Eduardo Manet

  • Cuba, automne 1958. Une jeune bourgeoise cubaine quitte tout pour suivre sa meilleure amie dans les montagnes où Fidel et ses hommes préparent leur prise du pouvoir. Française par sa mère, elle est belle, blonde, racée... LeCommandantela veut. Leur passion ne durera, pour lui, qu´une poignée de jours, mais marquera sa vie à elle au fer rouge.

    Eduardo Manet revient en force sur la scène littéraire : au rythme d´un coeur qui bat, son roman a le souffle des sagas les plus prenantes. Le regard intime de son héroïne sur l´homme, le leader politique et l´histoire de son pays donne à son récit toute sa puissance d´évocation et son originalité, ranimant les couleurs et la fièvre de Cuba aux premières heures de la Révolution. Et brosse le portrait d´un magnifique personnage de femme.0300À l´occasion du cinquantième anniversaire de la Révolution cubaine, Eduardo Manet nous offre une grande histoire d´amour dont Fidel lui-même est le héros... Été 1998. Une vieille dame cubaine, très distinguée, invite le narrateur à dîner dans son immense appartement des quartiers chics de Madrid. Elle a une histoire à lui raconter, il l´écoutera toute la nuit, fasciné. Histoire vraie, récit inventé ? Nul ne sait. Aujourd´hui cette femme est morte. Reste le roman de sa passion secrète, aussi brève que fulgurante, avec le jeune révolutionnaire Fidel Castro juste avant qu´il ne conquière le pouvoir... Avec en toile de fond un demi-siècle d´histoire, le destin de ce magnifique personnage de femme ranime les couleurs et la fièvre de Cuba aux premières heures de la Révolution et brosse un portrait inédit et intime du commandant Castro. Au rythme d´un coeur qui bat, ce roman a le souffle des sagas les plus prenantes.0400 Je ne l´ai pas entendu approcher. Il est debout à côté de moi, immense. Il porte le képi vert de l´armée rebelle, des lunettes à monture en écaille noire. Un revolver souligne sa hanche droite, un fusil avec longue-vue ceint son épaule et de grandes jumelles pendent à sa ceinture.
    Il tend la main pour m´aider à me relever. Debout, je lui arrive à peine à l´épaule.
    « Commandant... » Honteuse d´avoir été surprise dans ma rêverie, je me mords les lèvres pour réprimer une subite colère. J´ai l´impression d´avoir été pistée jusqu´ici, débusquée dans cet abri que je croyais sûr.
    « C´est un bon point d´observation, mais j´en connais un encore meilleur. Viens par ici », ordonne-t-il.
    Il se met en marche et sans réfléchir je lui emboîte le pas, les yeux fixés sur ses hautes épaules. Il se retourne de temps à autre pour voir si je tiens la route. Le chemin n´est pas facile, les pierres roulent sous mes pas, la pente est abrupte. Il connaît la sierra mieux que personne, m´a dit Rodolfo, ses pieds se posent sans hésitation au bon endroit, avec assurance. Sa mémoire visuelle lui permet de se déplacer en pleine nuit sans jamais s´égarer. Derrière lui, je souffle mais je garde le rythme, question de fierté.
    « Voilà ! Qu´en dis-tu ? » Nous avons fait un bon tour pour monter plusieurs mètres au-dessus du rocher où j´aime me réfugier. J´avais pensé grimper jusque-là mais j´y avais renoncé par peur de me perdre. La vue est époustouflante.
    « Regarde-moi ça ! » Il me passe ses grosses jumelles. Je balaie le paysage. La sierra Maestra est longue de deux cent cinquante kilomètres et fait 30 kilomètres de large. Nous sommes sur le Pic Turquino, le point le plus haut de la sierra. Je peux voir le campement des barbus à trois kilomètres d´Alto del Naranjo, contempler la mer au loin, la côte, les plages, les baies, les ports, la pointe du caïman cubain. L´endroit est parfait pour repérer les mouvements de l´armée et des bateaux de guerre, leurs positions dans les ports, les vols de l´aviation militaire ennemie...
    Du gros pic, je contemple ce spectacle qui est ma fête quotidienne : la lente descente du soleil, le bouillonnement de couleurs du crépuscule. Les tons violents dont se parent les nuages ? rouge vif, jaune intense, violine ? se fondent et s´affaiblissent peu à peu. Une nuée d´oiseaux se livre à un véritable concert autour de nous. Le commandant se met à

