Élisabeth Haghebaert

  • Lire Ducharme sans Ducharme, c'est à cela que le mystérieux écrivain convia son lectorat. Depuis sa mort en 2017, c'est un état de fait d'autant plus vrai. « Lire Ducharme sans Ducharme » pour la revue L'Inconvénient, c'est l'occasion de consacrer un numéro estival à revisiter l'héritage et l'oeuvre de cet auteur à l'écriture « baroque et bigarrée, truffée de références savantes et populaires, de calembours, de virtuosités langagières aussitôt annulées par des maladresses délibérées. » En peinture, découvrez l'oeuvre de Trevor Kiernander. Lisez aussi un extrait du prochain roman de Ying Chen « où Irène Curie croise des Japonais décédés sous le rayonnement des bombes. » Ensuite, Georges Privet discute des échanges créatifs entre cinéma et nouvelles expériences immersives. Sylvain David, lui, offre un tour d'horizon de polars internationaux au petit écran, puis Stanley Péan livre la première partie d'un essai sur le jazz et la condition des Noirs aux États-Unis.

  • Les lecteurs et amateurs de Réjean Ducharme trouveront, rassemblé et illustré dans cet essai sous le dénominateur commun d'une marginalité paradoxale, l'essentiel de ce qu'ils connaissent déjà de façon parcellaire. Destiné à mettre en valeur les principaux aspects de l'oeuvre romanesque de Ducharme et les diverses critiques dont elle a fait l'objet des débuts à nos jours, cet itinéraire de lecture brassant les références permet surtout d'aborder quelques aspects jusque-là inexplorés. Pratique, l'index résume la méthode qui joue avant tout des filons intertextuels, des coïncidences, des résonances et des souvenirs de lecture. À ces lecteurs de la première heure, le plaisir des retrouvailles.

    Pour ceux qui ne connaissent pas l'oeuvre de Ducharme ou qui ne l'ont pas encore lue, cet ouvrage présente l'avantage d'offrir une introduction qui rend compte de sa diversité et de sa cohérence. À eux le plaisir de la découverte d'un univers propre au Québec.

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