Arnaud Dudek

  • « Je voudrais tant laisser des traces, martèle Maxime Ronet, je crois que c'est ce qui m'anime depuis toujours. Mon nom accolé à une loi qui changerait - en mieux - la vie des gens, mon visage associé à une grande réforme, que sais-je encore... J'ai trop peur de disparaître sans avoir... Trop peur que de mon passage ici il ne reste rien. »
    Accaparé par la gestion quotidienne de sa commune et ses ambitions politiques, Maxime Ronet, maire de Nevilly, va perdre de vue les raisons de son engagement. La rencontre ratée avec une jeune femme va alors le rappeler à l'ordre...
    Dans le style qui le caractérise depuis son premier roman (Rester sage, Alma 2012) et avec la légèreté de celui qui ne se prend pas au sérieux, Arnaud Dudek aborde des sujets au plus près du quotidien et raconte les gens ordinaires avec tendresse et bienveillance.

    L'auteur

    Arnaud Dudek est né en 1979. Il habite et travaille à Paris. Laisser des traces est son sixième roman.

  • Quelques jours après son dixième anniversaire, Nicolas apprend que son père - avec qui rien n'est simple, tant l'homme et le garçon paraissent différents - n'est pas son père biologique.
    Que faire alors du généreux donneur de gamètes ? L'oublier ? Le nier ?
    À 30 ans, Nicolas décide de partir à la recherche de son « bon génie » biologique malgré les obstacles administratifs qu'il s'attend à rencontrer.
    Depuis ses premiers textes (Rester Sage, Alma, 2012), presque tous les romans d'Arnaud Dudek tournent autour de la paternité, de l'identité, de la transmission. Il a trouvé, une fois encore, le ton juste pour raconter, à sa manière, une quête à la fois intime et universelle des origines et pose toutes ces questions qui intriguent - sans avoir la prétention d'y répondre : Qu'est-ce qu'un père ? Que transmet-on ? Comment se construit-on quand on se sent si différent du modèle à suivre ?
    Arnaud Dudek est né en 1979. Il habite et travaille à Paris. On fait parfois des vagues est son septième roman.

  • Tant bien que mal

    Arnaud Dudek

    Un petit garçon rentre de l'école. Il a la clé de la maison attachée à son cou par un cordon. Un homme portant une boucle d'oreille lui demande s'il peut l'aider à retrouver son chat. Il conduit une Ford Mondeo.
    " Je monte à l'intérieur. Il roule pendant cinq minutes environ. On atteint la forêt toute proche.
    - Et votre chat ? je demande. Cela n'a manifestement plus d'importance. "
    Le petit garçon de sept ans est mort en partie ce soir-là. Il n'en dira rien à personne.
    Ce que nous raconte Tant bien que mal, avec une pudeur bouleversante, c'est la façon dont ce petit garçon figé, va poursuivre son chemin, enterré vivant, noyé dans la vase. Vingt-trois plus tard, alors qu'il a trente ans et se rend à la boulangerie, il reconnaît l'homme, sa voix. L'homme à la Ford Mondeo tient un pressing à l'ancienne.

  • " Que dire de Jules ? Il se distingue d'abord du commun des arbrisseaux par une qualité remarquable, souvent taxée de vertu mineure. La gentillesse... " Où l'on verra, grâce à l'indocilité magique d'Arnaud Dudek, comment un gentil garçon traverse la nuit debout. Céline Carenti, étudiante de 22 ans, a disparu - ou plutôt s'est effacée. Sans laisser de traces, comme disent les romans policiers. Et qui, sinon son jeune frère, songerait à rechercher sa trace dans une société où, pour la nouvelle génération, tout semble gommé ? Il faut dire que Jules a quelque chose ce désarmant dans ce monde surarmé : il est gentil, d'une gentillesse insoumise et têtue. Mais Jules est aussi rêveur. Comme tous gentils rêveurs, il passe pour menteur ou doucement mythomane dans sa manière de contester par l'esquive notre réalité à laquelle on a ôté tout centre de gravité. L'écriture fine, élégante, caustique et sans concessions d'Arnaud Dudek déploie autour de Jules en recherche et de Céline absente les aventures cocasses, très ordinaires et très drôles du désenchantement réenchanté. Car si, pour Jules, les vérités sont provisoires, c'est qu'il ne se résigne pas à ce que règne l'ordre des choses.

  • Rester sage

    Arnaud Dudek

    À 26 ans, Martin Leroy perd tout du jour au lendemain : sa petite amie, partie avec un collègue, et son emploi. Il vendait des voyages organisés dans une petite entreprise cédée par le propriétaire à un groupe qui a restructuré et licencié. Martin voudrait que sa vie redevienne comme avant, il décide donc d´agir en allant, un marteau dans son sac, voir son ancien patron qui s´est offert une place au soleil. Heureusement, celui-ci est absent. Martin s´installe dans un bar pour attendre. Il y rencontre un ancien camarade perdu de vue depuis des années, son antithèse à priori : nanti d´un travail, d´une fiancée ; lui sait comment occuper ses journées.