  • L'histoire tumultueuse d'un personnage qui fut une légende dans l'Espagne du XVIIe siècle : Catalina de Erauso, une nonne qui s'illustra dans l'armée et se fit passer pour un homme toute sa vie.0300 Séville, 1630. Miguel de Erauso n´a jamais connu son père, tué en duel trois mois avant sa naissance. Le jour de sa mort, sa mère lui confie une terrible mission : venger son père, retrouver l´assassin qu´elle-même s´est en vain épuisée à chercher. Un assassin que son identité rend encore plus haïssable : la propre soeur du défunt, Catalina de Erauso. Une femme ? une nonne ! Une bretteuse impitoyable qui se fait passer pour un homme depuis qu´elle s´est évadée d´un couvent, à l´âge de quinze ans. Un lieutenant récompensé par Philippe IV pour ses faits d´armes dans l´armée espagnole au Nouveau Monde. Et disparu depuis.
    Pour retrouver Catalina, Miguel ne dispose que de ses Mémoires, publiés du temps de la gloire de la nonne militaire. Porté par son désir de vengeance, il va refaire le parcours tumultueux de cette femme faite homme, de l´Espagne au Nouveau Monde, en passant par Panamá, le Pérou, le Chili..., interrogeant ceux qui l´ont connue afin de retrouver sa trace.
    Mais peu à peu, la poursuite va se teinter de curiosité, les questions vont fragiliser les certitudes, la fascination pour cette tante ambiguë et indomptable se mêler à la haine. Transformé en chasseur par sa proie ? toujours en fuite après quelque aventure scandaleuse, ne se liant durablement à aucun lieu ni à personne ?, Miguel va insensiblement partager un destin qu´il réprouve.
    Eduardo Manet, Cubain ayant adopté la France comme patrie et le français comme langue, s´est imposé au cours des dix dernières années comme une importante figure de la fiction française contemporaine. Il nous livre ici un magnifique roman épique.0400 " Le lieutenant Diaz était un homme modeste, don Miguel... il n´a jamais raconté tous ses exploits. Moi, je me souviens de tout comme si c´était hier. Nous voulions mettre fin aux attaques répétées des Indiens dans cette partie du Chili. Mais ils étaient bien plus nombreux, nos troupes étaient affaiblies, et cette fois encore, ils avaient donné l´assaut par surprise. Nous étions débordés, assaillis par leurs cris et leur désordre. Ils attaquaient de toutes parts sans que nous puissions organiser utilement nos troupes. A plusieurs reprises, le lieutenant Diaz a tenté de les prendre à rebours avec quelques hommes qu´il entraînait de sa ferveur. Nos hommes tombaient en nombre. Il persistait. Lorsqu´un chef Indien a tué notre lieutenant d´enseigne... emportant le drapeau de la compagnie. En voyant notre emblème partir dans ces mains païennes, la rage m´a pris, j´ai tué deux de ces incrédules qui criaient déjà victoire. C´est alors que, profitant de l´indécision du moment, Diaz s´est lancé à la poursuite du cacique. Une vraie folie ! Nous n´étions plus que quelques-uns à pouvoir le couvrir. Deux des nôtres ont eu le courage de le suivre. Tandis que je me battais contre deux nouveaux attaquants, j´ai pu le voir franchir une première barrière d´Indiens massés sur son passage, le cheval au galop, son épée tourbillonnant... rien ne semblait pouvoir l´arrêter. Mais des hommes... combien étaient-ils ? au moins vingt... cinquante, sont parvenus à arrêter Diaz et ses compagnons. Ceux-ci sont tombés. Mais Diaz, cet enragé de Diaz, se battait comme un dieu, plus sauvage que les sauvages. Il répondait à chaque coup. Les Indiens n´ont pas tardé à l´atteindre. Mais même blessé, il continuait. Rendez-vous compte ! Il est parvenu a décapiter le cacique et à lui arracher le drapeau des mains ! Cet acte d´héroïsme a réveillé notre courage et notre espoir, tandis que la mort du cacique provoquait la panique chez les siens. Ils ont fui devant notre assaut. Diaz s´est effondré dans mes bras. Couvert de sang. Blessé en six endroits. Qui peut oublier un tel exploit ? "

