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  • Jésus est à la mode. Historiens, écrivains, cinéastes tentent de percer le mystère : qui était l'homme de Nazareth ? A-t-il eu un père ? Qu'ambitionnait-il de faire ? Pourquoi est-il mort ? Ce livre n'esquive aucune question. Il est l'œuvre d'un historien, théologien, spécialiste de l'Antiquité. Il entraîne le lecteur, la lectrice à examiner les documents, à chercher des preuves, à dépasser les réponses ressassées pour en apercevoir d'autres.
    On découvre quels soupçons, déjà du temps de Jésus, pesaient sur sa naissance. On fait la connaissance de son maître spirituel, Jean dit le Baptiseur. Les diverses facettes de ce juif exceptionnel sont explorées : Jésus le guérisseur, Jésus le poète du Royaume, Jésus le maître de sagesse. Ses amis (hommes et femmes) et ses adversaires sont nommés. Les raisons de sa mort (pourquoi est-il monté à Jérusalem ?) sont analysées. La naissance de la croyance en la résurrection est scrutée. La fabuleuse destinée de Jésus dans les trois grands monothéismes est aussi retracée : christianisme, judaïsme et islam ont construit de lui une image, à chaque fois différente.
    Le livre est aussi passionnant qu'une enquête policière. Dans un style vif et clair, Daniel Marguerat livre ici le meilleur de la recherche récente, tenant ses lecteurs en haleine jusqu'aux dernières pages.
    Daniel Marguerat, historien et bibliste, est professeur honoraire de l'université de Lausanne. Ses travaux sur les origines du christianisme lui ont acquis une réputation mondiale. Il est considéré comme l'un des meilleurs spécialistes actuels de la recherche sur Jésus de Nazareth.

  • « On ne sort pas d'une crise égal à soi-même : on en sort meilleur ou pire. À présent, c'est à nous que revient ce choix. »

    Au moment où les sociétés sont assaillies par une crise sanitaire extrêmement déstabilisante, ces mots du pape François appellent à nouveau au combat spirituel autant que politique.
    Cinq ans après l'encyclique Laudate si', le pape prolonge ici avec Carlo Petrini, fondateur du mouvement Slow Food, son exhortation à protéger notre « maison commune » des dégradations humaines et écologiques causées par notre système. Les deux hommes dénoncent ces autres virus que nous avons développés, une économie de marché sauvage, une injustice sociale violente. Mais ils entreprennent aussi, avec vigueur et profondeur, de dessiner les voies d'une écologie qui cesse d'être un slogan pour devenir un choix. Biodiversité, économie, migration, éducation, communautés : ces notions font l'objet d'une réflexion particulière, constructive et optimiste.
    Réunis par une même confiance dans un changement possible, le pape et le militant appellent toutes les compétences et les bonnes volontés à s'unir pour transformer notre vie et s'engager dans la défense d'une biodiversité indissociablement humaine et écologique. À ce titre, l'expérience des ethnies qui vivent en relation étroite avec la nature est essentielle à considérer : elles « ressentent nos propres ombres » que nous ne voyons pas nous-mêmes. Et les murs que nous construisons, à abattre.

  • Être vrai, me dépouiller des masques, oser l'abandon plutôt que la lutte, voilà qui me guide dans le périple de l'existence, où jamais nous ne pouvons nous installer. Pour demeurer fidèle à soi, pour vivre une authentique simplicité du cœur, tout un art est requis. C'est celui-ci que j'ai librement esquissé ici. Comment s'abandonner à la vie sans baisser les bras ? Comment goûter la joie sans nier le tragique de l'existence ? Comment traverser le découragement sans devenir amer ?
    Ce Petit Traité de l'abandon tente de dégager un chemin vers la liberté intérieure et de dessiner un art de vivre qui permette d'assumer les hauts et les bas du quotidien. Ni mode d'emploi ni recette, juste des explorations pour découvrir quelques outils, et des exercices spirituels pour avancer. Ainsi, j'ai puisé dans la tradition philosophique et celle du zen une invitation à une vie plus simple, car le bonheur ne procède pas de l'accumulation mais du dépouillement. C'est la joie qui mène au détachement et non le contraire. D'où cet itinéraire vers l'abandon, né de mes joies et de mes blessures.
    A. J.
    Né en 1975, Alexandre Jollien a vécu dix-sept ans dans une institution spécialisée pour personnes handicapées physiques. Philosophe et écrivain, il est l'auteur d'une œuvre qui connaît un succès constant, avec Éloge de la faiblesse (Cerf, 1999, prix de l'Académie française) et, au Seuil : Le Métier d'homme (2002), La Construction de soi (2006), Le Philosophe nu (2010).
    Voir le site de l'auteur

