Seuil

  • Histoire mondiale de la France

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    • Seuil
    • 12 Janvier 2017

    " Ce ne serait pas trop de l'histoire du monde pour expliquer la France "
    Jules Michelet, Introduction à l'histoire universelle (1831)
    Voici une histoire de France, de toute la France, en très longue durée qui mène de la grotte Chauvet aux événements de 2015.
    Une histoire qui ne s'embarrasse pas plus de la question des origines que de celle de l'identité, mais prend au large le destin d'un pays qui n'existe pas séparément du monde, même si parfois il prétend l'incarner tout entier. Une histoire qui n'abandonne pas pour autant la chronologie ni le plaisir du récit, puisque c'est par dates qu'elle s'organise et que chaque date est traitée comme une petite intrigue.
    Réconciliant démarche critique et narration entraînante, l'ouvrage réunit, sous la direction de Patrick Boucheron, un collectif d'historiennes et d'historiens, tous attachés à rendre accessible un discours engagé et savant. Son enjeu est clair : il s'agit de prendre la mesure d'une histoire mondiale de la France, c'est-à-dire de raconter la même histoire – nul contre-récit ici – qui revisite tous les lieux de mémoire du récit national, mais pour la déplacer, la dépayser et l'élargir. En un mot : la rendre simplement plus intéressante !
    Ce livre est joyeusement polyphonique. Espérons qu'un peu de cette joie saura faire front aux passions tristes du moment.
    Directeur d'ouvrage : Patrick Boucheron est professeur au Collège de France.
    Coordination : Nicolas Delalande est professeur associé au Centre d'histoire de Sciences Po ; Florian Mazel est professeur à l'université Rennes 2 ; Yann Potin est chargé d'études documentaires aux Archives nationales ; Pierre Singaravélou est professeur à l'université Paris I Panthéon-Sorbonne.

  • 209 rue Saint-Maur, Paris Xe ; autobiographie d'un immeuble

    Ruth Zylberman

    • Seuil
    • 2 Janvier 2020

    Retraçant les vies passées et présentes des habitants d'un immeuble du Xe arrondissement de Paris, Ruth Zylberman livre un magnifique récit. Là se sont succédé, depuis les années 1850 jusqu'à nos jours, des générations d'enfants, d'artisans et d'ouvriers, d'immigrés de l'est ou du sud de l'Europe. Là se sont noués des amours, des amitiés, des tragédies. Là, l'ordinaire du quotidien a côtoyé l'extraordinaire du fait divers et des violences de l'Histoire. Ruth Zylberman propose une réflexion bouleversante sur les traces du passé, les lieux où se loge la mémoire et le lien invisible entre les vivants et les morts. Car cette autobiographie d'un immeuble est aussi une forme d'écriture de soi.
    " Nous autres du 209, les pauvres, les morts et les vivants, les disparus et les revenants, nous autres les communards et les artisans, les résistants et les dénonciateurs, nous autres les jeunes filles amoureuses et femmes de mauvaise vie, nous autres les Kabyles et les Polonais, les Juifs, les Portugais et les Bretons, les Marocains et les Italiens, nous autres, Odette, Albert, Daniel, Henry, Charles et les autres."Nous autres du 209', c'était la forte et fière affirmation d'une patrie imaginaire dont l'étendard serait ce toit de ciel découpé en carré au-dessus de la cour. "
    Née en 1971, Ruth Zylberman est cinéaste et écrivain. Elle a réalisé de nombreux films et publié un roman, La Direction de l'absent, en 2015. Elle a grandi à Paris, dans le XVIIIe arrondissement. Son film Les Enfants du 209 rue Saint-Maur, Paris Xe (2018, Zadig Productions/Arte) a été couronné par de nombreux prix.

