Dalie Giroux

  • Résumé
    Parlures régionales, formes non écrites, hybridées, dominées, colonisées, marginales, migrantes, illettrées, clandestines, domestiques... S'articulent ces langues subalternes, dévaluées, ces manières du quotidien, ces lieux de mémoire et de l'intimité. Elles persistent,
    migrent, opèrent une cartographie souterraine, portent la mémoire du continent et les traces de l'histoire coloniale. S'opèrent alors des pratiques de liberté, des audaces philosophiques et littéraires qui
    laissent la porte ouverte à tout ce qui est susceptible d'initier une « machine intime de décolonisation ».

    Extrait de l'introduction
    Tout en gardant les deux pieds solidement ancrés dans la matière foncièrement hybride de l'expression vernaculaire, continuum vivant auquel nous participons constamment et intensément sans pourtant y prêter attention, cet ouvrage invite au voyage, à l'hospitalité, à la curiosité et à une pratique de soi qui puissent initier une machine intime de décolonisation - un « autre métabolisme passé-futur »...

    Échos de presse
    Le brillant essai de Dalie Giroux, Parler en Amérique, trace l'esquisse d'un projet de société alternatif, celui de décoloniser les littératures et langues subalternes.
    André-Anne Côté, Impact Campus

    L'essai Parler en Amérique témoigne d'une réflexion théorique approfondie, qui est toutefois rendue de façon limpide et accessible. Il défend avec éloquence les langues marginales comme autant de fragments de mémoire collective et de formes de résistance au pouvoir.
    Camille Toffoli, Nouveau projet

    L'auteure
    Née à Lévis en 1974, Dalie Giroux enseigne la théorie politique à l'Université d'Ottawa.

  • Cet ouvrage décapant propose des réflexions à vif sur quelques sujets brûlants, des angoisses de la disparition des francophones aux luttes autonomistes des peuples autochtones en passant par la marchandisation de la culture populaire. Il s'agit ici de scruter la vie politique québécoise par le bout de son épaisseur culturelle, dans ses particularités, ses couleurs, ses expressions, ses manies.

    La première partie de l'ouvrage propose une incursion dans la fabrication du complexe identitaire québécois, abordant le souverainisme paranoïaque, le « Code de vie » de Hérouxville et la xénophobie bien-pensante de la droite nationaliste québécoise contemporaine. La deuxième partie se penche sur l'intersection de la culture et du capitalisme. D'abord par une analyse des radios-poubelles, puis par l'examen de la cuisine-marchandise de Ricardo, des festivals-marchandises et, enfin, par une discussion sur les réseaux sociaux au sujet des riches et des pauvres. La dernière partie aborde de manière transversale la question de la colonisation et de l'impérialisme en Amérique française. Distinguant souveraineté et indépendance, l'auteure analyse l'échec électoral du PQ en 2014, la position politique des traditionalistes innues et atikamekws, une oeuvre de Robert Lepage sur l'indistinction entre colonisateurs et colonisées dans la subjectivité québécoise et termine sur quelques pistes concernant les significations possibles de l'idée d'indépendance.

    Des propos à la fois méchants et candides, exempts de tout snobisme et résolument anarchistes.

  • Comment habitons-nous, dans la Nord-Amérique? Quelle est notre manière collective d'être sur cette terre et comment en tirons-nous notre subsistance? L'ouvrage propose une enquête géophilosophique sur l'habitation postcoloniale, qui fait apparaître le vécu spatial contemporain comme un mouvement général de déracinement. Ce mouvement correspond au processus de colonisation et à la révolution industrielle, dont l'habitat actuel est le résidu.

    L'autrice met au jour les forces, les valeurs et les formes de cet arrachement, en même temps qu'elle examine celles de la résistance à cette tendance, exposant ainsi les tensions du rapport à la territorialité. La méthode retenue, transdisciplinaire, réunit l'analyse du discours, l'auto-ethnographie, la documentation photographique, l'histoire des idées, la critique littéraire et l'analyse phénoménologique : une démarche inédite et fructueuse, qui débouche sur une poétique de l'espace.

  • Le numéro d'été de L'Inconvénient propose Le fantasme de la survie un dossier fouillé sur cette propension au macabre, cette « fascination morbide pour l'apocalypse et la destruction, comme si nous avions besoin de maintenir coûte que coûte la menace, aussi fantasmatique soit-elle » dans un monde où tout est pourtant réuni pour nous permettre une vie sans souci. Nous incitant à nous considérer comme individus vivant en sursis, attendant l'écroulement, cet état d'esprit nous convie aussi à vivre dans la complaisance et sans souci de l'autre, à vivre « à côté de la vie ». Un dossier signé par Evan Osnos, Christian Guay-Poliquin, Dalie Giroux, Vincent Lambert et Alain Roy. Aussi dans ce numéro, un poème de Patrice Desbiens, une BD de Samuel Catin, un reportage sur la traduction au Québec et au Canada par Mauricio Segura, la peinture de Dil Hildebrand et les habituelles chroniques littérature, cinéma et séries télé.

