Byung-Chul Han

  • À l'ère de l'hyper-communication, de l'information continue et de la consommation de masse, la figure de l'Autre a disparu. L'Autre (l'ami, la personne désirée ou détestée) se fond désormais dans le flux de notre désir narcissique d'abolir toutes frontières et de s'approprier le monde. Gouvernées par cette « terreur du même », nos vies ont renoncé à la quête de la connaissance, à l'introspection, à l'expérience tout court pour devenir les chambres d'écho des réseaux sociaux où les rencontres sont illusoires. Ce qui peut conduire les individus désorientés et en quête de sens à des gestes extrêmes envers eux-mêmes et envers les autres.
    Aujourd'hui, ce n'est pas la répression qui nous menace mais notre propre dépression intérieure. Restaurer une société de l'écoute et de reconnaissance de l'Autre est la seule voie de salut pour combattre l'isolement et la souffrance qu'a engendrés un processus d'assimilation aveugle.
    Publication originale : Matthes & Seitz, 2018.
    Traduit de l'allemand par Olivier Mannoni.

  • Saturés de connexions, sommés d'être libres, comptables de l'amour et entrepreneurs de nous-mêmes, nous sommes épuisés par la société de la performance. Ayant perdu la faculté de désirer, le sujet contemporain, tel un personnage du best-seller 50 nuances de Grey, ne voit plus dans le monde que son propre reflet. C'est 1'«enfer de l'identique», cette aporie née d'une jouissance pauvre qui rapporte tout à soi, au moindre coût.
    Dès lors, comment résister à cette mort programmée du désir?

  • Le divertissement règne aujourd'hui en maître. Après avoir prospéré à travers les jeux vidéo et les shows télévisuels, il est devenu un puissant moyen de communication et concerne désormais toutes les sphères de notre vie quotidienne. Comment interpréter ce phénomène ? Et d'où vient que la philosophie occidentale ait développé une véritable aversion pour le divertissement ? Dans ce court essai ambitieux et novateur, Byung-chul Han s'attache à revisiter différentes formes de divertissement, souvent associées dans la tradition occidentale à l'immaturité, l'oppression ou l'aliénation. En compagnie de Kant, Hegel, Nietzsche, Bach, Kafka et quelques autres, il invite le lecteur à une promenade intellectuelle au terme de laquelle passion et divertissement se trouvent réhabilitées. Publication originale, Matthes und Seitz, 2018. Traduit de l'allemand par Olivier Mannoni.

  • Nous sommes entrés dans l'ère de la transparence, qui semble bien structurer désormais tous les aspects de notre vie - du collectif à l'individuel, du politique à l'intime. Naît alors un carcan dans lequel les choses sont lissées, in-tégrées sans résistance dans les flux de la communication et dépouillées de leurs singularités. Comme sur un marché, tout est exposé, réduit à son prix, privé de récit. Les corps eux-mêmes sont dénués de sens ; les visages perdent leur scénographie ; le temps est atomisé. Nous voilà dans un « enfer de l'identique », où les informations se succèdent sans combler le vide permanent dont nous sommes prisonniers, et où nous n'avons d'autre issue que de liker pour approuver.
    Ne tolérant aucune faille, la société de transparence nous confronte à un choix : être visible ou être suspect. L'homme peut-il encore s'échapper de cette société de contrôle total ?

  • Byung-Chul Han est un philosophe célèbre en Allemagne, et son travail commence à être connu en France. Il pratique une philosophie en prise directe sur le réel immédiat. Il se penche ici, en une réflexion aussi éclairante que rigoureuse, sur notre mode de vie actuel, imprégné peut-être plus encore que nous ne l'imaginons de numérique, de virtuel et d'une "communication dépourvue de regards". Un livre majeur pour "penser" nos vies enivrées des potentialités du numérique sans que l'on mesure les risques qu'elles soulèvent.

  • Jeff Koons, l'iPhone, l'épilation brésilienne : pourquoi sommes-nous obsédés à ce point par ce qui est lisse ? La beauté aujourd'hui est paradoxale : d'un côté elle s'étend de manière exponentielle - le culte de la beauté est partout ; de l'autre elle perd toute transcendance et se soumet à l'immanence du consumérisme - elle est l'aspect esthétique du capital. Sauver le Beau, c'est aussi sauver l'altérité radicale nous dit Han dont le regard qui combine philosophie, esthétique et politique est une expression de la modernité.

