Seuil

  • Les lectures fondamentalistes des Livres saints font peser sur la liberté un péril grandissant. Pour lutter contre leurs ténèbres, les lectures historiques et critiques enseignent à comprendre les Livres en fonction du passé et des intentions de leurs auteurs. Cette réfutation scientifique du fondamentalisme n'omet-elle pas toutefois des questions essentielles ?Ce livre explique comment une lecture spirituelle - ici selon la tradition juive - met en lumière d'autres paramètres. Elle pose que la langue des textes étudiés porte des significations à déployer dans le temps, grâce à leurs innombrables lecteurs. Par ailleurs et surtout, elle ne sépare jamais la quête du sens et de la vérité d'un travail exigeant sur soi-même. Dès lors, lire la Torah, c'est aussi voyager avec elle dans l'histoire, avec d'autres, hommes et femmes, qui n'avancent pas au même rythme. De nos jours, c'est rencontrer des questions brûlantes comme celle relatives à la terre d'Israël et à Jérusalem, au destin singulier du peuple juif et à la politique. La lecture spirituelle a alors son mot à dire : elle avise d'oeuvrer pour une paix vouée à l'inquiétude du sort d'autrui.Catherine Chalier est philosophe, spécialiste du judaïsme. Elle a notamment publié : Transmettre, de génération en génération (Buchet-Chastel, 2008), La Nuit, le Jour (Seuil, 2009), qui a reçu le prix des Écrivains croyants, Le Désir de conversion (Seuil, 2011), Kalonymus Shapiro, rabbin au Ghetto de Varsovie (Arfuyen, 2011), Présence de l'espoir (Seuil, 2013).

  • Savez-vous que c'est saint François d'Assise qui a voulu représenter la scène de la Nativité dans une crèche ? Que la fête de la Toussaint naît sous l'influence de traditions mêlées, celtiques, romaines et orientales ? Ce livre expose la signification des fêtes chrétiennes et la façon dont celle-ci s'est inscrite dans les rites.
    Outre les explications spirituelles, théologiques et historiques nécessaires à la présentation de chaque célébration, il rend compte de la cohérence du chemin spirituel parcouru tout au long du calendrier chrétien, donnant ainsi une vision d'ensemble des croyances, des images et des rites propres au christianisme.

  • Selon certains philosophes, espérer serait au mieux une consolation, et il conviendrait de l'abandonner au profit d'une sérénité plus forte que les malheurs. Mais dénoncer la vanité de tout espoir est-il si sage ? Comment comprendre que, même dans des situations terribles, l'espoir déserte rarement tout à fait le coeur humain ? Pourquoi cette insistance de l'espoir à surprendre jusqu'aux partisans d'une lucidité qui le récuse ?
    Espérer, c'est discerner au coeur du tragique et de la tentation du désespoir, ce qui peut nous y soustraire. C'est aussi résister à la pensée que la nécessité régit ce qui advient. L'espoir n'est ni une compensation ni une consolation. Plus profondément, il espère une réparation du présent. Surtout, il atteste surtout une ouverture de la finitude humaine sur ce qui l'excède. Espérer, c'est s'avancer vers ce qu'on ne voit pas et ce qu'on ne prévoit pas mais qui, déjà, nous affecte. Dans le cadre biblique, l'espoir se fonde sur une promesse qui ne concerne pas uniquement l'avenir humain et le sens de l'histoire. Il ouvre une perspective eschatologique relative à un monde qu'aucun oeil n'a vu. La question " as-tu espéré ? " nous sera d'ailleurs posée après notre mort, selon le Talmud. Espérer apparaît alors comme une vertu des plus exigeantes.

  • La vie chrétienne est l'apprentissage d'un amour : aimer comme Dieu nous aime. Expérience intime, ce pèlerinage suit pourtant des étapes repérables. Comme on gravirait, barreau après barreau, une longue échelle, peut-être imaginez-vous quil faut un grand courage pour affronter la route ardue vers ces huit mille mètres de la vie avec Dieu ? Et chemin faisant, vous réfléchissez : à quel degré suis-je ? Quels sont mes progrès ? Que ces sommets sont inaccessibles ! Sil faut parler détapes, celles-ci ne sont pourtant pas des « niveaux » successifs, mais différentes façons de se situer par rapport à Dieu.
    Autour du thème concret de la soif spirituelle, au cur du livre, sont éclairées des notions telles l'incarnation, l'expérience de la Croix, le don de l'Esprit, la communion des saints, le salut, qui offrent une vision d'ensemble de la foi chrétienne, également illustrée par des figures spirituelles de la tradition. Et sur le chemin qui sépare et unit tout à la fois les hommes de Dieu, sont traitées ces questions qui paraissent sans réponse : Qu'est-ce que Dieu représente pour l'homme ? Comment peut-Il laccueillir, avec ses failles ? Qu'est-ce qu'une relation vivante à Dieu ?