  • Le fifre

    Eduardo Manet

    La jeune Eva Gonzalès, d'origine espagnole, a vingt ans lorsqu'elle est présentée, en 1869, à Édouard Manet, 37 ans, auteur de ce Déjeuner sur l'herbe qui a fait scandale six ans plus tôt. Elle n'écoute pas les avertissements de son père, feuilletoniste du Siècle, inquiet de la réputation sulfureuse du peintre. Son célèbre Fifre n'est-il pas le portrait d'un de ses fils adultérins ? Convaincue que son talent d'artiste peut éclore grâce à l'appui de Manet, Eva ignore que le peintre Alfred Stevens l'a dépeinte comme « une vraie maja au tempérament de feu, qui ne mesure pas à quel point elle est sensuelle ».
    Bientôt, elle devient une familière de l'atelier, et l'amante de Manet - mais aussi son élève la plus douée, au désespoir de Berthe Morisot... C'est le début d'une liaison clandestine, orageuse et magnifique, ponctuée de voyages, jusqu'à l'étrange disparition de la jeune femme, en 1872 : elle attend un enfant de cet homme marié qui a horreur du scandale... sauf en peinture. Mariée sans amour, Eva mourra en 1883, alors qu'elle tressait une couronne pour orner la tombe de Manet, décédé six jours avant elle...
    Fils d'Eduardo Rafael Gonzalès-Manet, Eduardo Manet met en lumière l'histoire d'une passion méconnue et fait revivre le Paris artistique du Second Empire, où passent les figures de Zola, Monet, Degas, Renoir, Fantin-Latour, Meissonnier, Durand-Ruel...

  • Rhapsodie cubaine

    Eduardo Manet

    • Grasset
    • 4 Septembre 1996

    En 1959, Edelmiro Sargats, inquiet de la révolution castriste, émigre à Miami, emmenant sa femme Magdalena et son jeune fils Julian. Julian, qui va être le narrateur de cette histoire, poursuit ses études à Harvard et revient à Miami, pour y retrouver sa mère, alcoolique et droguée, ainsi que son père qui donne des dîners pour les émigrés cubains. Au cours d'un meeting anticastriste, il rencontre Emma Alvarez, fille d'un commandant emprisonné à La Havane par Castro. Il l'épousera. Les destins croisés des deux familles Sargats et Alvarez forment la trame du roman. Parmi ces personnages pittoresques, on a la surprise de découvrir un travesti. C'est que l'exil de tous ces Cubains à Miami, pendant ces dizaines d'années, jusqu'en 1995, perturbe leur esprit et leur coeur. Les victimes, les dupes, les chimériques et les traîtres se côtoient, vivant moins d'espoirs que d'illusions.

  • D'amour et d'exil

    Eduardo Manet

    • Grasset
    • 17 Février 1999

    A près de cinquante ans, Leonardo Esteban choisit l'exil. Lui le fonctionnaire modèle, lui engagé, il quitte Cuba pour ne plus y revenir - alors même que son île s'ouvre aux étrangers. A la faveur d'un voyage officiel, il laisse ses amis, son passé, tout un monde vacillant. Et il choisit pour terre d'accueil le Pays Basque français.Quel secret cherche donc Esteban sur ces reliefs lointains où chante un vent de détresse ? Est-ce la figure aimée d'un parrain ou d'un père, Et pourquoi abandonne-t-il Berta Maria, son amante depuis onze ans, mulâtresse magnifique et mère de famille dévouée à la révolution ?Berta Maria, envoyée par les services de renseignement cubains, essaie d'écouter Leonardo, de le comprendre... et de négocier son retour. Deux semaine sublimes commencent, où se mêlent la passion sensuelle et les impératifs politiques : Leo et Berta s'enlacent, se déchirent. La voix des coeurs perdus nous chante l'amour à sauver, l'exil qui menace...