  • Anglais Saving Beauty

    Byung-Chul Han

    • Polity
    • 27 Octobre 2017

    Beauty today is a paradox. The cult of beauty is ubiquitous but it has lost its transcendence and become little more than an aspect of consumerism, the aesthetic dimension of capitalism. The sublime and unsettling aspects of beauty have given way to corporeal pleasures and 'likes', resulting in a kind of 'pornography' of beauty. In this book, cultural theorist Byung-Chul Han reinvigorates aesthetic theory for our digital age. He interrogates our preoccupation with all things slick and smooth, from Jeff Koon's sculptures and the iPhone to Brazilian waxing. Reaching far deeper than our superficial reactions to viral videos and memes, Han reclaims beauty, showing how it manifests itself as truth, temptation and even disaster. This wide-ranging and profound exploration of beauty, encompassing ethical and political considerations as well as aesthetic, will appeal to all those interested in cultural and aesthetic theory, philosophy and digital media.

  • Anglais The Scent of Time

    Byung-Chul Han

    • Polity
    • 25 Septembre 2017

    In his philosophical reflections on the art of lingering, acclaimed cultural theorist Byung-Chul Han argues that the value we attach today to the vita activa is producing a crisis in our sense of time.  Our attachment to the vita activa creates an imperative to work which degrades the human being into a labouring animal, an animal laborans. At the same time, the hyperactivity which characterizes our daily routines robs human beings of the capacity to linger and the faculty of contemplation.  It therefore becomes impossible to experience time as fulfilling. Drawing on a range of thinkers including Heidegger, Nietzsche and Arendt, Han argues that we can overcome this temporal crisis only by revitalizing the vita contemplativa and relearning the art of lingering. For what distinguishes humans from other animals is the capacity for reflection and contemplation, and when life regains this capacity, this art of lingering, it gains in time and space, in duration and vastness.

  • The days of the Other are over in this age of excessive communication, information and consumption. What used to be the Other, be it as friend, as Eros or as hell, is now indistinguishable from the self in our narcissistic desire to assimilate everything and everyone until there are no boundaries left. The result is a 'terror of the Same', lives in which we no longer pursue knowledge, insight and experience but are instead reduced to the echo chambers and illusory encounters offered by social media. In extreme cases, this feeling of disorientation and senselessness is compensated through self-harm, or even harming others through acts of terrorism. 
    Byung-Chul Han argues that our times are characterized not by external repression but by an internal depression, whereby the destructive pressure comes not from the Other but from the self. It is only by returning to a society of listeners and lovers, by acknowledging and desiring the Other, that we can seek to overcome the isolation and suffering caused by this crushing process of total assimilation.

  • Anglais The Disappearance of Rituals

    Byung-Chul Han

    • Polity
    • 29 Septembre 2020

    Untrammelled neoliberalism and the inexorable force of production have produced a 21st century crisis of community: a narcissistic cult of authenticity and mass turning-inward are among the pathologies engendered by it. We are individuals afloat in an atomised society, where the loss of the symbolic structures inherent in ritual behaviour has led to overdependence on the contingent to steer identity. 
    Avoiding saccharine nostalgia for the rituals of the past, Han provides a genealogy of their disappearance as a means of diagnosing the pathologies of the present. He juxtaposes a community without communication - where the intensity of togetherness in silent recognition provides structure and meaning - to today's communication without community, which does away with collective feelings and leaves individuals exposed to exploitation and manipulation by neoliberal psycho-politics. The community that is invoked everywhere today is an atrophied and commoditized community that lacks the symbolic power to bind people together. For Han, it is only the mutual praxis of recognition borne by the ritualistic sharing of the symbolic between members of a community which creates the footholds of objectivity allowing us to make sense of time. 
    This new book by one of the most creative cultural theorists writing today will be of interest to a wide readership.

  • Anglais What is Power?

    Byung-Chul Han

    • Polity
    • 26 Novembre 2018

    Power is a pervasive phenomenon yet there is little consensus on what it is and how it should be understood. In this book the cultural theorist Byung-Chul Han develops a fresh and original perspective on the nature of power, shedding new light on this key feature of social and political life.
    Power is commonly defined as a causal relation: an individual's power is the cause that produces a change of behaviour in someone else against the latter's will. Han rejects this view, arguing that power is better understood as a mediation between ego and alter which creates a complex array of reciprocal interdependencies. Power can also be exercised not only against the other but also within and through the other, and this involves a much higher degree of mediation. This perspective enables us to see that power and freedom are not opposed to one another but are manifestations of the same power, differing only in the degree of mediation.
    This highly original account of power will be of great interest to students and scholars of philosophy and of social, political and cultural theory, as well as to anyone seeking to understand the many ways in which power shapes our lives today.

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