévoyés aujourd'hui, trace les axes d'un combat urgent. Un livre lucide et engagé, un livre d'espoir porté par le souffle d'une citoyenne de la Terre qui ne peut vivre sans exaltation ni s'accommoder du monde tel qu'il lui est donné.

  • Ady, soleil noir

    Gisèle Pineau

    Le roman solaire de l'histoire d'amour entre Man Ray et la jeune Ady Fidelin.

    Lorsque Man Ray, quarante-quatre ans, et Adrienne Fidelin, dix-neuf ans, se croisent au Bal colonial de la rue Blomet dans le Paris des Années folles, naît entre eux une histoire d'amour intense, qui durera quatre années avant d'être brutalement interrompue par la guerre. Des années de complicité et de passion qui les marqueront tous deux à vie.

    Gisèle Pineau, par la voix d'Ady, fait revivre ce temps suspendu du bonheur. Obligée de quitter sa Guadeloupe natale à l'âge de quinze ans pour s'installer à Paris, la jeune femme spontanée séduit bientôt Man Ray et se voit entraînée par le grand artiste américain dans la vie de bohème qu'il mène avec ses amis. Car, à Montparnasse, comme durant les étés à Mougins avec Paul et Nusch Éluard, Pablo Picasso et Dora Maar, Lee Miller et Roland Penrose, les instants sont d'une liberté sexuelle et intellectuelle sans pareille : les corps nus s'exposent au soleil ou à l'objectif de Man ; Ady, Lee et Nusch s'accordent tous les plaisirs désirés. C'est un âge d'or que raconte Ady, un temps de nouveauté et de création, une vie volcanique dont les protagonistes sont des géants de l'histoire de l'art.

    Gisèle Pineau a écrit le roman vrai d'Ady, une muse éblouissante, le " soleil noir " de Man Ray – une femme toute de grâce, dont Éluard aurait assuré qu'elle avait " des nuages dans les mains ".

  • « La traite et l'esclavage furent le premier système économique organisé autour de la transportation forcée de populations et de l'assassinat légal pour motif de liberté, pour marronnage. Ce système a perduré pour l'Europe durant plus de quatre siècles, pour la France durant plus de deux siècles.
    Il ne s'agit pas de se morfondre ni de se mortifier, mais d'apprendre à connaître et respecter l'histoire forgée dans la souffrance. D'appréhender les pulsions de vie qui ont permis à ces millions de personnes réduites à l'état de bêtes de somme de résister ou simplement de survivre.
    Il s'agit de comprendre cette première mondialisation qui a généré des relations durables entre trois puis quatre continents.
    Ces événements doivent être enseignés, que l'on sache qu'il y eut, dès les premiers temps, résistance sur place et solidarité transcontinentale.
    Interrogeons cette histoire afin que les jeunes générations détectent les liens entre le racisme ordinaire et ses sources dans le temps, et qu'elles comprennent que la République a besoin de leur vigilance et de leur exigence. Choisissons une éducation qui prépare à l'altérité et qui porte l'empreinte de la vérité, de la justice, de la fraternité. » Traite et exploitation des êtres humains, colonisation, luttes pour la liberté, réflexion sur la notion de crime contre l'humanité, formes contemporaines de l'esclavage : une mère engagée répond aux nombreuses questions de sa fille. De ce dialogue s'est construit, au fil des étonnements, indignations et admirations, un livre aussi passionnant que nécessaire.

  • Que dire d'un être sans mémoire, sinon qu'il est absent au monde ? La mémoire nourrit nos sens, elle éclaire notre passé, nous donne un présent et un avenir. En nous rappelant qu'elle est d'abord une attitude avant d'être une faculté, Jean-Pierre Guéno nous interroge sur notre lien au monde et à ceux qui nous entourent. Car, même sans mémoire, nous existons dans celle des autres.

    À l'heure où tout concourt au bien-être personnel, il semble que nous nous complaisions dans une célébration permanente du moi. L'amnésie nous a comme frappés ; la distanciation sociale et les gestes barrières imposés actuellement n'auront fait qu'acter un isolement déjà initié au siècle dernier.

