Langue française

  • Grand blanc

    Claire Rivieccio


    Il arrive parfois qu'un ange ou deux se penchent sur les destins croisés d'une poignée de mortels...


    AHURIES, ETRIPEES COMME DES CHEVAUX de corrida, Zina et Rita entendirent les Blacks se poiler à côté. Ce ne fut qu'en les voyant qu'elles reconnurent Oumar et Grégoire, leurs collègues de travail. Au Temple de la Lune, le barman et le videur n'avaient pas le rire aussi naturel. C'était à peine s'ils souriaient à force de jouer les malabars. Les deux putes ramassèrent leurs boyaux qui traînaient par terre et rejoignirent les Blacks sans entrain. « Ici ou ailleurs... » se disaient les fausses blondes boudinées dans leurs mini-jupes en faux cuir...



    On ne change pas de destin comme de petite culotte, il y a certaines règles à respecter, surtout pour celles et ceux qui n'ont pas été sages sur terre. Dans « Grand Blanc », de drôles de petits anges s'amusent à tirer les ficelles. Ils ne sont pas les seuls : Claire Rivieccio joue avec notre entendement, elle nous bouscule aux confins des genres.


  • L'équarrisseur

    Bernard Vitiello

    Un tueur sadique sème autant la panique que des indices perturbant le cerveau d'un flic brumeux...

    MALGRE DES COSTUMES FLOTTANTS et une paire de groles improbables, il n'avait rien d'un mafieux, Dutch Schultz (gargouillis de bootleggers qu'on égorge) ne l'aurait pas appointé pour cirer ses pompes à boutons. Conrad Rosinski était le privé sans nuage, un enquêteur plan-plan. Il avait adopté un cabot, le fox-terrier espiègle, preuve qu'il y a des limites à l'idée de couple : célibataire endurci, Conrad traînait une réputation de queutard et les voisins tergiversaient. « Vengeance de femme ? » Assurément, le « Si tu me trompes, je t'arrache les yeux ! » constitue la phrase bateau des jalouses, mais c'est une phrase...
    /> Conrad, lui, on l'avait proprement énucléé. Chaque globe oculaire était impeccablement fiché dans un téton ; des épingles à tête ronde nacrée, mesurant 7 cm, de celles qu'on vend par boîte de 15.


    Ska numérique publie « L'Équarrisseur » signé Bernard Vitiello. Cette novella noire inaugure la nouvelle collection Noir de suiTe dont il assure la direction. Noir de suiTe, c'est du noir noir avec de petites lumières - humour, amour, amitié. Une collection originale à la fois esprit feuilleton et cadavre exquis ; chaque opus ayant un auteur différent s'inspire de l'intrigue précédente et des mêmes personnages.


    « L'Équarrisseur » existe en version papier aux Éditions du Horsain. En savoir plus

  • Lame soeur

    Alain Seyfried

    Une petite lame mince et brillante, aux deux sens du terme...


    Les témoins les plus fidèles, les plus dérangeants et les plus précis ne sont pas toujours ceux qu'on croit, soyez-en sûrs, mes anges !
    Le narrateur de cette histoire est en effet des plus inattendus. Et pourtant, qui mieux que lui peut tout voir, tout ressentir de l'intérieur et vous rapporter fidèlement, méticuleusement, affreusement, le moindre bruit glaçant, le moindre halètement, le moindre giclement !
    Tremblez jusqu'au bout à son récit, et, lorsque vous aurez découvert son identité, tremblez plus encore !


    Alain Seyfried poursuit la saga des Pinon-Valières dans ce troisième opus de Noir de suiTe. Cette fois-ci, il actionne un narrateur au plus près de l'action. Un petit bijou d'humour saignant.

  • Frangines

    Manon Torielli

    Les apparences sont trompeuses. Planter, percer la mauvaise viande, il savait faire. En revanche, il avait oublié que les plaies ouvertes ne se referment jamais...


    IL COMPTAIT FRAPPER DEUX FOIS. Deux armes pour percer sa viande à deux endroits bien précis, toujours les mêmes. Il les dégustait d'avance, ces deux boutonnières qu'il allait lui faire, et ensuite la trachée, là-haut, à lui décoller le colbac de sa fiole moche.
    « Ça, c'est pour Gio', pour son palpitant tout chaud qui ne savait que vouloir du bien à tout le monde ! Ça, c'est pour Adda, pour sa gorge qui savait si bien pousser des goualantes à faire bicher les anges ! Et ça, c'est pour elles deux, qui en avaient avalé des couleuvres dans leur chienne de vie, et à qui on venait encore de voler leur voix, leur air et leur âme de gosses. »
    Les choses s'étaient passées comme ça, à peu de chose près.

