CHRISTIAN GARCIN

  • Las Vegas. Dans les anfractuosités des confins de la ville, vivotent une poignée d'humains rejetés par les courants contraires aux marges de la société, les pieds dans les détritus de l'histoire, la tête dans les étoiles. Parmi eux, Hoyt Stapleton, qui voyage dans les livres (poésie, SF) et dans le temps. À la reconquête patiente et défiante d'une mémoire muette, d'un langage du souvenir.
    En arpentant les grands espaces de l'oubli, Christian Garcin signe un envoûtant roman américain qui fait migrer Beckett chez Russell Banks.

  • Trois chinois accablés de chaleur sillonnent le désert californien à la recherche de la fille de l'un d'entre eux, qui a disparu un mois plus tôt. Dans leur lente progression, ils frôlent à plusieurs reprises un binôme de policiers américains qui suivent eux-mêmes la trace d'un autre disparu...  Ailleurs, à Paris, un journaliste chinois, auteur réticent de romans noirs, enquête avec une conviction relative sur l'évaporation de la fille de son patron. Ceci expliquerait-il cela ? Et réciproquement. Dans un jeu de miroir buissonnier, Christian Garcin invente le road-trip taoïste. Et questionne, mine de rien, les fondements de l'existence de la réalité. (Oui mais laquelle ?)

  • Il a suffi de quatre Japonais dans un bar enfumé de Guangzhou pour activer chez le détective privé Zhu Wenguang, dit " Zuo Luo ", ou encore " Zorro ", la lointaine mécanique des souvenirs. De la belle Yatsunari Sesuko, qui a fini sa vie cloîtrée dans un temple bouddhiste, à la timide Zheng Leyun dont la famille fut massacrée pendant la Révolution culturelle, en passant par la délicieuse Yang Cuicui jadis maltraitée par son yakusa de mari, les destinées tragiques des trois femmes de sa vie se répondent, et le convoquent soudain. Ce sera d'abord dans le Chinatown new-yorkais, puis dans l'extrême nord du Japon, aidé par une medium, un chien errant et une enfant perdue, qu'il devra tenter de démêler l'écheveau des souvenirs, au rythme lancinant d'un road movie existentiel bercé de contes traditionnels et de musiques chinoises.

  • Cet « autre monde », que Christian Garcin nous laisse entrevoir ici, nous le devons à l'histoire étrange qui s'est tissée autour du Cerf courant sous bois de Gustave Courbet. A-t-il vu le tableau ou une simple reproduction - voire : ce tableau qui, selon ses mots, l'a « proprement saisi » existe-t-il vraiment ? « Il s'était évanoui. J'avais l'impression de me trouver au coeur d'une forêt impénétrable de correspondances rompues, de mystère et d'incompréhension. J'avoue que cela m'enchantait plutôt... Mais en attendant il s'agissait à proprement parler d'un tableau-fantôme, enfui, évanoui. »

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