    Dans cet ouvrage passionnant, Jean-Pierre Guéno en appelle à une nouvelle solidarité. D'" Absence " à " Zoom ", les 178 entrées de cet
    Éloge sentimental de la mémoire et du lien sont autant d'arguments pour que les temps actuels soient propices à une autre manière de vivre ensemble, où nous serions libérés de nos égoïsmes croissants et de nos oublis volontaires. Plutôt que de s'abandonner à la nostalgie, il est temps d'agir et de s'éveiller aux beautés simples de la nature et de la société en ce qu'elles disent de nos ancêtres et de nos coutumes, en ce qu'elles sont également synonymes de renouveau.

  • Ce que la Covid nous a appris Nouv.

    Une question sociétale et transversale d'actualité, analysée par des écrivains, politologues et chercheurs

    Le titre de ce nouveau volume des
    1ndispensables peut sembler provocant, tant la pandémie a surgi dans nos vies comme une effraction, balayant nos certitudes. Peut-on déjà tirer des enseignements, un an après le premier confinement ?

    Et si la Covid n'était pas la cause, mais le révélateur de problèmes préexistants ? C'est une piste soulevée par certaines analyses de cet ouvrage. La pandémie soulignerait les dérives de la mondialisation, de notre système de production et de consommation, et nous rappellerait la nécessité de structures jusqu'alors mises à mal, comme le rôle de l'État, les services publics ou l'importance de l'offre culturelle.

    À travers analyses et entretiens, cet ouvrage fait le tour des leçons politiques, économiques, sociales et culturelles que la Covid nous a dispensées. Qu'en sera-t-il demain de la démocratie, de la confiance dans la science et dans les sources d'autorité ?

    Les chiffres ne doivent pas nous faire oublier que la pandémie reste une tragédie humaine : c'est pourquoi des écrivains prennent aussi la plume, au travers de textes sensibles, pour questionner l'absolue nécessité du contact humain et nous réapprendre à vivre ensemble.

  • Considéré comme l'un des penseurs importants de notre époque, Souleymane Bachir Diagne retrace dans cet ouvrage son parcours de jeune Sénégalais élevé dans la tradition d'un islam soufi et lettré, devenu philosophe et aujourd'hui professeur à l'université de Columbia. Une vie entre Saint-Louis-du-Sénégal, Ziguinchor, Dakar, Paris, Chicago, New York, lieux qui ont formé cet homme de trois continents, le rendant sensible aux richesses de chacune des cultures propres aux pays qui l'ont accueilli.

    Souleymane Bachir Diagne – maintenant spécialiste de domaines aussi différents que la philosophie dans le monde islamique, l'histoire de la logique algébrique ou encore les philosophies africaines – présente les êtres qui ont été décisifs dans la construction de sa trajectoire intellectuelle. Il revient sur ses rencontres avec Louis Althusser et Jacques Derrida, ses maîtres rue d'Ulm, Jean-Toussaint Desanti, Léopold Sédar Senghor, Paulin Hountondji, Ngugi wa Thiong'o et d'autres qui l'ont fortementinfluencé. Le " fagot de mémoire " de cet homme qui vit entre différentes langues et cultures, chantre d'un universel de traduction, partisan d'un islam des Lumières, nous propose ici une stimulante réflexion sur notre monde qui offre tant de passerelles.

  • Un livre original et complet qui passionnera les amoureux de la langue française

    Dit-on
    pallier au mal ou
    pallier le mal ? Comment remplacer les anglicismes
    briefer, burn-out, crush, fake news ? Que faire de ces tics de langage qui nous ont envahis :
    c'est tendance, a minima, c'est culte, du coup ? Pourquoi ne doit-on pas dire
    choisir au hasard ni
    faire polémique ?

    Avec près de 800 entrées, ce livre sans équivalent est appelé à devenir un ouvrage de référence. Emplois fautifs, abus de sens, néologismes ou anglicismes : aux difficultés les plus variées, les linguistes du Quai Conti apportent des explications claires et argumentées.



    Les multiples interrogations sur l'omniprésence d'un vocabulaire technologique ou sur l'irruption de mots étrangers, véhiculés par les médias et la mondialisation, trouvent ici des réponses passionnantes. Car l'Académie française, loin d'être un gendarme, est aussi attentive à la nécessité d'enrichissement de la langue qu'à la lutte contre l'appauvrissement du vocabulaire.

    En se confrontant à des questions d'usage pratique, à des cas concrets et quotidiens, ce travail constitue un vif hommage à l'intelligence et aux subtilités de la langue française.

