Seuil

  • Pour une politique de la jeunesse

    Camille Peugny

    • Seuil
    • 7 Janvier 2022

    De nombreuses réformes sont menées au nom de l’avenir des « jeunes », qu’il s’agisse de réformer les retraites ou de réduire la dette. Pour autant, la France n’a aucune politique en direction de la jeunesse. Les dispositifs qu’on empile s’adressent à telle ou telle catégorie, sans jamais être arrimés à une réflexion d’ensemble. Une vraie politique de la jeunesse doit répondre à deux objectifs. D’abord, dans une société vieillissante, combler le fossé entre les jeunes, confrontés à une précarité grandissante, et les plus âgés, mieux protégés. Surtout, réduire les inégalités qui fracturent la jeunesse et, plus que jamais, menacent la cohésion sociale.

    Camille Peugny est professeur de sociologie à l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines (Paris-Saclay). Il a notamment publié Le Déclassement (Grasset, 2009) et Le Destin au berceau. Inégalités et reproduction sociale (Seuil, 2013).

  • Trois leçons sur l'école republicaine

    Eric Maurin

    • Seuil
    • 2 Septembre 2021

    L'école, une institution conservatrice, percluse d'inégalités, impossible à réformer ? Ce livre propose une évaluation inédite de trois dispositifs parmi les plus emblématiques du modèle scolaire français : l'interdiction du voile islamique, l'inspection régulière des enseignants et le fonctionnement des classes préparatoires. La conclusion est frappante : l'interdiction du voile a coïncidé avec une amélioration des résultats des jeunes filles d'origine musulmane ; l'inspection des professeurs entraîne les progrès de leurs élèves ; le recrutement social des prépas peut être diversifié au moyen de réformes simples. En fin de compte, les principes républicains et l'action du corps enseignant dessinent une école où les destins ne sont pas fixés à l'avance. L'école bouge !

  • Le parlement des citoyens : la Convention citoyenne pour le climat

    Thierry Pech

    • Seuil
    • 21 Octobre 2021

    Pendant plus d’un an, la Convention citoyenne pour le climat a réuni 150 citoyens tirés au sort et représentatifs de notre société. L’enjeu était le suivant : comment réduire nos émissions de gaz à effet de serre de 40 %, dans un esprit de justice sociale ? Rares sont les livres à nous plonger au cœur d’une telle expérience. Or la compréhension de l’ingénierie démocratique est décisive, si l’on veut associer les citoyens à la décision publique et rénover la vie de la cité. Un grand livre de science politique, qui ouvre des voies radicalement nouvelles.

    Thierry Pech est directeur général de Terra Nova. De 2019 à 2021, il a présidé le comité de gouvernance de la Convention citoyenne pour le climat, aux côtés de Laurence Tubiana. Il est l’auteur de plusieurs essais, dont Le Temps des riches (Seuil, 2011) et Insoumissions (Seuil, 2017).

  • La banque providence. democratiser les banques centrales et la monnaie

    Eric Monnet

    • Seuil
    • 4 Novembre 2021

    Les banques centrales sont sous le feu des critiques : trop opaques, trop technocratiques, hyperpuissantes et coupées du peuple. Pourtant, il faut les penser comme un pilier de l'État-providence, leur rôle étant de nous protéger contre les aléas économiques. Dans les années à venir, elles seront une pièce maîtresse pour soutenir la transition écologique, amortir la dette publique et produire une monnaie électronique. Mais dans quel cadre, avec quelle légitimité ? Quelle forme prendra l'argent demain ? Questions cruciales, qui montrent à quel point la monnaie est une question politique. Les banques centrales doivent être un outil de la démocratie.

    Éric Monnet est directeur d'études à l'EHESS et professeur à l'École d'économie de Paris. Son travail porte sur l'histoire des politiques monétaires et des systèmes financiers au xxe siècle.