  • Si Guy de Larigaudie a " mené l'aventure d'un bord à l'autre des cinq continents ", porté par une vitalité hors du commun autant que par sa sensibilité à la beauté du monde, il avait conscience qu'il ne faisait là que reculer les murs de son jardin d'enfance, et que son âme, elle, était toujours en prison. Ce recueil de pensées pudiques et vibrantes, écrites dans les quelques semaines précédant la Seconde Guerre mondiale dans la perspective d'un " vrai livre d'homme ", témoigne ainsi d'une quête spirituelle intense et exigeante. Comme si elle entraînait derrière elle l'existence tout entière du jeune homme.
    Le testament spirituel d'un routier légendaire, aventurier possédé par la joie de vivre et le désir de Dieu. Un livre culte.
    Guy de Larigaudie fut le premier à relier en voiture la France à l'Indochine. Il fit le récit de ce périple dans La Route aux aventures (1939, rééd. 1999, Elor). Étoile au grand large a été publié peu après sa mort au combat, en 1940, à 32 ans. Il fut un des premiers best-sellers des Éditions du Seuil et son succès ne s'est pas démenti depuis.

  • Y a-t-il une philosophie chrétienne ?
    Les trois courts et passionnants essais réunis ici explorent les différentes questions que soulèvent, dans l'univers du christianisme, les relations controversées de la philosophie et de la religion. Foi et raison sont-elles exclusives l'une de l'autre ? La raison n'aurait-elle rien à apporter à la subjectivité de la foi ? Peut-on se passer de croyances ? Science et foi sont-elles nécessairement en conflit ? Que prouvent les " preuves " de l'existence de Dieu ? Et si Dieu existe, pourquoi le mal accable-t-il le monde ? Défendant la fécondité du dialogue entre raison et foi, Denis Moreau ne se contente pas de rendre compte de l'histoire de ce débat. Il montre en quoi le christianisme constitue une ressource philosophique, et ce que la foi peut gagner en s'adossant à la raison : la philosophie chrétienne n'est donc pas un impensable, ni une sous-philosophie.
    Denis Moreau
    Agrégé et docteur en philosophie, il est professeur de philosophie à l'université de Nantes. Il est notamment l'auteur de Pour la vie ? (Seuil, 2014), Mort, où est ta victoire ? (Bayard, 2017) et Comment peut-on être catholique ? (Seuil, 2018).

  • Peu de gens le savent : Jésus occupe dans le Coran une place éminente.
    À partir de deux versets de la sourate IV qui évoquent la crucifixion de Jésus de manière inattendue, Gérard Mordillat et Jérôme Prieur cherchent à reconstituer ce que l'on peut comprendre des origines de la prédication de Mahomet, de son développement dans un milieu païen très marqué pourtant par les références et les influences bibliques.
    Une religion ne naît jamais de rien. L'islam s'est voulu l'ultime révélation après la révélation juive et la révélation chrétienne. Elle en est à la fois l'héritière et la concurrente. Au carrefour des trois monothéismes, dans la succession du judaïsme de Moïse et du judéo-christianisme de certains disciples de Jésus, ce livre explore pour nous la formation de l'islam au début du VIIe siècle de notre ère.
    Pourquoi et comment le juif de Galilée mué en Christ fondateur du christianisme est finalement devenu dans la péninsule arabique " le messie Jésus, fils de Marie, envoyé d'Allah ", l'ultime prophète avant le Prophète.
    Jérôme Prieur et Gérard Mordillat sont écrivains et cinéastes. Les auteurs de la mémorable série de films Corpus Christi ont publié au Seuil Jésus contre Jésus. Leur premier essai, qui demeure un grand succès, a été suivi de Jésus après Jésus sur les origines du christianisme puis de Jésus sans Jésus sur la christianisation de l'Empire romain.
    Jésus selon Mahomet accompagne et prolonge Jésus et l'islam, la nouvelle série qu'ils ont réalisée pour Arte où interviennent vingt-six des plus grands chercheurs internationaux sur l'islam.

