Presses Universitaires de France

  • À partir d'une enquête par entretiens auprès de femmes en couple, cet ouvrage propose une analyse sociologique de la parentalité lesbienne appréhendée à partir de l'exercice du travail parental fourni par les mères. Au-delà des individus, ce sont les deux membres d'un couple qui ont été rencontrés; couples de même sexe et ayant élaboré un projet parental, conduisant à diverses configurations familiales organisées autour de l'adoption, la coparentalité, l'insémination artificielle avec donneur connu ou inconnu, ou encore un rapport hétérosexuel.
    Le but de cette recherche est à la fois de révéler une vie quotidienne peu connue, souvent rendue invisible par le stigmate pesant sur l'homosexualité, et de réfléchir sur « la » famille et le cadre hétéronormatif dans lequel elle se définit. Travailler sur la parentalité lesbienne, c'est en effet interroger par la marge un ensemble de normes régissant le couple et la filiation à l'intersection de la sexualité et de la domination masculine, se demander : comment est-on mère quand on est lesbienne ? Comment est-on mère avec une autre femme, c'est-à-dire quand la « différence des sexes » est absente et quand on n'en a pas le statut légal ? Et, finalement: comment est-on mère « tout court » dans la société contemporaine ?

  • Au Cambodge, l'intervention militaire du Vietnam provoque en 1979 la chute du régime génocidaire de Pol Pot. Mais le libérateur ne tarde pas à devenir conquérant. Hanoï place le pays sous occupation militaire et tutelle politique, et organise le détournement à grande échelle de l'aide humanitaire d'urgence destinée aux rescapés du totalitarisme khmer rouge. Fuyant les combats, la disette persistante et la coercition exercée par la nouvelle République Populaire du Kampuchea, les Cambodgiens vont chercher refuge et assistance auprès des camps de la frontière thaïlandaise, dans lesquels ils restent bloqués pendant plus d'une dizaine d'années. Pour tenter de mettre un terme à trois décennies de conflits au Cambodge, les Nations unies s'engagent dans une partie de bras de fer diplomatique avec Hanoi, et portent assistance aux camps frontaliers tout en instrumentalisant la population réfugiée et les différents mouvements de résistance opposés au gouvernement de Phnom Penh. A travers l'instrumentalisation de cette population, l'auteur analyse les relations entre l'humanitaire, le politique et le militaire. Elle s'interroge sur la réelle portée d'une assistance humanitaire internationale lorsqu'il ne s'agit plus de gérer l'urgence mais la durée des conflits, sur le rôle ambigu des Nations unies, sur le droit et le devoir d'ingérence ou, au contraire, de réserve diplomatique.

  • Catherine Bachelard-Jobard a choisi une approche pluridisciplinaire afin de comprendre, sans aucun manichéisme, si notre société est réellement en marche vers l'eugénisme. En d'autres termes, sommes-nous en train de nous diriger vers un monde d'enfants parfaits procédant de la sélection pré-natale, décidée par les parents et autorisée par la loi ? Les parents peuvent-ils encore choisir de mettre au monde un enfant différent ? Enfin, les barrières posées par le législateur aux désirs individuels sont-elles suffisantes ? C'est ce débat passionnant que l'auteur se propose d'éclairer, à la lumière des origines historiques de ce problème, dans un ouvrage de référence.

  • A partir d'observations effectuées sur la vie de jeunes à Téhéran, originaires de trois groupes sociaux différents, elle a cherché à comprendre comment les blessures sociales de tous ordres que le régime ne cesse de leur infliger (violence physique, privation de droits, atteinte à la dignité) provoquent des réactions émotionnelles négatives (colère, honte, indignation, désarroi, amertume, mépris de soi) et aboutissent à l'apparition de l'esprit de résistance dans la conscience des jeunes. C'est ainsi que, plus de vingt ans après la révolution iranienne, le régime islamiste avoue son échec en matière d'éducation des jeunes, et qu'il en vient à augmenter de jour en jour le nombre d'interdictions et de contrôles. Au nom de l'Islam et de la révolution, il impose tellement d'interdits à la jeunesse que celle-ci ne sait plus ce qui lui est permis ; désormais, la seule certitude qui lui reste est que la jeunesse est un crime, et que la seule façon de la vivre passe par la transgression des lois.

