Donatien Alphonse François De Sade

  • Dolmancé à Eugénie : "Soyez de même extrêmement libre avec les hommes ; affichez avec eux l'irréligion et l'impudence : loin de vous effrayer des libertés qu'ils prendront, accordez-leur mystérieusement tout ce qui peut les amuser sans vous compromettre ; laissez-vous manier par eux... ; mais, puisque l'honneur chimérique des femmes tient à leurs prémices antérieures, rendez-vous plus difficile sur cela ; une fois mariée, prenez des laquais, point d'amant, ou payez quelques gens sûrs : de ce moment tout est à couvert ; plus d'atteinte à votre réputation, et sans qu'on ait jamais pu vous suspecter, vous avez trouvé l'art de faire tout ce qui vous a plu."

    2 Autres éditions :

  • À l'école du libertinage, quarante-deux jeunes gens sont soumis corps et âmes aux fantasmes des maîtres du château. Premier chef-d'oeuvre du marquis de Sade, tout à la fois scandale et révolution littéraire, chacune de ces cent vingt journées de Sodome est un tableau des vices et perversions les plus criminelles, découvrant avec un inimitable génie la face noire et inavouable de l'homme.
    " Sade est au clavecin, il improvise, il fait monter les mots, il compose, en vrai musicien baroque (c'est un génie baroque), une Suite française, à la Bach. Quel charme, quelle fraîcheur. " Philippe Sollers

  • "Irrités de ce premier crime, les monstres ne s'en tinrent pas là ; ils l'étendirent ensuite nue à plat ventre sur une grande table, ils allumèrent des cierges, ils placèrent l'image de notre sauveur à sa tête et osèrent consommer sur les reins de cette malheureuse le plus redoutable de nos mystères. Je m'évanouis à ce spectacle horrible, il me fut impossible de le soutenir."

    2 Autres éditions :

  • Un roman essentiel du marquis de Sade, qui lui valut d'être jeté en prison !
    L'Histoire de Juliette, ou les Prospérités du vice, un des plus rares romans de Sade, suivit de peu Justine ou les Malheurs de la vertu. La publication de ces deux ouvrages valut au Divin Marquis (1740-1814) son arrestation sur ordre de Napoléon et son incarcération sans procès à l'asile de Charenton durant les treize dernières années de sa vie. Entre narration, dialogues philosophiques et scènes de coïts très violentes, Sade confirme avec Juliette son talent à exhiber la part la plus immonde des hommes tout en abordant des réflexions précieuses sur la société. Juliette, au contraire de sa larmoyante soeur Justine qui n'obtient que des injustices pour prix de sa vertu, est une nymphomane amorale dont les entreprises lui valent le succès et le bonheur. Sade confirme dans ces pages qu'il était un auteur inexorablement et absolument libre : c'est de cette subversion qui l'emporte sur l'obscénité qu'il dut payer le prix tout au long de sa vie...
    L'Histoire de Juliette " est assurément le roman le plus significatif, le plus réussi de Sade. Dans les précédents, les femmes n'y sont que des figurantes passives, tandis que dans celui-là on trouve une galerie de libertines implacables qui tiennent tête à des libertins fabuleux. [...] On ne peut aller plus loin dans l'horreur sexuelle qu'il ne l'a fait en pensée. La performance de l'écrivain fascine même lorsqu'on désapprouve son libertinage destructeur ". Sarane Alexandrian, Histoire de la littérature érotique, Seghers, 1989.

  • Voici la suite de l'Histoire de Juliette (Tome 1, Lectures amoureuses n° 227) qui poursuit ses pérégrinations sous la plume de Sade, dont l'imagination morbide s'affermit de page en page, de même que ses réflexions philosophiques gagnent en profondeur et en subtilité... Aucune forme de dépravation n'échappe à Juliette, entourée de libertins au moins aussi féroces qu'elle et de femmes dont les passions macabres dépassent l'entendement !
    Le crime paie-t-il ? Assurément pour Juliette, qui finit ses aventures riche de tous ceux qu'elle a dépouillés, aux côtés de Noirceuil, nommé Premier ministre par le roi en récompense de sa carrière criminelle. Juliette prend les rênes du gouvernement en sa compagnie, ressassant son principe que " le vice amuse et la vertu fatigue ". Sans conteste, Juliette est le personnage féminin le plus autonome et le plus intelligent de la littérature du xviiie siècle. Mais il faut avoir le coeur bien accroché pour s'en apercevoir...
    Faut-il encore présenter Sade (1740-1814) ? Sûrement pas. Mais relever que l'Histoire de Juliette est indisponible dans son intégralité depuis des lustres (hormis dans la Pléiade), ça oui ! La collection " Lectures amoureuses " comble enfin ce vide, Jean-Jacques Pauvert estimant que Juliette est " la plus importante entreprise de librairie pornographique clandestine jamais vue dans le monde ".