  • Alors que le Coran fait l'objet, dans les courants salafistes et dhjihadistes, d'une interprétation atemporelle et anhistorique, cet ouvrage passionnant a l'ambition de donner à comprendre ce que le discours coranique de Mahomet, qui était alors loin d'être fixé par écrit, a pu signifier pour ceux qui l'ont entendu, dans la société sans livre qu'était l'Arabie du début du viie siècle.
    L'originalité de cette approche consiste ainsi à déchiffrer le Coran à la lumière d'un contexte historique et anthropologique précis, celui de tribus vivant selon des rapports de solidarité et d'alliance pour faire face à l'environnement éprouvant du désert. Jacqueline Chabbi montre avec brio, et une connaissance approfondie de la langue coranique, que les trois caractéristiques principales du divin correspondent aux trois piliers de la société tribale : l'alliance, la guidance et le don. Pour ce groupe humain patriarcal du désert, Dieu est représenté avant tout comme celui dont l'alliance, la guidance et le don répondent aux nécessités vitales imposées par l'environnement.
    Outre que cet éclairage permet d'élucider un nombre considérable de notions et de distinguer celles qui sont d'origine biblique, il renouvelle totalement le sens de celles qui ont été figées par une certaine doctrine musulmane (djihâd, charia notamment). Car il ne s'agit pas, en découvrant des significations en relation avec un terrain chronologiquement premier, de figer les mots dans leur sens d'origine mais au contraire de faire apparaître combien ils ont pu évoluer au fil du temps et des transformations sociales.
    Jacqueline Chabbi, agrégée d'arabe et docteur ès lettres, est professeur honoraire des universités. Elle a notamment publié : Le Seigneur des tribus. L'islam de Mahomet (CNRS, 1997/2013) et Le Coran décrypté. Figures bibliques en Arabie (Fayard 2008/Le Cerf, 2004).

  • " Nul n'est prophète en son pays ", " Semer la zizanie ", " L'homme ne vit pas que de pain ", " Porter au pinacle ", " Rendre à César ", etc. : comme monsieur Jourdain faisait de la prose, nous citons les Évangiles sans le savoir. En presque 2 000 ans d'histoire du christianisme, ces textes ont imprégné notre culture : on y trouve de multiples aphorismes et sentences qui sont devenus des expressions courantes. Ces paroles vives, voire provocatrices, qu'on attribue pour la plupart à Jésus, se sont banalisées, et leur sens religieux est aujourd'hui imperceptible.
    En honnête homme amoureux des textes bibliques, Denis Moreau a choisi une centaine de ces locutions et leur redonne leur saveur première. Restituant le contexte où elles ont été prononcées selon un ordre qui rend compte du récit évangélique, il explique leur sens et leur portée, et retrace, non sans humour, les multiples échos qu'elles ont trouvés au cours des siècles.
    Une façon à la fois distrayante et profonde de redécouvrir les Évangiles sous un jour inattendu, ou de s'y initier.

  • "L'admirable, la parfaite biographie que vient d'écrire Marcelle Auclair."
    A. Maurois, les Nouvelles littéraires
    "Il faut saluer, et on oserait presque dire fêter, une oeuvre aussi belle que celle de Marcelle Auclair."
    P. Doncoeur, Les Etudes
    "La biographie de Marcelle Auclair est brillamment écrite, solidement documentée, aussi large, pénétrante, alerte et pittoresque que le demandait le sujet."
    le Figaro littéraire
    "Voici la vie d'une des plus grandes mystiques, racontée avec la couleur et la vivacité d'un roman de cape et d'épée, mais tissée à chaque page sur le fond solide de la vérité historique.(...) Il y a, dans ce livre, une foule d'admirables pages, éclairées par les témoignages et les lettres du temps, dans lesquelles l'extraordinaire existence de la sainte d'Avila est évoquée avec une merveilleuse puissance de vie.(...) Ici, nulle concession au style artificiel de l'hagiographie décadente, mais le langage le plus humain. Et pourtant comme il nous conduit avec feu sur le sentier de Thérèse vers le château de l'âme !"
    M. Carrouges, La Vie spirituelle