  • De Gaulle - Une certaine idée de la France

    Julian Jackson

    • Seuil
    • 22 Août 2019

    " Enfin la biographie que ce géant méritait "
    Robert Paxton
    S'appuyant sur une très large masse d'archives et de mémoires, Julian Jackson explore toutes les dimensions du mystère de Gaulle, sans chercher à lui donner une excessive cohérence. Personne n'avait décrit ses paradoxes et ses ambiguïtés, son talent politique et sa passion pour la tactique, son pragmatisme et son sens du possible, avec autant d'acuité et d'esprit. Des citations abondantes, éblouissantes d'intelligence, de drôlerie, de méchanceté parfois, restituent la parole de De Gaulle mais aussi les commentaires de Churchill et de tous ceux qui ont appris à le connaître, à se méfier de lui ou à s'exaspérer de son caractère vindicatif, de son ingratitude ou de ses provocations...
    Aucun détail inutile ici et aucun des défauts de ces biographies-fleuves où l'on se perd, mais une narration toujours tendue, attachée aux situations politiques, intellectuelles, sociales et aux configurations géopolitiques qui éclairent une action et son moment.
    Julian Jackson relit cette existence politique hors norme et son rapport à la France à la lumière des questions du passé, qu'il restitue de manière extraordinairement vivace, et de celles qui nous occupent aujourd'hui – et notamment l'histoire coloniale et l'Europe, la place de la France dans le monde, mais aussi évidemment les institutions de la Ve République. En ce sens, c'est une biographie pour notre temps.
    C'est aussi une biographie à distance, par un observateur décalé qui mieux qu'aucun autre fait ressortir le caractère extravagant d'un personnage singulier à tout point de vue, extraordinairement romanesque dans ses audaces comme dans ses parts d'ombre, et dont l'héritage ne cesse de hanter la mémoire des Français.
    Spécialiste de l'histoire de la France au XXe siècle, Julian Jackson est professeur d'Histoire à Queen Mary, University of London. Sur toutes les listes des meilleurs livres de l'année en Grande-Bretagne, sa biographie de De Gaulle a été couronnée du très prestigieux Duff Cooper Prize.

  • Quinn Slobodian retrace dans ce livre les chemins parcourus par un groupe d'intellectuels, les « néolibéraux », depuis les cendres de l'empire des Habsbourg jusqu'à la création de l'Organisation mondiale du commerce, montrant que l'objectif qui a accompagné l'émergence du néolibéralisme n'était pas tant la réduction de la taille de l'État ou l'abolition des réglementations que leur redéploiement à l'échelle mondiale.
    Son récit débute en Autriche dans les années 1920. Les Empires sont en train de se dissoudre et le nationalisme, le socialisme et l'autodétermination démocratique menacent la stabilité du système capitaliste. Face à cette situation, des intellectuels autrichiens en appellent à une nouvelle façon d'organiser le monde. Dans les universités où ils enseignent et auprès des gouvernements qu'ils conseillent, des économistes de renom tels Friedrich Hayek, Ludwig von Mises ou d'autres figures influentes mais moins connues comme Wilhelm Rpke et Michael Heilperin, ne prônent pas le laisser-faire. Ils voient au contraire dans les États et les institutions internationales de possibles instruments pour protéger les marchés contre les effets de la souveraineté nationale, les changements politiques et les turbulences des revendications démocratiques.
    Une généalogie intellectuelle du néolibéralisme essentielle pour comprendre le monde d'aujourd'hui.

    Historien canadien, professeur associé au Wellesley College, Quinn Slobodian s'intéresse tout particulièrement aux mouvements sociaux, aux relations Nord/Sud et à l'histoire intellectuelle du néolibéralisme. Il écrit régulièrement dans le Guardian ou le New York Times. Globalistes est son premier livre traduit en français.

  • Alger, samedi 29 décembre 1956. L'Algérie française porte en terre l'un de ses meneurs, Amédée Froger, tué la veille en sortant son domicile. La nouvelle de l'assassinat fait grand bruit, en Algérie, mais aussi à Paris, en raison de la personnalité de la victime, haute figure locale de la défense de la cause française. Ses obsèques à Alger rassemblent des milliers de personnes. Surtout, elles sont l'occasion de violences racistes, que les contemporains nomment « ratonnades ». Elles visent les « musulmans », comme les Algériens sont appelés dans cette société-là.

    S'appuyant sur des sources variées, dont des archives policières et judiciaires inédites, Sylvie Thénault enquête sur ces événements pour les inscrire dans la longue durée coloniale. Trop souvent résumés à des actions ponctuelles et paroxystiques, ou associées aux attentats de l'OAS à la toute fin de la guerre, ces violences - non pas celles des autorités et de leurs représentants mais bien celles de Français, nés là-bas - se nourrissent d'un rapport de domination, empruntant à toutes les formes d'oppressions possibles (économiques, sociales, politiques, juridiques, culturelles) et s'ancrent dans un espace urbain ségrégué.

