Alain Ulysse Tremblay

  • Sans son chien, la vieille n'irait plus nulle part. D'ailleurs, elle ne va plus très loin, sinon à l'épicerie et au parc. Notre vielle mérite bien qu'on la laisse se reposer, ne serait-ce qu'un jour, son dernier... Mais...

    La vielle à Pitou nous est raconté par un narrateur qui semble venir du futur, Il observe cette vieille rendue au terme de sa vie et ses voisins avec lesquels elle n'a pas de contact : l'homme né avec un marteau dans les mains et sa Carpe Méchante, l'Artiste et son affriolante petite maîtresse d'Auburn, les cols bleus municipaux qui creusent des trous, monsieur Jean-Sébaptiste Brillant, Juste Saint-Jean, juste la société...

    Quant à Pitou, c'est un chien sous contrat comme il en existe des milliers. Il a été élevé pour accomplir une tâche spécifique : aider la vieille dans ses derniers jours. Et Pitou accomplit sa tâche avec professionnalisme.

    La vieille à Pitou est un roman qui fait du bruit. Les éléments trouvent leurs onomatopées et la mouvance de l'histoire est marquée de grincements, de heurts et de déraison. Même la calligraphie en prend pour son rhum.

    La vieille à Pitou, un peu d'espoir pour le monde moderne et la possibilité d'en rire tout de suite.

  • Avec ce roman au souffle impitoyable, la Série Élise se poursuit dans le Nord mythique et grandiose. C'est là-bas que se dénoue le destin croisé du jeune Kassad, enfant anormal de Jappy et d'Élise, et de Ka-mishishtit, un des derniers traditionnalistes amérindiens de l'Extrême-Occident. C'est de ce Nord mythique, peuplé par les esprits des ancêtres Innus et de l'essence des animaux, que monte l'ultime tentative de Kassad pour amorcer la fin technologique du monde. Et c'est depuis ce Nord insensé et immense que Kassad joue sa vie, lui qui se sait pourtant sans avenir. Et puis, quel endroit magnifique pour un enfant aveugle, comme Kassad, pour contempler dans toute sa splendeur la bêtise humaine.
    Noir Kassad, un roman sans compromis et sans complaisance, pour courageux seulement.

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