  • L'économie désirable ; sortir du monde thermo-fossile

    Pierre Veltz

    • Seuil
    • 7 Janvier 2021

    La dynamique de la société « hyper-industrielle » est-elle compatible avec l'urgence écologique ? Les gains d'efficacité considérables mis en oeuvre par la machine industrielle ne suffiront pas à enrayer la catastrophe écologique qui menace. De nouveaux régimes de sobriété sont nécessaires. Mais, pour être désirables, ils doivent s'inscrire dans une réorientation des priorités productives : santé, éducation, alimentation, loisirs, sécurité, mobilité. Cette économie humano-centrée est en train d'émerger, mais son versant collectif reste largement à construire. C'est là que se trouvent les emplois permettant de sortir du monde thermo-fossile. Ainsi pourra-t-on fonder une nouvelle base productive, plus durable, enfin recentrée sur les besoins essentiels des êtres humains.

  • Pour un féminisme universel

    Martine Storti

    • Seuil
    • 1 Octobre 2020

    Alors que le féminisme est plus que jamais nécessaire, il est malmené de toutes parts. D'un côté, des pseudo-radicalités instruisent le procès d'un « féminisme blanc » qui irait d'Olympe de Gouges à aujourd'hui. De l'autre, une mouvance de droite et d'extrême droite instrumentalise le féminisme dans une perspective identitaire, nationaliste et raciste. Face à ces entreprises de brouillage et de régression, il est urgent de réaffirmer la valeur de l'émancipation et de plaider pour un féminisme universel, concret et pluriel. Ni décolonial ni occidental, le féminisme se construit sans cesse, dans les luttes et la solidarité des combats quotidiens.

  • Lutter contre la pauvreté t.1 ; le développement humain

    Esther Duflo

    • Seuil
    • 25 Juillet 2015

    Nul ne conteste que la santé et l'éducation constituent des priorités absolues. Mais la situation actuelle n'incite pas à l'optimisme : neuf millions d'enfants meurent chaque année avant l'âge de cinq ans de maladies que l'on sait guérir et, en Inde, la moitié des enfants scolarisés ne sait pas lire. Pour remédier à cet état de fait, Esther Duflo évalue localement et concrètement les programmes de lutte contre la pauvreté, à l'aide d'une méthode révolutionnaire : l'expérimentation aléatoire. De l'Inde au Malawi, du Kenya au Mexique, cette méthode permet de répondre à de nombreuses questions : comment rendre plus efficaces les campagnes de vaccination ? Comment améliorer l'instruction des enfants à moindre coût ? Comment lutter contre l'absentéisme des enseignants et des infirmières ? La santé et l'éducation sont les préalables non seulement au bien-être social, mais aussi à la liberté : ce livre montre comment les faire progresser de manière décisive.
    Première titulaire de la chaire " Savoirs contre pauvreté " au Collège de France, Esther Duflo est professeur en économie du développement au MIT et fondatrice de J-PAL, laboratoire d'action contre la pauvreté. En 2009, elle a reçu le prestigieux prix MacArthur, qui récompense les recherches les plus novatrices. Elle publie pour la première fois une synthèse de ses travaux.
    Attention : Il faut prêter attention aux deux logos (AFD et Fondation CdF) au dos des deux volumes