    Sylvie Thénault plonge le lecteur au coeur de la société coloniale algérienne, traversée de brutalités et de peurs, au plus près de cette foule d'anonymes, qui ont été partie prenante de la Guerre d'indépendance algérienne. C'est ainsi un autre récit de cette guerre qu'offre ce livre.

    Directrice de recherche au CNRS, spécialiste de la colonisation française en Algérie et de la Guerre d'indépendance algérienne, Sylvie Thénault a publié plusieurs livres remarqués sur l'histoire de l'Algérie coloniale. En codirection avec Abderrahmane Bouchène, Jean-Pierre Peyroulou et Ouanassa Siari-Tengour, elle a signé Histoire de l'Algérie à la période coloniale : 1830-1962, plusieurs fois réédité après une première parution franco-algérienne (Barzakh/La Découverte, 2012).

  • Bleu. Histoire d'une couleur

    Michel Pastoureau

    • Seuil
    • 7 Avril 2016

    Bleu
    L'histoire de la couleur bleue dans les sociétés européennes est celle d'un complet renversement : pour les Grecs et les Romains, cette couleur compte peu ; elle est même désagréable à l'œil. Or aujourd'hui, partout en Europe, le bleu est de très loin la couleur préférée (devant le vert et le rouge).
    L'ouvrage de Michel Pastoureau raconte l'histoire de ce renversement, en insistant sur les pratiques sociales de la couleur (étoffes et vêtements, vie quotidienne, symboles) et sur sa place dans la création littéraire et artistique, depuis les sociétés antiques et médiévales jusqu'à l'époque moderne. Il analyse également le triomphe du bleu à l'époque contemporaine, dresse un bilan de ses emplois et significations et s'interroge sur son avenir.
    Michel Pastoureau
    Historien, spécialiste des couleurs, des images et des symboles, il est directeur d'études à l'École pratique des hautes études. Il a notamment publié L'Étoffe du diable, Le Petit Livre des couleurs (avec Dominique Simonnet) et Noir.

  • Berceau des trois monothéismes, terre de conflits confessionnels et d’obsessions identitaires, le Moyen-Orient tend à déchaîner les passions, quand il ne suscite pas la résignation devant la répétition du malheur. Pour désamorcer une telle charge symbolique, Jean-Pierre Filiu adopte une démarche résolument laïque, éclairant d’un jour nouveau un millénaire et demi d’histoire de la région, à partir de la fondation, en 395, de l’Empire romain d’Orient.

    Son approche citoyenne et érudite invalide les amalgames contemporains qui ne font que projeter sur la réalité moyen-orientale les propagandes de guerre des uns et des autres. Elle éclaire comment dictateurs et jihadistes défigurent le passé pour légitimer leur barbarie. Une telle histoire devient alors bien plus riche et fascinante que les caricatures dans l’air du temps.

    Ce livre, qui fera date, offre la première synthèse sur une aussi longue durée de l’histoire de ce « milieu des mondes », carrefour de trois continents. Il s’appuie sur un solide appareil didactique, avec vingt cartes, dix chronologies et deux index. Il vise ainsi à rendre directement accessibles l’héritage et les enjeux du Moyen-Orient. Il se conclut par une analyse de la place et des ambitions de la France dans cette région. Car cette histoire est également la nôtre, aujourd’hui peut-être plus que jamais.



    Jean-Pierre Filiu est professeur des universités en histoire du Moyen-Orient à Sciences Po, Paris. Il anime depuis 2015, sur le site du « Monde », le blog « Un si proche Orient ». Ses livres, régulièrement primés en France et à l’étranger, ont été publiés dans plus de quinze langues.