  • "Eh bien ! monsieur, dit-elle à Courval, croyez-vous maintenant qu'il puisse exister au monde une criminelle plus affreuse que la misérable Florville ?... Reconnais-moi, Senneval, reconnais à la fois ta soeur, celle que tu as séduite à Nancy, la meurtrière de ton fils, l'épouse de ton père, et l'infâme créature qui a traîné ta mère à l'échafaud... Oui, messieurs, voilà mes crimes ; sur lequel de vous que je jette les yeux, je n'aperçois qu'un objet d'horreur ; ou je vois mon amant dans mon frère, ou je vois mon époux dans l'auteur de mes jours ; et si c'est sur moi que se portent mes regards, je n'aperçois plus que le monstre exécrable qui poignarda son fils et fit mourir sa mère. Croyez-vous que le ciel puisse avoir assez de tourments pour moi, ou supposez-vous que je puisse survivre un instant aux fléaux qui tourmentent mon coeur ?... Non, il me reste encore un crime à commettre : celui-là les vengera tous."

    1 autre édition :

  • Le talent de Sade conteur ne s'est pas seulement exprimé dans Les Crimes de l'amour, mais aussi dans une cinquantaine de nouvelles, d'historiettes et de fabliaux méticuleusement recensés par un « catalogue raisonné » que le Divin Marquis établit durant son incarcération à la Bastille, de 1786 à 1788. Cette part de son oeuvre dessine un continent méconnu, qui est la face officielle, mais non moins licencieuse, d'un débauché soucieux de son image d'« homme de lettres ».
    Occultés par la réputation scandaleuse de leur auteur et la fascination exercée par sa production clandestine, ces contes dévoilent une autre écriture : variée et nerveuse, entrelaçant gravité et plaisanterie, elle témoigne d'une grande maîtrise de la concision.
    De ces recueils mixtes, que Sade n'eut pas le temps de publier, le présent volume cherche pour la première fois à donner une idée. L'homme de lettres s'y révèle libertin... mais autrement.

  • Cette nouvelle, considérée comme un des chefs-d´oeuvre du divin marquis, fut écrite en prison au même moment que Les 120 journées de Sodome.
    La cruauté du destin, le "fatalisme" (titre initialement prévu pour la nouvelle) sont tels qu´on se demande comment Sade a pu concentrer, en une centaine de pages une telle accumulation de passions.

  • Ce pamphlet est une charge d'une rare violence contre toutes les formes de despotisme : celles du Père, des Pères, des pères et des Rois. Nous devons nous délivrer du sceptre et de l'encensoir. Les régicides sont des parricides, des transgressions qu'il s'agit de rendre perpétuelles, sous peine d'en neutraliser la puissance subversive. Français, encore et toujours un effort, car la République ne saurait connaître de repos, tout comme l'état immoral de l'homme sadien qui est « un état de mouvement perpétuel qui le rapproche de l'insurrection nécessaire dans laquelle il faut que le républicain tienne toujours le gouvernement dont il est membre ». Insurrection intégrale et perpétuelle, si l'on peut dire, qui concerne aussi bien les idées que les moeurs.

  • Des discours contenus dans les romans de Sade, le grand public ne connaît que le fameux « Français encore un effort si vous voulez être républicains » extrait de La Philosophie dans le boudoir.
    « La dissertation du pape Pie VI sur le meurtre » mérite la même attention. Elle se situe dans la quatrième partie dHistoire de Juliette au moment où lhéroïne, arrivée à Rome et nayant de cesse de rencontrer le pape, obtient de lui, en échange dune orgie, ce long discours.
    Le pape sexécute dune manière magistrale, et donne un véritable morceau danthologie de la philosophie sadienne.
    Pie VI ne se contente pas en effet de déconstruire les préjugés courants de lopinion sur la question, il renverse toute notre conception du meurtre en réfutant sa nature criminelle et donc en niant son existence comme crime : cest, selon lui, parce que lhomme se croit centre du monde quil accorde au meurtre un tel statut. Et cest jusquà la mort elle-même qui, avec Pie VI, perd toute signification. Mais Sade, dans cette double négation, va plus loin quune simple remise en cause du sens commun, il propose une véritable métaphysique du néant où apparaît de manière limpide lhorizon même du désir sadien. Cest là sans aucun doute que se tient toute la singularité de lécriture de Sade ».

  • Dialogues destinés à l´éducation des jeunes Demoiselles.
    L´ouvrage se présente comme une série de dialogues retraçant l´éducation érotique et sexuelle d´une jeune fille de 15 ans. Une libertine, Mme de Saint-Ange, veut initier Eugénie « dans les plus secrets mystères de Vénus ». Elle est aidée en cela par son frère (le chevalier de Mirvel), un ami de son frère (Dolmancé) et par son jardinier (Augustin).