  • Pourquoi prie-t-on aujourd'hui ? Comment prier ? Le sait-on encore ? Que signifie cet acte, le plus immémorial dans l'histoire des hommes ? À quelle faim, à quelle soif, à quelle urgence, mais aussi à quel amour répond la prière ? Les saints de tous les temps, les poètes et les écrivains, les musiciens et les peintres en ont tissé leurs œuvres. Mouvement intérieur ou communion collective, la prière n'en finit pas de soulever une infinité de questions et d'espérances. Elles sont au cœur du livre de Christiane Rancé où se croisent et se mêlent traits historiques, rencontres, dialogues, aphorismes, paysages et méditations.
    Un nouveau bréviaire enchanteur.
    Christiane Rancé est grand reporter, essayiste et romancière. Elle a déjà publié deux magnifiques biographies spirituelles au Seuil : Simone Weil, le courage de l'impossible (2009) et Tolstoï, le pas de l'ogre (2010), ainsi qu'un Jésus (Gallimard, coll. " Foliobiographies ").

  • " S'asseoir, tout simplement " est une célèbre formule de la tradition zen pour décrire la méditation. Sa limpidité dit pourtant l'exigence d'une transformation de soi. Dans l'assise méditative en effet, le pratiquant est invité non seulement à se désencombrer, mais à se défaire inconditionnellement des peurs et des jugements qui colorent la réalité, pour vivre une expérience d'unité et de simplicité.
    Cet ouvrage passionnant est le premier à décrire l'expérience subjective de la méditation. Répondant aux nombreuses questions que le néophyte comme le pratiquant avancé peuvent se poser sur la posture physique, l'attitude mentale, les différentes techniques, la relation avec le maître, il décrit minutieusement, comme cela n'avait jamais été fait, les mécanismes psychologiques qui empêchent ou permettent l'expérience méditative.
    Alors que la méditation bouddhiste suscite un réel engouement, notamment par le développement d'une forme simplifiée et laïcisée de celle-ci, la pleine conscience, l'auteur propose également une réflexion critique sur ce nouveau phénomène de société à partir de sa propre expérience de méditant.
    Un livre concret et profond, indispensable sur la voie d'une méditation authentique.
    Éric Rommeluère est enseignant bouddhiste dans la tradition zen. Il a reçu les préceptes bouddhistes du maître zen japonais Taisen Deshimaru, puis pratiqué sous la direction des maîtres Ryôtan Tokuda et Gudô Nishijima. Ses ouvrages explorent les enseignements du Bouddha, leurs interprétations et leurs adaptations en Occident.
    Merci de prévoir une photo de l'auteur en 4e

  • A travers un essai de lecture générale des Psaumes, appliquée ensuite à quelques-uns d'entre-eux, cet ouvrage présente les "chants sacrés" sous des aspects bien peu conventionnels.
    Nuit et jour : c'est dans la lumière et les ténèbres de la Passion, dans les rires et les pleurs, la louange et la supplication, le proche et le lointain, que se trouve la réponse, apparemment contradictoire, du croyant au Créateur. Nuit et jour : c'est le mot de passe de ce livre constitué d'entretiens brefs et familiers où éclate l'originalité de toute prière.
    Le texte des Psaumes cités est celui de la traduction liturgique la plus récente (Liturgie des heures, édition 1980).
    Paul Beauchamp (1924-2001) était professeur d'Ecriture sainte au centre Sèvres à Paris.

