Bernard Émond

  • Alors qu'un capitalisme toujours plus débridé bouscule les sociétés du monde et précipite la crise écologique et sociale, la notion de progrès qu'il charrie a de quoi laisser perplexe. Ne se limitant plus à l'aspiration - toute humaine - à l'amélioration des conditions de vie, cette notion est plutôt devenue un symptôme du fantasme de la toute-puissance technique et de la maîtrise du vivant. Dans ce contexte, vouloir préserver le monde contre la démesure et la destruction environnementale, faire l'éloge des limites, relève-t-il d'un conservatisme? D'ailleurs, que signifie ce mot dans une perspective de gauche? Dans quelle mesure est-il nécessaire à un réenchantement du monde?

  • Les attentats de Paris et celui commis au Parlement d'Ottawa l'an dernier ont lancé un nouvel épisode d'une « guerre au terrorisme » sans fin. Plus que jamais la crainte d'un ennemi de l'intérieur et l'idée d'une incompatibilité civilisationnelle entre l'islam et l'Occident s'en trouvent exacerbées. Dans ce contexte, djihadistes et intégristes du marché ne se reflètent-ils pas l'un l'autre, comme les deux faces d'une même logique destructrice? Le terreau civilisationnel des sociétés - notamment celui de l'islam - n'est-il pas riche de ressources indiquant des voies de sorties de cette impasse? Imprimé avant les attentats du 13 novembre 2015 à Paris, ce dossier offre des clés pour penser ces événements tragiques et les questions de fond qu'ils soulèvent. Ailleurs dans la revue, le carnet de Bernard Émond, la chronique poétique de Natasha Kanapé-Fontaine et, en marge de la COP21, un débat sur l'utilité des grandes conférences climatiques.

  • Dans une vie encombrée de milliards d'images futiles et triviales, comment trouver la force de s'appliquer à voir, à voir derrière, à voir au-dessus des choses, à voir ce qui ne se voit pas du premier coup d'oeil? Comment trouver le courage d'une juste colère, comment entretenir la volonté de s'approcher de la vérité, d'admirer la beauté, et comment, surtout, ne pas renoncer aux obligations qui fondent nos libertés? À ces questions, Bernard Émond offre des réponses qui opposent au vide qui nous menace l'irréductible présence des valeurs fondamentales de notre commune humanité.

  • « Le Québec, mesdames et messieurs, a besoin de lecteurs, des gens qui ferment leur télé, leur radio, leur ordinateur, leur tablette, leur lecteur MP3, leur téléphone, leur montre intelligente (eh oui...), des gens qui décident courageusement de s'extraire de la cacophonie du monde contemporain, d'affronter la solitude, et de s'astreindre à la réflexion en ouvrant un livre. On dit souvent sans trop y penser que lire, c'est se réfugier hors du monde. Je pense exactement le contraire. Lire est un acte de liberté. Dans le silence, dans la solitude, nous allons librement à la rencontre d'une autre pensée, d'un autre regard sur le monde. »

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