  • « Le dessein de ce roman est nouveau sans doute ; l´ascendant de la Vertu sur le Vice, la récompense du bien, la punition du mal, voilà la marche ordinaire de tous les ouvrages de cette espèce ; ne devrait-on pas en être rebattu ! Mais offrir partout le Vice triomphant et la Vertu victime de ses sacrifices, montrer une infortunée errante de malheurs en malheurs, jouet de la scélératesse ; plastron de toutes les débauches ; en butte aux goûts les plus barbares et les plus monstrueux ; (...) n´ayant pour opposer à tant de revers, à tant de fléaux, pour repousser tant de corruption, qu´une âme sensible, un esprit naturel et beaucoup de courage ; hasarder en un mot les peintures les plus hardies, les situations les plus extraordinaires, les maximes les plus effrayantes, les coups de pinceau les plus énergiques, dans la seule vue d´obtenir de tout cela l´une des plus sublimes leçons de morale que l´homme ait encore reçue ; c´était, on en conviendra, parvenir au but par une route peu frayée jusqu´à présent. »

  • Les Infortunes de la vertu est un conte philosophique de Sade, écrit en 1787. L'ouvrage est écrit entre le 23 juin et le 8 juillet 1787, alors que Sade est emprisonné dans la tour de la Liberté à la Bastille.
    Justine ou les Malheurs de la vertu, publiée en 1791, est la seconde version de cette histoire, qui sera elle-même suivie d'une troisième version, La Nouvelle Justine ou les Malheurs de la vertu, publiée en 1799.
    Le prénom de l'héroïne, Justine, est celui qui avait été donné à Catherine Trillet, domestique au château de La Coste en 1776.
    Le manuscrit des Infortunes de la vertu a été mis au jour en 1909 par Guillaume Apollinaire et a été publié pour la première fois en 1930.

  • Herman et la noble et fière Ernestine, deux jeunes amoureux, sont aux prises avec des libertins prêts à tout - même au crime - pour assouvir leurs désirs. Le comte Oxtiern, scélérat et débauché, et sa complice, Mme Scholtz, veuve au tempérament enflammé, ne reculent devant aucun mensonge, aucune vilenie. Mais le crime triomphe-t-il toujours ? La pureté et l'amour ne peuvent-ils vaincre le vice ?

  • La paix de Cateau-Cambresis n'eut pas plutôt rendu à la France, en 1559, la tranquillité dont une multitude innombrable d'ennemis la privait depuis près de trente ans, que des dissensions intestines plus dangereuses que la guerre, vinrent achever de troubler son sein. La diversité des cultes qui y régnait, la jalousie, l'ambition de la trop grande quantité de héros qui y florissait, la faiblesse du gouvernement, la mort de Henri II, la débilité de Francois II, toutes ces causes enfin n'étaient que trop capables de faire présumer, que si les ennemis laissaient respirer la France, elle allumerait bientôt elle-même un incendie intérieur, aussi fatal que les troubles qui venaient de la déchirer au dehors.
    Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Zoloé sur les limites de la quarantaine n'en a pas moins la prétention de plaire comme à vingt-cinq ans. Son crédit attire sur ses pas la foule des courtisans et supplée, en quelque sorte, aux grâces de la jeunesse. A un esprit très fin, un caractère souple ou fier selon les circonstances, un ton très insinuant, une dissimulation hypocrite, consommée ; à tout ce qui peut séduire et captiver, elle joint une ardeur pour les plaisirs cent fois plus vive que Lauréda, une avidité d'usurier pour l'argent qu'elle dissipe avec la promptitude d'un joueur, un luxe effréné qui engloutirait le revenu de dix provinces.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Une oeuvre érotique emblématique et sans cesse réécrite par son auteur.
    POUR UN PUBLIC AVERTI. Justine ou Les Malheurs de la vertu, paru en 1791, est le premier ouvrage publié du vivant du marquis de Sade. Il s'agit en fait de la deuxième version du roman. Cet ouvrage clandestin connut un succès de scandale, des saisies et une spéculation en librairie, comme en attestent les 5 rééditions illégales publiées jusqu'en 1801. Le peu de tolérance à l'égard de ce roman libertin, pourtant exempt de vulgarité, s'explique surtout par la présence de scènes osées et la description de crimes immoraux.
    Désireuse d'incarner la vertu, Justine doit finalement se résoudre à se comporter en libertine. Aux scènes d'orgies du roman se mêlent des dissertations philosophiques et des professions d'athéisme, des interrogations sur les notions de bien et de mal, la religion, la justice et la vertu.
    Voici la deuxième version hautement transgressive d'un classique absolu de l'érotisme, où la vertu côtoie la luxure et l'irréligion.
    EXTRAIT
    A ma bonne amie.
    Oui, Constance, c'est à toi que, j'adresse cet ouvrage. A-la-fois l'exemple et l'honneur de ton sexe, réunissant à l'âme la plus sensible l'esprit le plus juste et le mieux éclairé, ce n'est qu'à toi qu'il appartient de connaître la douceur des larmes qu'arrache la vertu malheureuse. Détestant les sophismes du libertinage et de l'irréligion, les combattant sans cesse par tes actions et par tes actions et par tes discours, je ne crains point pour toi ceux qu'à nécessités dans ces mémoires le genre de personnages établis ; le cynisme de certains crayons (adoucis néanmoins autant qu'on a pu) ne t'effraiera pas davantage; c'est le vice qui, gémissant d'être dévoilé, crie au scandale aussitôt qu'on l'attaque. Le procès du Tartuffe fut fait par des bigots ; celui de Justine sera l'ouvrage des libertins, je les redoute peu : mes motifs dévoilés par toi n'en seront point désavoués ; ton opinion suffit à ma gloire, et je dois après t'avoir plu, ou plaire universellement, ou me consoler de toutes les censures.
    Le dessein de ce roman (pas si roman que l'on croiroit) est nouveau sans doute ; l'ascendant de la vertu sur le vice, la récompense du bien, la punition du mal, voilà la marche ordinaire de tous les ouvrages de cette espèce ; ne devroit-on pas en être rebattu !
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Donatien Alphonse François de Sade, alias le Marquis de Sade (1740-1814) est un homme de lettres, romancier et philosophe français. La quasi totalité de son oeuvre exprime un athéisme anticlérical et est teintée d'érotisme - souvent lié à la violence et à la cruauté -, ce qui lui a valu de connaître des mises à l'index et la censure. Sur les 72 ans qu'a duré sa vie, le Marquis de Sade en a passé 27 derrière les barreaux. Occultée et clandestine pendant tout le XIXe siècle, son oeuvre littéraire est réhabilitée au milieu du XXe siècle part Jean-Jacques Pauvert. Sa reconnaissance unanime de l'écrivain est représentée par son entrée dans la Bibliothéque de la Pléiade en 1990.
    À PROPOS DE LA COLLECTION
    Retrouvez les plus grands noms de la littérature érotique dans notre collection Grands classiques érotiques.
    Autrefois poussés à la clandestinité et relégués dans « l'Enfer des bibliothèques », les auteurs de ces oeuvres incontournables du genre sont aujourd'hui reconnus mondialement.
    Du Marquis de Sade à Alphonse Momas et ses multiples pseudonymes, en passant par le lyrique Alfred de Musset ou la féministe Renée Dunan, les Grands classiques érotiques proposent un catalogue complet et varié qui contentera tant les novices que les connaisseurs.

