Presses Universitaires de France

  • Si le moment présent est le moment du soin, c´est-à-dire non pas seulement d´une vulnérabilité généralisée mais de l´activité humaine qui doit y répondre dans tous les domaines, il faut penser celle-ci dans sa spécificité, sa diversité et ses ruptures, de la technique à l´éthique, de la vie à la justice : c´est le but de ce livre qui en propose à la fois une étude synthétique et des applications ouvertes. Il fallait ressaisir l´unité du soin, ce par quoi il unifie non seulement un acte technique indispensable et une relation humaine fondamentale, et sa tension interne, la violation à laquelle il répond mais qui le menace aussi, et qui lui donne sa portée morale et politique. Il fallait ensuite approfondir cette étude sur des aspects précis qui posent chacun des problèmes singuliers et majeurs : la pandémie ou les soins palliatifs, les violations politiques et historiques. Il fallait enfin ouvrir les discussions sur les divers points et avec les diverses approches qui tissent conjointement le moment présent. C´est l'objet de ces chroniques, publiées deux années durant dans la revue Esprit, qui répondent à la question liant aujourd´hui notre fragilité et notre fermeté : à quoi tenons-nous ?

  • En tant que discipline, l'éthique animale s'est récemment constituée dans les années 1970 et quasi exclusivement dans les pays anglo-saxons, même si Herbert Spencer lui avait consacré un chapitre dans son oeuvre The Principles of Ethics (1892). Les rares occurrences francophones témoignent d'un usage maladroit et méfiant : l'éthique animale est présentée comme une activité douteuse au sujet de laquelle on utilise volontiers une rhétorique sectaire, voire hostile. La question n'est pas "pour ou contre l'éthique animale ?", mais "quelle éthique animale ?" La tradition humaniste française, à la différence de l'utilitarisme anglo-saxon, s'exprime par un fort anthropocentrisme : l'animal, comme l'environnement, est au service de l'homme, que ce soit par l'élevage ou la chasse. Mais à travers le travail de plusieurs associations et la traduction de nombreux textes du débat anglo-saxon, les universités et écoles vétérinaires s'ouvrent à l'éthique animale. Cet ouvrage s'inscrit dans ce mouvement et répond ainsi à une demande d'information croissante.

  • « Il existe une philosophie morale de la guerre élaborée dès l´Antiquité, traditionnellement désignée sous le nom de guerre juste. La conception de la guerre juste a longtemps fourni une grammaire et un vocabulaire pour l´usage de la force. À l´origine de la réflexion sur la guerre juste, on trouve la conviction qu´il est possible de déterminer la légitimité des buts de la guerre et des moyens employés. La notion de guerre juste est étroitement associée à la possibilité d´une éthique de la violence, elle suppose qu´une distinction puisse être établie entre des usages légitimes et des usages illégitimes de la force.
    La théorie de la guerre juste met en avant deux considérations : d´une part, en certaines circonstances, les raisons qui conduisent à la guerre peuvent être légitimes, donnant parfois à la guerre une justification morale (jus ad bellum, droit de la guerre) ; d´autre part, il existe une juste façon de faire la guerre (jus in bello, droit dans la guerre). » (M. Canto-Sperber)

  • « Les jugements moraux semblent être progressivement entrés dans la fabrique du monde, dans la manière de le décrire et de le comprendre. En politique internationale, la morale est devenue une contrainte et un moyen de pression. Contrainte qui restreint ce que des gouvernements peuvent faire. Moyen de pression dont se servent individus, groupes, opinions, voire États, lorsqu´il s´agit d´inciter ces mêmes gouvernements à protester et à agir.
    Après plusieurs décennies, plusieurs siècles même, où les relations internationales furent largement définies à partir de l´intérêt immédiat des nations, de considérations de stabilité à long terme et d´équilibre planétaire, la présence nouvelle de la morale a de quoi à surprendre.
    Quelle est la place de la morale dans les relations internationales ? Comment expliquer son succès ? Que sont devenus les composants traditionnels du système des États : souveraineté des États et équilibre des puissances ? De quels concepts se servir pour définir la morale internationale ? À quels valeurs et principes faire droit ? Que serait une morale du monde ? Ce livre a pour ambition de répondre à ces questions. » (M. Canto-Sperber)

