Presses universitaires de France (réédition numérique FeniXX)

  • Les premiers Européens qui découvrirent le Brésil et ses cannibales y consacrèrent de nombreux écrits. Cet abondant matériel, qui fut aussi à la source des images contradictoires du bon et du mauvais sauvage, permet une reconstruction détaillée du rituel cannibale tupi-guarani et de ses significations.

  • A la fin des années soixante-dix, la France accueillit quelque dix mille Hmong, représentants d'une minorité du Laos. Comment cette population montagnarde a-t-elle vécu ce choc de cultures inscrit dans les prolongements de la guerre d'Indochine ? Une contribution à la manière dont les individus et les groupes répondent symboliquement et pratiquement à un contact de culture.

  • Après avoir posé des jalons concernant l'histoire de la folkloristique russe, l'auteur retrace la grande aventure scientifique que fut la recherche de chants épiques et de contes dans les régions reculées de la Russie du siècle dernier. Un chapitre est ensuite consacré à chacun des genres les plus célèbres du folklore verbal russe (incantations, contes, chansons rituelles, chants épiques, etc.).

  • Quelle perception des faits de maladie les gens de la Grande Terre ont-ils de nos jours, quelles explications en donnent-ils ? Le champ de la maladie constitue le lieu d'interprétations et de pratiques beaucoup plus larges que les seules affections physiques et mentales. Il s'agit à la fois de corps social, de religion et de métaphysique.

  • Cet essai emprunte une méthode qui se veut cartésienne pour déterminer parmi le foisonnement des travaux actuels ce qui permet d'en discerner la richesse ou au contraire les routines. Il fait référence aux fondateurs comme Malinovski ou Mauss ; il tente de dégager ce qui est distinct et clair, ce qui informe ou qui donne sens. Des fils conducteurs pour mener l'enquête dans ce monde changeant.

  • Comment l'alcoolisme est-il pensé et vécu par les alcooliques et leur famille ? Comment ces derniers réorganisent-ils leur existence en vue de lutter contre la rechute ? Comment se donnent-ils les moyens de choisir entre la liberté et la mort pour reprendre leur formule ? L'auteur répond à ces questions en proposant une analyse des systèmes symboliques dans lesquels est intégré l'alcoolisme.

  • Au centre de l'univers animal de la montagne libanaise se trouvent le mouton à queue grasse et le ver à soie. Tous deux sont nourris de feuilles de mûrier, et le mouton mange aussi un produit hautement valorisé, les restes des feuilles ayant servi à nourrir les vers. Le mûrier dont les terrasses ont façonné le paysage de cette montagne, est l'arbre de la magnificence, à la fois damné et sacré. L'animal et le végétal s'imbriquent dans une pratique d'élevage peu commune, le gavage. Gaver, c'est rendre gras, sur-dimensionner ; c'est aussi créer un autre animal, avec une nouvelle image. L'acte de domestication ne sert pas seulement à rentabiliser un animal mais aussi à le transformer en le rendant « encore plus domestique » c'est-à-dire « encore plus gras » et « encore plus proche de l'homme ». La base de cet élevage exceptionnel repose sur un rapport au milieu, une gestion de ressources mais aussi sur un système symbolique et rituel. Castré et privé de son autonomie à se nourrir, le mouton dépasse cette double dépendance par l'affection que lui porte la femme qui le gave, affection qui a une retombée économique réelle. Il devient, à la fois animal et humain, à la fois mâle et femelle. Gaver s'apparente ainsi à une action qui transgresse une certaine image, un ordre naturel où l'animal reste confiné dans une typologie stricte, et un ordre culturel où il ne peut pénétrer le foyer humain. Dans le gavage, forme extrême d'intervention de l'homme sur l'animal, cet ordre est renversé. Si la transformation du mouton en animal « encore plus gras » est un succès, celle qui en a fait un animal « encore plus proche de l'homme » se doit d'être interrompue lors de l'abattage par une licitation rituelle. Vulnérable, subissant une action de grande portée, proche de la mort, le mouton a un statut particulier. Au terme du gavage, il est du devoir des humains de l'abattre, de le « sacrifier ».

  • Au centre de l'univers animal de la montagne libanaise se trouvent le mouton à queue grasse et le ver à soie. Tous deux sont nourris de feuilles de mûrier, et le mouton mange aussi un produit hautement valorisé, les restes des feuilles ayant servi à nourrir les vers. Le mûrier dont les terrasses ont façonné le paysage de cette montagne, est l'arbre de la magnificence, à la fois damné et sacré. L'animal et le végétal s'imbriquent dans une pratique d'élevage peu commune, le gavage. Gaver, c'est rendre gras, sur-dimensionner ; c'est aussi créer un autre animal, avec une nouvelle image. L'acte de domestication ne sert pas seulement à rentabiliser un animal mais aussi à le transformer en le rendant « encore plus domestique » c'est-à-dire « encore plus gras » et « encore plus proche de l'homme ». La base de cet élevage exceptionnel repose sur un rapport au milieu, une gestion de ressources mais aussi sur un système symbolique et rituel. Castré et privé de son autonomie à se nourrir, le mouton dépasse cette double dépendance par l'affection que lui porte la femme qui le gave, affection qui a une retombée économique réelle. Il devient, à la fois animal et humain, à la fois mâle et femelle. Gaver s'apparente ainsi à une action qui transgresse une certaine image, un ordre naturel où l'animal reste confiné dans une typologie stricte, et un ordre culturel où il ne peut pénétrer le foyer humain. Dans le gavage, forme extrême d'intervention de l'homme sur l'animal, cet ordre est renversé. Si la transformation du mouton en animal « encore plus gras » est un succès, celle qui en a fait un animal « encore plus proche de l'homme » se doit d'être interrompue lors de l'abattage par une licitation rituelle. Vulnérable, subissant une action de grande portée, proche de la mort, le mouton a un statut particulier. Au terme du gavage, il est du devoir des humains de l'abattre, de le « sacrifier ».

