Danielle Dussault

  • À la manière d'une longue déambulation intérieure, Danielle Dussault propose ici un roman choral tout sauf conventionnel, porté par les voix de trois femmes fortes, distinctes, mais unies par leur quête de liberté. Le fleuve, indéniablement, rejoint ces femmes. C'est par ce mystère, ce cours invisible, que toute la trame narrative s'impose.

    Trois femmes se retrouvent au bord d'un fleuve afin de raconter à leur façon un destin unique. Entre le désir d'enracinement et la tentation de la fuite qui relient les trois narratrices, chaque parcours est ponctué de périodes charnières et de rites de passage qui les définissent en tant que femmes. Autant de trajectoires qui les amèneront à se rejoindre dans l'affirmation d'une identité unifiée.

  • Avec beaucoup de grâce et de délicatesse, Danielle Dussault crée, dans « L'imaginaire de l'eau », un univers trouble plus près du rêve que de la réalité. La première scène plonge le lecteur dans un monde qui, s'il semble resplendissant, laisse rapidement entrevoir sa dualité. De la lumière entourant un jeune couple à l'opacité des ombres, les symboles du bonheur et de l'insouciance sont occultés par l'état psychique de la mariée.
    Isolée dans sa grande maison, la jeune femme souffre des absences de son mari, de ses infidélités, de sa froideur. Pour retrouver son équilibre, elle s'évade de ce lieu parfois inquiétant.
    Si l'eau est un élément essentiel de ce récit, le thème qui l'habite est sans contredit celui de l'absence.

  • Béatrice a fui les disputes incessantes avec sa mère alcoolique pour percer les secrets qui entourent la bipolarité de sa grand-mère. Cette quête la place devant sa propre maladie et ses dépendances. Mais comme le courage est la vertu des guerrières, elle ira jusqu'au bout afin de trouver sa voie.

  • Quatre personnages, liés par une essentielle « part manquante », doivent affronter leur destinée à la suite du décès d'un homme qui a joué pour eux un rôle important. Sa mort coïncide avec l'irruption, dans les réseaux croisés de leurs existences, d'une multitude de salamandres. Symboles de l'amiante qui résiste au feu, celles-ci incitent les protagonistes à descendre tour à tour dans la mine qui se ramifie sous la ville, afin d'y explorer leur labyrinthe intérieur et d'y affronter leurs démons. De cette expérience cathartique, chacun sortira fortifié et apaisé.
    Dans son précédent roman, L'imaginaire de l'eau, Danielle Dussault suivait une veine onirique. Construit à partir de divers points de vue complémentaires, le roman Salamandres, qui se déroule à Thetford-les-Mines, aborde plutôt les registres du mythe et du fantasme. Il touche ce qui fait le fondement de nos vies : la filiation et l'identité, la peur et le besoin d'être aimé, la quête du sens de toute existence.

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