Sous la Cape

  • Extrait
    Cador élève des escargots, qu’il vend cher à des restaurants chics et moins que rien à la grande distribution, rapport de force oblige. Parti de rien, il est aujourd’hui chef du Syndicat hélicicole régional. C’est à ce titre qu’il sera, dans quelques jours, membre d’honneur sur la liste L’Avenir c’est Demain, du Grand Parti Social (GPS).
    Son cheptel se compose essentiellement de vignerons et de chagrinés. Soit, plus communément, le bourgogne et le petit-gris. Il fait aussi un peu de gros-gris (Helix aspersa maxima), car il y a de la demande. Et Zenobiella subrufescens, pour le plaisir.
    Thym, laurier et farigoulette en semaine, basilic le dimanche, Cador nourrit ses gastéropodes comme ses propres enfants. Il n’en a d’ailleurs pas, d’enfants, ça tombe bien. Chaque matin à six heures c’est lui qui donne les précieuses herbes, qui a un mot gentil pour chacun, qui sifflote en distribuant la poudre de calcaire. Lui qui vérifie la température et l’hygrométrie de l’escargotière. Et lui qui rentre à la maison le coeur content pour la journée. Après quoi vient le temps des mots fléchés, puis la promenade à vélo, et c’est midi qui sonne.
    Cador ne vous dira pas que le petit-gris se cuisine principalement à l’espagnole, avec ail et tomates, ou à la persillade. Ni que le bourgogne n’accepte, en sa coquille, que le beurre persillé. Oncques ne parlera des cinq à sept jours de jeûne subis par ses gastéropodes précédant le dégorgeage au gros sel, ni des multiples lavages endurés par lesdits avant que d’être jetés dans une bassine d’eau bouillante.
    Car il ne mange pas d’escargots. Jamais. Et la tristesse qui le prend chaque dimanche soir, à la livraison des restaurants, est telle que c’est Juliette, sa femme, qui prend le volant et fait la tournée. Cador, lui, lit. De préférence des histoires de la dernière guerre, avec de vaillants colonels allemands, de courageux soldats teutons enfonçant ces pleutres de Français.

  • Nuit

    Anonyme

    Les Anonymes contemporains. A ne pas mettre entre toutes les mains: pour lecteur averti.
    La porte entrouverte sur l´intimité... Une invite à partager, pour une nuit et une seule, les désordres amoureux.
    Extrait - Son nom est Nuit. Ce soir, sa porte s

  • Plus de 18 ans.
    Les aventures d'une jeune Française dans un bordel madrilène, dans les années 70.
    Retrouvé dans une cave lors d'un déménagement, ce récit dactylographié raconte à la première personne une expérience de prostitution, à Madrid, dans les années 70. La jeune femme mêle souvenirs crus et réflexions sociologiques. Un chef-d'oeuvre littéraire inconnu.

  • Zeb

    Pierre Charmoz

    Humour décalé...
    Zeb, une jeune fille naïve, croit s'être inscrite à un stage d'écriture en pleine montagne. Grave erreur!
    Extrait Zeb patinait dans la neige depuis bientôt deux heures.
    - On se gèle le cul, marmonna-t-elle.
    Pour elle seule, évidemment. Qui viendrait se perdre sur cette route de montagne en plein hiver. Il fallait être super-zebête pour accepter un plan aussi foireux : un stage d´écriture-ski de rando en pleine nature, les neurones gonflés à l´ozone et le clavier au bout des bâtons, comme disait la pub parue dans Marie-Cairn.
    Et bien sûr, la panne, comme dans les pires romans d´horreur - les frilleurs comme ils disent en Amérique. Il manquait plus que de voir débouler un loup déjanté, la tronçonneuse et les babines en avant. Elle avait essayé d´appeler le chalet, SOS Zeb en perdition. Évidemment, pas de réseau dans ce coin perdu des Hautes-Alpes.
    Donc, pas d´autre solution : baluchon sur l´épaule et mocassins aux pieds dans trente centimètres de neige fraîche, la Zebette courageuse remontait la route vers d´hypothétiques « refuges chaleureux et conviviaux » (dixit la pub).
    Pas la moindre loupiote conviviale ni le plus discret flonflon dans un rayon de trois kilomètres...
    Et les bouts des pieds sûrement gelés. Quant à ses jolis doigts, elle les sentait durs comme des parpaings. Zeb se moucha, espérant que ç´allait éclaircir le paysage et, ô miracle de la technologie, le brouillard se déchira aussi sec, révélant les murs plutôt moches d´une masure peu accueillante.