  • Une oeuvre érotique emblématique et sans cesse réécrite par son auteur.
    POUR UN PUBLIC AVERTI. La Nouvelle Justine ou Les Malheurs de la vertu (Tome II, partie II), paru en 1799, est la troisième version écrite par Sade. Le roman clandestin a connu un succès de scandale, des saisies et une spéculation en librairie, comme en attestent les 5 rééditions illégales publiées jusqu'en 1801. Le peu de tolérance à l'égard de ce roman libertin, pourtant exempt de vulgarité, s'explique surtout par la présence de scènes osées et la description de crimes immoraux.
    Désireuse d'incarner la vertu, Justine doit finalement se résoudre à se comporter en libertine. Aux scènes d'orgies du roman se mêlent des dissertations philosophiques et des professions d'athéisme, des interrogations sur les notions de bien et de mal, la religion, la justice et la vertu.
    Voici la troisième et dernière version hautement transgressive d'un classique absolu de l'érotisme, où la vertu côtoie la luxure et l'irréligion.
    EXTRAIT
    Juliette et Justine, toutes deux filles d'un très riche banquier de Paris, furent élevées jusqu'à l'âge de quatorze et quinze ans dans l'une des plus célèbres abbayes de Paris. Là, aucuns conseils, aucuns livres, aucuns maîtres ne leur avaient été refusés ; et la morale, la religion, les talents semblaient, à l'envi l'un de l'autre, avoir formé ces jeunes personnes.
    À cette époque fatale pour la vertu des deux jeunes filles, tout leur manqua dans un seul jour. Une banqueroute affreuse précipita leur père dans une situation si cruelle, qu'il en périt de chagrin ; sa femme le suivit un mois après. Deux parents froids et éloignés délibérèrent sur ce qu'ils feraient des jeunes orphelines. Leur part d'une succession absorbée par les créances se montait à cent écus pour chacune. Personne ne se souciant de s'en charger, on leur ouvrit la porte du couvent, et on leur remit leur dot, en les laissant libres de devenir ce qu'elles voudraient.
    Juliette, vive, étourdie, fort jolie, méchante, espiègle, et l'aînée des deux, ne parut touchée que du plaisir de ne plus végéter dans un cloître sans réfléchir au cruel revers qui brisait ses chaînes. Justine, plus naïve, plus intéressante, âgée, comme nous l'avons dit, de quatorze ans, ayant reçu de la nature un caractère sombre et romantique, sentit bien mieux toute l'horreur de sa destinée ; douée d'une tendresse, d'une sensibilité surprenante, au lieu de l'art et de la finesse de son aînée, elle n'avait qu'une ingénuité, une candeur qui devait la faire tomber dans bien des pièges.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Donatien Alphonse François de Sade, alias le Marquis de Sade (1740-1814) est un homme de lettres, romancier et philosophe français. La quasi totalité de son oeuvre exprime un athéisme anticlérical et est teintée d'érotisme - souvent lié à la violence et à la cruauté -, ce qui lui a valu de connaître des mises à l'index et la censure. Sur les 72 ans qu'a duré sa vie, le Marquis de Sade en a passé 27 derrière les barreaux. Occultée et clandestine pendant tout le XIXe siècle, son oeuvre littéraire est réhabilitée au milieu du XXe siècle part Jean-Jacques Pauvert. Sa reconnaissance unanime de l'écrivain est représentée par son entrée dans la Bibliothéque de la Pléiade en 1990.
    À PROPOS DE LA COLLECTION
    Retrouvez les plus grands noms de la littérature érotique dans notre collection Grands classiques érotiques.
    Autrefois poussés à la clandestinité et relégués dans « l'Enfer des bibliothèques », les auteurs de ces oeuvres incontournables du genre sont aujourd'hui reconnus mondialement.
    Du Marquis de Sade à Alphonse Momas et ses multiples pseudonymes, en passant par le lyrique Alfred de Musset ou la féministe Renée Dunan, les Grands classiques érotiques proposent un catalogue complet et varié qui contentera tant les novices que les connaisseurs.

