Religion & Esotérisme

  • Y a-t-il une philosophie chrétienne ?
    Les trois courts et passionnants essais réunis ici explorent les différentes questions que soulèvent, dans l'univers du christianisme, les relations controversées de la philosophie et de la religion. Foi et raison sont-elles exclusives l'une de l'autre ? La raison n'aurait-elle rien à apporter à la subjectivité de la foi ? Peut-on se passer de croyances ? Science et foi sont-elles nécessairement en conflit ? Que prouvent les " preuves " de l'existence de Dieu ? Et si Dieu existe, pourquoi le mal accable-t-il le monde ? Défendant la fécondité du dialogue entre raison et foi, Denis Moreau ne se contente pas de rendre compte de l'histoire de ce débat. Il montre en quoi le christianisme constitue une ressource philosophique, et ce que la foi peut gagner en s'adossant à la raison : la philosophie chrétienne n'est donc pas un impensable, ni une sous-philosophie.
    Denis Moreau
    Agrégé et docteur en philosophie, il est professeur de philosophie à l'université de Nantes. Il est notamment l'auteur de Pour la vie ? (Seuil, 2014), Mort, où est ta victoire ? (Bayard, 2017) et Comment peut-on être catholique ? (Seuil, 2018).

  • Alors que le Coran fait l'objet, dans les courants salafistes et dhjihadistes, d'une interprétation atemporelle et anhistorique, cet ouvrage passionnant a l'ambition de donner à comprendre ce que le discours coranique de Mahomet, qui était alors loin d'être fixé par écrit, a pu signifier pour ceux qui l'ont entendu, dans la société sans livre qu'était l'Arabie du début du viie siècle.
    L'originalité de cette approche consiste ainsi à déchiffrer le Coran à la lumière d'un contexte historique et anthropologique précis, celui de tribus vivant selon des rapports de solidarité et d'alliance pour faire face à l'environnement éprouvant du désert. Jacqueline Chabbi montre avec brio, et une connaissance approfondie de la langue coranique, que les trois caractéristiques principales du divin correspondent aux trois piliers de la société tribale : l'alliance, la guidance et le don. Pour ce groupe humain patriarcal du désert, Dieu est représenté avant tout comme celui dont l'alliance, la guidance et le don répondent aux nécessités vitales imposées par l'environnement.
    Outre que cet éclairage permet d'élucider un nombre considérable de notions et de distinguer celles qui sont d'origine biblique, il renouvelle totalement le sens de celles qui ont été figées par une certaine doctrine musulmane (djihâd, charia notamment). Car il ne s'agit pas, en découvrant des significations en relation avec un terrain chronologiquement premier, de figer les mots dans leur sens d'origine mais au contraire de faire apparaître combien ils ont pu évoluer au fil du temps et des transformations sociales.
    Jacqueline Chabbi, agrégée d'arabe et docteur ès lettres, est professeur honoraire des universités. Elle a notamment publié : Le Seigneur des tribus. L'islam de Mahomet (CNRS, 1997/2013) et Le Coran décrypté. Figures bibliques en Arabie (Fayard 2008/Le Cerf, 2004).

  • Peu de gens le savent : Jésus occupe dans le Coran une place éminente.
    À partir de deux versets de la sourate IV qui évoquent la crucifixion de Jésus de manière inattendue, Gérard Mordillat et Jérôme Prieur cherchent à reconstituer ce que l'on peut comprendre des origines de la prédication de Mahomet, de son développement dans un milieu païen très marqué pourtant par les références et les influences bibliques.
    Une religion ne naît jamais de rien. L'islam s'est voulu l'ultime révélation après la révélation juive et la révélation chrétienne. Elle en est à la fois l'héritière et la concurrente. Au carrefour des trois monothéismes, dans la succession du judaïsme de Moïse et du judéo-christianisme de certains disciples de Jésus, ce livre explore pour nous la formation de l'islam au début du VIIe siècle de notre ère.
    Pourquoi et comment le juif de Galilée mué en Christ fondateur du christianisme est finalement devenu dans la péninsule arabique " le messie Jésus, fils de Marie, envoyé d'Allah ", l'ultime prophète avant le Prophète.
    Jérôme Prieur et Gérard Mordillat sont écrivains et cinéastes. Les auteurs de la mémorable série de films Corpus Christi ont publié au Seuil Jésus contre Jésus. Leur premier essai, qui demeure un grand succès, a été suivi de Jésus après Jésus sur les origines du christianisme puis de Jésus sans Jésus sur la christianisation de l'Empire romain.
    Jésus selon Mahomet accompagne et prolonge Jésus et l'islam, la nouvelle série qu'ils ont réalisée pour Arte où interviennent vingt-six des plus grands chercheurs internationaux sur l'islam.