  • Bouleversant, ce roman francophone africain est le premier à aborder de manière frontale la question explosive de l'homosexualité sur le continent

    Tout part d'une vidéo virale, au Sénégal. On y voit comment le cadavre d'un homme est déterré, puis traîné hors d'un cimetière par une foule. Dès qu'il la visionne, naît chez Ndéné Gueye, jeune professeur de lettres déçu par l'enseignement et fatigué de l'hypocrisie morale de sa société, un intérêt, voire une obsession, pour cet événement. Qui était cet homme ? Pourquoi a-t-on exhumé son corps ? À ces questions, une seule réponse : c'était un
    góor-jigéen, disait-on, un " homme-femme ". Autrement dit, un homosexuel.

    Ndéné se met à la recherche du passé de cet homme, et va même rencontrer sa mère. Autour de lui, dans le milieu universitaire comme au sein de sa propre famille, les suspicions et les rumeurs naissent, qui le déstabilisent, au point de troubler sa relation avec son amie Rama dont il est fortement amoureux, Rama à la bouche généreuse et à la chevelure mystérieuse...

    D'une écriture fiévreuse, Mohamed Mbougar Sarr signe ici un roman bouleversant sur la seule grande question qui vaille aux yeux de son héros : comment trouver le courage d'être pleinement soi, sans se trahir ni se mentir, et quel qu'en soit le prix ?

  • Un premier roman plein de verve sur une famille de la région parisienne, confrontée au départ en Syrie d'un de ses membres devenu djihadiste

    Goncourt du premier roman 2018
    Prix Première 2018
    Prix Régine Deforges du premier roman 2018

    Grand frère est chauffeur de VTC. Enfermé onze heures par jour dans sa " carlingue ", branché en permanence sur la radio, il rumine sur sa vie et le monde qui s'offre à lui de l'autre côté

    du pare-brise.

    Petit frère est parti par idéalisme en Syrie depuis de nombreux mois. Engagé comme infirmier par une organisation humanitaire musulmane, il ne donne plus aucune nouvelle.

    Ce silence ronge son père et son frère, suspendus à la question restée sans réponse : pourquoi est-il parti ?

    Un soir, l'interphone sonne. Petit frère est de retour.

    Dans ce premier roman incisif, Mahir Guven alterne un humour imagé et une gravité qu'impose la question du terrorisme. Il explore un monde de travailleurs uberisés, de chauffeurs écrasés de solitude, luttant pour survivre, mais décrit aussi l'univers de ceux qui sont partis faire le djihad en Syrie : l'embrigadement, les combats, leur retour impossible en France... Émerge ainsi l'histoire poignante d'une famille franco-syrienne, dont le père et les deux fils tentent de s'insérer dans une société qui ne leur offre pas beaucoup de chances.

    " La vie ? J'ai appris à la tutoyer en m'approchant de la mort. Je flirte avec l'une, en pensant à l'autre. Tout le temps, depuis que l'autre chien, mon sang, ma chair, mon frère, est parti loin, là-bas, sur la terre des fous et des cinglés. Là où pour une cigarette grillée, on te sabre la tête. En Terre sainte. Dans le monde des gens normaux, on dit " en Syrie ', avec une voix étouffée et le regard grave, comme si on parlait de l'enfer. Le départ du petit frère, ça a démoli le daron. "

  • Un premier roman original, qui raconte l'apprentissage du bonheur de personnages attachants

    Désiré, balayeur de la Ville de Paris, trouve dans le métro une sacoche oubliée, contenant un ordinateur. Et lorsqu'il découvre à l'écran les premières pages d'un roman, cette lecture réveille en lui un enthousiasme bien enfoui depuis son départ de la lointaine île Maurice. Cet immigré à la vie humble, qui connaît les mots mais ne sait pas bien les écrire, sollicite l'aide de Marie, une bénévole en association, pour adresser un courrier des plus audacieux à l'auteur : l'ordinateur ne lui sera restitué que s'il donne une suite à l'histoire.

    Débute alors la correspondance entre Désiré et l'apprenti romancier Alexandre, cuisinier d'origine bretonne, sous le coup d'une rupture amoureuse. Comme, justement, Alexandre ne sait quoi faire de Sophie – son personnage victime d'un mal rare, mais réel : le syndrome de l'accent étranger –, il va mettre Désiré à contribution en lui demandant des idées.