  • Une oeuvre érotique emblématique et sans cesse réécrite par son auteur.
    POUR UN PUBLIC AVERTI. La Nouvelle Justine ou Les Malheurs de la vertu (Tome I), paru en 1799, est la troisième version écrite par Sade. Le roman clandestin a connu un succès de scandale, des saisies et une spéculation en librairie, comme en attestent les 5 rééditions illégales publiées jusqu'en 1801. Le peu de tolérance à l'égard de ce roman libertin, pourtant exempt de vulgarité, s'explique surtout par la présence de scènes osées et la description de crimes immoraux.
    Désireuse d'incarner la vertu, Justine doit finalement se résoudre à se comporter en libertine. Aux scènes d'orgies du roman se mêlent des dissertations philosophiques et des professions d'athéisme, des interrogations sur les notions de bien et de mal, la religion, la justice et la vertu.
    Voici la troisième et dernière version hautement transgressive d'un classique absolu de l'érotisme, où la vertu côtoie la luxure et l'irréligion.
    EXTRAIT
    Juliette et Justine, toutes deux filles d'un très riche banquier de Paris, furent élevées jusqu'à l'âge de quatorze et quinze ans dans l'une des plus célèbres abbayes de Paris. Là, aucuns conseils, aucuns livres, aucuns maîtres ne leur avaient été refusés ; et la morale, la religion, les talents semblaient, à l'envi l'un de l'autre, avoir formé ces jeunes personnes.
    À cette époque fatale pour la vertu des deux jeunes filles, tout leur manqua dans un seul jour. Une banqueroute affreuse précipita leur père dans une situation si cruelle, qu'il en périt de chagrin ; sa femme le suivit un mois après. Deux parents froids et éloignés délibérèrent sur ce qu'ils feraient des jeunes orphelines. Leur part d'une succession absorbée par les créances se montait à cent écus pour chacune. Personne ne se souciant de s'en charger, on leur ouvrit la porte du couvent, et on leur remit leur dot, en les laissant libres de devenir ce qu'elles voudraient.
    Juliette, vive, étourdie, fort jolie, méchante, espiègle, et l'aînée des deux, ne parut touchée que du plaisir de ne plus végéter dans un cloître sans réfléchir au cruel revers qui brisait ses chaînes. Justine, plus naïve, plus intéressante, âgée, comme nous l'avons dit, de quatorze ans, ayant reçu de la nature un caractère sombre et romantique, sentit bien mieux toute l'horreur de sa destinée ; douée d'une tendresse, d'une sensibilité surprenante, au lieu de l'art et de la finesse de son aînée, elle n'avait qu'une ingénuité, une candeur qui devait la faire tomber dans bien des pièges.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Donatien Alphonse François de Sade, alias le Marquis de Sade (1740-1814) est un homme de lettres, romancier et philosophe français. La quasi totalité de son oeuvre exprime un athéisme anticlérical et est teintée d'érotisme - souvent lié à la violence et à la cruauté -, ce qui lui a valu de connaître des mises à l'index et la censure. Sur les 72 ans qu'a duré sa vie, le Marquis de Sade en a passé 27 derrière les barreaux. Occultée et clandestine pendant tout le XIXe siècle, son oeuvre littéraire est réhabilitée au milieu du XXe siècle part Jean-Jacques Pauvert. Sa reconnaissance unanime de l'écrivain est représentée par son entrée dans la Bibliothèque de la Pléiade en 1990.
    À PROPOS DE LA COLLECTION
    Retrouvez les plus grands noms de la littérature érotique dans notre collection Grands classiques érotiques.
    Autrefois poussés à la clandestinité et relégués dans « l'Enfer des bibliothèques », les auteurs de ces oeuvres incontournables du genre sont aujourd'hui reconnus mondialement.
    Du Marquis de Sade à Alphonse Momas et ses multiples pseudonymes, en passant par le lyrique Alfred de Musset ou la féministe Renée Dunan, les Grands classiques érotiques proposent un catalogue complet et varié qui contentera tant les novices que les connaisseurs.