  • "L'admirable, la parfaite biographie que vient d'écrire Marcelle Auclair."
    A. Maurois, les Nouvelles littéraires
    "Il faut saluer, et on oserait presque dire fêter, une oeuvre aussi belle que celle de Marcelle Auclair."
    P. Doncoeur, Les Etudes
    "La biographie de Marcelle Auclair est brillamment écrite, solidement documentée, aussi large, pénétrante, alerte et pittoresque que le demandait le sujet."
    le Figaro littéraire
    "Voici la vie d'une des plus grandes mystiques, racontée avec la couleur et la vivacité d'un roman de cape et d'épée, mais tissée à chaque page sur le fond solide de la vérité historique.(...) Il y a, dans ce livre, une foule d'admirables pages, éclairées par les témoignages et les lettres du temps, dans lesquelles l'extraordinaire existence de la sainte d'Avila est évoquée avec une merveilleuse puissance de vie.(...) Ici, nulle concession au style artificiel de l'hagiographie décadente, mais le langage le plus humain. Et pourtant comme il nous conduit avec feu sur le sentier de Thérèse vers le château de l'âme !"
    M. Carrouges, La Vie spirituelle

  • " Nul n'est prophète en son pays ", " Semer la zizanie ", " L'homme ne vit pas que de pain ", " Porter au pinacle ", " Rendre à César ", etc. : comme monsieur Jourdain faisait de la prose, nous citons les Évangiles sans le savoir. En presque 2 000 ans d'histoire du christianisme, ces textes ont imprégné notre culture : on y trouve de multiples aphorismes et sentences qui sont devenus des expressions courantes. Ces paroles vives, voire provocatrices, qu'on attribue pour la plupart à Jésus, se sont banalisées, et leur sens religieux est aujourd'hui imperceptible.
    En honnête homme amoureux des textes bibliques, Denis Moreau a choisi une centaine de ces locutions et leur redonne leur saveur première. Restituant le contexte où elles ont été prononcées selon un ordre qui rend compte du récit évangélique, il explique leur sens et leur portée, et retrace, non sans humour, les multiples échos qu'elles ont trouvés au cours des siècles.
    Une façon à la fois distrayante et profonde de redécouvrir les Évangiles sous un jour inattendu, ou de s'y initier.

  • Pourquoi prie-t-on aujourd'hui ? Comment prier ? Le sait-on encore ? Que signifie cet acte, le plus immémorial dans l'histoire des hommes ? À quelle faim, à quelle soif, à quelle urgence, mais aussi à quel amour répond la prière ? Les saints de tous les temps, les poètes et les écrivains, les musiciens et les peintres en ont tissé leurs œuvres. Mouvement intérieur ou communion collective, la prière n'en finit pas de soulever une infinité de questions et d'espérances. Elles sont au cœur du livre de Christiane Rancé où se croisent et se mêlent traits historiques, rencontres, dialogues, aphorismes, paysages et méditations.
    Un nouveau bréviaire enchanteur.
    Christiane Rancé est grand reporter, essayiste et romancière. Elle a déjà publié deux magnifiques biographies spirituelles au Seuil : Simone Weil, le courage de l'impossible (2009) et Tolstoï, le pas de l'ogre (2010), ainsi qu'un Jésus (Gallimard, coll. " Foliobiographies ").

