Daniel Mesguich

  • Daniel Mesguich a rassemblé ici un ensemble de ses textes (préfaces, postfaces, programmes de théâtre, discours) parus sur le théâtre ou son expérience de metteur en scène qui témoignent de 40 ans de théâtre. Un "enseignement" qu'il semblait important de livrer aux générations futures : "Et tous ces textes, à la teneur tantôt polémique, tantôt politique, tantôt philosophique, tantôt critique, tantôt "artistique", etc., écrivaient, m'a-t-il semblé, et décrivaient, ma vie, mes pensées, mes actions, mieux, beaucoup mieux, que ne l'aurait fait quelque dissertation homogène et continue. Cet ensemble de textes [...], voici que, mis en bouquet, ils se faufilaient, se traversaient, se brochaient l'un dans l'autre, rejaillissaient l'un sur l'autre, se recoupaient l'un l'autre [...], se révélaient - en creux - comme un seul texte, un seul tissu de transmission. Un recueil, véritablement."

  • Théâtre, cinéma, opéra, télévision, littérature... Mais qui est donc Daniel Mesguich ? Un comédien d´exception, sur les écrans et sur les planches, qu´il brûla sans complexe dès l´âge de 21 ans dans Le Château d´après Kafka, mis en scène par ses soins.
    Les pièces qu´il monte, de Claudel à Voltaire, sont des classiques d´hier (Euripide, Kleist, Racine) ou d´aujourd´hui (Hélène Cixous, Marguerite Duras, Jean-Claude Brisville, dont il réinvente depuis plusieurs saisons L´entretien de M. Descartes avec M. Pascal le Jeune).
    À ces oeuvres s´ajoutent la mise en scène d´une quinzaine d´opéras, la direction de sa propre compagnie... et, depuis 2007, celle du Conservatoire national supérieur d´art Dramatique.
    Acteur inaltérable, metteur en scène effervescent, auteur audacieux, rebelle de passage... Daniel Mesguich est tout cela.
    Au fil de ces entretiens, il évoque son enfance à Alger, sa découverte de Tintin, Spirou et Camus, puis de Dylan et de Brassens, ses premiers émois au théâtre - Racine, Molière, Sartre -, l´apprentissage des planches à Marseille, l´exemple de Gérard Philipe et d´Antoine Vitez, son premier festival d´Avignon, son expérience de la radio et de la télévision, de l´enseignement au CNSAD, les vertus comparées de la Comédie-Française et de l´Opéra de Pékin, ainsi que ses rencontres avec Robert Hossein, Jean-Pierre Miquel, Ariane Mnouchkine, François Truffaut, James Ivory, Robbe-Grillet, Jacques Derrida, Marguerite Duras...

  • Figure iconoclaste et romantique de la scène théâtrale, Daniel Mesguisch dérange et séduit. Le passeur incandescent, l'interrogateur passionné des textes n'a jamais cherché le juste milieu. Il lui préfère l'audace, le mouvement perpétuel, qu'illustre parfaitement son parcours " d'homme pressé " et d'agitateur d'idées.
    De son entrée au Conservatoire national supérieur d'art dramatique en 1970, à vingt ans à peine, à sa mise en scène du Château de Kafka, qui le révèle à lui- même, il a construit un univers où l'on croise aussi bien Vitez ou Debauche que Sartre ou Derrida. Il va vite s'imposer comme l'un des grands noms de l'avant- garde, comédien, penseur et metteur en scène, en un temps où le théâtre est au coeur des débats philosophiques et sociétaux.
    Aujourd'hui à la tête du Conservatoire, il continue de bouleverser règles et codes, soucieux d'une exigence intellectuelle et artistique, mais aussi fidèle au meilleur des traditions. C'est cette vision idéaliste et ambitieuse qu'il dévoile à Rodolphe Fouano, au fil d'une conversation où il évoque sa formation, ses maîtres, ses combats et ses admirations. Mais aussi sa soif d'apprendre, toujours et encore, se révélant un homme de pensée et d'engagement humaniste.

  • Comment dire, comment penser le théâtre ? Sans doute y a-t-il dans cet art universel une part d'insaisissable par les mots, d'irréductible à l'écrit, celle de la scène, d'un temps partagé entre acteurs et spectateurs. Mais relevons le défi. Et proposons deux regards plutôt qu'un : un universitaire historien du théâtre, Alain Viala, et un homme de théâtre, acteur et metteur en scène, Daniel Mesguich. Chacun à sa manière, chacun depuis sa pratique, ouvre une fenêtre de la maison « théâtre ».
    De ce faux dialogue, par le frottement de ces deux logiques - l'un transmet et structure des connaissances sur l'art dramatique, l'autre l'apostrophe, l'enrichit, le contredit, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives - naît un texte qui place le lecteur au plus près de l'expérience théâtrale.

  • « Qu'est-ce qu'une femme ? Une déesse mortelle. Une déesse ? Une femme immortelle. Qui parle ? Le Poète (inutile, autrefois, de préciser "Homère"), dans l'Iliade, notre naissance en littérature. Loin d'être la faiblesse des hommes et des dieux, la femme et la déesse sont la force du chant : tout part de la déesse invoquée ; tout remonte à Hélène, la femme désirée, selon le vouloir d'Aphrodite. Elles sont là, reines, mères et filles, soeurs et épouses, amantes ou solitaires. Inséparables des hommes et des dieux. Bien avant que Flaubert soit Emma Bovary, Homère est Andromaque, Hécube, Athéna, Chryséis, toutes ! La guerre de Troie, il fallait, mieux que de la lire, qu'on l'entende d'elles. Car l'Iliade n'est pas un livre : elle est femme, donc chant. Doublement. Daniel Mesguich, fils aimé de la Muse française, déploie l'étoffe de notre langue tissée ici pour lui par Emmanuel Lascoux, helléniste rêveur à haute voix de grec ancien, et l'invite à y broder le fil antique. » E.L.

  • Lors d'une rencontre en 1986 dans les studios de France Musique, Cyril Huvé (pianiste) et Daniel Mesguich (comédien) décident d'explorer ensemble le répertoire du mélodrame romantique dans les oeuvres de Robert Schumann, Franz Schubert, Franz Liszt, Johann Strauss, Richard Wagner... Cette collaboration donne lieu à de fréquents concerts en France et à l'étranger, puis à ce disque.

empty