  • Sociétés sans chefs, les Warlpiri et leurs compatriotes australiens célèbrent par des mises en scène rituelles des ancêtres mythiques et des sites sacrés. Derrière des traditions millénaires, transparaît dans la perception et les pratiques aborigènes une logique en réseau incroyablement actuelle.

  • Quel est l'impact de la colonisation sur les modes de pensée des peuples colonisés? Les auteurs de cette étude ont choisi le terrain du comparatisme en multipliant les va-et-vient à travers l'Atlantique, entre l'Europe colonisatrice et l'Amérique conquise.

  • Les indiens Otomi du Mexique rendent compte du fonctionnement de l'univers par une constante référence à l'image du corps, grâce à un jeu d'opposition entre une partie haute, céleste, affiliée à la religion catholique, et une partie basse, autochtone, gouvernée par le diable. Dans les rituels, un acte symbolique se répète : la coupure d'un phallus cosmique par un vagin denté.

  • Il s'agit d'une recherche collective, rédigée par des anthropologues et des épistémologues, portant sur l'état actuel de la discipline ethnologique. À partir d'études de terrain empiriques, et d'une relecture de grands textes fondateurs (le Naven de Bateson, Les Syste`mes politiques des hautes terres de Birmanie de Leach, Les Argonautes du Pacifique Occidental de Malinowski...), les auteurs s'efforcent de repenser la théorie ethnologique à la lumière de nouveaux questionnements. À quelles conditions peut-on construire une lecture critique de l'histoire des fondements de cette discipline ? Comment reformuler le problème de l'objet anthropologique ? Comment dépasser, éventuellement en les englobant, les modèles positivistes et relativistes, tout en maintenant les exigences d'une théorisation de la discipline ? Sont proposées de nouvelles pistes sous forme d'hypothèses : la schématisation, la fiction, la métaphore, le voir, le style, l'altérité, le métissage conceptuel. Ce collectif est destiné tout autant aux étudiants de second et troisième cycle, qu'aux enseignants-chercheurs intéressés par le destin de leur discipline.

  • En 1947, le communisme s'est définitivement installé en Roumanie, pays agricole aux coutumes vivantes et fortes, gouverné par une monarchie constitutionnelle. Bucarest, la capitale, était à l'époque une ville cosmopolite, pittoresque, étonnante, un merveilleux carrefour de races, de figures, de moeurs, d'aventures (Paul Morand). C'était comme si le ciel était tombé sur la tête des Roumains. L'expérience Pitesti est considérée comme le modèle de l'installation de ce régime. Elle a été conçue comme une méthode spéciale de rééducation par la torture. On l'appelait : l'arrachement des masques. Le but : une métamorphose de l'identité pour obtenir l'homme nouveau, un type d'humain fabriqué en série, une sorte de créature sans ancêtres, sans dieu, parlant une langue de bois et dépourvue de toute spontanéité. L'arrachement des masques est Un livre sur le communisme, certes, mais sur le communisme au quotidien, celui réellement vécu dans les pays communistes. (...). Un livre sur la nature de l'humain, aussi ; un livre explorant les extrémités où peut conduire l'illusion démiurgique. Jusqu'où peut-on fabriquer le membre d'un groupe social, le citoyen, l'homme ? Car il semble bien que, durant les années cinquante, le régime communiste roumain ait, délibérément, décidé de fabriquer des hommes nouveaux, selon une méthode aussi répugnante qu'efficace, à partir d'un laboratoire : la prison pour étudiants de Pitesti. [...] C'est un livre de psychanalyste, aussi - et c'est là une bonne part de son originalité. [...] Un livre sur la Roumanie, surtout ! - actuel, vivant, complexe, paradoxal... à l'image du pays. La Roumanie de demain se fera avec les Roumains d'hier, tous rescapés de la rééducation communiste, tous marqués au fer, tous traumatisés au sens fort du mot, je veux dire : au sens clinique du mot [...] (Tobie Nathan, préface). Cette vaste expérience d'idéologie totalitaire n'a laissé aucun héritage, seulement des profondes cicatrices assez laides au souvenir.

  • En plus d'une documentation vaste et nouvelle, ce livre offre au lecteur une vue d'ensemble sur la civilisation hittite et tout un faisceau de croyances et pratiques des plus anciens Indo-Européens.

  • Les maîtres-bergers des Carpates ne font plus le feu vivant, ce feu qu'ils allumaient rituellement naguère pour fonder leurs établissements en montagne. Mais les hommes et les femmes de là-bas savent toujours que rien n'actualise mieux des relations d'a

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