  • Lutter contre la pauvreté t.2 ; la politique de l'autonomie

    Esther Duflo

    • Seuil
    • 25 Juillet 2015

    " Rendre aux pauvres la lutte contre la pauvreté. " Telle est aujourd'hui la devise de nombreux acteurs nationaux et internationaux, soucieux de responsabiliser les pauvres en leur donnant les moyens de l'autonomie. Mais, avant d'opter pour telle ou telle solution, il faut en mesurer l'efficacité. Le microcrédit est-il cette solution miracle grâce à laquelle le paysan misérable du Bangladesh pourra s'enrichir ? Les conseils de village, en Inde ou en Afrique, permettent-ils vraiment aux communautés de prendre leur destin en mains ? En étudiant la situation sur le terrain, Esther Duflo démontre les naïvetés et les approximations d'un discours qui entend tout miser sur l'initiative des pauvres. Car ni la microfinance ni la gouvernance locale ne peuvent se substituer à des politiques publiques visant à créer des services de santé, à garantir l'offre éducative, à construire des infrastructures, à lutter contre la corruption. Expérimenter sans relâche pour améliorer concrètement la vie des pauvres : c'est ainsi que la vie civique pourra s'épanouir dans les pays en voie de développement.
    Première titulaire de la chaire " Savoirs contre pauvreté " au Collège de France, Esther Duflo est professeur en économie du développement au MIT et fondatrice de J-PAL, laboratoire d'action contre la pauvreté. En 2009, elle a reçu le prestigieux prix MacArthur, qui récompense les recherches les plus novatrices. Elle publie pour la première fois une synthèse de ses travaux.
    Attention : Il faut prêter attention aux deux logos (AFD et Fondation CdF) au dos des deux volumes.

  • L'Etat a toujours soutenu ses territoires

    Laurent Davezies

    • Seuil
    • 4 Mars 2021

    Les grands thèmes de protestation, largement relayés par les médias, tournent aujourd'hui autour de l'« explosion » des inégalités et de la « sécession » des grandes métropoles. Il est donc crucial de procéder à un état des lieux au regard de toutes ces revendications. « Abandon des territoires », vraiment ? De quelle « fracture territoriale » parle-t-on ? Car les métropoles, Paris, Lyon, Nantes ou Toulouse, sont de véritables poules aux oeufs d'or pour les autres régions. En outre, les territoires dits « périphériques » bénéficient de mécanismes qui viennent compenser les pertes agricoles et industrielles qu'ils ont subies. D'où ce paradoxe : en dépit de la concentration croissante des richesses, les inégalités de revenu entre les territoires se réduisent depuis des décennies.

  • à quoi rêvent les algorithmes ; nos vies à l'heure des big data

    Dominique Cardon

    • Seuil
    • 1 Octobre 2015

    Google, Facebook, Amazon, mais aussi les banques et les assureurs : la constitution d'énormes bases de données (les " big data ") confère une place de plus en plus centrale aux algorithmes. L'ambition de ce livre est de montrer comment ces nouvelles techniques de calcul bouleversent notre société. À travers le classement de l'information, la personnalisation publicitaire, la recommandation de produits, le ciblage des comportements ou l'orientation des déplacements, les méga-calculateurs sont en train de s'immiscer, de plus en plus intimement, dans la vie des individus. Or, loin d'être de simples outils techniques, les algorithmes véhiculent un projet politique. Comprendre leur logique, les valeurs et le type de société qu'ils promeuvent, c'est donner aux internautes les moyens de reprendre du pouvoir dans la société des calculs.
    Dominique Cardon est sociologue au Laboratoire des usages d'Orange Labs et professeur associé à l'université de Marne-la-Vallée (LATTS). Avec La Démocratie Internet (Seuil, 2010) et de nombreux articles, il s'est imposé comme l'un des meilleurs spécialistes du numérique et d'Internet.

  • La revanche des villages ; essai sur la France périurbaine

    Eric Charmes

    • Seuil
    • 3 Janvier 2019

    L'opposition entre villes et campagnes est dépassée. Attirés par le rêve de " la ville à la campagne ", les périurbains représentent aujourd'hui un quart de la population française. Dans certaines villes, ils sont même devenus majoritaires. Cette révolution silencieuse transforme les paysages des campagnes, où dominent pavillons, centres commerciaux et zones d'activité. Elle bouleverse aussi la géographie sociale de la France : bien souvent, les classes populaires résident dans le centre, alors que les classes moyennes se retrouvent dans les couronnes périurbaines, où elles bénéficient des avantages de la ville et de la campagne. Après avoir été victimes de l'exode rural, les villages ont pris leur revanche.
    Éric Charmes est directeur de recherche à l'ENTPE à Vaulx-en-Velin. Il a notamment publié Villes rêvées, villes durables (Gallimard, 2009, avec Taoufik Souami) et La Ville émiettée. Essai sur la clubbisation de la vie urbaine (PUF, 2011).

