Presses de l'Université Laval

  • L'enjeu de cet ouvrage est de comparer les multiples expressions de l'espace continental des Amériques et de l'espace insulaire des Caraïbes qui lui fait face en analysant les modalités de renouvellement des mythes, des narrativités et des perspectives menant à la reconfiguration de cet espace. Les analyses sont structurées autour de quatre axes nourris par des réflexions portant sur les conflits et les croisements culturels, économiques, sociaux et politiques : 1) déplacements et traversées de frontières, 2) dynamiques urbaines et représentations, 3) confins, territoires et non-lieux et 4) espaces mémoriaux.
    Avec des articles signés par Bernard Andrès, Adina Balint, Zilá Bernd, Jean-François Côté, Maria Zilda Ferreira Cury, Alberto Da Silva, Françoise Dubosquet Lairys, Eurídice Figueiredo, Thierry Goater, Ilana Heineberg, Patrick Imbert, José Luís S. F. Jobim, Soraya Lani, Rita Olivieri-Godet, Licia Soares De Souza, Bertrand Westphal.

  • Cet ouvrage met en relief le nouvel essor des expressions culturelles autochtones et les conditions de leur réception. Il s'appuie sur des études et des analyses qui mettent en relief la manière dont nos sociétés se transforment, grâce à une véritable renaissance des cultures autochtones ayant cours depuis quelques décennies, et les enjeux et les défis que cela représente du point de vue de leur reconnaissance. Ce sont avant tout les relations entre sociétés autochtones et non autochtones qui sont appelées à être reconsidérées dans ce contexte, à travers des expressions littéraires, cinématographiques, théâtrales, performatives et politiques, qui appellent des interprétations susceptibles de changer les perceptions culturelles qui sont mises en cause des deux côtés de ces relations. Cet ouvrage table sur des rencontres qui permettent de nous reconnaître mutuellement selon de nouvelles avenues, plus respectueuses des conditions permettant de concevoir comment vivre en commun une expérience de réelle réconciliation.

  • À travers l'oeuvre de trois écrivains des îles antillaises de la Martinique et la Guadeloupe, Corina Crainic dresse ici un portrait saisissant et mouvant de l'identité de ses habitants. C'est principalement la figure des marrons, ces esclaves fuyant la plantation pour la liberté dans la forêt, qui signe la trace de ces récits. L'identité des Martiniquais et des Guadeloupéens est particulièrement complexe. Elle a oscillé entre une origine africaine dont l'expérience coloniale a oblitéré la filiation, une intégration à la France d'outre-mer jamais complètement consentie, et une insertion socioéconomique sur un territoire qui suinte encore la douleur de l'esclavage.
    S'éloignant des figures de la négritude, comme de celles de la créolité, le marron, le seul véritable héros antillais décrit dans ces travaux d'écrivains récents, s'ouvre sur l'américanité. Une américanité qui prend ses distances face à l'appartenance et au sens pour une identité de relations à l'autre, une identité du recommencement. L'acceptation de l'appartenance au continent n'est pas pour autant dénuée de troubles identitaires et de violences propres à ces lieux de liberté et de commencement.
    Le lecteur québécois trouvera dans cet ouvrage des complicités identitaires certaines. Déjà, au cours des années 1960, les oeuvres de Frantz Fanon sur la décolonisation et d'Aimé Césaire sur la négritude avaient nourri nos imaginaires. Les écrits de Simone Schwarz-Bart, Édouard Glissant et Patrick Chamoiseau, lus à l'aune de l'américanité, ne sont pas sans faire écho à nos propres débats sur notre appartenance continentale.