  • Aux Indes, les mythes disent la profondeur de la parole, celle que l'on ne peut entendre dans l'ordinaire des mots. C'est par le mythe qu'on exprime l'indicible, le merveilleux et le terrible dans des cultures où il pénètre tous les savoirs, y compris les plus austères. On le rencontre dans la parole, parole sanskrite bien sûr, et aussi dans les peintures, les sculptures, tous les arts et les savoirs. Aujourd'hui où il faut fabriquer l'histoire d'un pays nouvellement créé, les mythes sont mis au service d'une conscience nationale qui cherche ses racines dans le passé. Si les mythes modernes sont parfois dorés, autrefois ils étaient rouges, noirs et blancs : il fallait dire l'inlassable activité des dieux, la présence continue des démons et les aspirations transcendantes.
    Aux Indes, la mythologie conjugue donc l'érudition sanskrite avec l'imagination, elle prétend dire le fond des choses, toucher à l'âme, sans passer par l'esprit. On les a donc racontés et expliqués pour qu'on les entende comme leurs créateurs les avaient conçus. Des mythes : en voici quelques-uns parmi beaucoup d'autres.
    Michel Angot est indianiste, védisant. Membre du Centre d'études de l'Inde et de l'Asie du Sud (CEIAS), il anime des séminaires à l'EHESS. Outre de nombreux articles et des traductions de référence, il a publié des ouvrages de vulgarisation : L'Inde classique (Les Belles-lettres, 2001), Paroles vivantes de brahmanes (Seuil, 2010), Samkara, la quête de l'être (Points, 2009), Histoire des Indes (Les Belles-lettres, 2017).
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  • A la fin du Ier siècle de notre ère, la génération des Apôtres s'est éteinte. Mais l'Eglise qui est née ne lâche pas pour autant l'écriture. La relève de ceux qui ont écrit le Nouveau Testament est assurée par des hommes qui, selon la tradition, ont été en relation avec les Apôtres, et c'est pourquoi on donne à cette génération le nom de "Pères apostoliques".
    Il écrivent en des temps difficiles : le pouvoir romain s'est mis, depuis 60 ap. J.C., à combattre le mouvement chrétien qui a pris de l'ampleur. La répression n'est pas permanente, ni organisée systématiquement, mais elle est souvent cruelle, contre cette "race superstitieuse", censée "haïr le genre humain". En même temps que ces ennemis extérieurs apparaissent les menaces intérieurs de schisme, les querelles de la communauté... Les textes ici réunis et leurs orientations font écho à ces difficultés. On trouvera dans ce volume les Epîtres de Clément de Rome, de Barnabé, d'Ignace d'Antioche et de Polycarpe ; le Martyre de Polycarpe ; la Didachê ; les Fragments de Papias.

  • Une jeunesse orageuse. Un homme d'une trempe extraordinaire, d'une étonnante volonté de puissance.
    A vingt-huit ans, c'est la rencontre, brutale, avec l'Absolu. Comme une brûlure. Et désormais son existence est une grande passion, un incendie.
    Une vie qui se consume pour l'Absolu.
    Une vie qui se consume pour les hommes.
    Cet homme fou de Dieu se jette dans le brasier du monde ; il se consacre à la paix entre les hommes, au progrès des plus déshérités.
    Il propose, non par des mots mais par sa vie, le respect de chacun, l'unité entre tous.
    Un homme au cœur de feu.
    Ce livre ne veut que le laisser parler, ne veut que montrer cette flamme ardente qui jaillit dans le désert et dans la nuit de notre temps.

  • Avec les pontificats de Jean-Paul II et Benoît XVI, l'Église serait-elle, comme une vieille dame, atteinte d'ostéoporose ? Telle est en effet le diagnostic implacable que fait Hans Küng. Extérieurement, l'Église catholique est affectée par une crise sans précédent en Europe : absence de prêtres, départ massif de fidèles, absence de toute réforme du gouvernement romain, scandale de la pédophilie des prêtres, rigorisme moral insupportable, autoritarisme, restauration anté-conciliaire qui se dessine, traditionalisme liturgique, œcuménisme défaillant. Küng va aux causes profondes et lointaines de cette débâcle : un système romain – de puissance, de fermeture, d'arrogance – a fait son temps. Juridisme, cléricalisme, système de gouvernement médiéval, mentalité de croisade, méfiance envers la sexualité humaine, refus de toute réforme, mépris de la science aujourd'hui comme hier, refus de la démocratie – réservée aux autres –, goût du secret, haine du moderne, autocélébration et autoconservation internes qui se refusent à toute autocritique véritable : n'en jetez plus ! Il propose aussi toute une série de remèdes, car le mal ne lui paraît pas (encore) mortel, pour " guérir " l'Église catholique : des réformes pour être plus fidèle l'Évangile, et non pour faire plaisir à l'esprit du temps.
    Hans Küng, jeune théologien brillant d'origine suisse, fut expert au Concile Vatican II (1962-1965) en même temps que Josef Ratzinger. Dernier livre de Hans Küng au Seuil : Faire confiance à la vie (2010).

