Daniel Grenier

  • Françoise a dix-sept ans à l'été 1997 et elle va où elle veut. Elle fait comme bon lui semble. Elle a volé pour la première fois à neuf ans et ne s'est plus arrêtée. Elle vole parce qu'elle le peut. Toutes sortes de choses, une sloche dans un dépanneur, des bombes aérosol pour taguer les wagons de train dans la gare de triage, où elle entre par un trou dans la clôture. Parfois, quand elle est seule, explorant une maison qu'elle squatte alors que ses propriétaires sont en vacances, elle repense au renard enragé qui a mordu son frère et lui est passé entre les jambes sans la blesser.

    L'édition d'avril 1963 du magazine Life raconte l'épreuve d'Helen Klaben et de Ralph Flores dans les forêts du Yukon, là où ils ont survécu quarante-neuf jours avant d'être secourus in extremis. Françoise l'a trouvée au salon de coiffure du coin. C'est la plus belle chose qu'elle possède. Un matin, sa truelle dans son sac à dos et une chanson de Banlieue Rouge en tête, elle met les voiles. Elle connaît le reportage par coeur, mais, maintenant, elle veut savoir ce qu'a véritablement ressenti Helen Klaben quand l'avion où elle avait pris place a commencé sa descente incontrôlée vers la cime des épinettes noires.

    Françoise en dernier est l'histoire d'une jeune femme qui refuse de se faire dicter la voie à suivre, même si elle sait qu'elle ne regarde pas toujours dans la bonne direction. C'est un voyage en autostop, en train, à pied, qu'elle entreprend le sourire en coin, les canines aiguisées et un feutre noir dans la poche de son jeans, pour signer son nom, pour laisser des traces. On part toujours à la recherche de quelqu'un, pas nécessairement de quelqu'un d'autre.

  • Thomas Langlois, né comme son aïeul Aimé Bolduc une année bissextile, ne fête son anniversaire qu'une année sur quatre. Mais est-il pour autant, comme l'espère vivement son père, promis au même destin que son ancêtre qui, lui, ne vieillissait que d'une année tous les quatre ans ? En suivant les vies de ces deux personnages d'exception, L'année la plus longue traverse, de Chattanooga à Montréal, des Great Smokies aux monts Chic-Chocs, près de trois siècles d'histoire de l'Amérique. De la prise de Québec par les Britanniques en 1760 au 11 septembre 2001, de la capitulation des Indiens au combat des Noirs américains, c'est l'âme du continent tout entier qui s'invite et s'anime dans cette fresque épique et familiale.Ce premier roman, oeuvre d'un immense conteur, réussit le pari fou de nous plonger au coeur de la grande histoire et, au-delà, de nous en peindre mille et une autres.

  • On dit qu'à Saint-Henri, tout est possible. Ici, les filles ressemblent toutes à des actrices de cinéma et Louis Cyr est encore assez fort pour porter n'importe quel destin sur ses épaules. Toutes les lignes du métro convergent et le bruit de fond de l'autoroute n'empêche pas les gens de rêver - à un avenir meilleur, à leur lointain pays tropical. On dit qu'ici des histoires s'écrivent, malgré tout, au milieu des obsessions débridées, des défaillances technologiques et des quiproquos. Sous les viaducs du CN et dans les replis de la fiction, on croise aussi bien des gangsters ineptes que des aînés en fugue ou des amoureuses désillusionnées.

    Plongée vertigineuse dans l'humanité d'un lieu, fruit d'un enthousiasme qui pourrait bien faire déborder le canal de Lachine, Malgré tout on rit à Saint-Henri raconte les tribulations d'une myriade de personnages hauts en couleur et nous livre au fil des pages quelques-uns de leurs secrets les moins glorieux.

    C'est avec une oreille à l'affût des ouï-dire et un penchant pour l'insolite et le grotesque que Daniel Grenier s'aventure dans le quartier mythique de Florentine Lacasse, d'Yvon Deschamps et d'Oscar Peterson. À travers ces nouvelles, portraits, confessions et errances, Saint-Henri se dévoile pas à pas. Ou se dissimule peu à peu.

  • Quand j'ai fini de manger les fruits du chapeau de Carmen Miranda, je me suis léché les lèvres. J'en avais partout. Ça me coulait dessus, les mangues, le Brésil, l'aquarelle, le soleil, la samba, le fantôme de Marion. On a jeté des fleurs dans la baie de Rio, c'était le nouvel an. Ils m'ont fait signe. Je les ai suivis dans l'eau. Je les ai suivis partout.

  • Le thème du territoire impose la prospection, l'exploration, le mouvement. Il résonne depuis toujours dans notre littérature, dans nos imaginaires. Que dire aujourd'hui, dans la cartographie connue du monde connu, dans la planète Google accessible de partout du bout du doigt? Qu'intime le territoire aux écrivains d'ici, alors que les déplacements GPS se calculent en nombre de minutes restantes, de tracés prédéfinis et sans surprise, que les paysages défilent sous la poésie d'une voix robotisée servant momentanément de copilote? Le territoire se redéfinit et l'immensité s'amenuise comme peau de chagrin. À la limite des territoires, subitement, la menace du seul et du même, du standardisé et du sans rêve. Les imaginaires se doivent de contre-attaquer. C'est dans cette urgence que Mathieu Blais a suggéré ce projet d'un numéro sur le territoire.