  • Composé au Pérou à la fin du XVIe siècle par le jésuite espagnol José de Acosta, le récit de la Peregrinación de Bartolomé Lorenzo raconte, à l'aide des procédés caractéristiques du roman d'aventures, le périple accompli par un jeune portugais sur les routes et dans les marges de l'Amérique espagnole jusqu'à son incorporation dans la Compagnie de Jésus à Lima vers 1570. Le récit d'Acosta, bien qu'il ait été tiré de l'oubli et ait été placé au nombre des précurseurs du roman hispano-américain par la critique postcoloniale latino-américaine, reste largement méconnu des historiens de la littérature. En outre, les éditions du récit qui ont fait autorité jusqu'à présent sont épuisées ou difficilement accessibles, et contiennent des erreurs de transcriptions et de nombreuses altérations. Le présent ouvrage propose une toute nouvelle édition de la Peregrinación de Bartolomé Lorenzo, basée sur le texte du manuscrit conservé dans la collection Jésuites de l'Académie royale d'histoire d'Espagne. Il comprend une présentation de l'auteur, José de Acosta, une introduction au récit et au contexte de sa composition, une toute première traduction française, et il est accompagné d'une étude compréhensive du texte qui propose de nouvelles voies d'interprétation.

  • L'objectif principal du livre L'Amérique du Nord : une histoire des identités et des solidarités est d'explorer l'histoire transnationale des trois partenaires nord-américains au cours des XIXe, XXe et XXIe siècles. Les réflexions proposées dans cet ouvrage permettent de voir que, si l'intégration s'avère fragile sur certains terrains, elle laisse entrevoir également des liens nord-américains beaucoup plus durables, ainsi que des contacts plutôt surprenants entre les deux voisins périphériques de l'Amérique du Nord. De la définition du territoire aux mouvements de solidarité, des migrations touristiques et culturelles au défi posé par des concurrents commerciaux, ce livre rebrasse notre compréhension du processus d'intégration de l'Amérique du Nord.

  • Les romans, nouvelles et récits des Amériques s'ouvrent de plus en plus aux altérités et ainsi se rejoignent dans leurs dynamiques. Leur structure narrative est fondée sur le schéma de Greimas et mène à la transformation de contenus à partir de temporalités/causalités qui s'enchaînent. Les causalités justifient des exclusions comme barbarie/civilisation. Elles sont fondées, selon René Girard, sur la mimésis d'appropriation et une violence réciproque menaçant la communauté et sur la production d'un bouc émissaire conduisant à une violence unanime. Cette dernière renforce l'homogénéité du groupe qui se construit sur des paradigmes binaires vie/mort, intérieur/extérieur et richesse/pauvreté. Ils sont aussi présents dans des textes fondateurs, Bible, Popol Vuh, Torah et Livre des Mormons. Cependant, la dynamique narrative d'exclusion est récemment déjouée par des auteurs comme Simone Chaput, Yann Martel, Paul Auster, Laura Esquivel ou Leanne Betasamosake Simpson. Pour déplacer la structure narrative causale justifiant l'exclusion, les textes contemporains des Amériques (Canada, Québec, États-Unis, Mexique, Brésil, Caraïbes) utilisent des techniques et des thématiques jouant du fragment, du hasard, du non-causal, des interprétations multiples et de la réincarnation. Ils s'inscrivent dans une dynamique à la fois postcoloniale au sens de Homi Bhabha et multiculturelle au sens de Will Kymlicka. Ils ouvrent sur un transculturalisme où égalité et différence marchent de concert dans la reconnaissance des altérités, le partage des savoirs et la multiplication des images de soi allant jusqu'à l'affirmation d'une normalité queer.

  • Ce livre rassemble et retrace des réflexions qui fondent ma pratique et ma conception du théâtre qui s'est construite de 1984 à 2020. Pour moi, la fonction de l'art est sacrée et notre théâtre remonte aussi loin que notre présence précolombienne à l'échelle des trois Amériques. Aussi, ce recueil comprend des textes de fond, des entretiens, de la poésie, des prises de position politique, des dénonciations, des textes sur l'histoire ininterrompue de ma nation Wendakeha'ga rhonon (huronne-wendate) et sur celles d'autres nations qui traduisent ici une lutte, une quête, une éthique. Le théâtre est essentiel à la décolonisation culturelle et sociale en cours chez les Autochtones, les Canadiens et les Québécois. C'est aussi un art qui nous relie à nos racines précolombiennes.
    Pour moi, les Amériques se sont bâties sur un génocide souhaité, mais irréalisé. Aujourd'hui à la grandeur des trois Amériques, nous poursuivons cette marche pacifique vers une redéfinition identitaire historique qui refondera la justice pour l'ensemble des trois Amériques au moment même où les conséquences du réchauffement climatique atteignent le point de non-retour.