  • " S'asseoir, tout simplement " est une célèbre formule de la tradition zen pour décrire la méditation. Sa limpidité dit pourtant l'exigence d'une transformation de soi. Dans l'assise méditative en effet, le pratiquant est invité non seulement à se désencombrer, mais à se défaire inconditionnellement des peurs et des jugements qui colorent la réalité, pour vivre une expérience d'unité et de simplicité.
    Cet ouvrage passionnant est le premier à décrire l'expérience subjective de la méditation. Répondant aux nombreuses questions que le néophyte comme le pratiquant avancé peuvent se poser sur la posture physique, l'attitude mentale, les différentes techniques, la relation avec le maître, il décrit minutieusement, comme cela n'avait jamais été fait, les mécanismes psychologiques qui empêchent ou permettent l'expérience méditative.
    Alors que la méditation bouddhiste suscite un réel engouement, notamment par le développement d'une forme simplifiée et laïcisée de celle-ci, la pleine conscience, l'auteur propose également une réflexion critique sur ce nouveau phénomène de société à partir de sa propre expérience de méditant.
    Un livre concret et profond, indispensable sur la voie d'une méditation authentique.
    Éric Rommeluère est enseignant bouddhiste dans la tradition zen. Il a reçu les préceptes bouddhistes du maître zen japonais Taisen Deshimaru, puis pratiqué sous la direction des maîtres Ryôtan Tokuda et Gudô Nishijima. Ses ouvrages explorent les enseignements du Bouddha, leurs interprétations et leurs adaptations en Occident.
    Merci de prévoir une photo de l'auteur en 4e

  • A travers un essai de lecture générale des Psaumes, appliquée ensuite à quelques-uns d'entre-eux, cet ouvrage présente les "chants sacrés" sous des aspects bien peu conventionnels.
    Nuit et jour : c'est dans la lumière et les ténèbres de la Passion, dans les rires et les pleurs, la louange et la supplication, le proche et le lointain, que se trouve la réponse, apparemment contradictoire, du croyant au Créateur. Nuit et jour : c'est le mot de passe de ce livre constitué d'entretiens brefs et familiers où éclate l'originalité de toute prière.
    Le texte des Psaumes cités est celui de la traduction liturgique la plus récente (Liturgie des heures, édition 1980).
    Paul Beauchamp (1924-2001) était professeur d'Ecriture sainte au centre Sèvres à Paris.

  • Aux Indes, les mythes disent la profondeur de la parole, celle que l'on ne peut entendre dans l'ordinaire des mots. C'est par le mythe qu'on exprime l'indicible, le merveilleux et le terrible dans des cultures où il pénètre tous les savoirs, y compris les plus austères. On le rencontre dans la parole, parole sanskrite bien sûr, et aussi dans les peintures, les sculptures, tous les arts et les savoirs. Aujourd'hui où il faut fabriquer l'histoire d'un pays nouvellement créé, les mythes sont mis au service d'une conscience nationale qui cherche ses racines dans le passé. Si les mythes modernes sont parfois dorés, autrefois ils étaient rouges, noirs et blancs : il fallait dire l'inlassable activité des dieux, la présence continue des démons et les aspirations transcendantes.
    Aux Indes, la mythologie conjugue donc l'érudition sanskrite avec l'imagination, elle prétend dire le fond des choses, toucher à l'âme, sans passer par l'esprit. On les a donc racontés et expliqués pour qu'on les entende comme leurs créateurs les avaient conçus. Des mythes : en voici quelques-uns parmi beaucoup d'autres.
    Michel Angot est indianiste, védisant. Membre du Centre d'études de l'Inde et de l'Asie du Sud (CEIAS), il anime des séminaires à l'EHESS. Outre de nombreux articles et des traductions de référence, il a publié des ouvrages de vulgarisation : L'Inde classique (Les Belles-lettres, 2001), Paroles vivantes de brahmanes (Seuil, 2010), Samkara, la quête de l'être (Points, 2009), Histoire des Indes (Les Belles-lettres, 2017).
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  • A la fin du Ier siècle de notre ère, la génération des Apôtres s'est éteinte. Mais l'Eglise qui est née ne lâche pas pour autant l'écriture. La relève de ceux qui ont écrit le Nouveau Testament est assurée par des hommes qui, selon la tradition, ont été en relation avec les Apôtres, et c'est pourquoi on donne à cette génération le nom de "Pères apostoliques".
    Il écrivent en des temps difficiles : le pouvoir romain s'est mis, depuis 60 ap. J.C., à combattre le mouvement chrétien qui a pris de l'ampleur. La répression n'est pas permanente, ni organisée systématiquement, mais elle est souvent cruelle, contre cette "race superstitieuse", censée "haïr le genre humain". En même temps que ces ennemis extérieurs apparaissent les menaces intérieurs de schisme, les querelles de la communauté... Les textes ici réunis et leurs orientations font écho à ces difficultés. On trouvera dans ce volume les Epîtres de Clément de Rome, de Barnabé, d'Ignace d'Antioche et de Polycarpe ; le Martyre de Polycarpe ; la Didachê ; les Fragments de Papias.