  • Depuis le milieu du XIXe siècle, les savants essaient de dégager une " biographie " authentique du Bouddha des " brumes dorées " de sa légende, et l'immense majorité des écrits sur le bouddhisme accepte le caractère historique de son personnage fondateur. C'est cette vérité reçue que le présent ouvrage questionne. On ne sait presque rien en effet de la vie du Bouddha, qui peut se résumer à quelques faits. En outre, sa biographie pose l'existence d'un bouddhisme indien originaire et " pur " – celui du Bouddha et de ses disciples –, qui accorde aux premiers récits de sa vie une objectivité non questionnée et dévalue les bouddhismes et récits ultérieurs, non indiens.
    Remettant en cause cette préférence, l'originalité de ce livre passionnant est d'explorer les histoires du Bouddha qui ont été forgées et transmises au cours des siècles, en Inde mais aussi jusqu'en Chine et au Japon. Il s'attache ainsi à montrer comment elles ont nourri la pratique et la transmission du bouddhisme, infléchissant celui-ci en une sorte d'" imitation du Bouddha ". Les Mille et Une Vies du Bouddha font également ressortir ce personnage dans tout son éclat, et contribuent à expliquer l'immense prestige dont il a bénéficié.
    Historien des religions, spécialiste du bouddhisme japonais (zen), Bernard Faure enseigne à l'Université Columbia (New York). Il travaille sur les aspects historiques et anthropologiques du bouddhisme, comme en témoignent ses ouvrages, notamment : Bouddhismes, philosophies et religions (Flammarion, 2000) ; Sexualités bouddhiques (Flammarion, 2005) ; Bouddhisme et violence (Le Cavalier bleu, 2008) ; Idées reçues sur le bouddhisme. Mythes et réalités (Le Cavalier bleu, 2016).

  • Parmi les nombreux livres qui nous expliquent pourquoi, sur quoi et comment méditer, La Pleine Conscience en action est une pièce maîtresse qui allie simplicité et profondeur, sollicitude et pragmatisme. Ce passionnant traité montre à ceux qui se croient incapables de méditer qu'ils ont en eux un potentiel vaste et inné : " Vous pourriez parfois avoir des difficultés à le voir, mais vous aussi vous êtes parfait – excellent en fait ", affirme Trungpa Rinpoché. Par ces mots, il ne cherche pas à dorloter notre ego, mais à nous faire prendre conscience de la présence en chacun de nous de la " nature de bouddha ", la nature fondamentale de notre esprit.
    Que vous soyez un " rhinocéros " qui préfère méditer seul, ou un " perroquet " qui affectionne la méditation en groupe (selon les termes de l'auteur), vous trouverez dans cet ouvrage les instructions bienveillantes dont vous aurez besoin pour laisser transparaître et rayonner votre qualité fondamentale de bonté, envers vous-même et envers tous les êtres. " Sans la compassion, nous dit Trungpa Rinpoché, la méditation ne peut absolument pas être transférée à l'action. "
    Matthieu Ricard
    Préface de Matthieu Ricard
    Chögyam Trungpa (1939-1987), héritier authentique de la tradition " véhicule adamantin " du Tibet, est l'un des premiers maîtres à avoir enseigné le bouddhisme tibétain aux Occidentaux. Un maître à part, qui s'est immergé dans la vie occidentale et a diffusé un enseignement radical, à la fois provocateur et d'une fraîcheur incomparable. Ses livres sont publiés au Seuil.

  • La première fois que Myriam Beaugendre expérimente le chamanisme amazonien, c'est pour tenter de guérir d'une maladie incurable. Les plantes sacrées la soignent, et l'initient. La psychothérapeute devient alors chamane et hérite d'une terre au Pérou. C'est dans ce lieu que, depuis dix ans, elle tisse de façon remarquable chamanisme et psychothérapie.
    Entre récit d'expérience et essai, ce livre passionnant et sensible explique comment la medicina dénoue les nœuds psychiques qui résistent à une thérapie fondée sur la parole. Ce soin, qui envisage l'être dans sa globalité – corps, psyché et âme –, permet d'accéder à une nouvelle unité et d'initier un rapport régénérant à la nature. Mais pour assurer durablement ses bienfaits, il doit être associé à un accompagnement thérapeutique, que Myriam Beaugendre adapte à chacun.
    Là est l'originalité de sa démarche, stimulante et rayonnante, où l'intelligence féminine et subtile du chamanisme peut inviter chacun à faire une place à son intuition et inspirer les thérapeutes.
    Retrouvez son site dédié www.myriambeaugendre.com
    Myriam Beaugendre est psychologue clinicienne et psychothérapeute, formée auprès de praticiens de renom. Elle a travaillé quinze ans en institution et en cabinet tout en expérimentant pour elle-même les bienfaits du chamanisme amazonien. Prendre soin de l'âme est son premier livre.

