Langue française

  • L'équarrisseur

    Bernard Vitiello

    Un tueur sadique sème autant la panique que des indices perturbant le cerveau d'un flic brumeux...

    MALGRE DES COSTUMES FLOTTANTS et une paire de groles improbables, il n'avait rien d'un mafieux, Dutch Schultz (gargouillis de bootleggers qu'on égorge) ne l'aurait pas appointé pour cirer ses pompes à boutons. Conrad Rosinski était le privé sans nuage, un enquêteur plan-plan. Il avait adopté un cabot, le fox-terrier espiègle, preuve qu'il y a des limites à l'idée de couple : célibataire endurci, Conrad traînait une réputation de queutard et les voisins tergiversaient. « Vengeance de femme ? » Assurément, le « Si tu me trompes, je t'arrache les yeux ! » constitue la phrase bateau des jalouses, mais c'est une phrase...
    /> Conrad, lui, on l'avait proprement énucléé. Chaque globe oculaire était impeccablement fiché dans un téton ; des épingles à tête ronde nacrée, mesurant 7 cm, de celles qu'on vend par boîte de 15.


    Ska numérique publie « L'Équarrisseur » signé Bernard Vitiello. Cette novella noire inaugure la nouvelle collection Noir de suiTe dont il assure la direction. Noir de suiTe, c'est du noir noir avec de petites lumières - humour, amour, amitié. Une collection originale à la fois esprit feuilleton et cadavre exquis ; chaque opus ayant un auteur différent s'inspire de l'intrigue précédente et des mêmes personnages.


    « L'Équarrisseur » existe en version papier aux Éditions du Horsain. En savoir plus

  • Glandeur

    Laurence Biberfeld

    Au coeur de la forêt, entre effroi et fantasmagorie, un enfant sera initié à l'horreur...


    Les pères ! Les vrais, les faux, les beaux, les laids, celui qui est aux cieux et celui qui vous tombe dessus... Tous plus tarés les uns que les autres. Il en passe, du monde, dans cette forêt. Le petit garçon que personne ne cherche, un « glandeur » qui a plus peur des hommes que des chiens. Les chiens, des bloodhounds, sympathiques pisteurs d'esclaves en fuite, un berger du seigneur à la recherche d'agneaux égarés. Un horrible méchant qui n'est pas fou, une horrible folle pas vraiment méchante, juste à l'Ouest (mais ne perdant pas le Nord). Et Saint-Michel, chef des milices de Dieu, pour surveiller tout ça de haut.
    Oui, il s'en passe, des choses, dans cette forêt.


    Laurence Biberfeld nous donne ici le quatrième opus de la série Noir de suiTe. Une plongée dans l'enfance d'un tueur, décrite la plume au poing par l'une des auteures la plus talentueuse de sa génération.

  • Frangines

    Manon Torielli

    Les apparences sont trompeuses. Planter, percer la mauvaise viande, il savait faire. En revanche, il avait oublié que les plaies ouvertes ne se referment jamais...


    IL COMPTAIT FRAPPER DEUX FOIS. Deux armes pour percer sa viande à deux endroits bien précis, toujours les mêmes. Il les dégustait d'avance, ces deux boutonnières qu'il allait lui faire, et ensuite la trachée, là-haut, à lui décoller le colbac de sa fiole moche.
    « Ça, c'est pour Gio', pour son palpitant tout chaud qui ne savait que vouloir du bien à tout le monde ! Ça, c'est pour Adda, pour sa gorge qui savait si bien pousser des goualantes à faire bicher les anges ! Et ça, c'est pour elles deux, qui en avaient avalé des couleuvres dans leur chienne de vie, et à qui on venait encore de voler leur voix, leur air et leur âme de gosses. »
    Les choses s'étaient passées comme ça, à peu de chose près.

    Voici « Frangines », Noir de SuiTe n°2. Manon Torielli, c'est tout le sulfureux, tout l'improbable de cette collection, et quelque chose qui n'appartient qu'à elle. Sans doute une manière très particulière de faire saillir les ambiances, de cercler les personnages suivant une mécanique implacable.


  • L'ambition politique d'un homme véreux ne s'embarrasse pas d'obstacles, quoique... à Marseille


    UN POLITIQUE AMBITIEUX croise le chemin d'une tueuse sociopathe. L'un pense manipuler l'autre, qui elle-même n'apprécie guère qu'on lui marche sur les pieds. Entre les deux, Bresciannini, vieux flic reconverti en privé. À Marseille, alors qu'agissent en sous-main des politiques douteux, des voyous corses et des mafieux russes, entre des repas bien arrosés et quelques altercations avec un jeune policier qu'il a dans le nez, sur fond de menaces numériques, Brescia tente d'y voir clair. Et de sauver sa carcasse.

    En bon connaisseur des histoires marseillaises, Patrick Coulomb nous convie à une campagne électorale pas piquée des hannetons. C'est fluide et gouleyant en diable comme un bon pastis en terrasse par temps clément.

  • Haine perdue

    Pascal Pratz

    Duval et ses sbires sont sur les dents. On a tous besoin de ce qui nous fait peur.
    A MA GAUCHE... LE CINGLE d'exécutant : opération sauvage, une poupée découpée, au genre indéterminé, une scie électrique. À ma droite... le commanditaire : un caïd froid comme une lame, proxo, meurtrier, trafiquant. Au milieu... votre Francis et son pote Brescia qui risque de finir avec les pinces, si je n'interviens pas. J'interviens, évidemment, ferait beau voir qu'un truand me la fasse ! Je vais le serrer. Il est là, à ma pogne. Je le tiens. J'ai tout ce qu'il faut pour l'avoir. La cerise s'en mêle...

    La collection Noir de suiTe compte un opus supplémentaire. Les personnages imposés vivent leurs vies au gré de l'imagination des auteurs successifs qui s'y collent. Haine perdue est un bon cru, râpeux, laissant une longue trace en soi.

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