Littérature traduite

  • Pour les habitants de l'Europe occidentale, les années qui ont suivi la Première Guerre mondiale furent des années de deuil, mais aussi de paix et de prospérité retrouvée. Mais pour peu que l'on déplace le regard à l'est du continent, c'est un tout autre paysage qui se dévoile. Sur les terres des empires vaincus, jusqu'en 1923, ce furent des années de cauchemar sans fin.
    Robert Gerwarth reconsidère l'héritage de la Grande Guerre. Pour une large part, ce n'est pas l'hécatombe des tranchées qui s'est révélée la plus dangereuse pour l'avenir de l'Europe, mais ce qui s'est joué dans les années qui ont suivi : révolutions, pogroms, expulsions de masse, guerres civiles et crimes d'une dimension génocidaire. Des millions de civils y trouvèrent la mort.
    Partout, des peuples pleins de ressentiment, avides de revanche, attendaient leur heure pour se venger d'ennemis réels et imaginaires. La violence extrême qui a déferlé sur l'Europe de l'après-Première Guerre mondiale a pavé la voie des conflits génocidaires qui ont suivi : c'est la thèse centrale de ce livre novateur.
    " Intense et frappant. Un rappel actuel du fait que les racines de la violence de longue durée du XXe siècle remontent au cataclysme de la Grande Guerre." Richard Overy
    Élu meilleur livre de l'année par le Times Literary Supplement, The Financial Times et BBC History Magazine
    Robert Gerwarth est professeur d'histoire contemporaine à University College Dublin, où il dirige le Centre for War Studies. Il est notamment l'auteur d'une biographie de Reinhard Heydrich. Il a enseigné aux États-Unis, en Allemagne et en France et a dirigé un programme de recherche européen sur la séquence 1917-1923.
    Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Aurélien Blanchard

  • Fondé sur de nombreuses archives inédites, nourri de voix innombrables (journaux intimes, lettres, mémoires), ce second volume de L'Allemagne nazie et les Juifs déroule l'effroyable scénario qui mène à la "solution finale" et à sa mise en oeuvre dans l'Europe occupée. Complicité des autorités locales, soutien actif des forces de police, passivité des populations et notamment des élites, mais aussi promptitude des victimes à se soumettre aux ordres dans l'espoir d'améliorer leur sort ou, à terme, d'échapper à l'étau nazi : c'est cette histoire d'une extrême complexité, au comble de l'horreur, qui est ici relatée avec une maîtrise rare.Saul Friedländer est professeur d'histoire à l'université de Californie (UCLA). Il est l'un des plus grands spécialistes du nazisme et du génocide des Juifs, sujets auxquels il a consacré de nombreux livres. Il a obtenu le Prix des libraires allemands 2007. À cette occasion, le jury a souligné que Saul Friedlânder "a permis aux hommes et aux femmes réduits en cendres de faire entendre une plainte, un cri. Il leur a offert une mémoire et leurs noms."Prix Pulitzer 2008 de la catégorie Documents.

  • Déclenchée dans un contexte de ruée vers l'or et le diamant, la guerre anglo-boer est singulière à bien des égards. Aux origines de l'Apartheid, elle oppose le puissant Empire britannique aux deux petites républiques boers. Ce conflit asymétrique, largement médiatisé, évolue très vite en guérilla. Camps de concentration, déplacements de population, terreur contre les civils, usage du gaz, famine : aucun moyen n'est épargné pour soumettre les descendants des premiers colons néerlandais d'Afrique du Sud.
    Dans ce livre couronné de prix, Martin Bossenbroek donne toute son ampleur à ce conflit inaugural des tragédies du XXe siècle et restitue, avec un réel talent littéraire, les espoirs et le désespoir de tous ceux qui ont pris part au conflit, combattants ou simples civils – voire les deux à la fois. Il met ses pas dans ceux de trois acteurs du conflit – le diplomate et juriste Hollandais William Leyds, au service de la république blanche du Transvaal, un correspondant de guerre britannique quelque peu remuant qui n'est autre que Winston Churchill et le jeune soldat boer Deneys Reitz – et suit au plus près leur destin pour livrer un récit aux allures d'épopée.
    Ce livre a obtenu le prestigieux Prix Libris de l'Histoire aux Pays-Bas.
    Martin Bossenbroek est né en 1953 à Amsterdam. Il est nommé en 1983 à l'université de Leyde, où il soutient sa thèse en 1992. Il devient directeur des collections et services de la Bibliothèque Royale de La Haye. Passionné par l'écriture autant que par la recherche, il est aujourd'hui chercheur associé à l'université d'Utrecht. Il consacre l'essentiel de ses livres récents à l'histoire coloniale.