  • Noir. Histoire d'une couleur

    Michel Pastoureau

    • Seuil
    • 7 Avril 2016

    Noir
    Couleur de la mort et de l'enfer, le noir n'a pas toujours été une couleur négative. Au fil de son histoire, il a aussi été associé à la fertilité, à la tempérance, à la dignité. Et depuis quelques décennies, il incarne surtout l'élégance et la modernité.
    Du noir des moines et des pirates au noir des peintres et des couturiers, Michel Pastoureau retrace la destinée européenne de cette couleur pas comme les autres. Il s'attache à cerner sa place dans les faits de langue, les pratiques sociales, la création artistique et le monde des symboles. Couleur à part entière jusqu'à ce que l'invention de l'imprimerie puis les découvertes de Newton lui donnent le statut particulier de non-couleur, le noir dévoile ici une histoire culturelle extrêmement riche, depuis les mythologies des origines jusqu'à son triomphe au XXe siècle.
    Michel Pastoureau
    Historien, spécialiste des couleurs, des images et des symboles, il est directeur d'études à l'École pratique des hautes études. Il a notamment publié L'Étoffe du diable, Bleu, Une histoire symbolique du Moyen Âge occidental et L'Ours.

  • La Pologne ; des origines à nos jours

    Daniel Beauvois

    • Seuil
    • 26 Juin 2014

    Ce livre raconte l'histoire tumultueuse de l'une des plus vieilles nations d'Europe, ses pages mythiques comme sa part d'ombre. Une histoire glorieuse à l'époque des Jagellons, quand la Pologne, État multinational et multiconfessionnel, accueillait Juifs et protestants. Une histoire unique en Europe aussi, puisque la grande noblesse élisait le roi et qu'elle mit le souverain sous sa tutelle. Mais cette " République des magnats ", inspirée par des principes humanistes, sombra peu à peu dans l'anarchie. Les rivalités entre les tout-puissants magnats faisaient le jeu des puissances voisines qui finirent par se partager le pays : en 1795, l'État polonais était rayé de la carte. Assujettis à de nouveaux maîtres pendant plus d'un siècle, les Polonais cultivèrent ardemment le souvenir de leur nation et s'insurgèrent en 1830 et en 1863. La république polonaise ne ressuscita toutefois qu'au lendemain de la Première Guerre mondiale. À peine restauré, le pays fut soumis à la poigne du maréchal Pilsudski, avant de connaître les heures les plus tragiques de son histoire : l'invasion nazie et les horreurs de l'Holocauste, puis la mainmise de Staline. Les grèves de 1956 marquèrent le début de la lutte contre le communisme. Les grandes étapes de cette lutte qui devait durer près d'un quart de siècle sont encore dans toutes les mémoires : les révoltes de Gdansk, la naissance de Solidarnosc, l'élection du pape Jean Paul II, mais aussi l'établissement de la loi martiale et l'assassinat du père Popielusko. En 1990, Jaruzelski, débordé, démissionne, et Walesa est élu président. Premier pays du bloc soviétique à avoir sapé le rideau de fer, la Pologne rejoint la famille européenne en 2003. Comment s'y est-elle intégrée ? Quel rôle y joue-t-elle ?
    Daniel Beauvois, ancien directeur du centre de civilisation française de l'université de Varsovie, est professeur des Universités (Nancy II, Lille III, Paris I Panthéon-Sorbonne). Auteur d'ouvrages sur les relations polono-russo-lituano-ukrainiennes. Il est docteur honoris causa des universités de Wroclaw, Varsovie et Cracovie.

  • Ce livre entreprend de relater et de clarifier, à destination d'un large public, le poids encore très actif de l'esclavage dans nos sociétés. Reprenant les grandes étapes qui ont mené de l'esclavage méditerranéen puis africain et atlantique aux processus de colonisation européenne dans trois continents (Afrique, Amérique et Asie), il donne les clés historiques de la définition de la race et dévoile ses fondements économiques, anthropologiques et politiques.
    Parce qu'elle est aussi celle des notions de liberté, d'égalité, de travail et qu'elle engage nos identités, l'histoire de l'esclavage tire le fil de la construction de l'Europe et révèle l'ordre racial qui régit notre monde contemporain.
    Aurélia Michel
    Née en 1975, elle est historienne, maîtresse de conférences en histoire des Amériques noires à l'université Paris-Diderot et chercheure au Centre d'études en sciences sociales sur les mondes africains, américains et asiatiques (CESSMA). Elle a notamment contribué au scénario du documentaire Les Routes de l'esclavage diffusé sur Arte en 2018.