  • Le populisme est le produit de deux secousses telluriques. Premier séisme : la montée d'un immense ressentiment contre les partis et les institutions politiques. Face à l'échec de la droite et de la gauche à contenir les excès du capitalisme, la radicalité " anti-système " a brisé les compromis que l'un et l'autre camps étaient parvenus à édifier. Deuxième séisme : la fin de la société de classes, au profit d'une société d'individus pensant leur position sociale en termes subjectifs. Une nouvelle polarité en résulte, qui sépare les " confiants " des " méfiants " envers autrui. La droite populiste surgit au croisement d'une double méfiance – à l'égard des institutions politiques et à l'égard de la société. Elle prospère sur le désenchantement démocratique, tout en renouvelant le clivage gauche-droite. Fondé sur des données inédites, cet ouvrage se révèle essentiel pour comprendre le présent et l'avenir des sociétés démocratiques.
    Doyen de l'École d'affaires publiques, Yann Algan est professeur d'économie à Sciences Po. Économiste, Elizabeth Beasley est chercheuse au CEPREMAP. Daniel Cohen est directeur du département d'économie de l'École normale supérieure et professeur à l'École d'Économie de Paris. Martial Foucault est directeur du CEVIPOF, professeur à Sciences Po.

  • Les nouvelles lois du web ; modération et censure

    Romain Badouard

    • Seuil
    • 29 Octobre 2020

    Depuis l'avènement de l'internet grand public dans les années 1990, le web a été perçu comme un outil au service de la liberté d'expression. Mais face à la montée de la désinformation et des discours de haine, une régulation nouvelle se met en place. Les États légifèrent pour encadrer les prises de parole en ligne. Les grandes entreprises du numérique se voient octroyer des pouvoirs de filtrage et de blocage. Le problème survient lorsque l'opacité de ces opérations transforme la modération en censure. Il est urgent d'inventer une régulation démocratique des contenus sur internet, afin que celui-ci demeure pour tous et toutes un espace de débat, d'engagement et de liberté.

  • Le temps des passions tristes ; inégalités et populisme

    François Dubet

    • Seuil
    • 7 Mars 2019

    Nous vivons un temps de passions tristes. Ce moment s'explique par le creusement des inégalités, mais surtout par la transformation de leur nature. La souffrance sociale n'est plus vécue comme une épreuve appelant des luttes collectives, mais comme une série d'injustices personnelles, discriminations, expériences du mépris, mises en cause de la valeur de soi. Ne pouvant désigner les adversaires à combattre, les individus sont emportés par un ressentiment dont se nourrissent les populismes de tous bords. Le régime des inégalités multiples engendre une société de la colère. Nous y sommes. Il faut la comprendre, pour être capables de résister aux vertiges de l'indignation.
    François Dubet est professeur de sociologie émérite à l'université de Bordeaux II, directeur d'études à l'EHESS. Il a notamment publié, au Seuil, Les Places et les Chances (2010) et La Préférence pour l'inégalité (2014). Traduit dans le monde entier, il est considéré comme l'un des plus grands sociologues français.

  • Les droits de l'homme rendent-ils idiot ?