    L'aventure commence pour ces deux hommes que rien ne prédestinait à se rencontrer : un cheminement sensible, drôle, douloureux aussi. Au long de ce premier roman jubilatoire plein de surprises, les différents protagonistes s'aideront-ils mutuellement à surmonter leurs blocages pour donner un nouveau sens à leur vie ?

  • Une question sociétale et transversale d'actualité, analysée par des écrivains, politologues et chercheurs

    FAUT-IL AVOIR PEUR ? Le travail que l'équipe du 1 accomplit chaque semaine contribue à nous alerter sur les dangers qui nous menacent. Bien sûr, depuis le début de l'année 2020, la pandémie de Covid-19 a mobilisé toute la planète, au point de donner l'illusion que nos destins n'étaient désormais liés qu'à ce virus mortifère. Ce serait une erreur de le croire.

    L'ouverture du procès Charlie nous a rappelé par ailleurs que le terrorisme islamique n'était pas seulement attaché au souvenir de cette journée sanglante de janvier 2015. L'attaque au couteau de journalistes par un jeune Pakistanais de dix-huit ans, devant les anciens locaux du journal satirique, et l'assassinat sauvage de Samuel Paty par un Tchétchène radicalisé ont ranimé certaines craintes, qui ne doivent pas non plus en éclipser d'autres : la sécurité du monde et le risque nucléaire, le réchauffement climatique ou encore ce qu'on appelle à présent le capitalisme de surveillance armé par ce " soft power ", que constituent les géants du numérique.

    Alors, faut-il avoir peur ? Oublier ou refuser d'avoir peur, c'est peut-être laisser au pire la possibilité d'advenir : ce qui est redouté n'est pas forcément ce qui arrive. Le philosophe Jean-Pierre Dupuy, évoquant toutes les fois où on est passé à deux doigts de la guerre nucléaire, nous dit qu'" il faut frôler la catastrophe pour se tenir à carreau ". La leçon est (un peu) rassurante : contrairement au dicton, la peur a peut-être le pouvoir d'écarter le danger...

  • émerveillons-nous ! mes plus belles prières pour changer notre regard Nouv.

    Un appel à changer de regard sur nos vies et sur le monde

    " Le monde qui nous entoure semble bien triste aujourd'hui : la pandémie ne nous lâche pas, la détresse familiale, professionnelle et personnelle de nos concitoyens imprègne l'atmosphère, les pays pauvres sont en grande difficulté... Comment garder notre équilibre, retrouver la sérénité ?

    Dans ce livre je vous propose un parcours en prières afin d'arriver à nous émerveiller, malgré tout, de la beauté du monde. Depuis que je suis tout petit, la nature me fascine, je passerais des heures à admirer des champs de fleurs ou un paysage du haut d'une montagne. Chaque croyant donne à Dieu le titre de créateur du ciel et de la terre. Nous, chrétiens, nous émerveillons de la beauté du printemps, renaissance de la vie ; de l'été et les parfums d'une nature éclatante ; de l'automne, qui nous offre ses superbes couleurs ; et de l'hiver aride, qui masque et fige les végétaux. Les quatre saisons sont un enchantement.

    Faire la paix en nous, apprendre à contempler, se réconcilier avec soi-même et avec les autres, écouter ce que le silence veut nous dire, aller vers la sagesse, dialoguer sans cesse avec Dieu dans la louange pour tout ce qu'il nous offre : voilà le chemin que je vous recommande en ces temps troublés.

    La beauté sauve le monde. En prière dans la nature retrouvée, rude et splendide, les jeunes comme les anciens se sauvent et gagnent leur paradis, ici et maintenant. "

    Guy Gilbert

  • Christiane Taubira raconte avec passion ce qu'elle doit à la littérature et aux grands auteurs

    " Quoi que vous cherchiez à savoir ou à ressentir, à comprendre ou à percevoir, à saisir ou à entrevoir, quelque part un livre répond à votre quête. En procurant plaisir, volupté, félicité.

    Lire. Toute l'énergie, la passion, le bien-être et le tourment d'une vie ardente. " Ch. T.

