Presses universitaires de France (réédition numérique FeniXX)

  • Le chercheur en sciences humaines, mais aussi le praticien qui intervient à titre professionnel dans le jeu d'acteurs compliqué de l'alimentation (médecins, pouvoirs publics, industries, médias, consommateurs, experts...) trouveront ici une description détaillée de la structure, du contenu et des variations des représentations sociales et des comportements alimentaires de la population française contemporaine. Ces descriptions s'appuient sur l'exploitation d'un matériau empirique considérable (plusieurs enquêtes lourdes du Crédoc, sur des milliers de personnes, l'analyse de 500 définitions de dictionnaire avec des méthodes nouvelles dans la discipline...). Au-delà de cet apport descriptif, on s'attache à expliciter concrètement, au niveau individuel et social, les mécanismes qui lient la pensée à l'action. Pour cela, la théorie des représentations sociales est ici formalisée d'une manière « calculable », et examinée dans une perspective fonctionnelle (« que font les gens avec leurs représentations ? »). Cela permet de rendre compte, en passant, de la diversité des représentations observée dans une population, des aspects « magiques » de diverses croyances alimentaires, et surtout de la coordination sociale des comportements. On propose enfin quelques hypothèses sur les lois de développement culturel des représentations, notamment celle du « trophisme » (développement par l'usage des aspects les plus utilisés), et sur l'écologie des représentations sociales en tant que populations de représentations individuelles. Ces hypothèses jettent un pont avec plusieurs autres disciplines des sciences humaines.

  • L'amitié constitue un lien majeur attesté par mille témoignages, à travers les temps et les cultures. Des sondages récents ont révélé sa valeur prioritaire dans toutes les catégories d'âge et de niveau social. Mais l'amitié n'a pourtant fait l'objet que d'études sporadiques et disparates.
    Cet ouvrage vise à en cerner les contours et les profondeurs, à la lumière d'enquêtes multiples et d'approches expérimentales et cliniques. En partant du cadre quotidien des rencontres, on aboutit à l'intimité singulière des dyades selon deux démarches successives : l'inventaire des régulations sociales qui déterminent plus ou moins le champ des éligibles ; l'étude interactionnelle concernant les attractions, motivations et perceptions affectives. On découvre ici le rôle de l'idéal personnel ; celui des affinités de style ; et finalement le sens d'un échange qui conjugue à des degrés divers connivence narcissique et expérience communielle.

  • L'androgynie n'est pas seulement un état physiologique ou pathologique. Elle est aussi une conception du monde, que partage un être humain sur trois. Depuis une vingtaine d'années, la psychologie sociale s'est intéressée à l'individu androgyne, défini par l'originalité de ses manières d'être, qui réunissent les qualités des deux sexes et en tempèrent les accents forts. Les androgynes apparaissent alors comme la solution à l'inégalité sociale des sexes, qui restreint la femme à la sphère privée et l'homme à la sphère publique. Ce livre décrit qui sont les androgynes. L'auteur fait ressortir le pluralisme des conceptions de l'androgynie, mais il en souligne également la fragilité. Il montre avec force exemples que ce qui apparaît comme la solution au problème de l'inégalité des sexes devient souvent l'instrument de sa reproduction.

  • Le travail social tente de remédier à la rupture du lien social, en particulier auprès de populations de jeunes dits en difficulté. Or, ses missions sont largement contradictoires : aider, soigner, former mais, en même temps, contraindre, surveiller, évaluer. Mais surtout, l'énorme production de paroles et d'écrits qu'il engendre avec/sur ses clients en conversations, entretiens, réunions, ou rapports apparaît remarquable ! De bilans en synthèses, de projets en contrats, c'est ce réseau de discours qui traite le jeune et de lui. Dans ces conditions, les travailleurs sociaux doivent disposer d'outils d'observation et d'évaluation de leurs propres actes de parole. Depuis plus de vingt ans en Amérique du nord, puis en Europe, ethnologues, sociologues, linguistes, philosophes du langage et psychologues sociaux étudient de telles pratiques. La démarche pragmatique présentée ici, évalue théoriquement et met en relation concrète dans l'analyse des discours, les principaux courants : psychologie sociale interactionniste, ethnométhodologie et philosophie du langage.

  • Cette étude met en scène et analyse les mots des acteurs politiques et médiatiques qui ont construit l'offre politique à laquelle les citoyens ont été confrontés, à partir de laquelle ils ont voté et ont élu, en mai 1995, un Président de la République.

  • S'appuyant sur une enquête empirique inédite, ce volume décrit les relations fraternelles d'un échantillon d'adolescents et démontre l'influence considérable qu'ont sur elles la dynamique familiale, ainsi que les identités de sexe et d'âge. Loin d'être uniquement fonction de psychologies individuelles, les relations fraternelles s'inscrivent dans les réalités familiales et sociales contemporaines.

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