  • Avec les pontificats de Jean-Paul II et Benoît XVI, l'Église serait-elle, comme une vieille dame, atteinte d'ostéoporose ? Telle est en effet le diagnostic implacable que fait Hans Küng. Extérieurement, l'Église catholique est affectée par une crise sans précédent en Europe : absence de prêtres, départ massif de fidèles, absence de toute réforme du gouvernement romain, scandale de la pédophilie des prêtres, rigorisme moral insupportable, autoritarisme, restauration anté-conciliaire qui se dessine, traditionalisme liturgique, œcuménisme défaillant. Küng va aux causes profondes et lointaines de cette débâcle : un système romain – de puissance, de fermeture, d'arrogance – a fait son temps. Juridisme, cléricalisme, système de gouvernement médiéval, mentalité de croisade, méfiance envers la sexualité humaine, refus de toute réforme, mépris de la science aujourd'hui comme hier, refus de la démocratie – réservée aux autres –, goût du secret, haine du moderne, autocélébration et autoconservation internes qui se refusent à toute autocritique véritable : n'en jetez plus ! Il propose aussi toute une série de remèdes, car le mal ne lui paraît pas (encore) mortel, pour " guérir " l'Église catholique : des réformes pour être plus fidèle l'Évangile, et non pour faire plaisir à l'esprit du temps.
    Hans Küng, jeune théologien brillant d'origine suisse, fut expert au Concile Vatican II (1962-1965) en même temps que Josef Ratzinger. Dernier livre de Hans Küng au Seuil : Faire confiance à la vie (2010).

  • Parmi les nombreux livres qui nous expliquent pourquoi, sur quoi et comment méditer, La Pleine Conscience en action est une pièce maîtresse qui allie simplicité et profondeur, sollicitude et pragmatisme. Ce passionnant traité montre à ceux qui se croient incapables de méditer qu'ils ont en eux un potentiel vaste et inné : " Vous pourriez parfois avoir des difficultés à le voir, mais vous aussi vous êtes parfait – excellent en fait ", affirme Trungpa Rinpoché. Par ces mots, il ne cherche pas à dorloter notre ego, mais à nous faire prendre conscience de la présence en chacun de nous de la " nature de bouddha ", la nature fondamentale de notre esprit.
    Que vous soyez un " rhinocéros " qui préfère méditer seul, ou un " perroquet " qui affectionne la méditation en groupe (selon les termes de l'auteur), vous trouverez dans cet ouvrage les instructions bienveillantes dont vous aurez besoin pour laisser transparaître et rayonner votre qualité fondamentale de bonté, envers vous-même et envers tous les êtres. " Sans la compassion, nous dit Trungpa Rinpoché, la méditation ne peut absolument pas être transférée à l'action. "
    Matthieu Ricard
    Préface de Matthieu Ricard
    Chögyam Trungpa (1939-1987), héritier authentique de la tradition " véhicule adamantin " du Tibet, est l'un des premiers maîtres à avoir enseigné le bouddhisme tibétain aux Occidentaux. Un maître à part, qui s'est immergé dans la vie occidentale et a diffusé un enseignement radical, à la fois provocateur et d'une fraîcheur incomparable. Ses livres sont publiés au Seuil.