    ,

    • Seuil
    • 26 Septembre 2019

    Les droits de l'homme sont régulièrement assimilés à une bien-pensance qui conduirait à la crétinisation des esprits. La liberté de l'individu serait responsable de la dissolution des liens sociaux, de la montée des incivilités, de la domination néolibérale. Les droits contemporains signeraient la fin du politique, car ils ne seraient que des revendications égoïstes détachées de toute délibération collective. Il est temps de répondre à ce fatras de reproches. Non, les droits de l'homme ne font pas de nous des malotrus, ni de mauvais citoyens, et ils ne se confondent pas avec le néolibéralisme. Au contraire, il est urgent, aujourd'hui que la tentation autoritaire s'étend, de donner aux droits de l'homme leur pleine signification. Réplique aux confusions ambiantes, ce livre voudrait servir de boussole démocratique pour des temps troublés.
    Justine Lacroix est professeure de science politique à l'Université libre de Bruxelles. Jean-Yves Pranchère est professeur de philosophie politique à l'Université libre de Bruxelles. Ils ont publié ensemble Le Procès des droits de l'homme. Généalogie du scepticisme démocratique (Seuil, 2016).

  • Le catholicisme français à l'épreuve des scandales sexuels

    Céline Béraud

    • Seuil
    • 4 Février 2021

    Ces dernières années, le catholicisme français a été secoué par une série de scandales : des violences sexuelles ont été exercées sur des enfants et des religieuses, avec le silence et parfois même la protection de la hiérarchie. Ces affaires affaiblissent une institution en voie de minorisation, d'un point de vue tant démographique que culturel et politique. Elles conduisent aussi à poser, de manière tout à fait inédite, la question de l'autorité : l'accès des hommes mariés, voire des femmes, à la prêtrise ; une place plus importante pour les laïcs ; une plus grande collégialité dans la prise de décision. Enfin, c'est le rapport de force interne au monde catholique qui se trouve bousculé. Alors que la mobilisation contre le mariage pour tous avait démontré le dynamisme du pôle conservateur, c'est l'autre pôle, plus réformiste, qui monte aujourd'hui au créneau.

  • Les nouveaux pouvoirs d'agir

    Vanessa Wisnia-Weill

    • Seuil
    • 13 Février 2020

    Nos sociétés érigent en idéal la capacité d'agir, celle de l'individu libre et autonome. Pourtant, de tout le corps social montent des exaspérations, revendications ou souffrances de la part de vies empêchées, à mille lieux de cet idéal d'accomplissement. L'avenir de la social-démocratie passe par l'invention de nouveaux pouvoirs d'agir : travail, consommation, liens intimes, citoyenneté, connaissance. Il est crucial de garantir notre puissance d'agir dans toutes ces sphères, sauf à sombrer dans un sentiment d'impuissance face aux inégalités ou à la transition climatique. Cet essai indique les conditions pour que la liberté continue d'exister au bénéfice de chacun et de tous.
    Ancienne élève de l'École polytechnique et des Ponts et Chaussées, Vanessa Wisnia-Weill est expert des politiques éducatives et sociales dans les services du Premier ministre. Elle a publié de nombreux rapports au département " Questions sociales " de France Stratégie.

  • Sauver les médias ; comment s'adapter à la révolution numérique

    Julia Cagé

    • Seuil
    • 5 Février 2015

    Les médias sont en crise. Pas seulement la presse écrite, mais toute la chaîne de production de l'information. Confrontés à une concurrence croissante et à une baisse inexorable des recettes publicitaires, les journaux, les radios, les télévisions, les pure players sont tous à la recherche d'un nouveau modèle. Fondé sur une étude inédite des médias en Europe et aux États-Unis, ce livre propose de créer un nouveau statut de " société de média à but non lucratif ", intermédiaire entre le statut de fondation et celui de société par actions. Ce statut permettrait d'œuvrer pour des médias indépendants des actionnaires extérieurs, des annonceurs et des pouvoirs publics, mais dépendants de leurs lecteurs, de leurs salariés et des internautes. Il s'agit d'un modèle économique adapté à la révolution numérique et aux enjeux du XXIe siècle. Le débat est ouvert : il en va, tout simplement, de l'avenir de notre démocratie.
    Normalienne, titulaire d'un doctorat de l'université de Harvard, Julia Cagé est professeur d'économie à Sciences Po Paris. Elle est également membre de la Commission économique de la nation.

