Robert Laffont

  • Chaque jour, l'humanité repousse les limites de la consommation. Un vertige suicidaire ?Depuis les années 1930 jusqu'à nos jours, la société de consommation et son mythe de l'abondance se sont imposés partout dans le monde. À travers trois symboles de ce phénomène - les parcs d'attractions, les centres commerciaux et les sites de commerce en ligne -, Florent Bussy analyse la déconnexion entre multiplication exponentielle des marchandises et limites des ressources de la planète, entre offre et besoins, jouissance et satiété. Alors que le monde est au bord du naufrage écologique, cette folie consumériste rappelle la cécité de l'orchestre qui continuait à jouer alors que le Titanic s'apprêtait à sombrer.


  • Comment Michel Houellebecq a-t-il réinventé, à l'ère du tout-médiatique, la figure mythique de l'Écrivain ?

    Michel Houellebecq occupe une place unique dans le paysage littéraire. Auteur controversé de best-sellers dont chacun déclenche un tsunami de polémiques, il est pourtant traduit dans le monde entier, étudié à l'université et consacré par des prix prestigieux. Comment expliquer ce paradoxe ? La mythologie houellebecquienne se nourrit de trois récits : celui du génie littéraire et de l'oracle inquiet de notre temps ; celui du grand écrivain possédant sa propre épithète, à l'instar d'un Balzac ; celui de l'imposteur, du littérateur sans style alimentant sa notoriété à coups de provocations. Au sein de cet espace singulier, miroir de nos contradictions, Michel Houellebecq se déplace en acrobate fascinant.


  • La notion de bien-être aura-t-elle bientôt remplacé celle de bonheur ?

    Que ce soit dans la publicité, les magazines ou les ouvrages de développement personnel, on nous propose tous les jours du bien-être en prêt-à-porter. À l'aspiration légitime au bonheur s'est substituée l'idéologie du confort. Comment la quête du bien-être s'est-elle imposée dans nos modes de vie ? Symptôme d'une recherche de compétitivité dans une société obsédée par la mesure permanente de la satisfaction, le bien-être est devenu une arme d'intensification du capitalisme.
    Fouillé et argumenté, cet ouvrage interroge ce nouveau diktat et y voit une mutation anthropologique fondamentale de l'Occident.


  • Comment un simulacre de repas a-t-il séduit le monde entier ?

    Dans ses Mythologies, Roland Barthes consacrait déjà avec humour un très sérieux chapitre au " steak-frites ". Cinquante ans plus tard, les arches jaunes sur fond vert de la célèbre firme McDonald's ont envahi la planète et la France est devenue l'autre pays du fast-food. Que nous raconte cette mutation spectaculaire ? Pourquoi aime-t-on tellement cette nourriture aussi régressive et transgressive que nocive ? Drôle et personnelle, cette analyse très éclairante superpose, à la façon d'un hamburger, une tranche d'histoire, une tranche de sociologie, une tranche d'économie, une tranche de nutrition et, pour relever le tout, une tranche de mauvais esprit.

  • Notre belle démocratie ne serait-elle qu'un mythe ? Cernée par la tentation autoritaire, la démocratie paraît fragilisée. Brandie comme un étendard, la promesse d'un " gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple " n'a, semble-t-il, pas été véritablement tenue. La classe politique paraît souvent plus soucieuse de sa propre survie que du bien commun. La démocratie représentative ne serait-elle qu'un leurre ? Partout dans le monde, de nouveaux mouvements citoyens cherchent à mettre en oeuvre une démocratie horizontale. En déconstruisant les mécanismes et les croyances qui régissent notre vision du pouvoir, ce texte propose de refonder rigoureusement le concept de démocratie réelle.

  • Comment apaiser cette bataille qui n'en finit pas de nous déchirer ?
    Questionner la laïcité revient à demander à la France de s'allonger sur le divan. L'histoire de cette notion croise celle de l'identité française, formidable écheveau de mythes et de passions sans cesse ravivées. La loi de séparation des Églises et de l'État, en 1905, passait pour avoir mis un terme à la guerre entre catholiques et laïcs et clos un cycle millénaire de relations conflictuelles entre le politique et le religieux. Mais nous vivons désormais dans un autre monde et deux camps s'opposent aujourd'hui : ceux qui réduisent la laïcité à un rempart contre le communautarisme ; ceux qui jugent ce principe liberticide et hostile à l'islam. Pour sortir de cette situation, il faut mettre à distance toute querelle idéologique et inventer un autre mode de pensée et d'action.


  • Comment opère l'irrésistible attraction d'IKEA.