  • Le Creuset français est désormais un " classique " sur l'immigration. Dans le débat passionnel que suscite ce thème, Gérard Noiriel fait entendre la voix de l'histoire et de la raison. Il propose de rendre compte de l'immigration dans son ensemble, sans s'en tenir aux seuls cas particuliers. L'immigration n'est pas un fait extérieur mais un problème interne à la société française contemporaine.
    Prendre au sérieux la diversité des origines de la population actuelle de la France, c'est adopter un autre point de vue sur son passé, c'est écrire autrement son histoire, en tentant d'analyser à nouveaux frais les impensés de la politique républicaine : quelle place faire à la question des " origines ", au " sentiment d'appartenance " ? Quel rôle jouent le déracinement et les déracinés dans la constitution d'une société ? Quelles relations instaurer entre l'État et les individus ?
    Gérard Noiriel
    Spécialiste d'histoire sociale et d'histoire de l'immigration, il est directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales.

  • Ce que tu n'as pas dit : un passé russe

    Mark Mazower

    • Seuil
    • 7 Octobre 2021

    L'historien Mark Mazower éclaire les tragédies et les luttes du XXe siècle au miroir des engagements et des rêves d'une famille juive marquée par l'exil - la sienne.
    C'est au fil de discussions avec son père, fils d'émigrés russes installés à Londres au tournant du XXe siècle afin d'échapper à la guerre civile et à la terreur, que l'historien entrevoit le passé complexe de sa famille, au-delà de la vie apparemment sans histoire de ses parents. Au centre de son récit, on trouve le personnage de Max, son grand-père, homme taciturne qui cache sous son air guindé et ses silences un passé d'agitateur révolutionnaire dans la Russie tsariste, qui lui valut exil forcé, emprisonnement, déportation en Sibérie... Lui et sa femme, Frouma Toumarkine, dont l'histoire familiale eut également son lot de drames, trouvèrent au coeur de la capitale britannique un port d'attache où construire pour leurs enfants une nouvelle vie, loin des malheurs traversés.
    Retraçant la trajectoire des lignées Mazower et Toumarkine à partir de la fin du XIXe siècle - ce qui donne lieu à une série de portraits de personnages hauts en couleur -, Mark Mazower fait revivre un monde révolutionnaire à la fois socialiste, humaniste et internationaliste. On y croise la route de Lénine, d'Emma Goldman et de Litvinov, en naviguant de Moscou à la Sibérie, de Vilnius à Stalingrad, Londres et Paris.
    Ceux qu'on a parfois appelés les « perdants de l'histoire » ont souvent plus à nous apprendre que les « vainqueurs ».

    Traduit de l'anglais par Alexandre Pateau

    « Mark Mazower est un grand historien et un écrivain subtil. »

    Orhan Pamuk, prix Nobel de littérature

    Mark Mazower enseigne à Columbia University à New York. Spécialiste de l'histoire de la Grèce et des États des Balkans à l'époque moderne aussi bien que de l'histoire de l'occupation allemande en Europe et des idéologies au xxe siècle, il compte parmi les historiens les plus renommés de l'Europe au XXe siècle. Il est notamment l'auteur de Dans la Grèce d'Hitler (Belles Lettres, 2002 ; « Tempus », 2012) et du Continent des ténèbres. Une histoire de l'Europe au xxe siècle (Complexe, 2005 ; « Points Histoire » 2021).

  • La France à l'heure du monde - De 1981 à nos jours

    Ludivine Bantigny

    • Seuil
    • 25 Juillet 2019

    En quinze chapitres nourris des travaux les plus neufs en histoire, sociologie et sciences politiques, Ludivine Bantigny dresse un bilan éclairant des évolutions durant les quarante dernières années. Une histoire très contemporaine dont l'horizon est marqué par la mondialisation, le libéralisme économique et la conscience de crise. Quelle pertinence à réfléchir encore en termes nationaux au temps de l'apparent effacement des frontières ? De François Mitterrand à Emmanuel Macron, de la crise du creuset républicain aux conditions de travail, des genres de vie aux réflexions sur " l'omniprésent ", ce livre fait la part égale au politique, aux transformations sociales et aux imaginaires, dans un monde devenu multipolaire. Une fois refermée la page des années 1968, une époque nouvelle est née. Elle n'est pas encore close. Ce volume affronte de plein fouet les défis de la contemporanéité, avec un ton personnel et engagé.
    Ludivine Bantigny est maîtresse de conférences habilitée en histoire à l'Université de Rouen. Son travail porte sur les engagements politiques et les mouvements sociaux. Elle a notamment publié 1968. De grands soirs en petits matins (Seuil, 2018).