  • Premier tome d'une oeuvre érotique hybride, à la fois roman épistolaire et récit rétrospectif.
    POUR UN PUBLIC AVERTI. C'est alors qu'il est incarcéré à la Bastille, entre 1785 et 1788, que le marquis de Sade compose Aline et Valcour ou Le Roman philosophique, un roman-fleuve épistolaire et le premier ouvrage que l'auteur publie - à partir de 1793 - sous son vrai nom. L'intrigue se construit à travers un échange de lettres entre les différents protagonistes. Aline et Valcour entretiennent un amour vertueux qui s'avère impossible, car le père d'Aline, le libertin Blamont, a des desseins monstrueux : il tente de débrider sa fille et de la marier au financier Dolbourg, son compagnon d'orgie. D'autres récits rétrospectifs se trouvent enchâssés : les voyages et périples que Léonore et son compagnon Sainville entreprennent de la Méditerranée au golfe de Guinée, dans des royaumes africains. À travers Léonore, une femme moderne et bourgeoise, et les nombreuses notes de bas de page, Sade se présente comme un prophète des événements révolutionnaires ; il mentionne ainsi en sous-titre que le texte a été « écrit à la Bastille un an avant la Révolution de France ».
    Un ouvrage classique de la littérature érotique, le premier à avoir été publié sous le nom de Sade.
    EXTRAIT
    Lettre II
    Aline à Valcour
    6 juin
    De quelles expressions me servir ? Comment adoucirai-je le coup qu'il faut que je vous porte ? Mes sens se troublent, ma raison m'abandonne, je n'existe plus que par le sentiment de ma douleur... Pourquoi vous ai-je vu ? pourquoi ces traits charmants ont-ils pénétré dans mon âme ? Pourquoi m'avez-vous entraînée dans l'abîme avec vous ? Hélas ! que nos instants de bonheur ont été courts ! Qui sait, grand Dieu ! qui sait quelles sont les bornes de ceux qui doivent les suivre ? Mon ami, il faut ne nous plus voir... Le voilà dit, ce mot cruel ; j'ai pu le tracer sans mourir !... Imitez mon courage. Mon père a parlé en maître, il veut être obéi. Un parti se présente, ce parti lui convient, cela suffit ; ce n'est pas mon aveu qu'il demande, c'est son intérêt qu'il consulte, et le sacrifice entier de tous mes sentiments doit être fait à ses caprices. N'accusez point ma mère, il n'y a rien qu'elle n'ait dit, rien qu'elle n'ait fait, rien qu'elle n'imagine encore... Vous savez comme elle aime sa fille, et vous n'ignorez pas non plus les sentiments de tendresse qu'elle éprouve pour vous... Nos larmes se sont mêlées... Le barbare les a vues, et n'en a point été attendri...
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Donatien Alphonse François de Sade, alias le Marquis de Sade (1740-1814) est un homme de lettres, romancier et philosophe français. La quasi totalité de son oeuvre exprime un athéisme anticlérical et est teintée d'érotisme - souvent lié à la violence et à la cruauté -, ce qui lui a valu de connaître des mises à l'index et la censure. Sur les 72 ans qu'a duré sa vie, le Marquis de Sade en a passé 27 derrière les barreaux. Occultée et clandestine pendant tout le XIXe siècle, son oeuvre littéraire est réhabilitée au milieu du XXe siècle part Jean-Jacques Pauvert. Sa reconnaissance unanime de l'écrivain est représentée par son entrée dans la Bibliothéque de la Pléiade en 1990.
    À PROPOS DE LA COLLECTION
    Retrouvez les plus grands noms de la littérature érotique dans notre collection Grands classiques érotiques.
    Autrefois poussés à la clandestinité et relégués dans « l'Enfer des bibliothèques », les auteurs de ces oeuvres incontournables du genre sont aujourd'hui reconnus mondialement.
    Du Marquis de Sade à Alphonse Momas et ses multiples pseudonymes, en passant par le lyrique Alfred de Musset ou la féministe Renée Dunan, les Grands classiques érotiques proposent un catalogue complet et varié qui contentera tant les novices que les connaisseurs.

