Calixthe Beyala

  • « "Femme nue, femme noire, vêtue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté..." Ces vers ne font pas partie de mon arsenal linguistique. Vous verrez : mes mots à moi tressautent et cliquettent comme des chaînes. Des mots qui détonnent, déglinguent, dévissent, culbutent, dissèquent, torturent ! Des mots qui fessent, giflent, cassent et broient ! Que celui qui se sent mal à l'aise passe sa route... Parce que ici, il n'y aura pas de soutiens-gorge en dentelle, de bas résille, de petites culottes en soie à prix excessif, de parfum de rose ou de gardénia, et encore moins ces approches rituelles de la femme fatale, empruntées aux films ou à la télévision. » Une fable violente, sensuelle et provocante sur l'Afrique noire, partagée entre révolte et résignation. De débauche en libertinage, ce premier roman érotique de Calixthe Beyala conjugue l'originalité, la force et l'humour de l'auteur des Honneurs perdus.

  • "À Pantin il est plus facile de gifler une nana que de lui dire je t'aime, plus facile de la violer que de lui dire je t'aime, plus facile d'aller lui cueillir des étoiles que de lui dire je t'aime." Pauline a 14 ans et vit à Pantin entre une mère qui la néglige et un frère délinquant. Elle ne va plus à l'école, passe ses journées dans la rue jusqu'à sa rencontre avec Mathilde, prof de français d'un type spécial qui décide de l'héberger. Et Pauline fille de banlieue ordinaire, à la fois soumise et révoltée, se met à découvrir un monde autre que la violence : la complexité des sentiments et la difficulté d'aimer.
    Calixthe Beyala en restitue l'itinéraire, les drames et les attentes avec humour et tendresse et une liberté de ton qui en rend le destin attachant et incomparablement vrai.

  • Elle est noire, africaine, célibataire et mère d'une ado rebelle. Il est blanc, occidental, marié sans enfants. Entre eux un amour fou. Une rencontre improbable, elle qui se bat pour les déshérités, lui qui vit dans un monde de célébrités. Et pourtant ils vont s'aimer...

    L'Homme qui m'offrait le ciel est le récit d'une passion absolue. Mais la passion peut-elle lutter contre les pressions sociales, le confort des habitudes et la peur de l'inconnu ?

  • « Je cuisinais de pied ferme pour sauver mon couple, car il me trompait avec les plus belles filles du monde. J'eus tant de cornes sur la tête qu'il me devenait difficile de traverser un bois sans me prendre dans les branches. Durant cette période, je confectionnai les plats qu'il affectionnait : crabes aux ananas frais ou langoustes à la crème de coco. Leurs parfums embaumaient la maison et diluaient les senteurs des belles de nuit ou des captifs d'été dont s'aspergeaient mes rivales. »L'histoire pas comme les autres de mademoiselle Aïssatou, Parisienne pure black en proie aux tourments de l'amour. Comment séduire un homme et, peut-être, le garder ? La belle va prouver qu'en la matière, elle est un vrai cordon bleu...Un récit tendre et pittoresque de Calixthe Beyala, émaillé de recettes très, très pimentées.

  • Chronique romancée d'un village de brousse camerounais pendant la colonisation, de la guerre de 14 à nos jour, racontée par Assanga Djuli, chef de tribu fier et haut comme un baobab, et sa fille, l'imprévisible Edène Assangra, née en l'an VI avant la première guerre, donc aujourd'hui presque centenaire. Dans un dialecte savoureux, elle nous parle d'un temps ancien et nous offre de piquantes descriptions des habitants d'alors, Blancs et Noirs mêlés : sa mère en apparence soumise et effacée, la « sorcière » Fondamento de Plaisir, débordante de luxe, de paresse et d'hypocrisie, Awono le guérisseur, le père Wolfgang tantôt d'une élégance rare, tantôt sale comme un clochard, un homme léopard, un vieux docteur et un café qui prend rapidement des allures de bordel. Au-milieu de toute cette population bigarrée, Michel Ange de Montparnasse, un soldat français, tente de se fondre dans la communauté. Mais un Blanc peut-il réellement percer les mystères de l'Afrique et s'adapter à cette vie si différente ? En déroulant les vies incroyables des uns et des autres, c'est toute l'histoire de l'Afrique qu'Alixthe Beyala évoque, avec ses légendes et ses réalités si solides qu'elles résistent à toutes les occupations étrangères, qu elles soient allemandes d'abord, puis françaises en suite. Avec un talent, une vérité et une vivacité encore plus saisissante, Alixthe Beyala évoque la douloureuse confrontation entre les Noirs et les Blancs, leur éternelle et inévitable incompréhension.