  • L´engagement médical implique toute une philosophie. Une métaphysique, parce que la médecine trouve sa raison d´être dans le constat de la réalité des maux qui affligent les vivants. Une épistémologie, parce qu´une connaissance du normal et du pathologique est la nécessaire condition d´une lutte intelligente contre ces maux. Des dilemmes moraux, parce que cette lutte associe la recherche du bien des malades individuels, le respect de leur autonomie, et la prise en compte de l´intérêt collectif. C´est cette philosophie de l´acte médical que les essais ici réunis pour la première fois entreprennent d´expliciter, en abordant notamment les défis méthodologiques et éthiques de cet art, tout armé de technologies, et au carrefour de multiples sciences, qu´est la médecine. L´auteur, philosophe et médecin, expose avec rigueur et clarté les stratégies utilisées par la recherche médicale pour détecter, identifier et classer les éléments pathogènes (étiologie des affections, logique de l´inférence diagnostique, recherche épidémiologique), les procédures employées pour évaluer les coûts et bénéfices des interventions thérapeutiques (notion de qualité de vie), et les problèmes moraux soulevés par la mise à disposition de services de santé (procréation médicalement assistée, suivie de la grossesse). De cette lecture, on sort convaincu que la sagesse médicale tient à un fragile équilibre entre dévouement à ceux qui souffrent, rationalité incluant l´acceptation du risque, et lucidité sur les limites de nos connaissances.

  • Penser l'autonomie aujourd'hui consiste avant tout en une tâche critique : faire la synthèse des arguments qui, depuis les années 1970, contestent la priorité de l'autonomie et suggèrent de la reléguer au rang des idéalisations politiques et morales du siècle des Lumières. Mais c'est aussi une tentative positive pour réhabiliter une vision différente, tenant compte de son importance pour les individus. Cette double démarche est au coeur de ce volume collectif rassemblant des auteurs de disciplines variées (philosophie, sociologie, psychanalyse), structuré autour des axes suivants : l'articulation entre l'autonomie et la subjectivité, la confrontation de l'autonomie et des diverses formes d'individualisme, l'étude des vulnérabilités de l'autonomie au carrefour des compétences et dépendances dans nos expériences et nos relations sociales. Ce volume entend présenter les enjeux d'une conception "décentrée" de l'autonomie qui, en faisant de la relation à autrui le pivot de la relation à soi, éviterait et renverserait à la fois l'aliénation et le conformisme.

  • Nous vivons sous l'empire du droit affirme Ronald Dworkin, certains vont plus loin en parlant de juridicisation et de judiciarisation de la société. La justice surveille la société pour le compte du pouvoir politique et contrôle ce pouvoir. Le tribunal devient peu à peu un lieu où s'exprime une démocratie d'opinion. En Europe l'on redoute l'instauration d'une société de la méfiance où le contentieux tiendrait lieu de lien social. L'auteur étudie ce "développement" du domaine du droit, analyse les causes de cette juridicisation, explique les limites de cette évolution et de cette mutation du droit par laquelle la légitimité constitutionnelle semble l'emporter sur la légitimité représentative dans le cadre du fonctionnement de l'Etat par exemple. "Nous sommes en présence de nouvelles formes juridiques que Mireille Delmas-Marty a qualifié de droit flou" (cf Le flou du droit en Quadrige) conclut l'auteur.