  • SOMMAIRE IntroductionChap I -- L'élevage en France, plus de 30 ans de course à la performance quantitative ; le bien-être animal, point de convergence de nouveaux enjeux sociaux, économiques et scientifiquesLe bien-être des animaux d'élevage, l'affaire d'une société -- Le bien-être animal, une question à choix multiples pour la zootechnieChap II -- Bien-être animal ou bien-être des éleveurs et des animaux dans le travail, petites différences et grandes conséquences dans la façon de poser le problèmeChap III -- Travail, affectivité, communication, comportement animal, des cadres d'analyse aux hypothèses de rechercheEleveurs et zootechniciens, de l'élevage aux productions animales -- C'est quoi le travail ? -- La relation à l'animal d'élevage, l'amour d'abord ? -- Communication et comportement animal -- Représentations et attitudes -- L'élevage, un travail de mise en relation ? -- De l'écoute intersubjective des éleveurs à la validation d'affirmations objectivéesChap 4 : Les représentations de l'animal et de soi dans le travail en fonction de l'espèce et du système de production, résultats thématiques des entretiensChap V -- Représentations et attitudes impliquant la part affective et le rapport individuel et social au travail, valider et généraliser les résultats des entretiensChap VI -- Le travail en élevage entre plaisir et souffrance, résultat des enquêtes et analyses statistiquesChap VII -- Discussion des résultatsChap VIII -- Être éleveur c'est créer des liens, retour sur les cadres d'analyse et les hypothèses de travailConclusion : L'élevage doit mettre en place aujourd'hui de nouveaux rapports de sociabilité entre les animaux et les hommes

  • SOMMAIRE IntroductionPremière partie : L'HISTOIRE DE L'ESPACE OUZBEKChap 1 - Le temps des grands oasis de la Transoxiane : Boukhara, Khiva, Kokand Chap 2 - La colonisation russe et la construction d'un espace commun, le Turkestan Chap 3 - La lente instauration de l'Etat soviétique Chap 4 - Les modifications de l'espace, le découpage politico-administratif Chap 5 - Le nouveau rapport au temps, l'émergence d'une nouvelle élite nationaleDeuxième partie : L'IMAGINAIRE SOCIAL OUZBEKChap 1 - L'univers de la parenté Chap 2 - Le savoir généalogique, articulation d'une autochtonie et d'une ancestralité Chap 3 - Les normes et les représentations de l'alliance Chap 4 - Le rapport au sol Chap 5 - Le quartier, déclinaison d'un fait social total Chap 6 - La mahalla ou la redéfinition de la centralité Chap 7 - Les identités locales, le vatanTroisième partie : LA PRODUCTION DES RAPPORTS SOCIAUXChap 1 - L'orientation des échanges sociaux Chap 2 - Retour sur les échanges matrimoniaux Chap 3 - Une société du don Chap 4 - Les moments ritualisés du don Chap 5 - Les caractéristiques d'un réseau social Quatrième partie : L'EXERCICE DU POUVOIRChap 1 - Description d'un rapport social spécifique, relations patron-client Chap 2 - Construction du pouvoir politique local Chap 3 - Recomposition du pouvoir économique Chap 4 - Un pouvoir sur les morts, mollahs, saints Chap 5 - L'Etat ouzbek Chap 6 - Les logiques d'un système politique Chap 7 - L'institutionnalisation de l'Etat et la formation des élites nationales ouzbèkes Conclusion

  • On trouvera ici une histoire croisée de la FNAC et de ses employés. Fondé en 1954 par deux anciens militants d'extrême-gauche, ce distributeur façonne les pratiques de consommation culturelle des Français : les temps forts du développement de l'enseigne illustrent un modèle commercial basé sur l'alliance avec le consommateur, la médiation culturelle et les prix bas. L'ouvrage étudie également la trajectoire professionnelle des générations d'employés, entrés à la FNAC pendant ou après des études supérieures. Ce livre contribue à la fois aux réflexions menées sur la consommation culturelle et sur l'insertion professionnelle des jeunes générations.