  • La Guerre d'Espagne

    Guy Hermet

    • Seuil
    • 25 Juillet 2015

    La Guerre d'Espagne
    Une analyse sans préjugés partisans d'un conflit dont la signification symbolique a divisé le monde au point d'en faire oublier la réalité complexe.
    Avec un souci constant d'impartialité, l'auteur retrace les épisodes marquants en même temps que les enjeux de cette guerre civile, dans ses dimensions politiques, sociales, idéologiques, militaires et bien sûr internationales.
    Le regard de Guy Hermet ne procède pas d'une vision "révisionniste", mais cherche à comprendre la constitution démocratique de l'Espagne.
    Guy Hermet
    Docteur ès Lettres, ancien directeur du CERI, il occupe la chaire internationale de sciences politiques de l'Université libre de Bruxelles. Il est l'auteur de nombreux ouvrages sur l'Espagne et de travaux reconnus sur le développement de la démocratie et le nationalisme en Europe.

  • Après l'histoire de la famille, Philippe Ariès a consacré ses recherches à l'histoire des attitudes de l'homme occidental devant la mort. Ce qu'il nous livre ici est l'essentiel de ses découvertes : comment on est passé, lentement, progressivement, de la mort familière, "apprivoisée" (au Moyen Age), à la mort refoulée, maudite, "interdite" (aujourd'hui). Fuir la mort, tentation de l'Occident.

  • 1945 ; la découverte

    Annette Wieviorka

    • Seuil
    • 12 Janvier 2015

    " Nous savions. Le monde en avait entendu parler. Mais jusqu'à présent aucun d'entre nous n'avait vu. C'est comme si nous avions enfin pénétré à l'intérieur même des replis de ce coeur maléfique. " Buchenwald, Dachau, Bergen-Belsen... La découverte des camps de concentration nazis par les Alliés en avril et mai 1945 se fit au hasard de la progression des troupes. Libérer les déportés n'était pas un but de guerre et rien ou presque n'avait été prévu pour eux. Dans chaque camp où ils pénètrent, les soldats alliés découvrent les corps décharnés des survivants, les pyramides de cadavres laissés par les nazis.
    Correspondants de guerre, deux hommes sont parmi les premiers à entrer dans cet enfer. Le premier s'appelle Meyer Levin. Il est américain, écrivain et journaliste. Le second est un Français : Éric Schwab est photographe de l'AFP. Tous deux circulent à bord d'une jeep aux côtés de l'armée américaine. Tous deux sont juifs. Tous deux sont animés par une quête obsédante : le premier recherche ce qui reste du monde juif, le second recherche sa mère déportée.
    À leurs côtés, nous vivons les premiers moments de cet événement immense dont l'onde de choc n'a cessé d'ébranler la conscience mondiale.
    Directrice de recherche émérite au CNRS, Annette Wieviorka est une spécialiste mondialement reconnue de la mémoire de la Shoah. Son livre Auschwitz expliqué à ma fille (Seuil, 1999) est un best-seller international.
    Avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

  • Le siècle des intellectuels

    Michel Winock

    • Seuil
    • 26 Septembre 2016

    Cette histoire chronologique des intellectuels est moins une histoire des personnes, des idées et des œuvres – mais c'est aussi tout cela – le récit de leurs affrontements, de leurs amitiés ou des leurs haines. C'est un livre d'action décrivant les empoignades non pas de vieux sages rassis, embaumés par nos manuels, mais de jeunes gens fougueux qui se traient de " Tartuffe moisi " et font le coup de poing.
    A travers les années Barrès, les années Gide, les années Sartre, on renoue avec la réalité – et la symbolique- des événements, on redécouvre la chair de ces hommes – grands acteurs ou personnages secondaires – qui ont tenté, par leurs idées, d'agir sur le siècle. Perdant leur couleur sépia, ils se rencontrent, déjeuner ensemble, se fâchent ; ils sont grippés, amoureux, vachards. Ils créent des revues, les sabordent, s'engueulent. Lucides ou partisans, qu'ils influent ou non sur les événements, à tort ou à raison, ils s'engagent, quitte à se renier ou à être désavoués.
    Au-delà de leur vivante figure, défile l'histoire du siècle depuis l'affaire Dreyfus, qui vit l'émergence du terme d'intellectuel, à la mort de Sartre et d'Aron qui a paru sonner le glas pour les intellectuels. Encore que Michel Winock en doute...
    Le Siècle des intellectuels a été couronné par le prix Médicis essai en 1997.

