De Coninck

  • L'Asie du Sud-Est

    Koninck Rodolphe

    Cet ouvrage, véritable référence en géographie régionale, examine en profondeur les fondements historiques des structures spatiales asiatiques et propose une analyse très fine et entièrement mise à jour de la dynamique des onze États qui composent l'Asie du Sud-Est aujourd'hui.
    Après un panorama de la trame spatiale des héritages propres à l'Asie du Sud-Est, l'ensemble des États sont étudiés selon des rapprochements comparatifs : les grands États archipels, les Philippines et l'Indonésie, dont s'est affranchi le Timor oriental ; l'État dédoublé que représente la Malaisie ; les petits États milliardaires, la cité-État de Singapour et le sultanat de Brunei ; les États jumeaux non identiques, la Thaïlande et la Birmanie ; les États tampons du Laos et du Cambodge et enfin le Vietnam, réunifié après de longues périodes de division.
    Sont enfin abordés les grands défis auxquels cette région désormais incontournable dans la mondialisation est confrontée en termes de développement économique et social, agricole et urbain.
    Un ouvrage assorti de 80 cartes originales et de 27 tableaux présentant les données les plus récentes.

  • Depuis la première fécondation in vitro, en 1976, les nouvelles technologies de reproduction ont continué de bouleverser les pratiques médicales. Maintenant, il est même possible de faire appel à une tierce personne pour se reproduire.

    Le recours aux mères porteuses est-il un progrès scientifique duquel il faut se réjouir, ou une régression sur les plans social et éthique? Quelles sont les conséquences d'une telle pratique sur l'expérience de la maternité et sur les droits humains? Sa légitimation et son éventuelle commercialisation ne sont-elles pas des étapes qui requièrent un débat large et éclairé? Maria De Koninck plaide pour que le bien-être de l'enfant à naître soit mis au coeur de ce débat.

  • Cela fait longtemps que Daniel vit dans le corps d´un autre, un grand-père de quatre-vingts ans. Tout a commencé à ses vingt ans. De plus en plus fatigué, il dort beaucoup, mais ne récupère pas comme d´habitude. Il faudra attendre que son état se dégrade pendant quinze ans pour qu´un diagnostic soit enfin prononcé: fibromyalgie... Méconnue, la fibromyalgie touche pourtant plus de deux millions de personnes en France. En partageant cette quête au diagnostic et son combat quotidien, Daniel de Coninck nous fait découvrir ce mal encore flou aux yeux de nombreux médecins. Il livre un témoignage renversant mais édifiant, collant à la réalité du malade et riche de conseils pour enfin savoir faire face.

  • Deux directeurs de prison, l'un belge et l'autre canadien, livrent ici une réflexion constructive sur le monde carcéral. Ils dénoncent des lacunes et proposent des adaptations légales et réglementaires faisant une large place aux droits de la personne détenue et aux attentes du personnel de surveillance. Un directeur de prison ne doit pas se contenter d'être le gardien de la loi : le respect des personnes importe autant, sinon davantage.

  • Lieu de convergence au sein du monde tropical et océanique, l'Asie du Sud-Est est constituée de onze pays fort différents, dont l'avenir était envisagé en termes alarmistes par des observateurs chevronnés de la scène mondiale dès après la Deuxième Guerre mondiale et jusqu'aux années 1960-1970. Malgré des pronostics très pessimistes et des perspectives économiques et politiques jugées désastreuses, le Sud-Est asiatique est toutefois parvenu à appliquer des politiques contredisant les experts occidentaux, montrant ainsi combien imprévisible reste cette région.

  • Accessible à toute personne que l'abord de la folie intéresse, ce livre est le récit d'une expérience de communauté thérapeutique (pour adultes le plus souvent psychotiques), s'inspirant de quelques principes essentiels de la psychothérapie institutionnelle. Il vise à en défendre la pertinence et l'actualité, à contre-courant de la psychiatrie actuelle, dominée par le savoir de la biologie et des techniques comportementales et cognitivistes. Sans récuser l'apport du savoir scientifique quand il est rigoureux, ce témoignage fait valoir que toute approche de la folie est vaine si elle ne donne pas réellement, c'est-à-dire au sein même du dispositif de soins, une place à d'autres dimensions humaines telles que l'incomplétude, le temps, la parole, l'inattendu, l'angoisse, le risque, la responsabilité, certaines transgressions... Licencié en droit et en criminologie, François de Coninck mène des travaux de recherche et d'écriture, en particulier dans les territoires d'outre-langue.