  • Depuis le milieu du XIXe siècle, les savants essaient de dégager une " biographie " authentique du Bouddha des " brumes dorées " de sa légende, et l'immense majorité des écrits sur le bouddhisme accepte le caractère historique de son personnage fondateur. C'est cette vérité reçue que le présent ouvrage questionne. On ne sait presque rien en effet de la vie du Bouddha, qui peut se résumer à quelques faits. En outre, sa biographie pose l'existence d'un bouddhisme indien originaire et " pur " – celui du Bouddha et de ses disciples –, qui accorde aux premiers récits de sa vie une objectivité non questionnée et dévalue les bouddhismes et récits ultérieurs, non indiens.
    Remettant en cause cette préférence, l'originalité de ce livre passionnant est d'explorer les histoires du Bouddha qui ont été forgées et transmises au cours des siècles, en Inde mais aussi jusqu'en Chine et au Japon. Il s'attache ainsi à montrer comment elles ont nourri la pratique et la transmission du bouddhisme, infléchissant celui-ci en une sorte d'" imitation du Bouddha ". Les Mille et Une Vies du Bouddha font également ressortir ce personnage dans tout son éclat, et contribuent à expliquer l'immense prestige dont il a bénéficié.
    Historien des religions, spécialiste du bouddhisme japonais (zen), Bernard Faure enseigne à l'Université Columbia (New York). Il travaille sur les aspects historiques et anthropologiques du bouddhisme, comme en témoignent ses ouvrages, notamment : Bouddhismes, philosophies et religions (Flammarion, 2000) ; Sexualités bouddhiques (Flammarion, 2005) ; Bouddhisme et violence (Le Cavalier bleu, 2008) ; Idées reçues sur le bouddhisme. Mythes et réalités (Le Cavalier bleu, 2016).

  • En tant que religion monothéiste l'islam est supposé partager avec les deux religions qui l'ont précédé les grandes thématiques qui les caractérisent. Le Coran traite effectivement d'un Jugement destiné à évaluer les actions des hommes. Il décrit un enfer aussi bien qu'un paradis. Le dieu du Coran est également présenté comme le créateur des cieux et de la terre. On ne s'est guère avisé cependant que l'adaptation de ces emprunts à un nouveau milieu, celui des hommes de l'Arabie aride, les faisait entrer dans un nouvel espace de représentation du monde. Les grandes idées empruntées aux milieux bibliques ont dû se coraniser. C'est ainsi que l'idée de création, abondamment traitée dans le Coran, ne l'est pas du tout dans l'optique biblique. Le mythe du premier homme est totalement ignoré ainsi que le paradis terrestre initial, dépossédant totalement Adam de son rôle fondateur. C'est d'emblée une société au travail qui est créée par un dieu bienfaisant. Celui-ci pourvoit à tout ce qui rend la vie possible et doit continuer à le faire dans un milieu surchargé d'aléas et de contraintes vitales. Réduit dans le Coran à un rôle anecdotique, Adam s'est néanmoins trouvé rétabli dans tous ses droits bibliques dans la tradition musulmane postérieure, dès lors que l'islam s'est construit comme religion, en dehors de son milieu d'origine, dans les sociétés multiculturelles des empires musulmans.
    L'enjeu de ce livre passionnant consiste à montrer, à partir de ce cas précis, que pas plus qu'une autre religion, l'islam n'a échappé aux reconstructions de son imaginaire et aux évolutions de l'histoire.
    Jacqueline Chabbi, agrégée d'arabe et docteur ès lettres, est professeur honoraire des universités. Elle est l'auteur d'une œuvre cohérente qui renouvelle l'approche des origines de l'islam et du Coran par le biais de l'anthropologie historique. Elle a publié : Le Seigneur des tribus. L'islam de Mahomet (Agnès Viénot, 1997/ CNRS, 2013), Le Coran décrypté. Figures bibliques en Arabie (Fayard, 2008/Le Cerf, 2014), Les Trois Piliers de l'islam. Lecture anthropologique du Coran (Seuil, 2016/Points Essais, 2018).