  • Avant-propos, 1 CHAPITRE PREMIER Les lois naturelles de la société économique, 5 II. RICARDO, 7Double origine des recherches économiques de Ricardo ; double caractère de sa philosophie économique ; lois statiques et lois dynamiques, p. 7. - Le point de vue statique : la théorie de la valeur, p. 9. - Restrictions à l'optimisme : la loi du travail, p. 9 ; diversité des qualités du travail, p. 11 ; prix de monopole, p. 12 ; oscillations du prix marchand, p. 13. - Tendance de Ricardo à négliger l'influence des actions perturbatrices, p. 15. - Le libre-échangisme et la théorie des échanges étrangers, p. 16. - Le point de vue dynamique : la théorie de la rente foncière, p. 21. - La loi des salaires, p. 23. - La loi des profits, p. 25. - Profits et salaires : Ricardo et les premiers socialistes, p. 27. - La baisse des profits, p. 28. - Durabilité du capital et valeur, p. 29. - La doctrine et l'époque, p. 30. - La politique du laisser-faire et du laisser-passer, p. 33. - Le problème de l'impôt et en particulier de l'impôt foncier, p. 34. - Ricardo au Parlement, discours optimistes, p. 36. - Pourquoi, chez Ricardo, l'optimisme prend le dessus sur le pessimisme, p. 38. II. JAMES MILL ET MACCULLOCH, 39James Mill et MacCulloch, p. 39. - La théorie de la valeur : objections de Torrens à Ricardo, p. 40, et réponse de MacCulloch, p. 41. - Objections de Malthus, p. 41 ; embarras de Ricardo, p. 45. - Torrens répète ses objections, p. 46 ; réponse de James Mill, p. 47. - La théorie de MacCulloch, p. 49. - Découragement de Ricardo, p. 50 ; sa mort, p. 51. - James Mill et de Quincey, p. 52. - Objections de Bailey, p. 53. - MacCulloch et James Mill, p. 54. - La théorie de la distribution des richesses, p. 56, - 1o chez James Mill, p. 56 : - Loi de la rente foncière, p. 57 ; des salaires, p. 58. - Nouvelle démonstration du malthusianisme, p. 59. - Loi des profits, p. 60. - Impossibilité d'accélérer artificiellement l'accroissement du capital, p. 61 ; le problème de l'impôt, p. 61. - Nécessité de ralentir artificiellement l'accroissement de la population, p. 63. - Néo-malthusianisme de James Mill et de Francis Place, p. 65. - Objections des Benthamites à l'égalitarisme, p. 68 ; - 2o Chez MacCulloch : tendance à l'optimisme, p. 69. - MacCulloch sur la rente foncière, p. 71. - La révolution industrielle et la nouvelle philosophie économique, p. 73. CHAPITRE II L'organisation de la justice et de l'État, 77 II. PROCÉDURE ET ORGANISATION JUDICIAIRE, 80Le radicalisme philosophiqueLe droit adjectif : fins directe et collatérale, p. 80. - Le système technique et le système naturel, p. 82 ; Bentham et Montesquieu, p. 84. - De la procédure, p. 85 ; critique du special pleading, p. 86 ; la procédure sommaire, p. 88. - Des preuves, p. 89 ; critique du principe d'exclusion, p. 89. - Admission des preuves de pis-aller, p. 90 ; des preuves circonstancielles, p. 91. - Origine du principe d'exclusion, p. 92. - Critique des formalités religieuses, p. 94. - Restrictions au principe d'universelle admissibilité des preuves, p. 97. - Critique des préjugés libéraux en ces matières, p. 98 ; de la règle : nemo tenetur seipsum accusare, p. 100 ; de la règle : testis unus, testis us, p. 102. - De l'organisation judiciaire, p. 103. - Critique du paiement par fees, p. 104 ; du principe logique de division des cours, p. 105 ; du système de la pluralité des juges, p. 106. - De l'appel, p. 109. - Du jury, p. 110 : le quasi-jury, p. 112. - De la publicité des débats, p. 113. II. DROIT CONSTITUTIONNEL, 115Rédaction d'un "Code Constitutionnel", p. 115. - Les trois principes de la philosophie politique de Bentham, p. 116. - Moyens de maximiser l'aptitude officielle, p. 118. - Critique des préjugés libéraux, des "

  • L'ouvrage analyse la manière dont les entreprises multinationales industrielles peuvent participer au développement durable des pays du Sud. Il conduit à démontrer l'ambiguïté de la démarche de ces dernières tant au niveau du discours que des pratiques. Pour l'auteur, l'enjeu est d'insérer leurs activités dans des projets de nature politique permettant de viser à l'équité inter et intra-générationnelle tout en mettant en oeuvre une stratégie prenant en compte les inévitables conflits d'intérêt. Une telle approche conduit à définir la responsabilité des entreprises dans les domaines économiques, sociaux, sociétaux et politiques, en s'attachant à la dimension culturelle du développement. L'auteur propose des solutions pour mettre en oeuvre cette politique de responsabilité à la fois par l'adoption de normes incitatives et contraignantes et par la formation des élites du Nord comme du Sud, en s'appuyant sur une approche pluridisciplinaire inspirée de la pensée du philosophe américain Michaël Walzer et sur des enquêtes réalisées dans certaines filiales de multinationales.