  • La mondialisation des pauvres ; loin de Wall Street et de Davos

    ,

    • Seuil
    • 8 Février 2018

    La mondialisation ne se résume pas au succès de quelques multinationales et à la richesse d'une minorité de nantis. Les acteurs les plus engagés dans la mondialisation demeurent discrets, souvent invisibles. Depuis une trentaine d'années, les routes de l'échange transnational ont connu de profondes mutations. Elles relient aujourd'hui la Chine, l'atelier du monde, à un " marché des pauvres " fort de quatre milliards de consommateurs, en Algérie, au Nigeria ou en Côte d'Ivoire. Pour apercevoir ces nouvelles " Routes de la Soie ", il faut se détacher d'une vision occidentalo-centrée et déplacer le regard vers des espaces jugés marginaux, où s'inventent des pratiques globales qui bouleversent l'économie du monde. On découvre alors une " autre mondialisation ", vue d'en bas, du point de vue des acteurs qui la font.
    Armelle Choplin est maîtresse de conférences en géographie à l'université Paris-Est Marne-la-Vallée, en accueil à l'Institut de Recherche pour le Développement. Elle a publié Nouakchott, au carrefour de la Mauritanie et du monde (Karthala, 2009) et Inconspicuous Globalization (Articulo, 2015 avec Olivier Pliez).
    Olivier Pliez est géographe, directeur de recherche au CNRS (UMR LISST, Toulouse). Il a publié Les Cités du désert. Des villes sahariennes aux saharatowns (PUM-IRD, 2011) et Migrations entre les deux rives du Sahara (Autrepart, 2005, avec Sylvie Bredeloup).

  • Le retour des domestiques

    ,

    • Seuil
    • 8 Novembre 2018

    Depuis plusieurs décennies, la France soutient activement les emplois de services à la personne. Aujourd'hui, le secteur compte 1,2 million de salariés, représentant plus de 5 % des effectifs totaux. Malgré ce succès apparent, cette stratégie n'est ni efficace ni juste. Elle crée un faible nombre d'emplois en comparaison de leur coût public. Précaires et mal rémunérés, ces emplois " bas de gamme " contribuent à la polarisation de notre société, ainsi qu'à l'augmentation des inégalités ethniques et de genre. En outre, l'État subventionne des services de confort pour les plus aisés, au détriment des services publics ouverts à tous. C'est ainsi qu'on en revient à une société de domestiques, comme au xixe siècle, avec de " nouveaux pauvres " au service de " nouveaux riches ". Heureusement, plusieurs pistes existent pour sortir de ce contre-modèle.
    Clément Carbonnier est maître de conférences en économie à l'université de Cergy-Pontoise (THEMA).
    Nathalie Morel est assistant professor en sciences politiques à Sciences Po (CEE, LIEPP).
    Ils animent tous deux l'axe socio-fiscal du Laboratoire interdisciplinaire d'évaluation des politiques publiques (LIEPP) à Sciences Po.

  • Les nouveaux héritiers

    Nicolas Frémeaux

    • Seuil
    • 4 Octobre 2018

    Depuis les années 1970, le poids des transmissions patrimoniales n'a cessé d'augmenter, pour se rapprocher des niveaux observés au xixe siècle. Or non seulement l'héritage est très inégalitaire, mais son imposition a reculé dans la plupart des pays. Aujourd'hui, pour devenir riche, il ne suffit pas de travailler beaucoup ; il faut aussi hériter. Cette évolution est contraire à l'idéal démocratique, qui réserve une place centrale au mérite. Vivons-nous encore dans une société moderne ? Pour réparer les inégalités successorales, on peut accroître la progressivité de l'imposition, développer la culture philanthropique et créer une dotation universelle alimentée par les recettes fiscales. Si l'héritage est de retour, il est urgent de le démocratiser.
    Nicolas Frémeaux est maître de conférences en économie à l'université Paris 2. Ses recherches portent sur les inégalités et l'économie de la famille.

