Antoine Vitez

  • Celui qui écrit ce livre est un homme pressé. Son occupation est le théâtre. Aussi écrit-il dans la marge de sa vie, du temps, du théâtre et de l'histoire. Mais il n'est pas pressé d'écrire, et il arrive que la marge emplisse toute la page. Ce sont les fragments d'un grand livre, d'une mémoire générale. Mais ce ne sont point des souvenirs : tout ici est refait, comme dans un roman. On retrouvera presque partout la Grèce et ses poètes ; on reconnaîtra aussi la présence d'un continent inconnu, menaçant, un territoire loin de chez nous, ou bien chez nous, en nous, dans notre coeur, le Grand Extérieur - dont est commencée ici la Chronique -, enfin des hommes, des femmes, des passants, des enfants et le théâtre. Plus tard, quand la Chronique du Grand Extérieur sera finie, on pourra enfin parler longuement des insectes et des chiens.

  • Celui qui écrit ce livre est un homme pressé. Son occupation est le théâtre. Aussi écrit-il dans la marge de sa vie, du temps, du théâtre et de l'histoire. Mais il n'est pas pressé d'écrire, et il arrive que la marge emplisse toute la page. Ce sont les fragments d'un grand livre, d'une mémoire générale. Mais ce ne sont point des souvenirs : tout ici est refait, comme dans un roman. On retrouvera presque partout la Grèce et ses poètes ; on reconnaîtra aussi la présence d'un continent inconnu, menaçant, un territoire loin de chez nous, ou bien chez nous, en nous, dans notre coeur, le Grand Extérieur - dont est commencée ici la Chronique -, enfin des hommes, des femmes, des passants, des enfants et le théâtre. Plus tard, quand la Chronique du Grand Extérieur sera finie, on pourra enfin parler longuement des insectes et des chiens.

  • Chaillot c'est, à Paris, une colline : la colline du théâtre. Territoire détourné du XVIe arrondissement, Jean Vilar y établit, en 1951, son Théâtre national populaire, le T.N.P. de Chaillot à Chaillot. Pour une génération, celle d'Antoine Vitez et celle d'Émile Copfermann, le T.N.P. a constitué, en quelque sorte, une enfance du théâtre. On revient, dit-on, sur les pas de son enfance. Est-ce vrai ou non ? Personne ne sait vraiment, mais le hasard a tout de même fait que Chaillot a ponctué la vie théâtrale d'Antoine Vitez, en partie celle d'Émile Copfermann, puisqu'ils se connurent aux aubes du T.N.P. de Vilar, et par lui. En novembre 1981, trente ans après Vilar, Vitez ouvre son Chaillot, devenu Théâtre national. Le prétexte était donc bon pour réfléchir à deux sur le théâtre, et sur la vie qu'on y joue : sur la vie théâtrale. Sur ce qui fait vivre et sur l'avenir, sur ce qu'on aime et ce qu'on déteste, quand on s'intéresse au monde comme il va. Par la force des choses, De Chaillot à Chaillot retrace ainsi plusieurs aventures. L'ancienne : comment on se consacre au théâtre et ce qui en résulte quand, comme Vitez, on est acteur, metteur en scène, traducteur, poète. La nouvelle, qui entrelace l'autre, les spectacles en cours, comment ils avancent et comment le monde y donne son mot, ou pas.

  • Chaillot c'est, à Paris, une colline : la colline du théâtre. Territoire détourné du XVIe arrondissement, Jean Vilar y établit, en 1951, son Théâtre national populaire, le T.N.P. de Chaillot à Chaillot. Pour une génération, celle d'Antoine Vitez et celle d'Émile Copfermann, le T.N.P. a constitué, en quelque sorte, une enfance du théâtre. On revient, dit-on, sur les pas de son enfance. Est-ce vrai ou non ? Personne ne sait vraiment, mais le hasard a tout de même fait que Chaillot a ponctué la vie théâtrale d'Antoine Vitez, en partie celle d'Émile Copfermann, puisqu'ils se connurent aux aubes du T.N.P. de Vilar, et par lui. En novembre 1981, trente ans après Vilar, Vitez ouvre son Chaillot, devenu Théâtre national. Le prétexte était donc bon pour réfléchir à deux sur le théâtre, et sur la vie qu'on y joue : sur la vie théâtrale. Sur ce qui fait vivre et sur l'avenir, sur ce qu'on aime et ce qu'on déteste, quand on s'intéresse au monde comme il va. Par la force des choses, De Chaillot à Chaillot retrace ainsi plusieurs aventures. L'ancienne : comment on se consacre au théâtre et ce qui en résulte quand, comme Vitez, on est acteur, metteur en scène, traducteur, poète. La nouvelle, qui entrelace l'autre, les spectacles en cours, comment ils avancent et comment le monde y donne son mot, ou pas.

  • Acteur, metteur en scène, poète, Antoine Vitez (1930-1990) a marqué d'une empreinte profonde le théâtre contemporain français, notamment avec les années passées à la direction du Théâtre des Quartiers d'Ivry, où il invente un "théâtre élitaire pour tous", puis du Théâtre national de Chaillot.
    Qu'est-ce que mettre en scène ? Ce grand pédagogue nous répond à travers un choix parmi ses écrits et ses entretiens par Nathalie Léger (Institut Mémoires de l'édition contemporaine).

  • Pour une génération, la nôtre, celle d'Antoine Vitez et la mienne, Émile Copfermann, le TNP a été, en quelque sorte, l'enfance du théâtre. On revient, paraît-il, sur les pas de son enfance. Je ne sais si c'est totalement vrai, mais le hasard a tout de même fait que Chaillot a ponctué la vie théâtrale d'Antoine Vitez et en partie la mienne. Nous nous connûmes, Vitez et moi, aux aubes du TNP de Vilar et par lui. En novembre 1981, trente ans après Vilar, Vitez ouvre son Chaillot. Le prétexte était bon pour réfléchir à deux sur le théâtre et sur la vie : la vie théâtrale. Sur ce qui fait vivre et sur l'avenir : sur ce qu'on aime et ce qu'on déteste. Au théâtre et ailleurs.

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