  • Pour en finir avec le Moyen Age

    Régine Pernoud

    • Seuil
    • 25 Juillet 2014

    Pour en finir avec le Moyen Âge
    Méprisés pendant des siècles, encensés par les romantiques, ces mille ans d'histoire ont presque toujours été recouverts de la crasse de l'ignorance. " Godiche " ne vient-il pas de " gothique " ? " Féodal " ne désigne-t-il pas l'obscurantisme le plus indécrottable ? " Moyenâgeux " les vieilleries poussiéreuses ?
    Grâce à ce livre décapant, mille ans d'histoire resurgissent. Le Moyen Âge est mort, vive le Moyen Âge !
    Régine Pernoud (1909-1998)
    Diplômée de l'École des Chartes et de l'École du Louvre, conservateur du musée de Reims puis aux Archives nationales, elle a fondé le centre de documentation historique Jeanne-d'Arc, à Orléans.

  • Élixirs, potions ou régimes alimentaires, l'art de prolonger la vie plonge ses racines dans la tradition. Ce sont les formes de cet entretien de soi qu'explore ce livre, sa présence dans les actes les plus anodins, son interférence avec la science et les croyances, ses liens avec l'image du corps, la résistance aux épidémies, la défense des cités et la très lente mise en place d'initiatives publiques.

    Cette histoire souligne combien la frontière entre le sain et le malsain se déplace avec le temps. Les seuils de ce qui est physiquement toléré, l'apparition du maladif ou du dangereux changent avec la civilisation. Science et technique conduisent au paradoxe de surmonter les menaces anciennes tout en en dévoilant de nouvelles. Le projet d'entretien du corps a lui-même changé : hier on « gardait » la santé, aujourd'hui on l'améliore.

  • Parce qu'ils avaient laissé mourir faute de soins leur quatrième enfant, Ginette et Claude Bac furent condamnés à sept ans de réclusion par la cour d'assises de la Seine en juin 1954. Cassé pour vice de forme, le jugement fut ramené lors d'un second procès à deux années, couvertes par leur détention. La gynécologue Marie-Andrée Lagroua Weill-Hallé y témoigna en leur faveur, ce qui fut déterminant. Quelques mois plus tard, elle fondait la Maternité heureuse qui devint le Planning familial.
    De l'affaire des époux Bac, toujours mentionnée en quelques lignes dans les ouvrages d'histoire pour avoir été un facteur déclenchant des mouvements en faveur de la contraception, on ne savait presque rien. Danièle Voldman et Annette Wieviorka font le récit du drame vécu par ce jeune couple ouvrier de Saint-Ouen, des " gens sans importance " que des grossesses rapprochées accablèrent.
    Elles racontent aussi comment les partisans de la légalisation de la contraception se sont emparés de ce désolant fait divers, devenu fait de société. Les déclarations de Marie-Andrée Lagroua Weill-Hallé au procès ont brisé un tabou, ouvert une brèche qui a libéré la parole des femmes et mis au jour leurs souffrances. L'opinion en a été bouleversée. Le débat public ne s'est plus refermé jusqu'au vote de la loi Neuwirth en 1967, une révolution dans l'histoire des femmes.
    Danièle Voldman et Annette Wieviorka sont directrices de recherche émérites au CNRS. Elles sont les auteures de nombreux livres.

