Fayard

  • Penser la crise

    Elie Cohen

    • Fayard
    • 14 Avril 2010

    Ce livre n´est pas un récit de plus de la crise, pas davantage un catalogue des solutions pour en sortir, et encore moins un essai prophétique sur le monde d´après ou la refondation du capitalisme. Cet ambitieux ouvrage nous invite à penser une crise qui a été annoncée mais qui est restée impensée.  Cette crise qui, à chacun de ses tournants, a dérouté tous les experts révèle une triple défaillance : celle des marchés, dépourvus des propriétés stabilisatrices qu´on leur prêtait ; celle de la régulation, puisqu´on a surrégulé le coeur financier tout en fermant les yeux sur une périphérie proliférante, instable et dangereuse ; celle enfin de la théorie économique, qui n´a pas su modéliser les interactions dynamiques de la finance et de l´économie réelle dans un monde globalisé.  En interrogeant l´histoire économique du dernier quart de siècle, Élie Cohen analyse le double mouvement de globalisation et de déréglementation qui est au fondement de la crise actuelle. En effet, alors que se développait une industrie du risque fondée sur une innovation financière débridée, tous les pays occidentaux, emboîtant le pas aux États-Unis et à la Grande-Bretagne, ont procédé à une libéralisation progressive des marchés financiers. Avec pour résultat un système financier devenu si complexe que les régulateurs n´osaient plus s´y aventurer.
     À travers cette démonstration brillante et limpide, Élie Cohen donne au lecteur le sentiment d´avoir enfin compris ce qui s´était passé et livre toutes les clés pour évaluer les scénarios de sortie de crise, juger les tentatives nouvelles de régulation et mesurer les risques qui pèsent actuellement sur nos économies.Directeur de recherche au CNRS et à la Fondation nationale des sciences politiques, Élie Cohen est l'auteur de plusieurs essais, notamment La Tentation hexagonale (1996), L'Ordre économique mondial (2001) et Le Nouvel Âge du capitalisme (2005), tous parus aux éditions Fayard.

  • Alstom, Pechiney, Arcelor : pourquoi la désindustrialisation semble-t-elle frapper plus fortement la France ? Pourquoi l´automobile anglaise, donnée pour morte il y a quinze ans, est aujourd´hui plus performante et exportatrice que la nôtre ? Pourquoi avons-nous perdu notre place de premier exportateur agro-alimentaire européen ? Quand la France a fait le choix de l´Europe, elle n´a tiré aucune conséquence en matière de compétitivité, de finances publiques et de concurrence fiscale de son appartenance à la zone euro. Victime jusqu´ici de sa politique économique incohérente, elle peut encore rebondir et, comme d´autres pays, réussir sa ré-industrialisation. La France peut changer de cap si l´on écarte les suspects traditionnels (Bruxelles, une politique commerciale angélique, un euro surévalué), et que l´on établit les vraies causes du décrochage. Parler d´industrie, ce n´est pas céder à une vision nostalgique et régressive, c´est penser un écosystème fait de technologies, de services, d´intelligence dans les réseaux et de production manufacturière.
    Pourquoi l´industrie disparaît en France, pourquoi c´est grave... et ce qu´il est urgent de faire pour redresser la barre.Pierre-André Buigues est professeur à l´université de Toulouse (Toulouse Business School) et ancien conseiller économique à la direction générale de la Concurrence de la Commission européenne. Élie Cohen est directeur de recherche au CNRS et spécialiste de politique industrielle.

  • La valse européenne ; les trois temps de la crise Nouv.

    Crise de l'euro, crise migratoire, Brexit, et maintenant Covid-19... Depuis une décennie, l'Europe est en crise permanente et suscite des réactions contradictoires : rejet des interventions touchant à la souveraineté nationale, mais demande urgente de solidarité sans condition.
    La réponse de l'Europe se joue en trois temps. Elle déçoit d'abord : son intervention est tardive et inadaptée. Mais après ce temps de retard, la machine communautaire se réveille et l'action prend de la consistance. Enfin, l'Union franchit les lignes jaunes et, comme surprise par son audace, se prend à s'imaginer en puissance à l'égal de la Chine ou des États-Unis.
    Cette valse à trois temps est au coeur de ce livre, avec sa dramaturgie et ses personnages-types. Elle laisse aussi percevoir les craquements du monde ancien qui avait sacralisé la règle.
    Ni Léviathan supranational, ni syndic des nations, le projet européen se révèle dans l'épreuve lorsque l'Europe passe au politique, c'est-à-dire à la décision. C'est cette souveraineté partagée qui lui permettra d'apporter une réponse politique à un monde discordant, habité de nouveaux rapports de force.
    Élie Cohen est directeur de recherche émérite au CNRS. Auteur de plusieurs ouvrages sur la mondialisation, il est considéré aujourd'hui comme l'un des meilleurs économistes français.
    Richard Robert est l'éditeur du think tank Telos et enseigne à l'Institut d'études politiques de Paris.

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