CHRISTIAN GARCIN

  • Las Vegas. Dans les anfractuosités des confins de la ville, vivotent une poignée d'humains rejetés par les courants contraires aux marges de la société, les pieds dans les détritus de l'histoire, la tête dans les étoiles. Parmi eux, Hoyt Stapleton, qui voyage dans les livres (poésie, SF) et dans le temps. À la reconquête patiente et défiante d'une mémoire muette, d'un langage du souvenir.
    En arpentant les grands espaces de l'oubli, Christian Garcin signe un envoûtant roman américain qui fait migrer Beckett chez Russell Banks.

  • Trois chinois accablés de chaleur sillonnent le désert californien à la recherche de la fille de l'un d'entre eux, qui a disparu un mois plus tôt. Dans leur lente progression, ils frôlent à plusieurs reprises un binôme de policiers américains qui suivent eux-mêmes la trace d'un autre disparu...  Ailleurs, à Paris, un journaliste chinois, auteur réticent de romans noirs, enquête avec une conviction relative sur l'évaporation de la fille de son patron. Ceci expliquerait-il cela ? Et réciproquement. Dans un jeu de miroir buissonnier, Christian Garcin invente le road-trip taoïste. Et questionne, mine de rien, les fondements de l'existence de la réalité. (Oui mais laquelle ?)

  • Selon Vincent

    Christian Garcin

    • Stock
    • 20 Août 2014

    Dans les années 1990, un homme qui se croit possédé quitte métier, maîtresse, femme et enfants pour s´exiler au bout du monde. En 1812, juste avant le passage de la Bérézina, un soldat napoléonien est fait prisonnier par les Russes et confie à des feuilles volantes le détail de ses deux terribles années de captivité. En 2013, deux amis, l´un franco-chinois, l´autre franco-argentin, partent en Patagonie à la recherche de l´oncle de l´un d´eux, disparu depuis vingt ans, et rencontrent le propriétaire de la Lune. En 1882, un médecin astronome participe à une expédition internationale vers la Terre de Feu pour observer les mouvements de la planète Vénus, et établit des contacts avec les Indiens Yahgans, dont le peuple fut exterminé quelques décennies plus tard. Ces histoires n´en forment qu´une, qui rebondit de chapitre en chapitre autour d´un drame inavoué, entre Marseille et Punta Arenas, la Russie et les paysages grandioses du sud de la Patagonie.

  • Étonnant et fulgurant destin que celui de Jeremiah Reynolds : après avoir probablement été le premier homme àposer le pied sur le continent antarctique en 1829 et avoir fait de cette expédition un récit qui influença Edgar Allan Poe pour ses Aventures d'Arthur Gordon Pym, il devint colonel pendant la guerre civile chilienne, chef militaire des armées mapuches, avocat à New York, effectua un demi-tour du monde, et écrivit un récit de chasse au cachalot blanc qui fut peut-être à la source d'un des romans les plus lus et les plus commentés de la littérature américaine et mondiale.

  • Il a suffi de quatre Japonais dans un bar enfumé de Guangzhou pour activer chez le détective privé Zhu Wenguang, dit " Zuo Luo ", ou encore " Zorro ", la lointaine mécanique des souvenirs. De la belle Yatsunari Sesuko, qui a fini sa vie cloîtrée dans un temple bouddhiste, à la timide Zheng Leyun dont la famille fut massacrée pendant la Révolution culturelle, en passant par la délicieuse Yang Cuicui jadis maltraitée par son yakusa de mari, les destinées tragiques des trois femmes de sa vie se répondent, et le convoquent soudain. Ce sera d'abord dans le Chinatown new-yorkais, puis dans l'extrême nord du Japon, aidé par une medium, un chien errant et une enfant perdue, qu'il devra tenter de démêler l'écheveau des souvenirs, au rythme lancinant d'un road movie existentiel bercé de contes traditionnels et de musiques chinoises.

  • Cet « autre monde », que Christian Garcin nous laisse entrevoir ici, nous le devons à l'histoire étrange qui s'est tissée autour du Cerf courant sous bois de Gustave Courbet. A-t-il vu le tableau ou une simple reproduction - voire : ce tableau qui, selon ses mots, l'a « proprement saisi » existe-t-il vraiment ? « Il s'était évanoui. J'avais l'impression de me trouver au coeur d'une forêt impénétrable de correspondances rompues, de mystère et d'incompréhension. J'avoue que cela m'enchantait plutôt... Mais en attendant il s'agissait à proprement parler d'un tableau-fantôme, enfui, évanoui. »

  • Une nuit moite au coeur de Vladivostok la blafarde. Dans un local poisseux où ne parviennent que des lambeaux de conversations et des effluves de diesel et de cigarette, Thomas Rawicz est enchaîné à un radiateur face à un Chinois convaincu d´avoir mis la main sur le coupable qu´il traque depuis plusieurs semaines. Ce coupable, c´est Tomas Krawczyk, un malfrat qui flirte avec les mafias russe et chinoise et se trouve impliqué dans de sordides histoires de prostitution et de trafics d´enfants. Le Chinois, c´est « Zuo Luo », ou « Zorro », un détective privé qui a établi sa réputation sur le sauvetage des femmes maltraitées.

    Quel est le point commun entre une prostituée coréenne, deux soldats tués dans la guerre russo-chinoise de 1969, une étrange Sibérienne aux yeux clairs et un Russe qui a traversé son pays à pied ? De Vladivostok à l´île chamanique d´Olkhonsur- Baïkal, en passant par les souterrains de New York, ce qui n´était qu´une chasse à l´homme va susciter l´apparition d´imbrications inattendues. Et entre les conséquences des multiples conflits russo-chinois et le tremblement de terre du Sichuan en 2008, c´est aussi une radiographie de la Chine et de la Russie contemporaines qui se livre à nous.