  • Le présent ouvrage retrace le parcours des mobilisations sociales organisées à la grandeur des trois Amériques contre un ambitieux projet promu par les États-Unis du président Clinton d´instaurer une intégration à grande échelle réunissant 34 des 35 pays du continent.

  • « Cet ouvrage, particulièrement bien informé, propose à la fois une synthèse des discours tenus sur l'américanité et la mise en place de nouvelles perspectives, notamment en ce qui concerne la « différence » québécoise et le multiculturalisme canadien. » Lise Gauvin, Université de Montréal « Ce livre original propose une nouvelle carte des identités en Amérique du Nord. En faisant entendre des conversations entre formes d'expression et groupes culturels qui sont rarement mis en contact, Winfried Siemerling réoriente le débat sur l'américanité. Dans ces dialogues, les voix du Québec sont un point de référence essentiel : elles participent pleinement à la redéfinition de l'espace américain. » Sherry Simon, Université Concordia « Ce livre de Winfried Siemerling présente une analyse critique nouvelle des principales figures et tendances de la critique américaine et canadienne à l'ère du multiculturalisme. » Werner Sollors, Harvard University « Il s'agit d'un réexamen important des études américaines tant au plan de la méthode qu'à celui du contenu. Les débats sur le multiculturalisme et la formation des canons littéraires s'en trouvent orientés vers de nouvelles directions prometteuses. » Linda Hutcheon, University of Toronto « Dans cet ouvrage captivant, Winfried Siemerling examine les incidences d'une herméneutique spatiale sur la recherche littéraire et culturelle. Ce livre remarquable s'ouvre sur le tracé des mappes cognitives qui définissent le Nouveau Monde et l'Amérique du Nord ; il examine ensuite les ressources qu'offrent ces éléments conceptuels dans divers contextes informant les cultures émergentes de la modernité diasporique. L'accent placé sur le lieu et sur la relation dans ces réseaux topographiques fournit l'une des interprétations comparatives les plus complètes de la multiplicité culturelle et linguistique de l'Amérique du Nord. Ce livre sonne le réveil en reconfigurant la notion même d'études américaines. » Hortense Spillers, Cornell University

  • Définition de la culture populaire, tendances contemporaines de la mondialisation et horizons disciplinaires (anthropologie, sociologie, communication)permettent une interprétation probante du développement actuel des sociétés latino-américaines centrée sur l'épineuse question du destin de leur modernité.

  • Les femmes autochtones dans l'espace public mexicain Nouv.

    Cet essai considère l'espace public mexicain en tant que construction sociale hiérarchisée, révélatrice des rapports de pouvoir et des orientations idéologiques qui se manifestent depuis que les femmes autochtones, organisées collectivement, y jouent un rôle spécifique, tant économique que politique. L'analyse des dispositifs de développement rural, au sein de l'espace économique, met en évidence les phénomènes d'altérisation mais aussi de constitution du sujet femme autochtone, à partir des rapports de pouvoir qu'elles subissent et sur lesquels elles se donnent la possibilité d'agir. L'espace politique féminin autochtone, quant à lui, est un espace pluriel où de nouveaux imaginaires entrent en compétition; parmi eux, le corporatisme et la résistance rebelle zapatiste. Rendre compte de l'intervention des femmes autochtones dans l'espace public nécessite d'articuler le genre avec l'exclusion ethnique, la classe sociale et la citoyenneté. Dès lors, ce texte met en évidence les identités sociales, sexuelles, culturelles et ethniques - et leurs transformations -, ainsi que les processus de légitimation sociale et politique de groupes sociaux émergents.

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