  • Mes annees cuba

    Eduardo Manet

    • Grasset
    • 14 Avril 2004

    « Je suis né à Santiago de Cuba le jour où la terre a tremblé. C'est du moins ce que soutenait ma mère. Croire ou ne pas croire, telle est la question. J'ai eu droit, au cours de ma petite enfance, à diverses versions de ce fait exemplaire. Tu es né à l'instant précis où le sol s'est mis à trembler, les murs à se fendre, les toîts à s'effondrer. Le tremblement de terre avait commencé depuis quelques instants. La sage-femme haïtienne a eu la bonne idée de transporter le lit dans la rue. C'est la que tu es né ! Le lendemain du plus terrible tremblement de terre de toute l'histoire de Santiago de Cuba, tu es venu au monde. Par chance, notre maison avait été épargnée par la furie des éléments. Et ainsi de suite... » Ainsi commence ce texte inclassable et fantasque, qui pourrait bien être l'autobiographique politique et légendaire d'Eduardo Manet. Autobiographique, car tout y est vrai, depuis sa naissance au début des années 30, jusqu'à son départ de Cuba, en 1968 ; politique, car Eduardo Manet Gonzalez, avant d'amputer son nom pour habiter définitivement la langue française, a longtemps été le compagnon de route des révolutionnaires cubains - et parfois, même, leur camarade de lycée ; légendaire, car tout semble glorieux dans ces pages, fou, joyeux, presque incroyable. Un père avocat, d'origine espagnol, qui enlève une adolescente, sa mère, sur son cheval blanc ; une gouvernante fantasque qui rassure le petit Eduardo en le serrant contre elle, à la nuit tombée ; des amis catholiques, marxistes, qui détestent Franco, se disputent, se réconcilient ; la passion du journalisme et de l'écriture, qui emporte Eduardo Manet à quinze ans ; puis le théâtre, le cinéma ; l'engagement auprès des grandes figures cubaines, de Antonio Nuñez Jimenez au Che, de Lionel Soto, dirigeant des jeunesses communistes, à Raul et Fidel Castro, bien sûr... Le romancier, dans l'esprit des grands livres sud-américains, nous livre ainsi, sans fards, tout son parcours ou presque. On discerne bien quelques secrets, ici ou là, des prénoms de femmes qui passent, des rues évanouies ; une île qui hésite entre l'ordre marxiste-léniniste, le cinéma américain, la sensualité, la musique... Puis l'homme engagé découvrira la France, sa langue, le théâtre et les metteurs en scène : et en 1968, mais c'est une autre histoire, la liberté et l'exil.

  • Paris, 1871. Qui est Claudio José Domingo Brindis de Salas, ce violoniste dont le nom est sur toutes les lèvres ?
    Qui est ce jeune prodige de dix-neuf ans dont les plus grands maîtres du Conservatoire disent qu'ils n'ont rien à lui apprendre ? Que sait-o

  • In this beautifully crafted novel, Eduardo Manet, a Cubanborn French novelist and playwright, tells the story of a woman´s passion for a famous artist.
    The artist is his grandfather, the painter Édouard Manet, and the woman his grandmother, Eva Gonzalès, Manet´s only pupil and an extraordinary painter in her own right, whose profound understanding of the human soul shines through all her work. The relationship between Manet and Eva is seen through the eyes and the words of Jeanne, Eva´s younger sister. In her journals, she chronicles the vicissitudes of love in a time of war and exile, of social and cultural upheaval.
    From the Franco-Prussian War through the Paris Commune, the fall of the Second Empire and the birth of Impressionism, this story celebrates love as a blind, blinding, yet quintessentially life-giving force, embodied by the extraordinary Eva. She is surrounded by memorable and larger-than-life characters: her beloved sister Jeanne, her charismatic Aunt Dolorès, (the voice of French-born Eva´s Spanish family), Suzanne Leenhoff, the somewhat enigmatic wife of her lover Manet, and Berthe Morisot, her rival in art and in love, all presented against the backdrop of the dizzying art world of nineteenth-century Paris.