  • Permettant d'assurer une médecine économique, proche du malade et conviviale, les réseaux de santé apparaissent comme l'objet idéal et pourtant ils ne se développent que lentement. A partir de cas concrets, il s'agit donc de faire le tour des obstacles institutionnels, des hiérarchies professionnelles implicites et des enjeux organisationnels. Lorsque ces obstacles sont surmontés, de nouvelles pratiques apparaissent et le malade prend plus de place dans le soin, il est considéré comme un acteur à accompagner.

  • Voilà un ouvrage de longue portée qui nous conduit au coeur d´un débat philosophique et théologique extrêmement tranchant : notre salut passe-t-il par la reconnaissance du bien commun ou par la reconnaissance de la subjectivité? Le philosophe de l´Université Laval, Charles De Koninck, mort en 1965, avait pris parti pour le bien commun en s´appuyant sur l´oeuvre de saint Thomas D´Aquin.

  • Ce colloque a eu pour objectif de proposer la dignité à titre de nouveau paradigme pour penser, orienter et imprégner les actions visant à préserver les écosystèmes mondiaux et à assainir les relations humaines concernées. Nous avons tenté de montrer que le respect de la "dignité humaine à tous les membres de la famille humaine", telle qu'elle a été rappelée dans la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948, appelle au respect de notre oikos ("habitat") auquel renvoie le mot "écologie", bref de notre "maison commune". Il importait aussi de s'éveiller encore plus à notre dignité d'agents libres, en vertu de laquelle nous avons à répondre de nos choix et de nos actes. Ceux-ci affectent tant la nature qu'autrui, à commencer par celles et ceux qui sont les plus immédiatement exposés à la grave dégradation actuelle du Nord, notamment les autochtones du Canada. Nous osons penser qe la sagesse des peuples autochtones, qui rend témoignage à la dignité de la nature elle-même, nous invite à redéfinir les rapports de l'être humain à son environnement et à dépasser le paradigme technocratique inféodé au profit à court terme.

  • Ce second volume du premier tome de la réédition des Oeuvres de Charles De Koninck contient à la fois son tout premier texte de Philosophie de la nature et des sciences, à savoir sa thèse sur Eddington, et ses dernières publications dans le domaine. Cette heureuse juxtaposition de deux pôles dans le temps, pour ainsi dire, démontre à quel degré sa pensée s'est avérée mûre dès le début et constante par la suite. Son estime pour l'apport considérable, même sur le plan philosophique, de grands savants du XXe siècle, tels Eddington lui-même, Georges Lemaître dont il fut un élève à Louvain, Einstein, Heisenberg, Schrödinger, Niels Bohr, Louis de Broglie, Henri Poincaré, Paul Dirac, Herman Weyl et bien d'autres ne s'est jamais démentie. Elle explique en partie son rejet tout aussi entier d'une certaine scolastique refermée sur elle-même, comme le montre notamment, dès sa thèse, sa critique du manuel de J. Gredt, très influent à l'époque. Elle va de pair avec, en contrepartie, sa critique du réductionnisme sommaire de scientifiques (ou de philosophes) de seconde zone mais médiatisés en grande pompe, qu'illustrent le dernier texte du premier volume, L'Univers creux, et, de manière plus approfondie, le long essai qu'on pourra lire ici même, Abstraction de la matière.
    C'est ce qu'a fort bien perçu Yves Larochelle, physicien et philosophe lui-même, et maître d'oeuvre de ce second volume comme du premier, tant dans sa solide présentation que dans le travail de traduction et d'annotation qu'il s'est imposé et dont il faut lui être spécialement reconnaissant. Il n'est pas exagéré de penser que ses notes à la traduction d'Abstraction from Matter, par exemple, donnent une valeur accrue à ce texte pour le lecteur contemporain. Il faut remercier également Xavier Alvarez de l'avoir si habilement secondé dans la traduction, sans oublier la part de Bénédicte Echivard.
    Il est permis d'espérer que ces textes tombent entre les mains de lectrices et de lecteurs qui sauront tirer profit de toutes les richesses qu'ils recèlent. Peut-être même certains d'entre ces derniers pourront-ils faire progresser davantage une philosophie de la nature qui se tient aussi près des sciences que celle qu'on voit à l'oeuvre dans ces deux volumes. Ils répondront ainsi à un besoin criant. Les retombées sur des domaines aussi distants en apparence que la métaphysique et l'éthique, en particulier la bioéthique, seront inappréciables. En ce que Shakespeare appel « le livre infini de la nature », Nature's infinite book of secrecy (Antony and Cleopatra, 1.2.10), se révélera toujours plus digne d'émerveillement.
    Thomas De Koninck

