Presses de l'Université Laval

  • Par sa nature outrancière, la rhétorique trumpienne rompt avec les règles léguées par la longue tradition des théories argumentatives en Occident. Face aux prescriptions et aux dictats normatifs classiques, le 45e président américain détonne. De manière éclatante, il incarne tout l'opposé de ce que recommandent depuis toujours ceux qui ont fondé la rhétorique et qui ont réfléchi en la matière. Pourtant, chez un vaste auditoire qui compte des millions d'électeurs, ses injures fascinent et son style fait désormais école. Un peu partout en Occident, divers clones au talent varié prennent confiance en raison de la notoriété fulgurante du président américain.
    Ainsi commence cette histoire rocambolesque : si le 45e président américain a été élu, c'est précisément parce qu'il n'est pas présidentiable et que son argumentation est hors norme. Sa vulgarité, son arrogance pharaonique et son mépris pour le décorum sont bel et bien indissociables de sa gloire politique.

  • Le cinéma et la presse ont toujours possédé un grand nombre d'affinités électives, de même qu'ils ont toujours été en compétition. Leurs canaux de diffusion et leurs plateformes ne cessent de se croiser, depuis les actualités filmées du début du XXe siècle jusqu'au journalisme participatif du Web 2.0. Leurs matériaux et leur langage connaissent également des hybridités et des échanges foisonnants, que le journalisme investisse petit et grand écrans ou que le cinéma absorbe la matière journalistique. De nouveaux genres cinématographiques - tels le reportage cinématographique et le film-enquête -, et genres journalistiques - telle la critique cinématographique - en sont nés. À ces remédiations s'ajoutent les représentations réciproques, le cinéma ayant continuellement mis à l'épreuve le journalisme, le journalisme ayant participé à l'avènement comme à l'institutionnalisation du cinéma. À travers les alliances et les rivalités, les correspondances et les contradictions, les simultanéités et les renversements, ce volume propose ainsi d'explorer la redéfinition continuelle de nos médias et de leurs identités.

  • Cet ouvrage étudie les multiples facettes de la relation entre Jules Verne et la culture médiatique, en amont et en aval de l'oeuvre, « avant » et « après » Jules Verne, des années 1860 à nos jours. Puisque, tel Phileas Fogg, le héros du Tour du monde en quatre-vingts jours et grand lecteur de journaux, Jules Verne, est un homme en prise directe sur le discours social, tout ce qui s'écrit, se pense et se représente dans la presse et la littérature contemporaine pénètre ses notes de lecture et la composition de ses romans, de sorte que son oeuvre constitue un point d'observation idéal pour cartographier certaines topiques de l'imaginaire social. En outre, on peut à juste titre voir en Verne un mythographe, c'est-à-dire un créateur de mythologies modernes qui ont trouvé à s'incarner dans la culture médiatique de son temps et dans ses déclinaisons ultérieures, de la Troisième République aux projections rétrofuturistes de l'esthétique steampunk. Un certain nombre de personnages, de thèmes, de situations et de stéréotypes géographiques participant de l'imaginaire social prennent leur origine, ou du moins trouvent leur exposition déterminante, dans son oeuvre, qui serait ainsi connue de tous - même de ceux qui n'ont jamais ouvert un roman de Jules Verne.

  • Pourquoi la peur reste-t-elle prise en charge par des écrivains africains de générations différentes ? Quelles configurations sociopolitiques se dessinent lorsqu'on passe de l'État espéré de droit à l'État d'insécurité absolue? Avoir peur serait-il un paradigme essentiel de lisibilité de l'expérience postcoloniale ?
    Partant d'une analyse transversale du roman africain de langue française, les auteurs mettent en lumière la vulnérabilité de sujets qui, suppliciés par des épidémies ou des catastrophes de tous ordres, vivant dans la hantise d'être muselés, arrêtés, torturés par les « forces de l'ordre », milices, bandes criminelles et terroristes islamistes infestant des autocraties tropicales, sont promis à une fin tragique.
    En offrant des pistes essentielles pour l'interprétation de l'insécurité comme signe, cet essai construit des hypothèses sur le rôle de l'État et le sens du politique en contexte de déréliction. Il détermine également les conditions de possibilités d'une véritable émancipation dans une conjoncture où les autoritarismes les plus brutaux sont pris de panique.

  • Quelle est la valeur de la fiction aujourd'hui? Le mode fictionnel a-t-il sa place lorsqu'il s'agit de raconter des événements comme les guerres? Quelles stratégies le récit contemporain déploie-t-il pour dire la guerre telle qu'elle se déroule à notre époque? Ce thème suscite des difficultés, qui renvoient toutes de près ou de loin au danger de fausser la mémoire d'un événement historique traumatisant pour des collectivités. Ce livre montre comment une certaine poétique peut parvenir à négocier ces écueils.
    L'étude de textes de théâtre et de romans de Wajdi Mouawad, Laurent Gaudé, Mathias Énard et Jean Rolin révèle que la littérature pallie un manque laissé par l'ouvrage historique, le reportage journalistique ou le témoignage, surtout, et paradoxalement, parce qu'elle exhibe sa fictionnalité. Cet ouvrage aborde les oeuvres comme des laboratoires où sont testés les rapports entre narratologie et éthique. Il évalue la légitimité de la fiction, son intérêt et sa pertinence, et suggère qu'à l'ère postfactuelle le récit de guerre renvoie à nos valeurs et à nos croyances autant qu'à nos scrupules et à nos contradictions.

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