  • Les livres de la Bible - Ancien et Nouveau Testament - sont de longue date passés par l'épreuve de la critique littéraire, historique, linguistique. Nous possédons d'innombrables informations " scientifiques " sur le temps et les lieux où ils furent écrits. Maintenant que nous sOmmes éclairés sur tous ces points, pourquoi continuer à parler d' " Ecritures saintes " ? Comment, dans quel esprit, lire les Livres " saints " ? " Il existe un mot dans la Bible dont la fonction est de désigner ce qui est le propre de Dieu : Dieu est saint. Nous prions en disant : " Que ton nom soit sanctifié ! " Nous lisons que le prophète Isaïe a entendu les êtres célestes prononcer trois fois ce mot et qu'il a dit : " Malheur à moi, car je suis un homme aux lèvres impures. " Alors un des êtres célestes lui a touché la bouche avec de la braise. Tous les mots pour dire Dieu, même les meilleurs, doivent être passés au feu. Nous parlons, en ce sens, d'Ecritures saintes : elles sortent du feu et nous y font entrer. "

  • Si Maître Eckhart est aujourd'hui l'un des auteurs les plus connus du Moyen Âge, c'est sans aucun doute grâce à ses Sermons allemands dont la profondeur spirituelle et la beauté littéraire n'ont jamais cessé de captiver ses auditeurs, puis ses lecteurs. Écrits vraisemblablement à Erfurt dans les années 1303-1311, alors qu'il est prieur de la province dominicaine de Saxe, les Sermons 87 à 105 s'interrogent en particulier sur le rôle de l'intellect dans la connaissance de Dieu : ne faut-il pas admettre que celle-ci dépasse les facultés de l'âme ? Pourtant, la lumière du Christ ressuscité vient éclairer les ténèbres de l'homme. Comment l'âme doit-elle alors se disposer intérieurement pour accueillir la Parole de Dieu ? Eckhart envisage cette question de la connaissance à travers l'expérience du détachement, montrant " la grande noblesse que Dieu a déposée dans l'âme " ( Sermon 101 ). C'est en effet dans le silence de l'âme que prend naissance le Verbe éternel, pour la plus grande béatitude de l'homme.
    Ce nouveau volume réunit pour la première fois en français un ensemble de sermons dont dix (91 à 100) sont totalement inédits, et nous offre un précieux témoignage sur l'âge d'or de la spiritualité dominicaine à la fin du Moyen Âge, dont Eckhart fut incontestablement l'une des plus grandes figures.
    Éric Mangin est philosophe et théologien. De Maître Eckhart, il a déjà traduit et présenté le Commentaire du Notre Père (Arfuyen, 2005) et les Sermons parisiens (Seuil, 2009). Il est également l'auteur de Maître Eckhart ou la profondeur de l'intime (Seuil, 2012).

  • Découvrir l'évangile et Jésus lui-même à travers les portraits de ceux qui l'ont rencontré, apôtres, disciples, hommes et femmes ordinaires, tel est l'objet de ce livre.
    Ces hommes et ces femmes, dans les relations qu'ils nouent avec Jésus, expriment des désirs, des craintes et des élans qui sont aussi les nôtres. En écoutant ce qu'ils disent, en considérant ce qu'ils font, en mobilisant son imagination, celui qui les regarde partage leurs sentiments et se rend présent à l'événement. Ou plutôt, il se rend compte que l'événement lui est présent dans le Christ toujours vivant, le même hier et aujourd'hui.
    Ces pages se veulent fidèles au fondement historique des évangiles. Mais leur visée est de renouveler le regard habitué et d'amorcer une réflexion personnelle, en brisant l'écorce du texte comme on casse une noix pour l'offrir. De sorte que le lecteur, mis en appétit, cherche par lui-même, goûte les choses intérieurement et trouve le chemin d'une intime et divine conversation.
    Ces portraits tirés de l'évangile s'accompagnent de gravures anversoises du xv¿e siècle.
    Claude Flipo, jésuite, fut longtemps rédacteur en chef de la revue Christus.