    Le slogan, à l'entrée des gigantesques hangars de tôle jaune et bleu, se veut plein de promesses : " IKEA, bien plus qu'un marchand de meubles ". Mais comment nommer, délimiter, appréhender ce monde que dessine la marque ? Quelles valeurs véhicule-t-elle ? s'interroge l'auteur tandis qu'il déambule, comme nous, dans les allées de son magasin favori.
    Éclatant modèle de réussite économique, IKEA vend avant tout un intérieur idéal, un mode de vie chaleur eux, responsable, soucieux de l'environnement, bref, suédois. Ce tableau vertueux résiste-t-il à l'examen critique ? Bonheur en kit, uniformisation des goûts, rupture avec la dimension historique des objets, bas salaires et contrôle des employés, passé nazi du fondateur et constitution d'un empire financier colossal : tout mythe a son revers de médaille. IKEA ne fait pas exception.

  • Spider-Man et Captain America auraient-ils remplacé Zeus ou Hercule dans l'inconscient collectif ? Umberto Eco voyait déjà en Superman un personnage mythologique. Longtemps méprisés avant d'être réhabilités, désormais omniprésents au cinéma et dans la pop culture, les super-héros ont élargi leur public au-delà des seuls geeks. Hors du domaine du divertissement, ils servent de modèles fantasmés à une humanité en quête de repères. Mais que signifie cet attrait croissant pour ces archétypes ? Et si ces justiciers costumés incarnaient un nouveau panthéon laïc ? En convoquant des penseurs tels que Nietzsche, avec son concept de surhomme, ou Lévi-Strauss, avec les mythes primitifs, Vincent Brunner analyse l'évolution de la figure du super-héros et démontre que Wonder Woman ou les X-Men constituent dorénavant une véritable mythologie contemporaine.


  • Quarante ans après sa création, le RER a-t-il tenu promesse ?

    Inauguré en 1977, le RER est, à l'instar de la DS Citroën et du Concorde, un pur produit des Trente Glorieuses. Symbole de progrès, de victoire sur le temps et l'espace, il a incarné, bien plus qu'un simple moyen de transport, un modèle de société moderne et égalitaire, l'abolition de la frontière entre centre et périphérie, la promotion des classes moyennes et l'accès aux loisirs pour tous. Mais qu'en est-il aujourd'hui ?
    Saturé et vieillissant, le RER est devenu synonyme de promiscuité et d'aliénation sociale... Pour autant, s'il génère des conflits, c'est qu'il est, dans notre société ségréguée, l'un des derniers espaces de confrontation à l'autre. Voilà pourquoi il demeure un passionnant lieu de vie et d'exploration intellectuelle, qui ne cesse d'inspirer artistes et chercheurs.

  • Le nu aurait-il encore quelque chose à cacher ? Quand et pourquoi se met-on nu ? Du nu hédoniste, en quête de communion avec la nature, au nu " politique ", celui des activistes du type FEMEN, l'exhibition du corps est rarement anodine. Qui ose se mettre à nu expose, dans un même mouvement, la pureté de sa démarche et la radicalité de sa détermination. Hubert Prolongeau nous dévoile ici les sens cachés de la nudité. Car le corps qui se montre, qui parle, qui conteste, est aussi un produit du langage. Et la nudité reste une de ses formes d'expression les plus criantes.


  • Internet a-t-il tué le journalisme ?

    À l'heure de la révolution numérique, le journalisme vit des bouleversements profonds. Faire simple, faire court et, de préférence, " faire anglais " via les hashtags et les tweets, dans une langue friendly, tel semble être le credo du nouveau journaliste.
    Google, en formatant à l'extrême le contenu des articles, fait-il réellement peser une menace sur l'identité de la profession ? Le journalisme héroïque, libre et engagé, à la manière d'Albert Londres, a-t-il vécu ? Ou atteint-on aujourd'hui le stade ultime d'une évolution à l'oeuvre depuis les origines d'un métier dont l'objectif principal est d'être lu par le plus grand nombre ? Enfant de Kessel et du Web, Lauren Malka déconstruit les nombreuses mythologies qui s'attachent à une vision souvent idéalisée de cette profession qui n'a sans doute pas fini de se réinventer.


  • La transparence est-elle devenue l'idéologie dominante de la société contemporaine ?

    De la presse à scandale à la téléréalité, de la vie de nos dirigeants politiques au traitement de l'information, des nouvelles technologies aux réseaux sociaux, l'exigence de transparence s'est imposée dans tous les domaines, gommant subrepticement la frontière entre espace privé et espace public. Entre injonction morale et fantasme de contrôle absolu, le règne de l'image et du tout-visible ne risque-t-il pas de nous conduire à la lisière du totalitarisme ?

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