  • Boréale n'a que vingt ans mais des problèmes à revendre, entre un amoureux infidèle, une patronne dépressive, une tante qui veut lui faire porter son enfant et une mère qui la dénigre constamment. Dans ce quartier populaire de Douala où elle habite, on s'enthousiasme comme on déteste, selon le dernier tribun qui a parlé, et des tribuns il y en a à tous les carrefours, des prophètes surtout qui hypnotisent la foule par leurs prières, leurs transes et leurs promesses mirifiques, attirant chaque jour davantage de croyants. Boréale, elle, ne croit en rien et ne veut obéir à personne mais en a-t-elle la liberté ? Dans cette chronique savoureuse de la rue africaine, Calixthe Beyala, Grand Prix de l'Académie française pour Les honneurs perdus, poursuit avec sa verve inimitable une oeuvre littéraire inclassable, célébrée et étudiée dans de nombreux pays.

  • Le Zimbabwe était leur terre, leur domaine, leur paradis... Jusqu'au jour où le « Président élu démocratiquement à vie » décide d'exproprier ces fermiers blancs qui se croyaient les rois du monde, les réduisant à la lutte ou à l'exil. Blues a dix-huit ans. Ses cheveux d'or et son caractère farouche enflamment tous les désirs. Fille d'un grand propriétaire terrien, sûre de sa supériorité et de son éducation, elle a vécu sur un nuage de privilèges, aimée, choyée, courtisée. Mais sous sa peau blanche bat le coeur d'une femme née de cette terre d'Afrique qu'elle aime tant, et pour laquelle elle est prête à se battre et à mourir...
    Pour la première fois, un grand écrivain noir se met dans la peau des Blancs, des colonisateurs. Avec cette fresque tumultueuse et passionnée, Calixthe Beyala a réussi un véritable Autant en emporte le vent africain, peuplé d'êtres violents et chimériques, rusés et naïfs, Noirs et Blancs qui peinent à inventer ensemble une vie nouvelle.

  • « Je m'appelle Assèze-Christine. Le hasard m'a fait naître dans un village cocorico-misérable, un coin de brousse qui n'a pas de nom défini ni d'histoire bien claire. Le paysage ? Une nature maladivement féconde, pétrie de sentines, bourrelée de frises, embrochée de lianes et de mille et un marigots, asiles de superstitions, de serpents-boas, de vipères, de hautes herbes coupantes et d'innombrables mille-pattes. Un vivier pour pangolins, moustiques, crocodiles et singes. Pas pour les hommes... »Itinéraire d'une petite Cendrillon camerounaise transplantée de la poussière de son village dans les mirages de Douala avant de découvrir les clandés surpeuplés de Paris, Assèze L'Africaine est aussi le roman de l'Afrique d'aujourd'hui, déchirée entre ses splendeurs et ses erreurs, son orgueil et sa déchéance, son passé englouti et son avenir cahotique. Dans une langue multicolore où se mêlent avec une magie singulière la poésie, le lyrisme et l'humour, Calixthe Beyala croque une foule de personnages plus vrais que nature, d'où émerge le couple étrange et bouleversant que forment Assèze et Sorraya, soeurs ennemies qu'unit, au-delà de leur amour-haine, une même blessure : celle de l'Afrique.Avec ce nouveau roman qui marque le plein épanouissement de son talent, Calixthe Beyala retrouve le ton des livres qui ont fait d'elle l'une des plus belles voix de la littérature africaine contemporaine.