  • Judaïsme, christianisme, islam : près de 3, 5 milliards de personnes (soit la moitié de l'humanité) se réclament aujourd'hui d'un de ces trois " grands monothéismes ". Quarante, vingt et treize siècles ont façonné dans chacune de ces trois traditions des corps de doctrine bien identifiés : à partir des Écritures sur lesquelles elles se fondent, le travail d'innombrables penseurs de tous ordres et horizons a élaboré la " théologie " de ces religions, c'est-à-dire une réflexion d'une indéniable richesse sur le monde, l'homme et Dieu.
    Le présent dictionnaire en expose le contenu dans des articles centrés sur les notions constitutives de ces enseignements ou doctrines dont il vise à donner une compréhension synthétique. D' Abraham à Unicité divine, en passant par Amour, Calendrier, Djihad, Foi, Providence ou Résurrection, cet ouvrage rédigé par des spécialistes reconnus veut contribuer à réduire l'ignorance et permettre la découverte des similitudes et des différences des patrimoines religieux dont nous sommes – adeptes, adversaires ou indifférents – les héritiers et les contemporains.
    Une chronologie et des index détaillés complètent cet outil unique en son genre, à la fois précis, abordable et indispensable à ceux qui, d'une façon ou d'une autre, s'intéressent au " fait religieux ".
    Cyrille Michon et Denis Moreau sont professeurs de philosophie à l'université de Nantes.
    Avec la collaboration de Jean-Rémi Alisse, Philippe Buettgen, Viviane Comerro, Élian Cuvillier, Job Getcha, Philippe Haddad, Vassa Kontouma, Alfred-Louis de Prémare

  • Dans ce livre, le regard ne cesse d'aller "d'une montagne à l'autre", et dans les deux sens : du Sinaï, où Moïse reçut le Décalogue inscrit dans les deux tables de la Loi, au mont de Galilée, où Jésus prononce, selon l'évangile de Matthieu, le Discours (ou le Sermon) sur la montagne. Si le Décalogue (les "dix paroles", plutôt que les "dix commandements") surplombe de toute la hauteur du Sinaï l'itinéraire entier de l'histoire sainte, le périple se termine avec la croix, qui s'élève en attirant les regards sur un condamné. Elle est donc centrale pour toute réflexion chrétienne sur la loi.
    "D'une montagne à l'autre" : on pourrait aussi dire d'un abîme à l'autre, comme le suggère précisément la croix. A la Loi et à la justice répondent en effet la transgression, l'injustice, le péché, la violence... et peut-être, plus essentielle encore, l'idolâtrie.
    Avec cette méditation sur les "montagnes de la Loi" (il y en eut d'autres que le Sinaï et la colline de Galilée), Paul Beauchamp poursuit sa réflexion capitale sur "l'un et l'autre testament".
    Paul Beauchamp, jésuite, était professeur d'exégèse biblique à la faculté de théologie du Centre Sèvres. Il est décédé en 2001.

  • Ce livre part d'un paradoxe : il y a des analogies entre le discours de Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte-Face (Thérèse de Lisieux) et celui du patient en psychanalyse. Pourtant, cette " patiente " anorexique ou mélancolique d'un hypothétique psychanalyste a été proclamée " docteur de l'Église " catholique en 1997, centenaire de sa mort. Alors, docteur ou malade ?
    Dans ce petit livre, Denis Vasse ne nous parle pas de Thérèse de l'extérieur, avec un discours qui nous exclurait de son expérience spirituelle à elle (ou à lui...). Thérèse évoque l'amour de Dieu avec des mots déconcertants de " petite fille ". Ce n'est pourtant pas une histoire de midinette. Car il est question de notre humanité : nous sommes appelés à devenir " homme " au cœur de nos maladies, de nos symptômes, de nos ambivalences. En parlant de l'humanité de Thérèse, il parle de nous, de chacun de nous. A travers des rapports familiaux totalement névrotiques s'est révélée, en Thérèse, la transcendance du désir, du désir de Dieu. C'est pourquoi, en elle, à travers elle, " ça " ne parle pas uniquement d'une autre, mais d'un Autre en nous.
    N'est-ce pas " ça " aussi, qui explique le succès persistant, aujourd'hui, des écrits de Thérèse auprès d'un large public ?
    Denis Vasse, psychanalyste, est l'auteur de nombreux ouvrages, dont Le Temps du désir (1969 et 1997), Le Poids du réel, la Souffrance (1983 et 2008), La Vie et les vivants (2001), La Grande Menace. La psychanalyse et l'enfant (2004), Né de l'homme et de la femme, l'enfant. Chronique d'une structure Dolto (2006), L'Homme et l'Argent (2008), tous publiés aux Éditions du Seuil.
    Nouvelle édition