  • Raphaël Jozan prend le contre-pied de bien des idées reçues sur la guerre livrée par les anciennes républiques soviétiques du bassin de la mer d'Aral pour le partage de l'eau. Il relève comment les modèles hydro-économiques de la coopération internationale viennent construire une véritable guerre de l'eau en amplifiant les tensions entre États.
    Contrebande de coton, détournement d'argent public, jeux sur les normes techniques : les économies nationales, observées par les experts internationaux, sont littéralement débordées. Les « fuites » d'une gestion de l'eau qu'ils jugent déficiente arrosent en fait une culture non enregistrée par les statistiques administratives et qui leur est invisible. Est-ce de l'aveuglement ?
    Ce travail interdisciplinaire, qui remonte aux sources de l'introduction du coton dans la région et à l'émergence du modèle hydraulique, propose une sociologie des dispositifs de mesures et de calculs des sciences économiques. Fondé sur une enquête de terrain originale, il éclaire la façon dont les experts, canalisés par les administrations locales et par leurs propres dispositifs, s'appuient sur une représentation qui omet une partie cruciale de la réalité.

  • Les maïs des Indiens zapotèques des montagnes du Mexique sont « contaminés » par la présence de transgènes échappés des laboratoires biotechs nord-américains. Ce croisement inattendu est bien plus qu'une simple question environnementale ou sanitaire, c'est un véritable choc quant aux différentes façons de se représenter l'agriculture, l'alimentation, la propriété, la connaissance et même la vie. Les maïs transgéniques, produits phares des biotechnologies agricoles, représentent en effet une redéfinition radicale du vivant, à l'heure où émerge la notion trouble de biodiversité comme nouvelle façon de parler de la nature. Ils incarnent aussi le rêve hypermoderne d'une alliance entre science et technologie, au service d'un marché tout-puissant, quand la crise écologique globale met justement en évidence les limites du contrôle humain sur son environnement et la nécessité de repenser le lien entre nature et culture. Finalement, on peut même se demander si ce micro-drame qui se joue dans les montagnes mexicaines ne renvoie pas à des conflits beaucoup plus fondamentaux autour de la redéfinition de notre époque moderne, bouleversée par le processus de globalisation.

  • Cet essai propose une réflexion sur l'islamisme dans ses rapports avec le religieux, le politique, le sexe et le genre dans les sociétés dites islamiques confrontées à la modernité. L'angle des rapports sociaux de sexe constitue une perspective privilégiée pour analyser l'idéologie islamiste et le rôle des divers acteurs sociopolitiques (islamistes et non-islamistes) dans son développement en tant qu'utopie sociale. L'expérience iranienne sert de laboratoire pour décortiquer les enjeux et les mécanismes du développement de cette idéologie. Elle met en lumière la nature totalitaire du projet sociopolitique porté par l'islamisme et ses conséquences sociopolitiques. Au-delà de l'Iran, cette analyse approfondit aussi les questions actuelles sur l'essor de l'islamisme et ouvre de nouvelles perspectives pour examiner les discours sur les conflits de civilisation.


  • L'obstacle majeur de la réalisation d'un projet de paternité chez un homme gay ne tient pas à des lois biologiques mais à des règles culturelles et aux représentations qui y sont associées. En Occident, la dimension biologique tend à se fondre avec la dimension généalogique.