  • On l'a remarqué avec justesse, nos gains inouïs de connaissance se paient en gains inouïs d'ignorance. Plus indispensable que jamais, la philosophie est donc appelée à critiquer inlassablement les réductions et les abstractions pour reconduire au concret, en particulier à la question du sens et à l'être le plus concret et le plus complexe qui soit en ce monde, l'être humain.

  • Cet ouvrage tire parti des savoirs nouveaux, ainsi que des immenses richesses héritées de la tradition, en ce domaine fondamental entre tous qu´est l´éducation, afin de dégager des éléments de solution, ou, mieux encore, de prévention, à ces problèmes. Il se découpe en treize leçons rédigées en un style plus direct que les autres ouvrages que Thomas De Koninck a consacré à l´éducation et à la culture, dans l´espoir de contribuer de manière certes très modeste, mais peut-être plus efficace, à bâtir l´avenir de nos jeunes.

  • Qui est Thomas ? Quelles sont ses infortunes ? Ce sont celles d'un jeune homme de notre temps qui n'a jamais hésité à se montrer fier d'être gay, dût-il parfois en payer le prix fort.
    Dans ce texte émouvant, bien que parfois rude, Thomas nous raconte ses expériences érotiques avec une sincérité et une authenticité qui ne pourront qu'interpeler le lecteur. Au-delà des anecdotes dont fourmillent ce récit, nous sommes conduits à nous poser une question importante : faut-il baiser pour faire plaisir à autrui ? Le sexe peut-il être un devoir ?

  • La beauté en question est la beauté dite morale dont relève notre responsabilité de protéger. Aussi, nous proposons la dignité à titre de nouveau paradigme pour penser, orienter et imprégner les actions visant à préserver les écosystèmes mondiaux et assainir les relations humaines concernées, car la dignité est la cause la plus fondamentale de toute action d'aide et parce que le respect de « la dignité inhérente à tous les mem­bres de la famille humaine », telle qu'énoncée dans la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948, appelle au respect de notre oikos (« habitat ») auquel renvoie le mot « écologie », bref de notre « maison commune ».

  • Il faut remercier tout particulièrement Stéphanie Grimard et Valérie Roberge, toutes deux étudiantes diplômées à la Faculté de philosophie de l'Université Laval, pour les précieuses heures de travail qu'elles ont dépensées avec tant de générosité et de compétence à mettre sur pied ce fort volume des OEuvres de Charles De Koninck, entièrement consacré à la Vierge Marie. La tâche leur incombait de rassembler, en un seul, trois livres de théologie mariale de teneur très différente. Le premier, Ego Sapientia... : la sagesse qui est Marie, a davantage le caractère d'une méditation d'ordre mystique. Le second, La Piété du fils, concerne l'Assomption du corps de Marie, en se concentrant sur la mort de Marie et plus particulièrement, pour des raisons qu'on verra, sur l'instant de sa mort. C'est le plus strictement philosophique et le plus difficile d'accès des trois. Tout en demeurant conscient, avec regret, de cette difficulté, Charles De Koninck le considérait comme un de ses travaux les plus importants. Le troisième, intitulé Le Scandale de la médiation, prend la défense de Marie contre celles et ceux qui sont portés à réduire à une forme d'idolâtrie la reconnaissance de son titre de médiatrice.
    Les bons pédagogues savent faire en sorte qu'on ait le sentiment d'avoir découvert par nous-mêmes ce qu'ils entendent nous faire voir - quasi inveniendum, écrivait Quintilien, décrivant leur effet sur les auditeurs ou lecteurs. Stéphanie Grimard et Valérie Roberge possèdent cet art et nous en font tirer profit dans leur introduction, en posant avec finesse et précision, pour nous comme pour elles-mêmes, la question « Qui est Marie ? » Étant donné que cette question traverse et unifie à la fois les trois livres qui suivent, elles ne pouvaient mieux faire pressentir le vif de l'ouvrage aux lectrices et aux lecteurs.