  • Cioran (1911-1995) laisse une œuvre unique par la richesse de la pensée, par cette sorte de tentative désespérée pour renforcer à coup d'aphorismes et de prophéties le club toujours suspect des pessimistes.
    Docteur ès gabegie, dépossédé de son pays et de sa langue, Cioran – sujet roumain devenu grand écrivain français – n'a pas écrit des pages issues d'une expérience abstraite, mais d'une vie ardemment déchirée entre puissance de l'ombre et pressentiment du divin.
    De cette lutte contre soi est née une œuvre noire, mais qui irradie et console ; une œuvre féconde qui, loin d'être un code de l'agonie ou un culte du malheur, appareille la joie et la douleur.
    Une œuvre qui correspond à la définition des " éjaculations mystiques " selon Littré : " Prières courtes et ferventes qui se prononcent à quelque occasion passagère, comme si elles se jetaient vers le ciel. "
    Stéphane Barsacq est écrivain. Parmi ses derniers livres, Simone Weil, Le Ravissement de la raison (Seuil, " Points Sagesses ", 2009) et Johannes Brahms (Actes Sud, 2008).

  • En tant que religion monothéiste l'islam est supposé partager avec les deux religions qui l'ont précédé les grandes thématiques qui les caractérisent. Le Coran traite effectivement d'un Jugement destiné à évaluer les actions des hommes. Il décrit un enfer aussi bien qu'un paradis. Le dieu du Coran est également présenté comme le créateur des cieux et de la terre. On ne s'est guère avisé cependant que l'adaptation de ces emprunts à un nouveau milieu, celui des hommes de l'Arabie aride, les faisait entrer dans un nouvel espace de représentation du monde. Les grandes idées empruntées aux milieux bibliques ont dû se coraniser. C'est ainsi que l'idée de création, abondamment traitée dans le Coran, ne l'est pas du tout dans l'optique biblique. Le mythe du premier homme est totalement ignoré ainsi que le paradis terrestre initial, dépossédant totalement Adam de son rôle fondateur. C'est d'emblée une société au travail qui est créée par un dieu bienfaisant. Celui-ci pourvoit à tout ce qui rend la vie possible et doit continuer à le faire dans un milieu surchargé d'aléas et de contraintes vitales. Réduit dans le Coran à un rôle anecdotique, Adam s'est néanmoins trouvé rétabli dans tous ses droits bibliques dans la tradition musulmane postérieure, dès lors que l'islam s'est construit comme religion, en dehors de son milieu d'origine, dans les sociétés multiculturelles des empires musulmans.
    L'enjeu de ce livre passionnant consiste à montrer, à partir de ce cas précis, que pas plus qu'une autre religion, l'islam n'a échappé aux reconstructions de son imaginaire et aux évolutions de l'histoire.
    Jacqueline Chabbi, agrégée d'arabe et docteur ès lettres, est professeur honoraire des universités. Elle est l'auteur d'une œuvre cohérente qui renouvelle l'approche des origines de l'islam et du Coran par le biais de l'anthropologie historique. Elle a publié : Le Seigneur des tribus. L'islam de Mahomet (Agnès Viénot, 1997/ CNRS, 2013), Le Coran décrypté. Figures bibliques en Arabie (Fayard, 2008/Le Cerf, 2014), Les Trois Piliers de l'islam. Lecture anthropologique du Coran (Seuil, 2016/Points Essais, 2018).

