Sciences humaines & sociales

  • Buczacz est une petite ville de Galicie (aujourd'hui en Ukraine). Pendant plus de 400 ans, des communautés diverses y ont vécu plus ou moins ensemble ; jusqu'à la Deuxième Guerre mondiale, qui a vu la disparition de toute sa population juive. En se concentrant sur ce seul lieu, étudié depuis l'avant-Première Guerre mondiale, Omer Bartov reconstitue une évolution polarisée par l'avènement des nationalismes polonais et ukrainien, et la lutte entre les deux communautés, tandis que l'antisémitisme s'accroît. À partir d'archives récoltées pendant plus de 20 ans, d'une documentation considérable, de journaux intimes, de rapports politiques, milliers d'archives rarement analysées jusqu'à aujourd'hui, il retrace le chemin précis qui a mené à la Shoah.
    Il renouvelle en profondeur notre regard sur les ressorts sociaux et intimes de la destruction des Juifs d'Europe.
    Omer Bartov est professeur d'histoire européenne à Brown University (États-Unis). Il est l'auteur de plusieurs livres importants, dont un seul, jusque-là, a été traduit en français (L'Armée d'Hitler, Hachette, 1999). Anatomie d'un génocide a été célébré par Jan Gross, Tom Segev, Christopher Browning, Saul Friedlander, Philip Sands...

  • Il est des dates qui marquent l'existence minuscule d'un enfant de 9 ans comme elles marquent l'existence de millions d'hommes.

    Le samedi 6 octobre 1973, un événement aujourd'hui oublié frappe les Français de stupeur : François Cevert, 29 ans, jeune surdoué du sport automobile, se tue sur le circuit de Watkins Glen, aux États-Unis. La France de Georges Pompidou, passionnée de progrès et d'automobile, est touchée au coeur.
    Le même jour un autre événement change la face du monde : à 14 heures locales, les armées syrienne et égyptienne lancent leur offensive contre Israël dans le Golan et le Sinaï - la guerre du Kippour commence.
    Quelques semaines plus tard, l'embargo sur le pétrole et le quadruplement des prix de l'essence enclencheront un processus que rien ne pourra arrêter : la crise et avec elle la fin des Trente Glorieuses.
    Au hasard des journaux, des livres, des émissions, des films qui ont marqué l'époque, réapparaissent Pierre Mesmer, Rabbi Jacob, Allende, le courrier du coeur de Elle, et l'admiration pour la vitesse et la modernité.
    C'est un portrait très personnel de la France de cette année 1973 que nous propose Xavier Charpentier, cet enfant de 9 ans qui n'a pas oublié la mort de François Cevert.
    Xavier Charpentier est diplômé de Science-Po. Après avoir enseigné la philosophie, il a créé et dirige une cabinet spécialisé dans les études communautaires, et la recherche de tendances. Il a publié Je me suis bien plu ici, aux éditions Plein Jour en 2015.

  • Cécile Delarue, après avoir vécu neuf ans à Los Angeles, y avoir eu deux enfants, s'apprête à rentrer en France.
    Ce départ est un déchirement, mais aussi l'occasion de raconter son long séjour sur cette planète si éloignée de la nôtre : la Californie, Los Angeles, une ville disproportionnée où le conformisme social côtoie l'excentricité la plus échevelée, où l'assujettissement général à l'« industry » (le cinéma) rejoint la quête frénétique de la perfection à tous les échelons de la société.
    Cécile Delarue dresse, au fil de scènes de la vie quotidienne souvent burlesques, parfois mélancoliques, un portrait de cette côte ouest viscéralement anti-Trump reste quelque chose de l'idéal américain, mais rongé par le contrôle généralisé, l'angoisse de l'échec, le politiquement correct, l'aliénation au clinquant, les délires narcissiques ou les délires tout court.
    Et surtout la peur de la précarité et de la pauvreté, qui se répandent sur les collines d'Hollywood.
    Cécile Delarue est journaliste. Elle a publié son premier livre, Black-out. Les disparues de South Central, en 2018.

  • Ça peut sembler loin du sujet, de ce serial killer qui se permet de buter des femmes en pleine nuit sans jamais être trouvé pendant des décennies, de ces quatre, peut-être cinq, six autres tueurs en série qui agissent en même temps dans le même quartier de la ville, de cette centaine de femmes disparues à tout jamais et dont on ignore pour encore une grande partie d'entre elles ce qui a pu leur arriver, ou même qui les a tuées.
    Mais le racisme, la police, la violence, les émeutes, c'est au coeur de South Central. Et au coeur de cette histoire.
    L'histoire de ces parents qui doivent se contenter d'un seul passage des flics pour apprendre que leur fille est morte, et ne jamais en savoir davantage.

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