    Thomas De Koninck

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Ce colloque a eu pour objectif de proposer la dignité à titre de nouveau paradigme pour penser, orienter et imprégner les actions visant à préserver les écosystèmes mondiaux et à assainir les relations humaines concernées. Nous avons tenté de montrer que le respect de « la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine », telle qu'elle a été rappelée dans la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948, appelle au respect de notre oikos (« habitat ») auquel renvoie le mot « écologie », bref de notre « maison commune ». Il importait aussi de s'éveiller encore plus à notre dignité d'agents libres, en vertu de laquelle nous avons à répondre de nos choix et de nos actes. Ceux-ci affectent tant la nature qu'autrui, à commencer par celles et ceux qui sont les plus immédiatement exposés à la grave dégradation actuelle du Nord, notamment les Autochtones du Canada. Nous osons penser que la sagesse des peuples autochtones, qui rend témoignage à la dignité de la nature elle-même, nous invite à redéfinir les rapports de l'être humain à son environnement et à dépasser le paradigme technocratique inféodé au profit à court terme.

  • Voici donc le tome IV et le septième et dernier volume de notre réédition des OEuvres de Charles De Koninck. Des inédits de première importance ont déjà fait surface en d'autres volumes, mais les Archives Charles-De Koninck en recélaient encore plusieurs autres. 
    Dans la première partie, en introduction aux inédits, l'analyse détaillée de Maxime Valcourt-Blouin permettra aux lectrices et aux lecteurs de mieux saisir les tenants et aboutissants des textes retenus par lui, de leurs circonstances et de leur portée philosophique. 
    La seconde partie du volume est constituée de témoignages, nommément ceux de mon frère Rodolphe, de son ancien étudiant Jacques Vallée et de son ancien professeur le Père Matthijs. Il sera vite évident qu'un point focal de ces trois témoignages est la mort subite de Charles De Koninck à Rome le samedi 13 février 1965, à la suite d'un malaise cardiaque, à l'âge de 58 ans. 
    Thomas De Koninck 

  • Pour révéler les multiples facettes de la profession de géographe, Rodolphe De Koninck a choisi la veine autobiographique. Ses lecteurs le suivront donc de l´Ouganda aux Cent-Îles du lac Saint-Pierre, de la Malaysia à la Grèce, de l´Indonésie à la Nouvelle-Orléans. Ils découvriront l´importance de la cartographie, ils verront comment la géographie a partie liée avec l´urbanisme et les sciences de l´environnement, ils revivront des crises (le tsunami de 2004, l´ouragan Katrina de 2005). Ils suivront à la trace un pédagogue et un citoyen engagé. Surtout, ils devront constater la place centrale que la géographie occupe dans leur vie.
    Rodolphe De Koninck a été professeur au Département de géographie de l´Université Laval (Québec, Canada) de 1970 à 2002. Depuis 2002, il est titulaire de la Chaire de recherche du Canada en études asiatiques de l´Université de Montréal. Il est l´auteur de vingt livres, directeur de publication de quinze autres et de plus de 140 articles scientifiques parus dans 25 revues et journaux, dans douze pays et en cinq langues. Spécialiste de l´Asie du Sud-Est, Rodolphe De Koninck s´est aussi beaucoup intéressé à la géographie québécoise. En 1990, il a été élu membre de la Société royale du Canada. En 1998, il a reçu le prix Jacques-Rousseau (interdisciplinarité) de l´ACFAS et, l´année suivante, le prix Innis-Gérin (sciences humaines) de la Société royale du Canada.

  • Si les problèmes de société et les problèmes politiques s'avèrent de plus en plus complexes, au sens de "tissés ensemble", le déploiement des connaissances va dans le sens opposé, suivant des labyrinthes de plus en plus spécialisés, fragmentés, détachés du tout. C'est assez dire l'importance accrue de la philosophie, qui a, depuis toujours, affaire au tout de la réalité.

    La philosophie ne sert à rien, en ce sens qu'elle ne sert rien de particulier. Elle est libre, autonome. À quoi sert la philosophie? À ce compte, à quoi sert la musique? Ou, sur un autre registre, à quoi sert la santé? Toutes servent l'être humain. La différence est qu'elles le servent tout entier. Et dans le cas de la philosophie, c'est la vie proprement humaine en toutes ses dimensions qui est servie.