  • Quarante pour-cent des Européens refusent d'avoir des Roms comme voisins, alors que 80 % de ceux-ci n'entretiennent pas de contact direct avec eux. Cette étude observe les mécanismes de construction des attitudes envers les Roms. Elle analyse la production de ces attitudes au sein de deux milieux similaires, mais où les politiques d'intégration locales envers les Roms divergent, résultant en des conditions des contacts intergroupes différentes. Cette analyse part des postulats théoriques selon lesquels l'intégration des migrants est un enjeu d'action publique locale et que des interactions sociales de qualité structurent les attitudes des uns par rapport aux autres. À partir d'entrevues semi-dirigées réalisées dans les communes françaises de La Courneuve et d'Ivry-sur-Seine, quatre théories sont testées : la théorie du contact, l'effet halo, l'effet des politiques municipales et l'influence des médias. Il en ressort que la mise en oeuvre de politiques municipales en faveur de l'intégration des Roms permet d'améliorer leurs conditions de vie et ainsi de déconstruire des préjugés imputables à leur situation de précarité. Par ailleurs, l'analyse illustre la manière dont les médias activent, entretiennent ou consolident la façon de percevoir les Roms.

  • Le numéro d'été de la revue L'Inconvénient étudie le pays incertain. « Depuis le référendum de 1995, qui s'est soldé par une quasi-victoire ou une quasi-défaite, selon le point de vue où on se place, la question de l'indépendance s'est curieusement échappée du discours public, comme si elle avait été elle-même aspirée dans les limbes du pays non advenu. Aussi irréel soit-il, celui-ci produit néanmoins ses effets, sculpte les traits d'une psyché collective où s'affrontent les forces souterraines du souvenir et de l'oubli, de l'espoir et de l'abstention, de la résistance et du consentement. L'individu postnational se croit sans doute immunisé contre les ferments de l'histoire, mais l'est-il vraiment ? Qu'elle soit acceptée ou combattue, l'expérience du sursis et de l'incertitude peut-elle ne pas laisser de traces ? Que nous réserve cet étrange désir d'inexister ? » (Source : L'Inconvénient) Aussi au sommaire : Benny Goodman dans la chronique jazz, des artistes en confinement dans la rubrique peinture, des critiques littéraires et plus.

  • Décoloniser la décolonisation québécoise

    Résumé
    L'oeil du maître interroge le mythe du maître chez nous qui définit les luttes souverainistes au Québec, la relation au territoire et aux Premières Nations. Contre la conquête, la domination, la surveillance, Dalie Giroux revendique une autre idée de l'indépendance, à rebours de la violence fondatrice de l'État. Elle évoque le rendez-vous manqué avec un passé-futur décolonial du Québec et la possibilité d'une chaîne de solidarités qui mobiliseraient les forces vives de la pensée autochtone, des luttes antiracistes, écologiques et féministes afin d'habiter ensemble le territoire. Autrement. Ici. Maintenant.

    Extrait
    La tâche décoloniale locale serait de rassembler les moyens symboliques et matériels pour déserter la domus de Champlain, sortir de la maison du maître, cesser de dire que nous sommes « hydro-québécois », détraquer la machine de capture impériale.

    L'auteure
    Née à Lévis, Dalie Giroux, essayiste, renouvelle la tradition pamphlétaire québécoise. Elle enseigne les théories politiques et féministes à l'Université d'Ottawa. Elle a publié chez Mémoire d'encrier Parler en Amérique. Oralité, colonialisme, territoire en 2019.

  • Au Québec et au Canada, comme aux États-Unis et dans nombre de pays européens, l'étude des idées politiques constitue l'un des principaux champs institutionnalisés de la recherche et de l'enseignement en science politique. Toutefois, à la différence des chercheuses et chercheurs des autres champs de la science politique, et plus généralement des sciences humaines et sociales, les spécialistes du champ des idées politiques se sont relativement peu arrêtés à une réflexion explicite, systématique et approfondie sur le découpage de leur objet d'étude (le "quoi"), sur leurs méthodes (le "comment") et sur les fins de leur entreprise (le "pourquoi").
    Autrement dit, comparé à d'autres champs, les chercheuses et chercheurs en idées politiques sont étonnamment peu loquaces sur tout ce qui concerne leurs approches. Sans doute symptomatique de ce déficit de réflexivité, la dénomination même du champ est l'objet d'un certain flou. Lorsque l'on parle d'étude des idées politiques, il peut s'agir de philosophie politique, d'histoire des idées politiques, de théorie politique, ou encore de pensée politique.
    Nous rencontrons régulièrement ces différentes appellations dans la pratique et dans les livres. Elles sont parfois confondues, parfois distinguées, souvent reçoivent des définitions contradictoires. En plus de proposer en introduction une interprétation de ce qui rassemble et de ce qui distingue les pratiques associées au champ, cet ouvrage présente un état des lieux des principales approches à l'étude des idées politiques.

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