  • Mourir à soi, naître en Dieu, " percer dans le fond de l'âme "... L'intime chez Maître Eckhart n'est ni le secret ni la simple intériorité, mais une distance essentielle en l'âme qui permet à l'homme d'être à la fois uni à Dieu et présent au monde – authentiquement humain. Cette expérience apparaît ainsi comme une expression privilégiée du détachement, objet principal de la prédication du théologien rhénan. Ouverte sur l'agir et non close sur elle-même, elle révèle en l'homme une profondeur infinie qui fait de lui un être libre, inappropriable.
    Mais dire l'intime est un défi pour la pensée comme pour le langage, et toute l'œuvre de Maître Eckhart peut être considérée comme une tentative de décrire cet indicible. Jamais pourtant, malgré l'insuffisance des mots, le prédicateur ne renonce. Sa langue atteint au contraire une créativité et une poésie remarquables pour évoquer le lieu de la naissance de Dieu en l'âme.
    Situant parfaitement Maître Eckhart dans le contexte intellectuel et théologique qui était le sien, et dont il s'est souvent distingué, cet essai offre une relecture passionnante et sensible de ce théologien mystique parmi les plus originaux. Un ouvrage de référence.
    Éric Mangin est philosophe et théologien. De Maître Eckhart, il a traduit et présenté le Commentaire du Notre Père (Arfuyen, 2005), La Mesure de l'amour, Sermons parisiens, Seuil, 2009) et le quatrième volume des Sermons allemands ( Le Silence et le Verbe, Seuil, 2012).

  • Comment pourrait-on venir au Bien ou à Dieu par ses propres forces s'ils n'avaient avec le soi humain un lien immémorial ineffaçable, fût-il fragile et souvent oublié, voire méprisé ? Depuis l'Antiquité grecque et biblique, philosophes et spirituels ont médité cette interrogation pour penser la conversion. Au cœur de l'histoire tragique du XXe siècle, malgré l'impuissance du Dieu biblique à se manifester par des signes immédiatement secourables, les penseurs étudiés dans ce livre ont continué de veiller sur ce lien. Se convertir, dans les circonstances tourmentées et parfois abyssales de ce temps-là, ce fut en effet pour eux résister à la fatalité du mal, à l'absurdité et à la défaite humaine. Que leur itinéraire soit essentiellement philosophique avant de s'ouvrir à la mystique (Henri Bergson), qu'il s'accompagne d'une méditation ininterrompue des livres juifs (Franz Rosenzweig) et chrétiens (Simone Weil, Thomas Merton) ou des deux (Etty Hillesum), ils discernent ainsi, peu à peu, comment le plus profond – l'âme ou le soi humain – est habité par le plus haut. Venir à Dieu serait donc bien revenir à Lui dont l'appel en chacun reste vivant, même quand il reste longuement en souffrance. Dans l'optique biblique toutefois, ce revenir ne ressemble pas au retour philosophique de l'âme vers une patrie perdue, il se produit comme un advenir et une promesse.
    Catherine Chalier est philosophe, spécialiste du judaïsme. Elle a notamment publié : Spinoza lecteur de Maïmonide, la question théologico-politique (Cerf, 2006), Des anges et des hommes (Albin Michel, 2007), Transmettre, de génération en génération (Buchet-Chastel, 2008), et La Nuit, le Jour (Seuil, 2009), qui a reçu le prix des Écrivains croyants.

  • Les livres de la Bible - Ancien et Nouveau Testament - sont de longue date passés par l'épreuve de la critique littéraire, historique, linguistique. Nous possédons d'innombrables informations " scientifiques " sur le temps et les lieux où ils furent écrits. Maintenant que nous sOmmes éclairés sur tous ces points, pourquoi continuer à parler d' " Ecritures saintes " ? Comment, dans quel esprit, lire les Livres " saints " ? " Il existe un mot dans la Bible dont la fonction est de désigner ce qui est le propre de Dieu : Dieu est saint. Nous prions en disant : " Que ton nom soit sanctifié ! " Nous lisons que le prophète Isaïe a entendu les êtres célestes prononcer trois fois ce mot et qu'il a dit : " Malheur à moi, car je suis un homme aux lèvres impures. " Alors un des êtres célestes lui a touché la bouche avec de la braise. Tous les mots pour dire Dieu, même les meilleurs, doivent être passés au feu. Nous parlons, en ce sens, d'Ecritures saintes : elles sortent du feu et nous y font entrer. "

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