    Dans cet ouvrage passionnant, Christiane Taubira rend hommage aux livres et aux écrivains qui l'ont façonnée. De son enfance à Cayenne – où les lectures des jeunes filles étaient sévèrement contrôlées – à aujourd'hui, les auteurs et leurs oeuvres défilent : Aimé Césaire, Léon-Gontran Damas, Gabriel García Márquez, René Char, Yachar Kemal, Simone Weil, Toni Morrison, et tant d'autres...

    Éveil de sa conscience sociale par les romans engagés, découverte de la force de renouvellement de la langue, relecture de l'histoire grâce à la pertinence de la littérature, convocation des auteurs au moment de ses grands discours politiques : Christiane Taubira raconte tout ce qu'elle doit aux infinies ressources des livres.

    Car la lecture, cette " vie ardente ", n'est-elle pas le meilleur moyen de conquérir sa liberté ?

  • Les itinéraires poétiques d'un intellectuel africain à travers le monde

    Ce texte célèbre le voyage et son charme essentiel : la rencontre de l'inattendu. Felwine Sarr y évoque les lieux qu'il découvre lors de ses pérégrinations, mais aussi les paysages intérieurs que ceux-ci dessinent en lui. Car si le voyage est une déambulation sensible sur les chemins du monde, il est parfois immobile et se fait au point nul de l'errance.

    Des endroits de son enfance au Sénégal jusqu'aux villes visitées – Kampala, Douala, Mexico, Mantoue, Le Caire, Istanbul, Port-au-Prince, Cassis... –, l'auteur donne à voir, à sentir et à entendre le quotidien, ses angles morts et ses lignes de fuite : les seaux pleins de mollusques portés par des femmes qui " marchent sur l'eau " vers l'île de Kooko, le rythme d'un fado entonné dans une rue de Lisbonne, ou la saveur toute particulière des derniers mètres d'une course à pied... Justesse d'une poésie oubliée du monde, rugosité de ses échos troublés.

    L'île de Niodior est la matrice, un point d'ancrage et de désancrage où Felwine Sarr revient périodiquement. Car si les voyages provoquent l'émerveillement face à l'ailleurs, ils sont surtout un retour à soi-même, et une invite à écouter ses voix les plus intimes.

  • Une invitation lyrique et pertinente à vivre une nouvelle manière d'être au monde

    Notre monde suffoque. Tandis que la terre est exploitée sans limites par une course effrénée aux richesses, de trop nombreuses populations vivent dans une grande pauvreté, subissent discriminations ou violences... Que l'on se situe d'un point de vue social ou environnemental, l'urgence s'impose de construire un monde qui établisse de nouvelles relations avec le vivant. C'est là un des défis majeurs du XXIe siècle.

    Cet essai appelle à porter sur la Nature un regard nouveau, radicalement différent de celui qui a permis à la Modernité occidentale de piller une large part de la planète et de l'humanité. Il nous invite à réaliser que nous ne sommes pas hors de l'univers ni dans l'univers : nous sommes l'univers. Séverine Kodjo-Grandvaux plaide pour une nouvelle manière d'être au monde en vibrant avec le tout-vivant. Pas seulement en harmonie avec le cosmos, mais surtout en éveil, à l'écoute, dans l'attention. Entrer en résonance et transformer l'écologie en une échologie. Alors pourra-t-on sortir de soi et habiter pleinement le monde. Pour être, enfin. Et devenir vivants.

  • Au grand lavoir

    Sophie Daull

    Le roman d'un meurtrier et de la fille de sa victime, liés par une quête de pardon

    Une romancière participe à une émission littéraire télévisée à l'occasion de la publication de son prmeier livre. Elle ne se doute pas qu'au même moment son image à l'écran bouleverse un employé des Espaces verts de la ville de Nogent-le-Rotrou. Repris de justice pour un crime commis il y a trente ans, menant désormais une vie bien rangée, ce dernier est confronté de façon inattendue à son passé, à son geste, à sa faute.

    Car la romancière est la fille de sa victime. Et, dans cinq jours, elle viendra dédicacer son ouvrage dans la librairie de la ville.

    Un compte à rebours se déploie alors pour cet homme solitaire, dans un climat à la fois banal et oppressant, en attendant le face-à-face qu'il redoute mais auquel il ne pourra se dérober.

    Dans ce texte où chaque personnage est en quête d'une réparation intime, Sophie Daull intervient pour affirmer la fidélité qu'elle voue aux fleurs et aux sous-préfectures.

    Un roman brillamment construit sur les ambiguïtés du désir de pardon.

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