  • L'univers des phobies est en expansion et son exploration infinie. Si certaines de ses formes les plus répandues, telles que l'agoraphobie et la claustrophobie, font partie des terres connues, d'autres variétés plus rares ne laissent pas de surprendre l'amateur chanceux qui les découvre. Qu'en fera-t-il ? Les nouvelles et poèmes réunis dans ce numéro de Moebius vous proposent, certes, une vaste panoplie de dérèglements tous fondés sur la peur et l'obsession. Mais l'objet ici importe moins que la manière, inventive et variée, avec laquelle chacun des auteurs a su prendre la chose dans ses filets. Après tout, la phobie est un art.
    Un numéro piloté par Jean Lejeune

  • L'auteur Guillaume Morissette est né au Saguenay-Lac-Saint-Jean et a appris l'anglais en écoutant Les Simpson. Aujourd'hui, c'est pourtant dans cette langue qu'il écrit.
    « Ce n'est pas un geste politique », dit-il.
    Est-ce vraiment possible ? Le débat linguistique est-il chose du passé, au Québec ?

  • L'auteur Guillaume Morissette est né au Saguenay-Lac-Saint-Jean et a appris l'anglais en écoutant Les Simpson. Aujourd'hui, c'est pourtant dans cette langue qu'il écrit.
    « Ce n'est pas un geste politique », dit-il.
    Est-ce vraiment possible ? Le débat linguistique est-il chose du passé, au Québec ?

  • «J'ai découvert l'écrivain américain Wright Morris dans une librairie d'occasion de Burlington au Vermont, à l'été 2011. Mon regard avait été attiré par un gros volume intitulé The Loneliness of the Long Distance Writer. Le nom de l'auteur ne me disait rien. Voyant la liste de ses oeuvres, j'ai constaté que j'avais affaire à un romancier prolifique dont personne ne m'avait jamais parlé.» Qu'est-ce que la reconnaissance, en littérature? Qu'est-ce que la gloire? À quel moment le lecteur fervent se fait-il écrivain à son tour? Qui est Wright Morris et où peut-il bien être passé? Cet essai où fusionnent un auteur et un admirateur pose ces questions et bien d'autres encore. Des déboires ayant précédé la publication de Malgré tout on rit à Saint-Henri jusqu'aux déambulations parisiennes au moment de la sortie en France de L'année la plus longue, Daniel Grenier nous emmène sur les chemins sinueux de l'écriture et de la lecture, en explorant les écueils de l'ambition romanesque et les caprices du destin - les étoiles filantes passent souvent quand on a les yeux baissés.

  • C'est sous un nouvel habillage graphique que se présente ce numéro de la revue Les écrits. Les oeuvres de Marie-Claude Pendleton, en couverture, accompagnent aussi les textes. Un portfolio en fin de numéro laisse la parole à l'artiste quant à sa démarche et ses inspirations. Au sommaire, trouvez un texte d'Évelyne de la Chenelière, autrice en résidence, un essai de Gérard Cartier et quatre récits par Laurence Nobécourt, Patrick Lane, Guillaume Asselin et Jean-Paul Goux. Lisez ensuite une « suite italienne » : quatre auteurs italiens, maintenant installés à Paris, et traduits en français. José Morel Cinq-Mars raconte dans sa présentation des auteurs comment un simple hasard heureux lui a permis de croiser le chemin de Francesco Forlani, Andrea Inglese, Giacomo Sartori et Giuseppe Schillaci. Lisez enfin un exlibris par Jean Royer et des poèmes de Vincent Filteau, Marco Bélanger, Jean-Philippe Gagnon, Jacques Rancourt, Franck Vilain et Mireille Fargier-Caruso.

  • Le cent-cinquante-cinquième numéro de la revue Les écrits vous propose un parcours varié, alliant récits, poésie et réflexions littéraires. Lisez d'abord le second texte de l'écrivaine en résidence Evelyne de la Chenelière où il est question d'écouter des films vieux et français. Suivent l'arnaque, le mensonge, le deuil, la disparition, la peine et l'errance dans six récits à l'écriture évocatrice. Découvrez trois poètes néerlandais : Kreek Daey Ouwens, Han van der Vegt et Hélène Gelèns, présentés et traduits par Jan H Mysjkin. Poursuivez votre périple poétique avec les mots de Paul Bélanger, Yannick Resch, Clémence Dumas-Côté, Jonas Fortier et Sonia Anguelova. Le numéro se clôt par deux essais : l'un, un texte de Michel van Schendel retrouvé dans ses archives, texte établi et édité par Pierre Ouellet, l'autre, De filmer et d'écrire vrai par André-Guy Robert et le récit du chemin vers la lecture de Laurier Lacroix, historien de l'art. Des oeuvres de Catherine Seghers accompagnent le numéro.

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