  • Les Sermons parisiens ont été rédigés par Maître Eckhart entre 1311 et 1313 durant son second magistère à la Faculté de théologie de l'Université de Paris. Ecrits en latin dans un style qui est celui des grands sermons universitaires de cette période, ils expriment déjà la plupart de ses thèmes mystiques favoris tels que l'incarnation du Verbe, le détachement de l'âme et la filiation divine. En articulant la pensée chrétienne et la philosophie grecque ou, pour reprendre les termes d'Eckhart, en s'efforçant " d'expliquer par les raisons naturelles des philosophes les affirmations de la sainte foi chrétienne et de l'Ecriture dans les deux Testaments ", ces Sermons, traduits pour la première fois en français par Eric Mangin, constituent le fruit de sa réflexion théologique et le précieux témoignage de ce que fut l'enseignement universitaire au début du XIVe siècle.
    Éric Mangin, né en 1968, est philosophe et théologien, maître de conférences à la Faculté de philosophie de l'Université catholique de Lyon. Il a déjà traduit et présenté le Commentaire du Notre Père de Maître Eckhart (Paris, Arfuyen, 2005).
    Préface de Pierre Gire

  • Le péché, une notion dépassée ? Un dogme amené à disparaître dans un christianisme enfin " libéré " ? Le mot semble avoir déserté les églises et les consciences. Le christianisme serait-il devenu une religion sans péché ?
    L'histoire, la théologie, la foi même donnent cependant tort à une telle interprétation. Sans le lier nécessairement à une culpabilité tenace et paralysante, le péché est ce qui permet de comprendre non pas le seul rapport de l'homme à Dieu mais l'homme lui-même. Quiconque s'interroge sur le sens de l'existence rencontre le péché, lequel ne fait pas simplement référence à la faute, pas plus, d'ailleurs, qu'à une noirceur indéracinable de l'âme humaine.
    Ainsi, le péché n'est pas seulement l'affaire des croyants : il dit quelque chose de fondamental sur l'homme, sa liberté, sa vocation et sa responsabilité.
    Professeur à la Faculté de théologie du Centre Sèvres, François Euvé est spécialiste des relations entre les sciences modernes et la tradition chrétienne. Il vient de publier Darwin et le christianisme. Vrais et faux débats (Buchet-Chastel, 2009).

  • Un aspect fondateur du judaïsme est le refus de l'idolâtrie, celle du Veau d'or mais plus généralement de tout ce qui fixerait définitivement le sens du monde. Ainsi, la loi écrite, transmise par Dieu à Moïse, est-elle indissociable de la loi orale : Dieu se révèle à travers l'interprétation toujours recommencée de ses paroles. Et le Talmud, mise par écrit de ces multiples interprétations discutées par des générations de rabbins, reste aujourd'hui la source d'une parole vivante.
    " Le monde fut créé en dix paroles ", " Il n'est pas bon que l'homme soit seul ", " Reçois tout homme avec un beau visage "... : en commentant à son tour un choix des " paroles " talmudiques, Philippe Haddad nous plonge dans l'esprit même du judaïsme et explore les différentes facettes de sa spiritualité.
    Philippe Haddad est rabbin. Il est notamment l'auteur de Pour expliquer le judaïsme à mes amis (In Press, 2000), La Torah (Eyrolles, 2009).

  • " Comment se rappeler l'histoire de l'Israël biblique, celle qui précède la venue du Christ ? Proposer une série de cinquante portraits m'a paru être la manière la plus vivante d'abréger, sans laisser trop de lacunes. "
    Paul Beauchamp raconte en effet ici l'histoire biblique, " l'histoire sainte ", à travers ses grandes et ses moins grandes figures, à la fois différentes et solidaires. " Toute l'histoire recommence avec chacune ", mais autrement et de façon neuve, et chacune reconduit vers les Écritures elles-mêmes.
    Mais comprendre n'est pas tout, il faut sentir. C'est pourquoi des dessins de Pierre Grassignoux viennent illustrer les chapitres, comme pour un repos pendant la lecture. Tirés de l'art des temps de chrétienté, ils font saisir à quel point le peuple chrétien s'est vu greffé, à travers Jésus, sur le peuple du premier Testament, à quel point il s'est identifié aux personnages bibliques, qu'il n'a cessé de représenter autour de lui, dans les églises où il célébrait sa foi. Ces images semblent nous dire, à propos des anciens d'Israël : " Ils étaient comme nous, et Dieu les aimait ".

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