  • Une oeuvre érotique emblématique et sans cesse réécrite par son auteur.
    POUR UN PUBLIC AVERTI. La Nouvelle Justine ou Les Malheurs de la vertu (Tome II, partie I), paru en 1799, est la troisième version écrite par Sade. Le roman clandestin a connu un succès de scandale, des saisies et une spéculation en librairie, comme en attestent les 5 rééditions illégales publiées jusqu'en 1801. Le peu de tolérance à l'égard de ce roman libertin, pourtant exempt de vulgarité, s'explique surtout par la présence de scènes osées et la description de crimes immoraux.
    Désireuse d'incarner la vertu, Justine doit finalement se résoudre à se comporter en libertine. Aux scènes d'orgies du roman se mêlent des dissertations philosophiques et des professions d'athéisme, des interrogations sur les notions de bien et de mal, la religion, la justice et la vertu.
    Voici la troisième et dernière version hautement transgressive d'un classique absolu de l'érotisme, où la vertu côtoie la luxure et l'irréligion.
    EXTRAIT
    Juliette et Justine, toutes deux filles d'un très riche banquier de Paris, furent élevées jusqu'à l'âge de quatorze et quinze ans dans l'une des plus célèbres abbayes de Paris. Là, aucuns conseils, aucuns livres, aucuns maîtres ne leur avaient été refusés ; et la morale, la religion, les talents semblaient, à l'envi l'un de l'autre, avoir formé ces jeunes personnes.
    À cette époque fatale pour la vertu des deux jeunes filles, tout leur manqua dans un seul jour. Une banqueroute affreuse précipita leur père dans une situation si cruelle, qu'il en périt de chagrin ; sa femme le suivit un mois après. Deux parents froids et éloignés délibérèrent sur ce qu'ils feraient des jeunes orphelines. Leur part d'une succession absorbée par les créances se montait à cent écus pour chacune. Personne ne se souciant de s'en charger, on leur ouvrit la porte du couvent, et on leur remit leur dot, en les laissant libres de devenir ce qu'elles voudraient.
    Juliette, vive, étourdie, fort jolie, méchante, espiègle, et l'aînée des deux, ne parut touchée que du plaisir de ne plus végéter dans un cloître sans réfléchir au cruel revers qui brisait ses chaînes. Justine, plus naïve, plus intéressante, âgée, comme nous l'avons dit, de quatorze ans, ayant reçu de la nature un caractère sombre et romantique, sentit bien mieux toute l'horreur de sa destinée ; douée d'une tendresse, d'une sensibilité surprenante, au lieu de l'art et de la finesse de son aînée, elle n'avait qu'une ingénuité, une candeur qui devait la faire tomber dans bien des pièges.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Donatien Alphonse François de Sade, alias le Marquis de Sade (1740-1814) est un homme de lettres, romancier et philosophe français. La quasi totalité de son oeuvre exprime un athéisme anticlérical et est teintée d'érotisme - souvent lié à la violence et à la cruauté -, ce qui lui a valu de connaître des mises à l'index et la censure. Sur les 72 ans qu'a duré sa vie, le Marquis de Sade en a passé 27 derrière les barreaux. Occultée et clandestine pendant tout le XIXe siècle, son oeuvre littéraire est réhabilitée au milieu du XXe siècle part Jean-Jacques Pauvert. Sa reconnaissance unanime de l'écrivain est représentée par son entrée dans la Bibliothéque de la Pléiade en 1990.
    À PROPOS DE LA COLLECTION
    Retrouvez les plus grands noms de la littérature érotique dans notre collection Grands classiques érotiques.
    Autrefois poussés à la clandestinité et relégués dans « l'Enfer des bibliothèques », les auteurs de ces oeuvres incontournables du genre sont aujourd'hui reconnus mondialement.
    Du Marquis de Sade à Alphonse Momas et ses multiples pseudonymes, en passant par le lyrique Alfred de Musset ou la féministe Renée Dunan, les Grands classiques érotiques proposent un catalogue complet et varié qui contentera tant les novices que les connaisseurs.