  • Avant-propos, 1 CHAPITRE PREMIER Le problème politique, 5 III. LE PRINCIPE DE L'UTILITÉ CONTRE LA DÉCLARATION DES DROITS DE L'HOMME. BURKE ET BENTHAM, 6Le sermon de Price, p. 6. - Burke, pour répondre à Price, se fonde sur le principe de l'utilité, p. 7. - Utilitarisme expérimental et utilitarisme déductif, p. 9. - Théorie du préjugé, p. 10. - Théorie de la prescription, p. 13. - Burke et Bentham, p. 16. - Lord Lansdowne en 1789, p. 17. - Romilly, Bentham et la Constituante, p. 18. - L' "Essai de tactique politique", p. 19. - Le "Code d'organisation judiciaire", p. 20. - Bentham n'est pas démocrate, p. 21. - Lord Lansdowne et la Révolution, p. 23. - Romilly et la Révolution, p. 25. - Bentham et la Révolution, p. 27. - Bentham fait citoyen français, p. 28. - Les "Sophismes anarchiques", critique de la Déclaration des droits de l'homme, p. 29. - Ecrits divers de Bentham, p. 32. - Dumont de Genève et la Révolution : les lettres de Groenvelt, p. 35. - Préparation et publication des "Traités de législation civique et pénale", p. 36. III. MACKINTOSH, PAINE ET GODWIN, 37Répliques à Burke, p. 37. - La théorie du gouvernement simple contre la théorie du gouvernement complexe, p. 39. - Mackintosh, incertain entre la philosophie de l'utilité et la philosophie des droits de l'homme, p. 41. - Le principe des droits naturels chez Paine, p. 43. - Nécessité d'une Constitution écrite, p. 45. - Egalitarisme et individualisme, p. 47. - Le principe de l'identité naturelle des intérêts chez Paine, p. 48. - La société sans gouvernement, p. 49. - La transition de Paine à Godwin, p. 50. - Godwin et le principe de l'utilité, p. 51. - Il se fonde sur le principe de l'utilité pour critiquer la notion de droit, p. 53. - La liberté de conscience, p. 56. - Critique de l'idée de loi, p. 57, - et de l'idée de peine, p. 58. - Godwin et son temps, p. 61. - Godwin, républicain et utilitaire, p. 62. - Mais éléments intellectualistes qui distinguent sa doctrine d'avec le Benthamisme, p. 63. CHAPITRE II Le problème économique, 65 III. LE DROIT A L'ASSISTANCE. WILLIAM GODWIN, 66Le droit à l'assistance peut se déduire du principe de l'utilité : droit à l'assistance et droit au travail, p. 66. - La loi des pauvres en Angleterre, p. 67. - Le bill de Pitt, p. 69. - Paine et le droit à l'assistance, p. 70. - Godwin : la critique du droit de propriété individuelle fondée sur le principe de l'utilité, p. 71. - Les trois degrés de la propriété, p. 73. - Germes de cette théorie chez les précurseurs de la philosophie de l'utilité, p. 74. - Le principe de l'identité des intérêts chez Adam Smith et Godwin, p. 75. - La critique du luxe chez Godwin, p. 77. - Désharmonie des intérêts dans la société actuelle, p. 79. - Godwin n'est pas un révolutionnaire violent, p. 81. - Le problème de la population, p. 83. - Paley, p. 84. - Wallace, p. 84. - Condorcet, p. 85. - Les machines, p. 87. - Avec Godwin, la doctrine de l'utilité tend au socialisme anarchiste, p. 90.Le radicalisme philosophique III. LE PRINCIPE DE POPULATION. ROBERT MALTHUS, 91L'anomalie de l'état économique, p. 91. - L'école d'Adam Smith hostile aux lois des pauvres ; la loi du travail dans la doctrine de l'utilité, p. 92. - Germes de la théorie de Malthus chez les précurseurs de l'utilitarisme : Hume, p. 93, Adam Smith, p. 95. - Joseph Townshend, p. 96. - L'optimisme conservateur de Burke, p. 98. - Bentham hostile au droit à l'assistance, p. 101, discute le Poor Bill, applique le plan du Panopticon et le principe de l'identification artificielle des intérêts à la solution du problème, p. 102. - L'éducation du peuple, p. 103. - Malthus donne sa forme définitive à la doctrine orthodoxe, p. 104. - Ce qu'il doit à Condorcet, p. 105. - Il opère la fusion entre les idées fondamentales d'Adam Smith et celles de Godwin, p. 107. - Condamnation de la loi des pauvres, p. 109. - La seconde édition, p.&n

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