  • Et si l´an 2000 n´existait pas ? L´histoire contemporaine va-t-elle perpétuer l´erreur d´un moine médiéval qui ignorait le zéro ?
    Extrait - Notre vingtième siècle ne débouchera jamais sur un vingt et unième !
    Je me retournai, intrigué. Tandis qu´alentour les convives riaient un peu nerveusement, Jonathan, tranquillement appuyé au rebord de la table de marbre, venait de saluer le passage à l´an 2000 par cette affirmation singulière.
    - Mais nous y sommes depuis quelques secondes ! s´esclaffa la jolie Martha, légèrement éméchée, dont je lorgnais avec appétit le profond décolleté.

  • Sandre

    Noirceuil

    Initiation crépusculaireRéservé aux plus de dix-huit ans. Ambre et Sandre, deux jeunes filles au seuil de l'âge adulte, passent des vacances ensemble au bord de la mer. Ambre raconte à sa jeune compagne, pour la séduire,  un récit étrange et crépusculaire: quelque part au coeur d'un pensionnat, palpitent des statues... Peut-être d'anciennes pensionnaires ou religieuses qui ont, à un moment, franchi le territoire interdit. Ambre est initiée par une de ses compagnes, puis par une religieuse, à des jeux saphiques de plus en plus noirs; elle rencontre aussi un jardinier amateur de récits.Un jeune homme, apparu sur la plage, convie les deux jeunes filles à rencontrer l'Inventeur, qui est peut-être le jardinier et l'écrivain de cette histoire, même s'ils semblent tous différents.Publié en 1994 par Obliques / Le magasin érotique, cet étrange roman est un hommage à un des plus beaux livres du XXe siècle, les Jardins statuaires, de Jacques Abeille.

  • Un train, un jeune homme, une rencontre qui ne se fera peut-être pas...
    "Extrait. C´était un jour de train.
    C´était un jour de grève. Le compartiment réservé au bar avait été exceptionnellement ouvert aux voyageurs. Dans ce champ libre, j´avais emménagé à Orléans, puis une autre femme à Châteauroux.
    À Limoges, je m´étais levée pour aller dans le couloir, regarder à travers la vitre les gens sur le quai, les deux bras croisés sur la rampe de métal. Elle m´arrive généralement au cou, j´y appuie ma tête. C´est dans cette position que j´ai senti quelqu´un s´approcher de mon territoire.
    Après Paris, où il était parti plein, le train s´était vidé, d´abord d´une bonne moitié à Orléans, puis, petit à petit, dans chaque gare où il s´arrêtait, circonstance assez exceptionnelle pour n´avoir alerté personne.
    C´était un jeune homme que je vis mal. Il demanda s´il y avait de la place. J´ai acquiescé comme on donne un laissez-passer, avec une bienveillance en accord avec la saison, mon humeur, mon bon plaisir et un je ne sais quoi de déterminé dans la voix à dire ? : oui. Oui, oui.
    Le train partit, et la campagne limousine vagabonda bientôt sous mes yeux fatigués (je manquais de sommeil). Au bout d´un moment, je rentrai dans le compartiment pour m´asseoir. J´occupais la place de choix, face à la marche près de la fenêtre. C´est en passant devant sa paire de pantalons blancs que je me souvins du jeune homme. Sa présence me revint comme un oubli, comme le rappel d´une négligence. Je décidai aussitôt que j´aurais eu tort de ne pas le regarder un peu. Un peu plus que n´y invitaient sa mise et sa taille banales. Quelque chose de remarquable me toucha soudain, qui tenait à la position de son corps, un abandon mesuré de la posture, moins étudié que médité, un refus manifeste de l´avachissement, l´affirmation silencieuse d´une fierté, d´une tenue.

  • Nuit d'orage

    Noirceuil

    Plus de 18 ans.
    Quand les saints du mois de juillet partouzent en attendant l'orage...
    Thierry, Martinien, Notre-Dame du Mont Carmel, Fêtnat et les autres se sont donné rendez-vous pour fêter le dernier jour de juillet, celui d'Ignace de Loyola. L'occasion de rappeler que les saints ne sont pas toujours des anges! Ils ont un sexe, et ça les démange... Vivement août!

  • Plus de 18 ans.
    Une beauté à couper le souffle!
    La vie d'une belle bourgeoise à la chevelure rousse se partage entre partitions de Bach et variations sur canapé. Jusqu'au jour où...

  • Plus de 18 ans.
    Une fable délirante! Extrait de "Pompe le Mousse", disponible dans la même collection.