  • « En 1924, déguisée en mendiante tibétaine, Alexandra David-Néel franchit en quatre mois mille huit cents kilomètres de forêts, fleuves, vallées profondes et hauts sommets entre Yunnan et Tibet pour arriver clandestinement à Lhassa, alors interdite aux étrangers.
    À presque un siècle de distance, nous avons voyagé sur ses traces. En pleine mutation économique, touristique, uniformisatrice, la civilisation tibétaine est peut-être en train de disparaître sous les coups de boutoir de la raison économique et des intérêts de la géopolitique. Pourtant, le Tibet de 1924 se laisse encore deviner à travers la puissance des rites, du bouddhisme omniprésent, et de la ferveur religieuse de la population, ancrage de l'identité tibétaine menacée. Ce sont ces réalités multiples, qui semblent incompatibles parfois mais qui coexistent pourtant, que nous avons tenté de circonscrire entre le récit de notre voyage et l'évocation
    de la figure d'Alexandra David-Néel. »
      É.F. et C.G.

  • «  Cent jours autour du monde, en 2018, cela relève presque de l'ordinaire (...)  ; chacun ressent qu'on tourne autour de la terre comme aussi bien on prendrait une ligne de tram d'un bout à l'autre, en regardant le ciel défiler au-dessus des nuages. À ceci près que nous, Christian et moi, nous ne prenons pas l'avion. C'est même la seule règle établie, celle qui justifie qu'on mette tout ce temps pour seulement faire une boucle : en cargo, en train, en voiture, à cheval s'il le faut, mais pas en avion - quelque chose comme le voyage de Philéas Fogg en un peu plus long, volontairement plus long même, à l'opposé du pari qu'il fit quant à lui de la vitesse et de la performance. Et non pas parce qu'on se soutiendrait de l'idée absolument inverse d'une lenteur sans limites, mais enfin, il est vrai, en bons romantiques attardés, qu'à la performance on opposera volontiers la promenade, à la vitesse la flânerie, enfin, en bons bouddhistes zen, à l'oeuvre accomplie le trajet qui y mène.  »
    L'un, Christian Garcin, est un grand voyageur, dont l'oeuvre se nourrit de ses pérégrinations  ; l'autre, Tanguy Viel, un sédentaire qui croyait avoir signé la pétition de Beckett, «  on est cons, mais pas au point de voyager pour le plaisir  ». Ensemble, ils se sont lancé un défi  : parcourir le monde, de l'Amérique à la Sibérie en passant par le Japon et la Chine, sans jamais prendre l'avion. Récit né de ce périple, enrichi d'inventaires facétieux et de «  lettres à un ami  » relatant des rencontres insolites, Travelling est surtout une méditation littéraire inoubliable sur le voyage, sur notre rapport à l'espace et au temps, sur la confrontation entre le réel et ce qu'on imagine.

  • « Le voyage que nous avons effectué pendant l´été 2010 vers l´Extrême-Orient de la Russie répondait à un vieux désir que nous avions l´un et l´autre. Hormis l´attrait que nous éprouvions depuis longtemps pour cette région du monde, à chacun de nous avaient été vantées la sauvagerie et la beauté des paysages autour de l´immense fleuve Lena, qu´il était possible de descendre depuis la ville de Iakoutsk jusqu´à son embouchure dans l´océan Glacial Arctique, bien au nord du cercle polaire. Ce livre est la relation de ce périple.  Il débute par l´arrivée à Iakoutsk, la plus grande ville au monde bâtie sur permafrost, et dont les immeubles reposent sur pilotis. Puis la descente du fleuve Lena, qu´aucun pont ne traverse, et dont le lit s´étend parfois sur des dizaines de kilomètres. Les haltes dans des villages abandonnés du monde. Les lectures sur le pont au soleil de minuit. Le débarquement dans l´incroyable ville de Tiksi, sépulcrale, sinistrée, post-soviétique, sur les bords de l´océan Glacial Arctique - Tiksi, interdite aux étrangers jusqu´à la fin de l´URSS. Nos premiers pas dans la toundra. Le retour sur Iakoutsk dans un coucou bringuebalant. Le départ vers Khabarovsk, bien plus au sud, sur le fleuve Amour, juste en face de la Chine. Une journée à Birobidjan, première république juive créée par Staline en 1929, où le yiddish est une des deux langues officielles. Et enfin Vladivostok, au bord du Pacifique, à deux pas de la Corée du Nord, de la Chine et du Japon, Vladivostok-la-grise, dont le nom fait rêver, mais dont l´urbanisme chaotique et l´omniprésence des véhicules à moteur masque parfois la beauté.  Que ce soit par la rudesse de leur approche ou par la réalité brute dont ils témoignaient, ces lieux, tout sauf touristiques, ont été un moteur d´écriture puissant. Très vite il nous est apparu essentiel de ne pas composer un livre à deux voix, mais uniquement à deux mains : les textes ont été composés soit par l´un, soit par l´autre, soit par les deux, avec dans ce cas insertion de passages de l´un au milieu du texte de l´autre. Par ailleurs, la voix narrative est toujours la même : un "je" qui recoupe parfois la réalité d´un de nous, parfois celle des deux - un "je" muni de quatre jambes, quatre yeux et quatre oreilles, une chambre d´écho démultipliée. »  Christian Garcin et Éric Faye

empty