  • Le succès des techniques orientales de méditation a pu faire oublier l'importance de cet exercice spirituel dans le christianisme. Riche d'un héritage complexe, la tradition méditative chrétienne offre pourtant une singularité décisive par son intense réflexion sur la personne du Christ, Verbe devenu chair dans le mystère d'un amour incompréhensible.
    Depuis les Pères de l'Église jusqu'à Ignace de Loyola ou Pascal, depuis la prière du cœur jusqu'au clair-obscur de l'oraison, à la frontière du silence, cet essai explore le sens de la méditation chrétienne. Ce faisant, un itinéraire se dessine : épreuve du vide, expérience de l'esprit, langage du corps et de l'image, pouvoirs de la parole ou secrets de la prière, interprétation des Écritures, conscience historique du temps présent.
    /> D'ores et déjà traversé par la gloire, et appelé à contempler l'ineffable, l'être humain est invité à la plénitude. Promis à la liberté, le corps pensé assume alors sa vocation de corps pensant, par le dynamisme de la grâce, à l'intérieur d'une foi qui ne se confond nullement avec une morale ou une religion. Tels seraient les contours paradoxaux d'une certaine différence chrétienne, objet même de la méditation.
    Professeur de littérature française (XVIIe siècle) à l'Université de Montpellier, Christian Belin étudie les formes de la pensée chrétienne, notamment dans les textes où se croisent littérature, théologie et spiritualité.

  • Quelle place peut-on reconnaître à la musique dans la quête spirituelle ? L´interrogation est ici abordée de façon nouvelle dans la mesure où la musique n´y est pas considérée d´abord comme un art, mais comme un fait anthropologique capital : le chant et la danse sont fondés sur notre capacité de parler et de marcher. Aussi la musique chante et danse notre rapport au monde sous le mode du sentir et non du connaître. La quête spirituelle est envisagée à même cet enracinement existentiel. Loin de se tourner vers un « au-delà » fantasmé, elle cherche et trouve son chemin dans l´expérience rythmique, le travail sur le matériau musical, le chant et la danse. Peut-on dès lors établir une « parenté intérieure » entre le chemin qu´emprunte en nous la musique et celui qu´emprunte le Verbe en son périple d´incarnation tel que l´entend la tradition évangélique ? Cette quête spirituelle revêt des allures différentes selon les grands moments stylistiques qui sont ici traversés au rythme de quelques oeuvres emblématiques. C´est pourquoi l´oreille doit s´accorder à l´irréductible singularité de chaque style. Mais c´est dans sa confrontation avec la violence du monde que la musique révèle la puissance paradoxale de sa fragilité, capable de libérer l´oreille d´un imaginaire trompeur. Une oreille ainsi pacifiée, peut se laisser surprendre par l´appel de l´Ouvert, quand d´aventure pour elle le lointain se fait proche.

  • Poésie et soufisme partagent un même rapport à l'indicible et à la fulgurance de l'inspiration. L'une et l'autre concourent à la saisie de réalités spirituelles que la raison ordinaire ne peut appréhender.Le recueil poétique ( Dîwân ) étudié ici est l'oeuvre de trois maîtres soufis, éveilleurs de conscience. Par sa stature spirituelle et son rayonnement initiatique, le cheikh algérien Ahmad al-`Alâwî en est la figure centrale. Depuis Mostaganem, la voie `Alâwiyya qu'il a fondée vers 1914 a essaimé à travers le monde et contribue à nourrir la spiritualité contemporaine.Les poèmes du Dîwân sont des mondes en soi. Leur expression allusive les protège du regard des intrus, et défie a priori toute analyse. Cet ouvrage tente pourtant d'éclairer l'expérience des trois cheikhs à l'aune de l'enseignement soufi. La relation avec le Divin qui s'y déploie, souvent déconcertante, accomplit, en définitive, pleinement l'état de l'humain.Les chants spirituels qui accompagnent le livre témoignent de la vivacité de cette tradition spirituelle.Éric Geoffroy est islamologue, spécialiste du soufisme internationalement reconnu. Au Seuil, il a publié Le Soufisme, voie intérieure de l'islam (« Points sagesses », 2009), L'islam sera spirituel ou ne sera plus (2009).Flashez le QR code pour écouter les chants soufis (à côté du QR code)

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