  • « Que ceci soit clair : je m'appelle bien Saïda Bénérafa. Jusqu'à quarante et quelques années, je n'avais jamais quitté New-Bell Douala nº5. Je n'étais pas encore la jeune fille de cinquante ans qui passionne Belleville. Pourtant, même à cette époque, je

  • « Je m´appelle Mamadou Traoré pour l´état civil, Loukoum pour la civilisation. J´ai sept ans pour la gynécologie et dix saisons pour l´Afrique. Et c´est pas toujours évident d´être un nègre immigré à Belleville.D´abord il faut apprendre le français, qui a beaucoup de mot à rallonge, c´est très compliqué. C´est pas simple non plus quand tu aimes une vrai Blanche de Paris comme la Lolita qui est toujours habillée en princesse avec des noeuds bleus dans ses cheveux et des chaussures à fenêtre. Et puis quand les femmes de mon papa se mettent à bouffer de la libération féminine, tu sais plus qui est quoi, si c´est l´homme qui commande, si c´est la femme, et ta tête explose ! Mais c´est ça la France.Heureusement que les Nègres sont nès de bonne humeur... »Avec l´humour et la candeur du Petit Nicolas, la verdeur et l´aplomb de Zazie, le petit prince de Calixthe Beyala, nous donne une irrésistible chronique de la vie de Belleville. Mêlant le rire et l´émotion, c´est à travers lui toute une communauté haute en couleur qui s´exprime, prise entre la nécessité de s´intégrer et celle de préserver ses racines.

  • « On m'appelle Loukoum et j'ai maintenant douze ans. Depuis Le Petit Prince de Belleville, beaucoup de choses ont changé : j'ai une nouvelle maîtresse, je parle beaucoup mieux le français, je suis plus que jamais amoureux de Lolita, mais la vie n'est pas

  • « J étais la petite fille la plus sale du quartier, mais j étais princesse. Je ne portais pas de couronne, mais grand-mère m'en tressait une, invisible à l'oeil. J étais à la fois le centre de ses ambitions et de toutes ses espérances, son passé et son avenir. J'absorbais ses récits, émerveillée. Des légendes, certes, mais si vivantes qu'elles vibraient dans mes veines et s'emmêlaient dans mes pensées. Je voyais les esprits courir et les morts danser sur les toits. J'entendais leurs cris quand ils se sentaient à l'étroit dans les cimetières et qu'ils venaient troubler le sommeil des vivants. Aujourd'hui encore, si vous passez sur nos terres, vous entendrez un murmure. Ne vous étonnez plus : c'est le chant des feuilles mortes gorgées de notre épopée. »À travers le récit de la petite Tapoussière élevée par sa grand-mère en l'absence de sa mère, disparue, et de son père, inconnu, Calixthe Beyala revient au plus près de ses racines. Force d'imprécation, tendresse, lyrisme, mais aussi colère et humour, La petite fille du réverbère dévoile les secrets d'un héritage - celui d'une enfance misérable dont l'auteur n'a jamais pu guérir. Largement autobiographique, ce roman est sans doute le plus intime et le plus émouvant que l'auteur de Assèze l'Africaine et Les Honneurs perdus (Grand Prix du roman de l'Académie française) ait jamais écrit. Le livre clé d'une ceuvre originale, singulière et généreuse, marquée à tout jamais du sceau de l'Afrique éternelle.

  • Si Eve-Marie a quitté l'Afrique pour Paris-Belleville c'est en pensant aux valeurs de la République française : « Liberté, égalité, fraternité ».Mais pour être libre, encore faut-il avoir un travail et un mari. Le travail, Eve-Marie l'a trouvé. Il consiste à vendre ses sublimes fesses à bas prix, d'où son joli surnom « Mademoiselle Bonne-Surprise » ! Pour le mari, c'est une autre affaire. Car, en quittant son pays, Eve-Marie n'a pas perdu sa couleur, noire comme l'ébène. Alors, aux trois piliers de la démocratie, elle a ajouté une devise : la mixité. Son mari, elle le veut couleur locale, blanc comme neige !Entre humour et désespoir, Calixthe Beyala narre la chronique douce-amère d'une communauté haute en couleurs, partagée entre des traditions séculaires et l'adaptation parfois douloureuse à une terre étrangère. Car jusqu'où doit aller le désir d'intégration ? La mixité est-elle forcément vouée à la réussite ? Pas si sûr...Un roman émouvant, dérangeant, et loin du politiquement correct, par l'auteur des Honneurs perdus, Grand Prix du roman de l'Académie française.

  • C'est l'histoire d'une lignée de femmes, la mère, la fille et la future petite-fille, qui est racontée ici, et, à travers elles, c'est toute l'histoire de la femme africaine qui est exposée.

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