    Leur rencontre nous donne l´occasion d´en apprendre un peu plus sur l´enfance rocambolesque de Martin auprès de sa mère-enfant vendeuse de chaussures que ses délires finiront par mener à l´hôpital psychiatrique. L´occasion aussi d´éviter le pire : les deux amis finiront la journée comme ils l´ont commencé : sagement, mélancoliquement, cruellement conscients que leur vie n´est pas vraiment fabuleuse et qu´il faudrait faire quelque chose... mais quoi ?



    Rester sage est un premier roman tout en légèreté qui alterne les énumérations, les digressions, les scènes urbaines jouées par des archétypes familiers (la buraliste, le lycéen, les grands-parents, le patron, etc.). Ce texte exprime avec talent une vision très contemporaine des craintes de chacun, face à l´emploi et à la vie qu´il faut bien mener même si l´on n´est pas sûr de savoir naviguer.

  • Les fuyants

    Arnaud Dudek

    Dans la famille Hintel quatre hommes décident d'en découdre avec la filiation. Mais l'herbe est-elle vraiment plus verte ailleurs ? Une tragi-comédie tendre et rosse, désopilante à souhait, construite comme un Rubik's cube.


    Jacob, David, Simon et Joseph Hintel n'ont pas vraiment l'esprit de famille chevillé au corps. Les uns après les autres, ils s'évaporent. Adieu famille, moquette et vieillesse : la vie, même ordinaire, est ailleurs. Courage, partons. Les trois premiers fuyants connaîtront des fortunes diverses : Jacob pose ses valises au pays de l'ennui (sidéral), David choisit les contrées éternelles (il avale un insecticide), Simon part en quête de sagesse à marche forcée (en devenant oncle actif à défaut d'être mari ad hoc). Seul le petit dernier, Joseph, hacker farouchement marxiste et amoureux transi, brise la ligne de fuite et les habitudes de la tribu.
    Après Rester sage, retenu dans la sélection finale du Goncourt 2012 du premier roman et traduit aux Pays-Bas, Arnaud Dudek propose une nouvelle tragi-comédie. Ici, les personnages voudraient ne pas rester sages mais le demeurent, malgré eux. Enlevée, savamment organisée, sa mini-saga familiale, écrite en phrases courtes qui font mouche, file les chagrins et les drames de la filiation d'une voix rieuse et parfois narquoise.

  • Dans son troisième roman publié chez Alma, Arnaud Dudek l'écrivain le plus narquois du moment, raconte l'histoire de deux solitudes couvertes par la banquise. Françoise, veuve, septuagénaire, peine à avancer depuis que son mari s'est éclipsé dans des circonstances aussi flamboyantes que pathétiques. Jean-Claude, jeune père divorcé, cache pas mal de bosses sous sa lisse bonhomie.
    Aimantés par le hasard (qui prendra la forme d'un appareil photo perdu) ce duo improbable découvrira - en commençant par un petit porto - les bienfaits du réchauffement climatique. Jean-Claude apprendra à Françoise à manier l'ordinateur et les clubs de rencontre. Françoise l'encouragera à être fier de lui.
    Autour d'eux gravitent en un ballet d'insolites trajectoires quelques personnages un rien fantasques : juriste qui se rêve dessinateur, couple de magiciens has been, blonde aussi piquante qu'un cactus, malfrats sur le retour... On peut les classer en deux catégories : les intrépides, genre même pas peur. Et les frileux, auxquels l'auteur, réserve un traitement de faveur : doucement, il les réchauffe, leur souffle dans le bec, pose quelques sparadraps et leur redonne des couleurs.
    Avec beaucoup de gaieté, Arnaud Dudek nous offre ici de fines tranches de vie. Du léger raconté avec sérieux. Et inversement...

  • Tomber amoureux de la plus belle fille du lycée, comme tous les garçons de son âge ; finir la semaine au Café des Amis avec les collègues du chantier ; cuisiner un gâteau pour faire plaisir à sa mère, qui semble dormir sur le canapé du salon ; rencontrer par hasard au restaurant un ancien camarade de classe ; s'entendre dire par sa fille de quinze ans d' « aller se faire voir ». Une relation qui se termine, une autre qui commence. Une mémoire qui flanche, une vie qui bascule...
    Dans Les vies imperméables , chacune des nouvelles saisit avec humour et tendresse des instants de vie ordinaires. Il est parfois difficile d'échapper à son quotidien, aussi terne soit-il. D'ailleurs, personne n'essaie vraiment. Les personnages se contentent de vivre, ils espèrent des lendemains meilleurs, une rencontre, un signe.

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