  • « Alors, je serai ton copain. À Paris, il faut avoir un copain. Quelqu'un de plus vieux, de malin, mais faut faire gaffe, faut pas prendre n'importe qui, surtout pas une nounouille. Tiens, par exemple, regarde-moi toute cette bande de cons-là ! Anglais, Sud-Américains, Cambodgiens, Français de province... Tous pareils. Ils viennent à Paris avec leur petite idée bien ancrée dans la tête et puis ils ferment les yeux, ils ont peur, de voir.» Avenue des Ternes, avenue des Champs- Élysées, rue des Martyrs, Barbès, le Quartier latin,... le roman d'Eduardo Manet est un périple amoureux ....

  • « Alors, je serai ton copain. À Paris, il faut avoir un copain. Quelqu'un de plus vieux, de malin, mais faut faire gaffe, faut pas prendre n'importe qui, surtout pas une nounouille. Tiens, par exemple, regarde-moi toute cette bande de cons-là ! Anglais, Sud-Américains, Cambodgiens, Français de province... Tous pareils. Ils viennent à Paris avec leur petite idée bien ancrée dans la tête et puis ils ferment les yeux, ils ont peur, de voir.» Avenue des Ternes, avenue des Champs- Élysées, rue des Martyrs, Barbès, le Quartier latin,... le roman d'Eduardo Manet est un périple amoureux ....

  • Un Cubain à Paris

    Eduardo Manet

    Dans ce livre, Eduardo Manet revient sur l'ardent désir qu'il a eu, jeune homme, de venir en France pour apprendre le cinéma et le théâtre. Comment a-t-il vécu la réalité de ce voyage par rapport à la vision mythifiée qu'il s'était faite de la France ?
    Sans être uniquement biographique, ce livre présente une vision originale de la vie culturelle française, celle d'un Cubain tout d'abord ingénu et favorablement disposé, qui analyse, juge, admire mais est également critique.
    Son récit est composé en triptyque : tout d'abord les années 1950, la jeunesse et les études à Paris ; puis les années 1960, et les Français à Cuba ; et, enfin, le retour à Paris.
    Eduardo Manet livre ses souvenirs, ses réflexions dans ce livre en forme de carnet intime, journal de bord d'une initiation à la vie parisienne que traversent ombre de personnalités, de Roger Blin et Montand au couple Beauvoir-Sartre.

  • Penchés sur une tasse de rhum pour y lire leur passé, José et Salva revivent un demi-siècle d´histoire cubaine. Histoire triple, à l´image des frères Castro, si proches et si diff érents. Fidel, pharaon embaumé dans l´effl uve de ses cigares. Raúl, alias « Petite Musaraigne », dévoué serviteur de son aîné. Et puis Ramón, le plus ancien, « un type incroyable, qui contribue à une cause en laquelle il ne croit pas ».

    Un vieux copain d´enfance et de saoulerie, aussi...

    Trois frères, trois Parques qui n´ont cessé d´emmêler le destin des héros d´Eduardo Manet, campés sous le soleil trompeur d´une révolution dont ce roman est la chronique vive et désabusée.

  • Un salon délabré. C'est la guerre civile. Alcibiar, dont le rôle peut être tenu par un nain, commente férocement les événements. La Dame, sa mère, vit dans la nostalgie du passé et continue à attendre un jeune poète, son amant, condamné à mort il y a vingt ans. Elle n'a rien fait pour le sauver parce qu'il l'avait trompée. La reconstitution de cette étrange nuit de Madras où..., jouée par la gouvernante d'Alcibiar et un prêtre, son amant, donne lieu à un spectacle fait de cérémonial, de psychodrames et permet à Eduardo Manet d'exploiter sa grande richesse d'invention dans le cadre d'une exceptionnelle exploitation scénique.