    La société a organisé le mariage comme socle de la famille et mode de désignation des parents. D'autres arrangements sont possibles à travers le monde. Toutes les formes d'homoparentalité

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    adoption, maternité pour autrui, coparentalité

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    ne s'opposent pas à cette construction bio-conjugale de la parentalité mais toutes doivent s'émanciper partiellement, soit d'un modèle biologique qui fonde la parentalité sur la complémentarité des sexes, soit d'un modèle culturel qui fonde la famille à partir de l'union conjugale.
    Des hommes ont osé reconnaître en eux un désir de paternité bien qu'ils soient homosexuels. Le témoignage de 27 d'entre eux permet de suivre les chemins par lesquels ils sont passés pour affirmer ce désir et l'assumer.

  • Pour explorer ce savoir de la nuit, et afin que s'éclaire la nuit du savoir, Anne Perraut-Soliveres, elle-même infirmière de nuit, a enquêté pendant sept ans, recueillant de très nombreux témoignages d'infirmières que l'on retrouve dans son livre. Prenant appui sur une méthode particulièrement originale, qui mêle le " je " de l'auteur aux énoncés plus " impersonnels " de la recherche, cet ouvrage vise à redonner aux infirmières une position stratégique dont la déshumanisation croissante de l'institution hospitalière les a destituées.Cet ouvrage aidera les lecteurs à prendre conscience du piège qu'a tissé, avec l'assentiment d'une majorité silencieuse, un système de soins fondé uniquement sur le profit.

  • Qui sont les habitants des squats ? Que réclament-ils ? Pourquoi sont-ils de plus en plus nombreux ? Comment se déroule la vie quotidienne dans un squat ? C'est à ces questions, et à bien d'autres encore, que cet ouvrage, fruit d'une immersion de près de dix années dans les mondes du squat, propose de répondre.
    Avec rigueur et sensibilité, accordant une large place aux témoignages et aux récits ethnographiques, Florence Bouillon prend le contrepied de bien des idées reçues. Elle montre d'abord avec force que le squat est le produit de la spéculation immobilière et des insuffisances du droit au logement. Mais le squat ne peut être seulement saisi par défaut : loin de n'être qu'un logement illégal, il constitue un refuge, un domicile, un espace de solidarités. Quant aux squatteurs, couramment décrits comme des « inutiles au monde », ils s'avèrent capables de mobiliser des compétences relationnelles, cognitives et urbaines insoupçonnées. Ainsi l'auteure affirme-t-elle la nécessité d'une approche dialectique des mondes de la vulnérabilité, articulant processus de désaffiliation et dynamiques de résistance.
    Ce livre captivera tous ceux qu'intéressent les questions du droit au logement et à la ville, les problématiques de justice sociale, de pauvreté et d'inégalités.

  • L'ouvrage traite des troubles psychiques des adolescents handicapés mentaux pris en charge en Institut médico-professionnel (IMPro). L'auteur se situe dans une perspective psychopathologique pour aborder aussi bien les difficultés intrapsychiques et intersubjectives de ces adolescents - notamment en ce qui concerne l'attachement aux parents -, que la dimension traumatique pour la famille touchée par le handicap. En situant son étude au-delà des clichés et des idées préconçues, Fleur Michel cherche à « donner la parole aux adolescents handicapés mentaux et permettre que leurs questionnements douloureux puissent être davantage pris en compte ».

  • Autour de la notion de féminisme populaire, développée par l'histoire des femmes, c'est une histoire sociale et politique du pouvoir familial dans les camps palestiniens de Jordanie qui est le sujet de ce livre. Il montre comment l'exil de 1948 et la place des réfugiés dans la société jordanienne ont construit une "idéologie familiale" contestée par les femmes réfugiées. Elles ont "donné le change" en produisant une réalité de substitution, une image, celle de la pérennité du pouvoir masculin tout en le subvertissant, elles deviennent avant-gardistes. Cette société de femmes qui émerge est aux prises avec des valeurs "contraignantes" telle celle de l'honneur. L'ouvrage est rédigé à partir d'enquêtes faites dans deux camps palestiniens de Jordanie et de l'histoire d'une famille celle des Suleiman