    Voici « Frangines », Noir de SuiTe n°2. Manon Torielli, c'est tout le sulfureux, tout l'improbable de cette collection, et quelque chose qui n'appartient qu'à elle. Sans doute une manière très particulière de faire saillir les ambiances, de cercler les personnages suivant une mécanique implacable.

  • Glandeur

    Laurence Biberfeld

    Au coeur de la forêt, entre effroi et fantasmagorie, un enfant sera initié à l'horreur...


    Les pères ! Les vrais, les faux, les beaux, les laids, celui qui est aux cieux et celui qui vous tombe dessus... Tous plus tarés les uns que les autres. Il en passe, du monde, dans cette forêt. Le petit garçon que personne ne cherche, un « glandeur » qui a plus peur des hommes que des chiens. Les chiens, des bloodhounds, sympathiques pisteurs d'esclaves en fuite, un berger du seigneur à la recherche d'agneaux égarés. Un horrible méchant qui n'est pas fou, une horrible folle pas vraiment méchante, juste à l'Ouest (mais ne perdant pas le Nord). Et Saint-Michel, chef des milices de Dieu, pour surveiller tout ça de haut.
    Oui, il s'en passe, des choses, dans cette forêt.


    Laurence Biberfeld nous donne ici le quatrième opus de la série Noir de suiTe. Une plongée dans l'enfance d'un tueur, décrite la plume au poing par l'une des auteures la plus talentueuse de sa génération.

  • Marionnettes

    Patrick Bent

    Le commissaire Francis Duval rit jaune dans Chinatown sur Seine.


    Le commissaire Francis Duval, ex-cador de la Crim', se traîne sans enthousiasme dans les couloirs au 36, quai des Orfèvres. Le soir, après le service, sa vie s'illumine enfin ! La présence de Minh Tuyêt agit sur lui comme un catalyseur. Francis se réveille. Avec elle, il irait jusqu'en enfer - en passant toutefois par le septième ciel. Lorsque les mafias de Paris 13e s'en prennent à Minh Tu, Francis voit rouge-sang. La Teigne refait surface. Désormais, là où Duval passe, les malfrats trépassent.
    Le divisionnaire Monteil assiste goguenard à ce jeu de massacre...

    Tombé tout petit dans la marmite de l'imaginaire Patrick Bent a publié une douzaine de romans noirs et de polars. Marin, physicien, pataphysicien aussi, inlassable bourlingueur, il s'est établi en Bretagne après de longues années consacrées aux lasers. Avec Marionnettes, il apporte une contribution pimentée à la saga Noir de suiTe. 5eme de la série

  • Haine perdue

    Pascal Pratz

    Duval et ses sbires sont sur les dents. On a tous besoin de ce qui nous fait peur.
    A MA GAUCHE... LE CINGLE d'exécutant : opération sauvage, une poupée découpée, au genre indéterminé, une scie électrique. À ma droite... le commanditaire : un caïd froid comme une lame, proxo, meurtrier, trafiquant. Au milieu... votre Francis et son pote Brescia qui risque de finir avec les pinces, si je n'interviens pas. J'interviens, évidemment, ferait beau voir qu'un truand me la fasse ! Je vais le serrer. Il est là, à ma pogne. Je le tiens. J'ai tout ce qu'il faut pour l'avoir. La cerise s'en mêle...

    La collection Noir de suiTe compte un opus supplémentaire. Les personnages imposés vivent leurs vies au gré de l'imagination des auteurs successifs qui s'y collent. Haine perdue est un bon cru, râpeux, laissant une longue trace en soi.


  • L'ambition politique d'un homme véreux ne s'embarrasse pas d'obstacles, quoique... à Marseille


    UN POLITIQUE AMBITIEUX croise le chemin d'une tueuse sociopathe. L'un pense manipuler l'autre, qui elle-même n'apprécie guère qu'on lui marche sur les pieds. Entre les deux, Bresciannini, vieux flic reconverti en privé. À Marseille, alors qu'agissent en sous-main des politiques douteux, des voyous corses et des mafieux russes, entre des repas bien arrosés et quelques altercations avec un jeune policier qu'il a dans le nez, sur fond de menaces numériques, Brescia tente d'y voir clair. Et de sauver sa carcasse.

    En bon connaisseur des histoires marseillaises, Patrick Coulomb nous convie à une campagne électorale pas piquée des hannetons. C'est fluide et gouleyant en diable comme un bon pastis en terrasse par temps clément.

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