  • Second tome d'une oeuvre érotique hybride, à la fois roman épistolaire et récit rétrospectif.
    POUR UN PUBLIC AVERTI. C'est alors qu'il est incarcéré à la Bastille, entre 1785 et 1788, que le marquis de Sade compose Aline et Valcour ou Le Roman philosophique, un roman-fleuve épistolaire et le premier ouvrage que l'auteur publie - à partir de 1793 - sous son vrai nom. L'intrigue se construit à travers un échange de lettres entre les différents protagonistes. Aline et Valcour entretiennent un amour vertueux qui s'avère impossible, car le père d'Aline, le libertin Blamont, a des desseins monstrueux : il tente de débrider sa fille et de la marier au financier Dolbourg, son compagnon d'orgie. D'autres récits rétrospectifs se trouvent enchâssés : les voyages et périples que Léonore et son compagnon Sainville entreprennent de la Méditerranée au golfe de Guinée, dans des royaumes africains. À travers Léonore, une femme moderne et bourgeoise, et les nombreuses notes de bas de page, Sade se présente comme un prophète des événements révolutionnaires ; il mentionne ainsi en sous-titre que le texte a été « écrit à la Bastille un an avant la Révolution de France ».
    Un ouvrage classique de la littérature érotique, le premier à avoir été publié sous le nom de Sade.
    EXTRAIT
    Lettre II
    Aline à Valcour
    6 juin
    De quelles expressions me servir ? Comment adoucirai-je le coup qu'il faut que je vous porte ? Mes sens se troublent, ma raison m'abandonne, je n'existe plus que par le sentiment de ma douleur... Pourquoi vous ai-je vu ? pourquoi ces traits charmants ont-ils pénétré dans mon âme ? Pourquoi m'avez-vous entraînée dans l'abîme avec vous ? Hélas ! que nos instants de bonheur ont été courts ! Qui sait, grand Dieu ! qui sait quelles sont les bornes de ceux qui doivent les suivre ? Mon ami, il faut ne nous plus voir... Le voilà dit, ce mot cruel ; j'ai pu le tracer sans mourir !... Imitez mon courage. Mon père a parlé en maître, il veut être obéi. Un parti se présente, ce parti lui convient, cela suffit ; ce n'est pas mon aveu qu'il demande, c'est son intérêt qu'il consulte, et le sacrifice entier de tous mes sentiments doit être fait à ses caprices. N'accusez point ma mère, il n'y a rien qu'elle n'ait dit, rien qu'elle n'ait fait, rien qu'elle n'imagine encore... Vous savez comme elle aime sa fille, et vous n'ignorez pas non plus les sentiments de tendresse qu'elle éprouve pour vous... Nos larmes se sont mêlées... Le barbare les a vues, et n'en a point été attendri...
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Donatien Alphonse François de Sade, alias le Marquis de Sade (1740-1814) est un homme de lettres, romancier et philosophe français. La quasi totalité de son oeuvre exprime un athéisme anticlérical et est teintée d'érotisme - souvent lié à la violence et à la cruauté -, ce qui lui a valu de connaître des mises à l'index et la censure. Sur les 72 ans qu'a duré sa vie, le Marquis de Sade en a passé 27 derrière les barreaux. Occultée et clandestine pendant tout le XIXe siècle, son oeuvre littéraire est réhabilitée au milieu du XXe siècle part Jean-Jacques Pauvert. Sa reconnaissance unanime de l'écrivain est représentée par son entrée dans la Bibliothéque de la Pléiade en 1990.
    À PROPOS DE LA COLLECTION
    Retrouvez les plus grands noms de la littérature érotique dans notre collection Grands classiques érotiques.
    Autrefois poussés à la clandestinité et relégués dans « l'Enfer des bibliothèques », les auteurs de ces oeuvres incontournables du genre sont aujourd'hui reconnus mondialement.
    Du Marquis de Sade à Alphonse Momas et ses multiples pseudonymes, en passant par le lyrique Alfred de Musset ou la féministe Renée Dunan, les Grands classiques érotiques proposent un catalogue complet et varié qui contentera tant les novices que les connaisseurs.

  • Les « 120 Journées de Sodome » sont en fait un catalogue des 600 perversions les plus représentatives des théories du marquis de Sade.

    Sade, dans son introduction, nous avertit : « C'est maintenant, ami lecteur, qu'il faut disposer ton coeur et ton esprit au récit le plus impur qui ait jamais été fait depuis que le monde existe, le pareil livre ne se rencontrant, ni chez les anciens, ni chez les modernes.[...] Sans doute beaucoup de tous les écarts que tu vas voir t'échaufferont au point de te coûter du foutre, et voilà tout ce qu'il nous faut, si nous n'avions pas tout dit, tout analysé, comment voudrais-tu que nous eussions pu deviner ce qui te convient ? C'est à toi à le prendre et à laisser tout le reste, un autre en fera autant. »
    Laissons Gilbert Lely situer le cadre et les acteurs de ce texte unique : « Vers la fin du règne de Louis le Grand, quatre psychopathes âgés de quarante-cinq à soixante ans et dont la fortune immense est le produit du meurtre et de la concussion, le duc de Blangis, l'évêque son frère, le président de Curval et le financier Durcet, s'enferment pour une orgie sans nom dans un château perdu de la Forêt-Noire, avec quarante-deux objets de luxure soumis à leur pouvoir absolu : les épouses, très jeunes et merveilleusement belles [...] un sérail de huit jeunes garçons et de huit jeunes filles ravis à leurs parents et dont les attraits sont au-dessus de toute expression, huit fouteurs sodomites, choisis pour leur dimension monstrueuse ; quatre duègnes sexagénaires, estropiées et rongées de chancres, et réservoirs de tous les crimes ; six cuisinières et servantes ; enfin quatre proxénètes historiennes blanchies sous le harnois [...] ces dernières se succédant de mois en mois, feront, à raison de cent cinquante chacune, le récit de six cents perversions que les maîtres du château, au comble de l'éréthisme, mettront souvent en pratique à l'instant même. Au cours des multiples orgies, qui se prolongeront vingt jours au-delà du 28 Février dans un crescendo d'horreurs, trente victimes appartenant à toutes les catégories que nous venons d'énumérer, sauf à celle des historiennes, périront dans d'épouvantables tourments. Douze personnes seulement s'en retourneront à Paris avec le duc et ses trois complices. »
    Collection L'Enfer de la Bibliothèque nationale de France créée par J.-M. Lo Duca.
    Enfer : « Partie fermée d'une bibliothèque où l'on tient les livres licencieux, interdits au public. » (Larousse 1966)
    Récit numérique, 190 pages, couverture en couleurs illustrée par Philippe Cavell. (Enfer de la BnF, cotes nos 1524-975-976-977)

empty