  • Plus de 50 ans.
    Une fable corrosive sur la vieillesse (et la jeunesse!).
    Kiffe-un-vieux.com : enfin un site pour jeunes filles gérontophiles! Et c'est gratuit pour les vieux... Les demoiselles, elles, doivent payer.

  • Extrait
    C’est PapyPampers qui a eu l’idée. Vous vous souvenez de lui? l’ancêtre contacté sur "kiffe-un-vieux.com"; il a fait monter au dix-huitième ciel mes copines Silva et Béa. Ah! le sacripant! Avec son déambulateur et son appareil à oxygène, il cache bien son jeu! On est resté en lien, grâce au site. Et, de temps en temps, on se fait une old partouze avec des jeunettes que nos corps fripés font kiffer. Je dois reconnaître qu’à côté de ses performances, je suis petit joueur.
    Une nuit, pendant que quatre charmantes post-ados roupillaient en tas sur ma moquette, il m’a fait part de son projet: monter un gang de vieillards. Comme je m’étonnais, il m’a affranchi:
    – Tu sais, les incivilités des jeunes, j’m’en fous. D’ailleurs, on ne parle jamais des incivilités des seniors, et là, il y aurait beaucoup à dire: les vieilles qui font exprès leurs courses aux heures de pointe pour emmerder les mères de famille, t’as remarqué?
    – Ouais! et y’a les petits vieux sournois qui essaient d’utiliser leur décrépitude comme coupe-file dans les queues; ça aussi, ça m’énerve!
    – Mais quand même, parfois, il y a de l’abus (je parle des jeunes). Avant-hier, je me baladais tranquillement dans une rue sombre, mal fréquentée paraît-il. Je suis soudain cerné par quatre loubards qui me charrient gentiment: «Alors le vieux, t’as besoin d’un coup de main pour avancer?» Ils me soulèvent du sol et partent au pas de course. Un décroche mon appareil à oxygène et s’en envoie des giclées dans le nez. Je gueule comme un putois: «Laissez-moi! Laissez-moi!» «Comme tu veux!» Ils m’ont fait tomber, et j’ai eu un mal fou à me relever. Ils sont partis en se tapant dans le dos. «T’as vu, la tronche du vieux! C’est marrant!» J’ai réfléchi à une expédition punitive – c’est des petits dealers et ça les agace que je me promène dans leur secteur. Je peux compter sur toi?
    J’ai marmonné un vague « oui » et, comme les quatre ravissantes se désenchevêtraient, nous avons repris nos exercices.



  • Extrait
    Marcel a fermé les yeux, j’ai cru qu’il s’était endormi. Il soulève une paupière, me tend le numéro du jour de "Nice-Marin". À la Une, un article sur la rédemption du Trader fou. Le petit jeune homme qui, il y a six ans, a fait s’évaporer les économies des épargnants qui les avaient confiées à «la Providence du retraité», un établissement honorable spécialisé dans la rente et les placements sans risques. Cinq milliards d’euros partis en fumée en moins d’une semaine, le meilleur score du siècle. Et deux millions de petits vieux qui n’ont plus que leur dentier pour pleurer. Je grince:
    – Ah! le salopard, j’avais pour 20.000 euros de «Soprano», le placement qui fait chanter les taux d’intérêt. Tu parles, j’ai récupéré tout juste dix euros et, avec les frais, j’en étais de ma poche de 1,347 €. La belle arnaque!
    Marcel ricane, puis toux grasse – mauvais symptôme:
    – Moi, c’est 240.000 euros, certes mal acquis, qui se sont évaporés dans «Stratos», le livret qui tutoie les nuages. T’imagines si le petit Merdiel, je lui en veux. Et cette histoire de rédemption, de victime de la haute finance, c’est du pipeau. Après avoir sucé les arpions du pape, voilà qu’il va à Compostelle. Un malin, très fort, je l’admets. D’autant qu’il a planqué un joli magot.
    – Comment ça?
    Marcel plisse un œil. C’est horrible à voir.
    – J’ai mes sources…
    – Le Commandant?
    – Chhhuuuuttt… Ne prononce jamais ce nom, surtout pas ici!
    – Ah bon? Les grains de sable ont des oreilles?
    – On ne peut jamais savoir. Tiens, celui-là avec son kite-surf, si ça se trouve c’est une antenne GPS et il transmet notre position à son chef.



  • Gode Dracula!

    Anonyme

    Plus de 18 ans.
    Une version coquine et hilarante de "Dracula", extraite du "Cahier noir" de Lia.

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