  • Paris, histoire d'une ville (xixe-xxe siecle)

    Bernard Marchand

    • Seuil
    • 26 Février 2016

    En 1789, Paris comptait moins de 600 000 habitants. A partir de la Restauration, sa population bondit sous l'effet des migrations très fortes : elle double en cinquante ans, quadruple en un siècle. Déjà centre politique et culturel, la capitale devient aussi le principal centre économique et financier : sa puissance inquiète, sa richesse fait envie. Effrayés par la grande métropole, les régimes successifs lui ont tous refusé l'autonomie et l'ont quasi administrée directement. Les monarchies du XIXe siècle ont essayé d'aménager la capitale. La Troisième République, appuyée sur des notables ruraux, l'a négligée. A partir du régime de vichy, Paris semble être devenu le bouc émissaire de l'aménagement. Derrière les critiques mal fondées et les politiques antiparisiennes, on devine toute une doctrine anti urbaine, apparue avec les fascismes des années 1930, qui s'oppose encore aujourd'hui à la grande ville.

  • Le rocher de Süsten ; mémoires, 1942-1982

    Jean-Noël Jeanneney

    • Seuil
    • 27 Août 2020

    Au passage du col de Süsten, un soir d'août 1960, Jean-Noël Jeanneney, alors jeune étudiant, a échappé de très peu à la mort : la voiture qui les précédait, lui et ses camarades de voyage, a été écrasée par un rocher détaché de la paroi. C'est la scène inaugurale de ces Mémoires, celle qui sans doute fit que l'auteur s'interrogea longtemps sur la part du hasard dans la vie des sociétés et dans celle des hommes.
    Né dans une famille de grands serviteurs de l'État - son grand-père Jules Jeanneney fut le dernier président du Sénat de la IIIe République et son père Jean-Marcel Jeanneney ministre de De Gaulle et premier ambassadeur de France en Algérie -, Jean-Noël Jeanneney a eu précocement le goût de l'histoire et la passion de la politique - « la politique comme curiosité, comme atout, comme séduction, comme leçon ». Avec vivacité et humour, ces Mémoires nourris de notes prises au quotidien retracent une existence au plus près de l'histoire contemporaine et dessinent quarante ans de vie politique et intellectuelle de la France.
    Depuis le retour de De Gaulle au pouvoir en 1958, jusqu'à la victoire de la gauche en 1981 avec l'accession de François Mitterrand à la présidence, en passant par l'indépendance de l'Algérie en 1962, le concile de Vatican II et les années Giscard, le livre mêle avec une élégance singulière histoire publique et histoire privée, croquant de savoureux portraits sur le vif, rapportant des rencontres - avec de Gaulle bien sûr (merveilleux récit d'un déjeuner à Colombey en décembre 1969) et toute une partie de la classe politique française, mais aussi avec le vieux Kerenski réfugié aux États-Unis, Paul Morand, Saint-John Perse, ou encore Ben Gourion.

  • La France politique, XIXe-XXe siècle

    Michel Winock

    • Seuil
    • 28 Mai 2015

    La France politique (XIXe-XXe siècle)
    La République française a longtemps fait figure de régime politique original dans le concert des États européens. Elle le demeure encore largement malgré de récentes évolutions. Cet ouvrage analyse l'élaboration du régime républicain, enraciné dans l'héritage des Lumières et de la Révolution, tel qu'il s'est constitué à la fin du xixe siècle. Il passe en revue les résistances auxquelles il s'est heurté, ainsi que les forces et les idéologies qui ont voulu le " dépasser ". Enfin, il dégage les conditions et suit les métamorphoses qui ont entraîné l'avènement de la Ve République.
    La plupart des chapitres de ce livre sont tirés d'articles déjà publiés, principalement dans L'Histoire.
    Michel Winock
    Professeur émérite d'histoire contemporaine à Sciences-Po. Auteur de nombreux ouvrages, il a obtenu le prix Médicis essai pour Le Siècle des intellectuels (1997) et le prix Goncourt de la biographie pour Madame de Staël (2010). Il a publié en 2013 une biographie de Flaubert.

  • Histoire politique du monde hellénistique
    " Le livre d'Édouard Will constitue en réalité bien plus qu'une histoire uniquement politique : on y trouve aussi bien une histoire des relations extérieures des royautés hellénistiques que l'analyse de l'activité économique, mais également une histoire des institutions des États grecs, ainsi qu'un cadre chronologique et géographique rigoureux " affirme Pierre Cabanes d'un ouvrage qui reste plus de trente ans après sa première publication une excellente approche des innombrables aspects de l'histoire du monde hellénistique.

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