  • Cet ouvrage s'intéresse au rapport entre le collège et son environnement dans les quartiers populaires au travers de l'étude des conduites délinquantes des adolescents à la fois dans et autour de l'école, en France et au Brésil. Si les adolescents scolarisés dans les établissements de quartiers populaires entrent au collège avec des dispositions vis-à-vis des normes scolaires et des normes juvéniles déjà partiellement structurées par leur milieu de vie, c'est très souvent à l'intérieur même des établissements scolaires que se développent, en interaction avec des processus proprement scolaires, des conduites déviantes et des pratiques délinquantes chez certains d'entre eux. L'étude s'appuie sur un important travail de terrain. En France, le chercheur a observé dans son propre quartier des adolescents membres de plusieurs bandes locales, qu'il a suivis dans la rue et dans leur collège. Au Brésil, il a travaillé avec un gang d'adolescent lié à un réseau de narcotrafiquants d'une importante favela de Rio de Janeiro. En se gardant de tout sensationnalisme, l'auteur dépeint le quotidien de ces adolescents : une immersion qui bouleverse bien des clichés et révèle le poids de l'école dans la construction des réalités sociales qu'elle redoute. Une "enquête" explosive ...

  • Cet ouvrage s'intéresse à l'élaboration d'un cérémonial royal en France aux XVII e et XVIIIe siècles, aboutissant à la mise en place de l'étiquette de cour en vigueur à Versailles. La famille royale devient un objet de représentation, un cérémonial de cour se met en place et devient un spectacle quotidien. Les coutisans y jouent un rôle essentiel, spectateurs et acteurs d'un système de représentation confiné à Versailles, sauf pour quelques rares cérémonies, grands événements du royaume. Partir des rituels et non d'une vision globale d'un système social, permet de comprendre comment le pouvoir se met en scène.

  • La prison change-t-elle ? La prison peut-elle changer ? N'est-elle qu'une machine à produire le stigmate ? Constitue-t-elle une partie de la "solution" à la délinquance ou plutôt une partie du "problème" ? S'interrogeant sur la légitimité d'une institution qui, intra muros, semble largement incompatible avec la dignité de l'individu démocratique moderne, l'auteur suggère que les véritables réformes carcérales se feront par-delà les murs, par le réancrage des questions des sécurités au coeur d'une réflexion politique et d'un projet de société.

  • Afin de savoir pourquoi l'euthanasie fait toujours débat, il faut analyser la demande personnelle d'euthanasie, sa revendication collective en étant attentif à l'expression et aux situations des gens ordinaires de la vie. Il s'agit d'examiner les différentes positions et les témoignages tout en maintenant l'angle éthique, de montrer que le raisonnement normatif, bien que nécessaire, n'est pas la seule voie possible d'exploration de la situation et du sens de l'expérience morale. Il s'agit alors d'appliquer une éthique descriptive fondée sur l'attention aux intonations et aux expressions singulières. Penser l'euthanasie, ce n'est donc pas seulement raisonner sur ce sujet ; c'est également entendre et voir ce qui est important dans une situation donnée. L'enjeu de cette réflexion est donc de faire redescendre la problématique sur le sol raboteux de l'ordinaire. La mort y apparaît-elle encore comme la seule réponse possible pour celui qui est empêché de vivre ? Rien n'est moins sûr.

  • Que peut apporter la pensée sociale et politique à la compréhension du travail contemporain ? Quels en sont les enjeux fondamentaux?
    Pour comprendre ce qui se joue aujourd'hui, l'auteur entend faire une généalogie des rapports entre esclavages et modernité. Cette question centrale, trop souvent négligée dans les sciences humaines, s'est posée à chaque fois dans l'histoire à un moment de basculement de civilisation.
    Les nouvelles formes d'organisation du travail et leurs incidences sur la santé mentale et physique des travailleurs salariés suscitent de réelles inquiétudes. Quels sens donner à ces évolutions majeures du travail ? L'ouvrage entend montrer que la tendance tyrannique du nouveau capitalisme peut se donner à voir comme une exigence de « servitude volontaire » envers le salariat. Face à ces nouvelles formes de domination et son potentiel de destructivité pour la société toute entière, le droit apparaît comme le seul garde-fou capable d'enrayer cette tendance.