  • The Réserve muséale de la capitale nationale is now a reality. It meets accepted standards of preventive conservation and functionality. Almost twenty years of patience, discussions and planning have gone into achieving this. During this time, the orientation and future direction of the collections also came under basic scrutiny.
    This book details the studies and strategies that underpinned this vast undertaking, and describes some of the measures that helped ensure that the move proceeded smoothly and the principles that guided the organization of the collections in the new, highly functional and secure facilities. The photos and illustrations show the size and uniqueness of the new facilities as well as the care that was given to the artefacts in the national collections during the move.
    A wide range of expertise came into play. Administrators, curators, conservators, engineers, designers, architects, and museology technicians brought their respective skills and determination together in this project. It is time to take stock of all this work and the results. Now that it can at last enjoy the satisfaction of a job well done, in these pages the team responsible for the creation of the new reserve is making its experience public, and gratefully acknowledging the inspiration and advice received from various institutions and colleagues.

  • Elle s'appelle Barbara et Mireille. L'une est connue. C'est son nom public : de prostituée. Barbara refusait que des femmes soient livrées une à une - avec la complicité silencieuse de tous - à la violence des clients et des policiers, à la tolérance implicite et la répression explicite de pouvoirs politiques cyniquement irresponsables. Elle a voulu, avec d'autres, que ces femmes se rassemblent, sortent de leur peur et misère individuelles, et expriment ouvertement, ensemble, quelle est leur condition. Ce fut l'occupation de l'église Saint-Nizier, le mouvement des prostituées de Lyon, puis de France. Cette rencontre des prostituées entre elles a permis à chacune de commencer à dire « non » à ce qui lui était imposé comme « normal ». Et à se retrouver ce qu'elle était : une femme parmi d'autres, et pas seulement un rôle, une fonction, une image, liés à un commerce à la fois entretenu et méprisé par l'ordre social. Elles s'appellent Mireille et Christine. Deux femmes, dont l'autre écoute l'une, qui enfin peut ainsi raconter comment, depuis toujours, elle est partagée. Enfant de l'Assistance publique, confiée à un couple sans tendresse, petite fille de neuf ans violée par son « beau-père » puis enfermée en hôpital psychiatrique pour « son » agressivité, adolescente placée dans une maison de « protection » pour mineurs, jeune fille qui se venge de son violeur et se retrouve en prison pour quatre ans, mère célibataire qui, pour élever ses enfants, accepte de se prostituer. Ce livre n'est pas un roman, ni un écrit littéraire sur la prostitution. C'est le récit de la vie d'une femme simplement dite à une autre femme qui a su l'entendre. Ainsi commence l'autre minuit. Celui où les femmes sortent de leur isolement et leur enfermement. Où elles se rapprochent, parlent d'elles : ensemble. Refusant que leurs corps, leurs paroles, leurs désirs, leur travail soient asservis, exploités et niés par un ordre et des institutions déterminés par les seuls hommes.

  • Le premier défi de la démocratie est de donner le «goût de lavenir» (Alexis de Tocqueville), de générer lenthousiasme qui poussera les jeunes desprit à progresser deux-mêmes vers de nouvelles quêtes de sens et de savoir, à renouveler peut-être surtout, dans le contexte des nouvelles connaissances et dune prise de conscience accrue des richesses des différentes cultures, les questions que lon appelle «ultimes et les plus hautes», pour citer Husserl, celles que la science exclut par principe et qui sont pourtant «les questions les plus brûlantes», portant «sur le sens ou sur labsence de sens de toute cette existence humaine». Le simple mot question évoque d'emblée le vieux français queste, c'est-à-dire la quête, du latin quaerere, «rechercher», «aimer»; il traduit le désir de voir et de savoir, impliquant du coup les deux dimensions à la fois les plus essentielles et les plus grandes de notre être proprement humain, la capacité daimer et celle de penser. Une éducation qui exclurait, comme tranchées davance, ces questions ultimes, ne serait nullement à la hauteur de lhumain. Les essais composant ce livre explorent six dentre elles, à savoir la dignité humaine, lintelligence, la liberté, le bonheur, la mort et la beauté.

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