  • Venu au monde à Porto-Rico, dans une Caraïbe joyeuse et mélancolique, Mauricio Gomez-Ravel est un exilé de naissance. Dans les années 1950, Sarah Levy-Lopez, sa mère, énergique, mystique, partage son temps entre Cuba, les Etats-Unis et Porto-Rico. Avec son mari, chanteur de boléro gominé et danseur fluet, ils écument toutes les scènes de la Caraïbe. Mauricio, leur fils, grandit dans cet univers baroque et aisé. A quinze ans, il découvre la passion sensuelle avec la « vierge des rochers », une jeune héroïne de novella, célèbre dans tout le pays pour sa beauté et ses frasques. A la même époque, il s'engage dans la lutte révolutionnaire pro-castriste et devient un véritable tribun. Mais sa mère, en quête de dieu, passionnée de littérature, meurt d'un cancer. Finis les « shows » à deux sur toutes les télévisions d'Amérique. Son mari refait sa vie aux Etats-Unis. C'en est trop pour le jeune Mauricio Gomez-Ravel, qui adorait Sarah Lévy-Lopez, et n'a jamais compris son père. Désespéré, il change de nom, devient Mauricio Ravel en hommage à son célèbre aïeul, et part pour la France. De cette terre lointaine, cosmopolite, toute en frontières, il fait sa nouvelle patrie. Eduardo Manet nous conte ainsi le destin déguisé du jeune étudiant qu'il fut sans doute, vivant de leçons et de petits riens, glorifiant l'amour, la bohème, le théâtre. L'âge venu, voguant entre plusieurs langues, plusieurs nationalités, Ravel fils rencontre Bégonia, une basque espagnole dont il tombe fou amoureux...

  • Ma vie de jesus

    Eduardo Manet

    • Grasset
    • 13 Avril 2005

    Eduardo Manet rompt avec ses livres précédents et nous offre un texte tout à fait exceptionnel, par son ambition et sa facture. Tout simplement, une « Vie de Jésus », libre et étonnante, du point de vue de Joseph. Joseph, travailleur courageux, est marié par sa famille à une jolie voisine de son village : Marie. Il cherche en vain à l'embrasser, à serrer son corps glorieux, mais elle refuse, méprisante : un ange vient de lui annoncer qu'elle était enceinte... Alors qu'elle se réclame partout d'être la mère à venir du fils de Dieu, son mari Joseph essuie les quolibets des villageois. Jésus naît, grandit. C'est le fils préféré de Joseph, qui est séduit par son aura, ses discours sybillins, et bientôt par son message religieux. Mais Jésus ne lui accordera jamais son estime : la maison du Père n'est pas la sienne... Comme Joseph accepte de faire du marché noir pour satisfaire les désirs de Marie, Jésus commence à prêcher autour de lui. Il trouve des disciples parmi les familles voisines : un petit groupe fervent de pauvres hères, qui admirent ses miracles... et se déchirent entre eux. Parmi eux : Jean, Joseph, et bien sûr Judas, qui sera le plus fidèle, à l'image de Joseph. Le « Messie », comme Jésus se fait appeler désormais est en chemin vers Jérusalem. Un chemin parsemé de passions, d'embûches, de jalousies, de paraboles. Un chemin vers la mort... et, annonce Jésus, vers sa résurrection au troisième jour... Eduardo Manet réussit un tour de force : formé par les Jésuites comme ses camarades Fidel et Raul Castro, il connaît les textes bibliques, et s'en écarte peu à peu, mais de l'intérieur. Il relit l'évangile au risque de la modernité - l'histoire d'une « secte qui a réussi ». Au final, deux cent pages vigoureuses, nettes et drôles, presque théâtrales, deux cent pages d'un pari réputé intenable. On vit aux côtés d'un père ébranlé par son fils ; avec le petit peuple de Galilée et de Samarie, matois et opprimé ; à la suite des apôtres, illuminés, fous, escrocs, sublimes, tout simplement humains : une vision profondément humaine, sceptique et joyeuse, de la vie du Christ.

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