  • Addicts ; les drogues et nous

    Christian Ben Lakhdar

    • Seuil
    • 5 Mars 2020

    Bienvenue dans la société addictogène ! Alcool, tabac, cannabis, cocaïne, ecstasy, mais aussi écrans, jeux d'argent, porno en ligne : les addictions se sont démocratisées. La prolifération des produits psychotropes et des conduites addictives nous oblige à penser leur régulation. De plus en plus, le marché fournit des produits à moindres risques et des solutions techniques pour réduire leur nocivité. L'État, plutôt que de tout miser sur la répression, peut offrir un cadre propre à réduire les dommages socio-sanitaires. Ce double mouvement – expansion du marché et désengagement policier de l'État – renvoie le drogué dans le champ de la citoyenneté. Car les addicts sont des citoyens, comme vous et moi.
    Professeur à l'université de Lille, Christian Ben Lakhdar est l'un des meilleurs spécialistes de l'économie des drogues et des conduites addictives. Il est membre du Collège scientifique de l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies.

  • La peur du déclassement ; une sociologie des récessions

    Eric Maurin

    • Seuil
    • 15 Septembre 2021

    Déclassement : le mot est aujourd'hui sur toutes les lèvres et sous toutes les plumes. Mais, au-delà de son caractère incontournable, il recouvre deux réalités bien distinctes. La plus évidente a trait aux ruptures qui conduisent des individus à voir leur position se dégrader. La deuxième est encore plus décisive : c'est la peur du déclassement. Cette angoisse sourde, qui taraude un nombre croissant de Français, repose sur la conviction que personne n'est « à l'abri », que tout un chacun risque à tout moment de perdre son emploi, son salaire, ses prérogatives, en un mot son statut. En rendant la menace plus tangible, les crises portent cette anxiété à son paroxysme. Source de concurrence généralisée et de frustrations, la peur du déclassement est en train de devenir l'énergie négative de notre société. À partir de ce constat, Éric Maurin fonde une sociologie des récessions et propose une lecture radicalement neuve de la société française, tout en aidant à repenser les conditions de sa réforme.

    Éric Maurin est directeur d'études à l'EHESS et professeur à l'École d'économie de Paris. Il a publié aux Editions du Seuil L'Égalité des possibles (2002), Le Ghetto français (2005) et La Nouvelle Question scolaire (2007).

  • La préférence pour l'inégalité ; comprendre la crise des solidarités

    François Dubet

    • Seuil
    • 25 Septembre 2014

    Depuis les années 1980, les inégalités se creusent partout en Amérique du Nord et en Europe. Au même moment, on observe un reflux des États-providence. Même si chacun le déplore, nous désirons de moins en moins l'égalité concrète. Mais ce ne sont pas seulement les crises et les inégalités qui affectent les liens de solidarité, c'est aussi la faiblesse de ces liens qui explique que les inégalités se creusent. Pour beaucoup, il serait temps de se débarrasser du politiquement correct qui empêcherait d'appeler les choses par leur nom : les " races ", les " racailles ", les " assistés ", etc. En dépit de leurs principes affichés, les sociétés " choisissent " l'inégalité.
    Ce livre montre que l'aggravation des inégalités procède d'une crise des solidarités entendues comme l'attachement à des liens sociaux qui nous font désirer l'égalité de tous, y compris de ceux que nous ne connaissons pas. Il est urgent d'inverser l'ordre du triptyque républicain : " Fraternité, Égalité, Liberté ".
    François Dubet est professeur de sociologie à l'université de Bordeaux et directeur d'études à l'EHESS. Il a récemment publié, au Seuil, Les Places et les Chances (2010) et Pourquoi moi ? L'expérience des discriminations (2013).

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