  • Issus des méthodes militaires visant le retour au combat, les débriefings, qui incitent au récit précoce de l'expérience à caractère traumatique, favorisent-ils vraiment son élaboration ? Si j'étais moi-même concerné, souhaiterais-je rencontrer sur le champ un « psy » ? Comment réagirais-je s'il me disait que, pour mon bien, je dois lui conter en détails ce que je viens de vivre ? Par exemple, l'accident au cours duquel mon enfant est mort sous mes yeux ou celui où j'ai tué accidentellement un piéton...
    Cet ouvrage montre qu'inciter à parler d'une expérience traumatique est souvent une erreur. Certes, si une personne souhaite s'exprimer, une écoute est nécessaire. Mais le plus important, au début, est d'offrir un environnement protecteur et bienveillant. Or les débriefeurs répondent aux pressions de certains pouvoirs politico-militaires et sociaux : si un soldat traumatisé constitue une perte pour son commandement, de manière analogue un convoyeur de fonds ébranlé, par exemple, correspond à un manque à gagner pour son employeur. D'où l'intérêt récent de certains DRH pour leurs employés traumatisés. Un débriefing et ça repart...
    Ce livre ne s'adresse pas qu'aux sauveteurs et aux « psys » : chacun de nous peut avoir à accueillir, un jour, quelqu'un qui vient de vivre un événement « traumatisant ».

  • Dans un contexte de développement rapide des tests génétiques, cet ouvrage analyse les enjeux sociaux d'une politique de dépistage pour une maladie génétique, dans leur dimension scientifique, politique et morale. Sont explorés les conditions d'émergence de sa mise en oeuvre, les logiques politiques qui la sous-tendent et les effets qu'elle produit en termes de normes et de valeurs. Fruit d'une enquête menée pendant cinq ans, l'étude montre les liens entre des savoirs biomédicaux et des techniques politiques, les types de sujets produits, l'extension de l'idée d'anormalité biomédicale, et l'articulation entre pratiques de soins et logiques de sélection des foetus. Elle tente ainsi de rendre compte des pratiques ordinaires liées à la génétique médicale actuelle - même si les questions qu'elles posent le sont beaucoup moins - et, au-delà, de ce que ce dépistage nous dit des transformations de la médecine et de nos sociétés.

  • Le livre vise à repérer les causes de la non-reconnaissance des professionnels de la culture. Il faut pour cela remonter à la Révolution française et à la construction du modèle républicain. On montre ainsi comment l'action culturelle, située à l'intersection de l'obligation d'instruction et des principes fondamentaux de la liberté d'expression et de la liberté de conscience, peine à trouver un espace professionnel propre. L'indéfinition des « métiers de la culture » apparaît notamment à travers l'analyse de données extraites de la bourse d'emploi culturemploi.com, et traitées de façon dynamique grâce au logiciel See-K dit des « arbres de connaissances ». On peut dès lors s'interroger sur la pertinence et l'efficience, du point du vue des valeurs républicaines, des politiques dites de « démocratisation culturelle ».

  • A travers ces récits, retranscrits par des intermédiaires, les femmes aborigènes d'Australie racontent leur vie. Arrachées à leurs familles, elles ont été élevées dans des missions dirigées par les Blancs pour servir les colons. Mais ces récits destinés à présenter une version aborigène de l'histoire australienne sont-ils pour autant scientifiquement fiables ? Ces femmes parlent avec nostalgie de leur culture mais quelle limite la mémoire impose-t-elle au récit historique ? Un témoignage original sur une culture peu connue.

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