  • Le 28 juin 1839, l' Amistad faisait voile depuis La Havane avec à son bord une cargaison d'esclaves. Au cours de cette nuit sans lune, les captifs africains se soulevèrent, tuèrent le capitaine et prirent le contrôle du navire. Alors qu'ils essayaient d'atteindre un port sûr, leur navire fut arrêté par la Marine des États-Unis et les rebelles furent incarcérés dans une prison du Connecticut. Leur bataille juridique pour recouvrer la liberté remonta jusqu'à la Cour Suprême, où leur cas fut défendu par l'ancien président des États-Unis, John Quincy Adams. Le jugement fit date. Les insurgés furent libérés et purent rentrer en Afrique.Si cette rébellion est l'un des épisodes les plus connus de l'histoire de l'esclavage américain, elle est avant tout célébrée comme le triomphe du système légal américain et comme la victoire des abolitionnistes. En racontant cette aventure du point de vue des rebelles eux-mêmes, Marcus Rediker leur redonne une voix et un destin. Il retrace les trajectoires qui jetèrent dans les chaînes de l'esclavage ces hommes capturés en Sierra Leone, en pays mendé. La plupart d'entre eux parlaient plus d'une langue ; plusieurs étaient des guerriers ; beaucoup étaient membre d'une société secrète, le Poro. Tous disposaient de ressources et étaient capables de nouer de solides relations au-delà de leur cercle familial. C'étaient déjà des hommes habitués à l'action collective.Leur histoire nous est ici contée pour la première fois.Traduit de l'anglais (États-Unis) par Aurélien Blanchard.Marcus Rediker est professeur distingué d'histoire atlantique à l'université de Pittsburg. Historien, écrivain et militant des droits de l'homme, il est spécialiste de l'histoire maritime et notamment de l'Atlantique. Il a publié neuf livres, parmi lesquels À bord du négrier. Une histoire atlantique de la traite (Seuil, 2013).

  • Ce premier volume décrit l'arrière-plan de l'extermination des Juifs. Tout en réaffirmant l'obsession de l'"antisémitémisme rédempteur" chez Hitler et l'importance de l'idéologie antisémite des nazis, l'auteur retrace les pressions du Parti, le rôle de la bureaucratie d'Etat, le comportement des élites économiques, intelectuelles et religieuses, les réactions des gouvernements étrangers et l'attitude de la population allemande, laquelle n'était pas nécessairement à l'unisson de la politique officielle.Fondé sur une très riche documentation en partie inédite, cet ouvrage montre que, sous une apparente confusion, la politique nazie envers les Juifs du Reich, puis des autres pays, se radicalisait sans relâche. Et que, sans qu'il y ait de plan ni de but ultime clairs, les années de persécution auguraient déjà du pire, en cas de guerre.Saul Friedländer est professeur d'histoire à l'université de Californie (UCLA). Il est l'un des plus grands spécialistes du nazisme et du génocide des Juifs, sujets auxquels il a consacré de nombreux livres. Il a obtenu le Prix des libraires allemands 2007. À cette occasion, le jury a souligné que Saul Friedlânder "a permis aux hommes et aux femmes réduits en cendres de faire entendre une plainte, un cri. Il leur a offert une mémoire et leurs noms."

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